Arts et spectacles

  • L'ensemble de ces textes témoigne d'un parcours, d'une trajectoire d'une quinzaine d'années qui n'est pas seulement celle de l'auteur, mais aussi celle de la revue où ils ont été écrits, les Cahiers du Cinéma, depuis la rigidité théorique et idéologique du début des années 1970 jusqu'au post-modernisme des années 1980. On y suivra l'inflexion d'une pensée, d'une écriture, des goûts et des engouements qui définissent une époque - voire plusieurs. (P.B.) Après des études de philosophie, Pascal Bonitzer entre en 1969 aux Cahiers du cinéma, