Littérature générale

  • Le complexe de l'argent Nouv.

    La narratrice - alter ego de l'auteur - vient d'être internée dans un sanatorium. Son mal ? Le complexe de l'argent. Dans ce roman épistolaire, elle raconte sardoniquement ses déboires financiers à son amie Maria. Une galerie de personnages loufoques défile : Henry, entrepreneur fauché ; Balailoff, prince alcoolique obsédé par son futur mariage ; ou encore Baumann, docteur freudien largement aussi névrosé et angoissé que ses patients.La perspective d'un hypothétique héritage hante l'imaginaire de ces originaux. Mais le complexe de l'argent pousse les personnages dans une véritable fuite en avant, si bien qu'ils n'osent même plus ouvrir leur courrier. Heureusement la faillite de la banque finira par libérer la narratrice de ses angoisses : désormais c'est elle la créancière.
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    Franziska zu Reventlow est née en 1871 dans une famille aristocrate allemande. Éprise de liberté, elle rompt avec son milieu et mène une vie d'artiste. Son oeuvre est un témoignage de la perception féminine du dandysme et de la vie de bohème dans les milieux littéraires et artistiques de Munich à la Belle Époque. Écrivaine, traductrice et peintre, elle paiera cher son indépendance. Elle avouera avoir sacrifié son pays, sa famille, et l'homme de sa vie, pour s'accomplir.

  • PAYS : Inconnu REGIME : Totalitaire ENNEMI PUBLIC N°1 : La littérature NOM : 1075 / PARTICULARITE : Analphabète Désormais, seuls circulent librement les livres officiels. Le Grand a mis au point les « Manifestations À Haut Risque », des lectures publiques qui ont lieu dans des stades de plus en plus grands pour permettre de réunir toujours plus de consommateurs. Sy déchaînent les passions furieuses des spectateurs. Les Agents de sécurité impérativement analphabètes sont engagés et formés pour veiller au strict déroulement du spectacle, éviter les débordements excessifs.
    1075, compétiteur formidablement robuste et endurant, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est lAgent parfait. Il atteint vite le sommet...

  • Ciblée par de nombreuses menaces, dues à son statut d'écrivaine féministe et militante, la narratrice s'isole dans un chalet en pleine forêt pour disparaître. Face à la neige qui recouvre tout au-dehors, elle peut s'abandonner à son monde intérieur et retrace pour nous le fil des événements. Elle se souvient de l'arrivée du beau-frère dans la famille, toute la violence des hommes qu'il cristallise à lui seul. À son contact les personnalités s'effilochent et l'inacceptable devient pardonnable; la famille détourne les yeux, on lui demande à elle, l'écrivaine, de maintenir la paix par le silence, de céder à ceux qui tentent depuis toujours de tuer le langage. Or, face à cette violence, elle ne peut qu'ouvrir une porte à la vérité par l'écriture et tenter de construire un témoignage universel.

    Née au Québec en 1957, Élise Turcotte est poète, nouvelliste et romancière. Ses romans, parmi lesquels : Le Bruit des choses vivantes, La Maison étrangère et Guyana, ont été salués par la critique et ont remporté de nombreux prix littéraires au Québec. L'Apparition du chevreuil, paru à l'automne 2019, est finaliste du Prix des Libraires du Québec 2020.

  • En dehors de toute idée religieuse, divine ou morale, le sacré de Leiris se tapit dans les choses, les moments et les lieux qui lui inspirent à la fois désir et terreur. Il représente la part de l'illicite, qui trouve ses racines dans l'enfance, et qualifie la chambre parentale par exemple, ou bien le cabinet de toilette, où Leiris formait avec son frère une sorte de société secrète. C'est la quête du merveilleux, blotti dans la vie quotidienne de l'enfant, dans les recoins, espaces ou spectacles ritualisés qui exhalent ce sentiment du sacré. Telles les courses à l'hippodrome d'Auteuil, où le jockey fait aux yeux de l'enfant figure d'idole. Mais ce sentiment s'étend aussi aux mots, à tout ce que pouvaient inspirer à Leiris le prénom Rebecca par exemple ou encore l'exclamation "Baoukta !", cri de guerre de son frère quand ils jouaient aux Peaux-Rouges.Cette conférence invite à une exploration intérieure, à rechercher en soi ce que le profane a de plus sacré. L'on pourrait détourner André Breton, affirmant : "L'esprit qui plonge dans le surréalisme revit avec exaltation la meilleure part de son enfance." Le lecteur le comprendra à la lecture de ce bijou de poésie, tant ce texte a ceci de rare qu'il apparaît en tout point opérant, dans le sens où il nous invite à notre tour à sonder la part du sacré qui déterminait nos jeux, nos craintes et nos désirs d'enfants et qui garde, aujourd'hui encore, toute sa saveur.

  • Passionnant et riche dialogue entre deux penseurs de notre temps dont le trait commun est l'interdisciplinarité : sociologie, psychiatrie, psychanalyse. Ils constatent l'un et l'autre l'indissociabilité du cerveau et de l'esprit, l'interdépendance du culturel et du psychologique, du cérébral et du biologique.

  • En lieu et place d'un divan, le corps de Nuno, jeune toxicomane l'agonie sur son lit d'hpital. La sance se prolonge tel un tango diabolique. Infirmires, parents et proches dfilent. Nuno coute, depuis son coma, le frntique dbit de ses visiteurs : ressentiments, amertume et dceptions se dversent l'envi. Pour fuir cette chorale dsespre, il se souvient des instants heureux... Qu'on se rassure : La Mort de Carlos Gardel n'est pas un livre triste. Au contraire, c'est un roman dsespr, mais trs drle, souvent mme bouffon, lyrique, arien. Christophe Mercier, Le Point

  • Un jour, le crime

    J.-B. Pontalis

    Au commencement était l'acte. Cet acte était la mise à mort du père selon Freud, du frère selon la Bible.
    Ce commencement est sans fin.
    Nous aurons beau nous écrier : ' Plus jamais ça ! ', les faits ne cesseront de nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont têtus, disait cet entêté de Lénine.
    La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée au grand jour. Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir.
    La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites. Face à la démesure, nos instruments de mesure sont défaillants.

  • Le psychanalyste

    Leslie Kaplan

    Simon est psychanalyste, il est vif, joueur, ouvert au hasard. Avec lui, dans son cabinet, nous suivons un certain nombre de ses analysants, ce qui se passe pendant les séances et dehors, parfois (et de toute façon, pendant une séance d'analyse le monde ne se prive pas de rentrer). En contrepoint une femme, Eva, qui, elle, essaie de penser le monde et la vie à travers la lecture et la relecture de Kafka. Car dans l'un et l'autre cas, c'est de cela qu'il s'agit : penser. Vivre et penser, ne pas vivre sans penser. Tous les personnages de ce livre sont des héros (peut-être même est-ce le premier roman qui contient autant de personnages et dont aucun ne soit secondaire?) parce qu'ils affrontent le conflit entre leur désir de vérité et leur passion pour l'ignorance : ils sont des héros par la pensée, des héros de la pensée. En même temps ils sont tout le monde, chacun de nous. Si on pense on est vivant, on change, on peut changer. Alors, évidemment, il arrive plein de choses, exit le ressassement, exit l'ennui de l'absence de questions : le récit est toujours en train de se faire, comme l'identité, jamais donnée car c'est dans chaque détail que tient le sens et le sens est lié à chaque détail. C'est pour ça que le dernier mot est au monde, cette accumulation innombrable de détails révélateurs.

  • De Joachim du Bellay à Marguerite Duras, les plus grands écrivains de notre littérature ont connu des moments de faiblesse et ont raté certaines de leurs oeuvres. Histoires aberrantes, personnages inconsistants, style boursouflé, vers boiteux ? ces textes plongent tout lecteur sensé dans la consternation.
    Comment ces auteurs en sont-ils arrivés là ? Tenter de répondre à cette question conduit à interroger, avec l'aide de la psychanalyse, les mystères de l'acte créateur. Si l'oeuvre parfaite, en effet, isolée dans sa plénitude, n'offre souvent que peu de prise à la réflexion, l'oeuvre ratée, par son échec même, dévoile une partie des mécanismes du génie.
    Soucieux d'être constructif et de tirer toutes les conséquences de ses hypothèses théoriques, cet essai propose aussi des améliorations concrètes. Changements de forme, variations dans les intrigues, déplacements de personnages d'un livre à l'autre permettent d'imaginer, entre rêve de perfection et délire de réécriture, ce que ces oeuvres auraient pu être dans des mondes littéraires différents.

  • Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire.
    Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse ont pris le pouvoir. Notre société de performance et de consommation pousse les individus à se centrer toujours plus sur eux-mêmes, renforçant leurs traits narcissiques et sélectionnant les plus ostensibles pour les plus hauts postes. Comme Narcisse contemplant son reflet dans l'étang, de plus en plus de personnes, accros à leurs écrans et aux réseaux sociaux, n'existent que dans le regard de l'autre.
    Face à cette narcissisation de notre société, certains peuvent avoir le sentiment de perdre leurs repères et leur identité. Ils souffrent d'une chute de l'estime de soi, se sentent méprisés par l'exercice abusif des pouvoirs. Le repli sur soi, les addictions, les comportements discriminatoires, le refus de l'autre deviennent alors leurs mécanismes de défense.
    Partant de sa clinique, Marie-France Hirigoyen pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle invite à mieux comprendre ce qu'est cette pathologie afin d'en repérer les dérives et de contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants.

  • Un premier roman brillant, caustique et érudit : lorsque Ramón, avocat renommé, perd l'usage de la parole, c'en est fini de sa vie tranquille. Entre superstitions et médecines alternatives, il embarque sans le savoir dans une épopée tragi-comique.
    À cinquante ans, Ramón, avocat brillant et père de deux adolescents, découvre qu'il est atteint d'une forme rare de cancer. Il se voit alors obligé de subir une ablation de la langue, seule solution pour permettre la guérison.
    Désormais privé de parole, Ramón se lie d'amitié avec un perroquet amateur de grossièretés et fait la connaissance de Teresa, sa psychanalyste friande de gâteaux au cannabis, et d'Aldama, son médecin, convaincu que le cas de Ramón pourra lui apporter une renommée internationale.
    /> Confrontés à leurs incertitudes, tous les trois vont faire l'expérience des bouleversements engendrés par la simple mutation d'une cellule microscopique.
    Avec un humour cinglant, Jorge Comensal, nouvelle voix de la littérature mexicaine, nous livre une tragicomédie fascinante.

  • Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une cession extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir

  • Autobiographique, ce texte nous plonge dans les tréfonds d'une âme voyageuse et torturée, dans le labyrinthe d'une conscience enfantine habitée par la peur d'un ogre : le spectre de l'âge adulte. C'est pourtant une enfance volée, voire violée, dont Laure rend compte de son écriture fragile et pudique. Plusieurs personnages se démarquent : la terrible figure de la mère, celle du père regretté, la relation avec la fratrie ou Monsieur l'abbé, proche de la famille et aux moeurs douteuses... Elle finira par dénoncer ce dernier auprès de sa mère : cet acte de délivrance constitue un "appel à jeter de grands cris sur du papier", cris de haine de la religion, de ses proches et de leurs attitudes, puis de la patrie qui tua son père et tant d'autres.
    Dans cet écrit qui relève autant du journal intime que de l'élucubration fantasmatique, la narratrice déploie une prose érotico-mystique, où le mal se révèle intrinsèque à la vie. Laure est celle qui a voulu vivre, sans être uniquement un cerveau. Le Triste Privilège ou une vie de Conte de fée est le récit d'une funambule dont l'équilibre précaire effraie et captive le lecteur. Car de cette confession cathartique jaillissent beauté, drôlerie et, finalement, lueurs d'espoir.

  • Proust est trop long. Tirant les conséquences logiques de cette constatation qui décourage de nombreux lecteurs potentiels, ce livre se propose de réduire la Recherche en supprimant les digressions.
    Un tel projet implique, comme préalable, de réfléchir sur la figure de la digression, injustement méconnue par la rhétorique. Toute une série de questions se posent alors, portant sur l'essence même de la littérature. Quand, par exemple, peut-on dire d'un texte qu'il est trop long ? Existe-t-il des passages inutiles ? Comment glisse-t-on d'une idée à l'autre ? Et surtout, au point de rencontre entre la littérature et la psychanalyse ? qui donnent à la notion de sujet une acception différente ?, que signifie être hors sujet ?

  • La vérité

    Neil Strauss

    Est-il naturel d'être fidèle à la même personne toute sa vie ? Les alternatives à la monogamie mènent-elles à davantage de bonheur ? Peut-on empêcher la passion de s'user avec le temps ?
    D'orgies sous Viagra en cliniques pour dépendants sexuels, de laboratoires de pointe en harems des temps modernes, Neil Strauss va chercher des réponses...
    Ce qu'il croyait savoir sur l'amour, le sexe et lui-même en sera changé à jamais.

  • Voici l'aventurier de Venise qui rentre au bercail, le voici au soir de la vie aux prises avec ses derniers démons: ses désirs, son identité et... la jeune Marcolina. Épisode possible de la carrière finissante du plus grand séducteur que l'Histoire ait connu, ce récit d'Arthur Schnitzler apparaît aux amants d'aujourd'hui comme un conte voltairien auquel Freud aurait prêté sa plume. Pour Arthur Schnitzler, l'un des premiers écrivains influencés par la psychanalyse, et que Freud préféra éviter « de crainte de rencontrer mon double », Casanova est un sujet béni. En jouant à merveille avec les variations entre être et apparence, impulsion et réflexion, l'écrivain viennois rend compte des puissantes contradictions de l'âme de l'hédoniste. En invitant un libre-penseur à la table des nantis, il ridiculise les moeurs bourgeoises. Et cette tonalité teintée d'impressionnisme qui baigne chaque page exerce un mystérieux pouvoir : celui de décortiquer le ressort dramatique sans pour autant forcer la main à son dénouement. Le Matricule des Anges. Fils d'un professeur de médecine, Arthur Schnitzler , né à Vienne en 1862, devenu médecin à son tour dut attendre la mort de son père pour se livrer entièrement à l'écriture. Il conquit le public des théâtres avec ses pièces en un acte où il traite crûment des relations amoureuses (La Ronde). Chef de la "jeune Vienne" aux côtés de ses amis Stefan Zweig et Hofmannsthal, il excelle surtout dans la nouvelle ou le roman court (Mourir, Mademoiselle Else). Sa connaissance de la psychanalyse lui permet d'explorer le subconscient de ses personnages comme dans sa célèbre Traumnovelle. Son érotisme et son opposition à l'antisémitisme l'exposèrent à la controverse. Décédé en 1931, il est désormais considéré, avec Musil, Svevo ou Proust, comme l'un des maîtres de la littérature de la première moitié du XXe siècle.

  • « Pouvez-vous répondre à une seule question ? Si je vous parle et que vous parveniez à me guérir, ce sera pour vivre quoi ? » Un roman qui se lit comme une leçon de vie.

  • Que serait-il arrivé si Freud, en élaborant la psychanalyse, avait tenu compte de l'oeuvre de Maupassant, son contemporain ? Sa théorie n'aurait-elle pas été marquée davantage par le modèle de la psychose ? N'aurait-il pas accordé une attention plus grande à la question de l'identité, au détriment de celle de la sexualité ?
    Ce livre, qui essaie de lire Freud avec l'aide de Maupassant, est consacré à l'étude minutieuse d'une théorie qui n'existe pas. Les théories virtuelles présentent un intérêt non négligeable : elles donnent à réfléchir sur la constitution du théorique et sur toutes les possibilités mort-nées, qui auraient pu exister si la théorie constituée, par la clarté aveuglante de ses évidences, n'avait conduit à les exclure.

  • Ce guide, classique de l'initiation au chamanisme africain, dévoile et explique le rite du Bois Sacré et plaide pour l'ouverture à un mode de connaissance global du monde et de soi fondé sur des pratiques et une sagesse ancestrales. Il est co-écrit par l'écrivain Vincent Ravalec, Mallendi, le chaman qui l'a initié, et Agnès Paicheler, auteur de la présentation scientifique et technique.

  • Pour la première fois, en 1997, André Lorant retourne à Budapest. Le choc est si fort que l'émotion ne s'extériorise pas. À chaque étape du pèlerinage, la distance s'agrandit et se transforme en une sorte d'insensibilité. De retour chez lui, à Paris, l'émotion jaillit. "Le Perroquet de Budapest" est le récit de cette enfance revisitée et passée au tamis de la psychanalyse, récit d'une culture étourdissante.

  • On dit George Steiner intransigeant. Il a la passion de l'absolu. Certains le redoutent pour son esprit acide et ses attaques virulentes, d'autres l'admire pour sa culture polyglotte, sa connaissance des textes classiques, ses engagements intellectuels et sa croyance éperdue, après la Shoah, d'une communauté humaine encore possible.
    Avec Laure Adler, George Steiner évoque sa jeunesse (il est né en 1929 de parents juifs viennois, ils migrent en 1940 à New York) et sa formation aux États-Unis, sa position sur le judaïsme, son amour des langues et les grandes mythologies de notre siècle : psychanalyse, marxisme, structuralisme. Il parle aussi de son amour infini pour ce qui fait le goût de la vie : la musique.
    Ce témoignage d'un des plus grands universitaires du XXe siècle au soir de sa vie, avec la complicité intellectuelle de Laure Adler, est une parfaite introduction à l'ensemble de son oeuvre.

    Portrait de George Steiner © Oscar Elias / AISA / Leemage Ce livre est issu de plusieurs series d'entretiens inities par France Culture entre 2002 et 2014, puis reecrits et restructures par les auteurs.
    © Flammarion, 2014.

  • Gradiva, celle qui avance. Gradiva rediviva, celle qui réapparaît à l'heure de midi dans les ruines de Pompéi et qui va donner vie, forme, objet au désir de Norbert Hanold, jeune archéologue. Gradiva, fantaisie pompéienne, écrite par Wilhelm Jensen en 1903 est surtout connue par le texte de Freud publié en 1907. Désireux de percer le secret de la création artistique, il analyse le texte de Jensen. "Nous brûlons de savoir, écrit-il, si une guérison du genre de celle que Zoé/Gradiva réalise chez Hanold est compréhensible ou, tout au moins possible, et si le romancier a aussi bien saisi les conditions de la disparition du délire que celles de sa genèse." Le délire et les rêves dans la Gradiva de W.Jensen, Sigmund Freud, préface de J.B. Pontalis, Folio essais, 1992

  • 'Enfance bruxelloise. L'école où, catatonique d'ennui, je regardais par la fenêtre la pluie tomber. Week-ends à Ostende avec l'ombre d'Ensor tout proche. Ma grand-mère était folle. Hystérique façon Charcot. Mon Tonton, lui, donnait plutôt dans le légèrem

  • Lucie fête ses 25 ans en famille. Comme d'habitude, sa mère n'a pas prévu de gâteau : le poids de Lucie la range, selon les médecins, dans la catégorie des obésités modérées. Lucie a trente kilos en trop. Trente kilos dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout... Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu'elle a le choix entre : 1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance. 2. Continuer de grossir et mourir d'un infarctus trop jeune .

    À la table familiale, elle fait une déclaration tranchante : pour son anniversaire, elle va s'offrir une chirurgie bariatrique. Avant l'opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Pour Lucie, il s'agit surtout d'obtenir que la psychanalyste signe en bas du formulaire et autorise l'intervention. Mais cette première rencontre s'ouvre sur d'autres entretiens au cours desquels Lucie interrogera son rapport à son corps, à l'autre et au monde. Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?

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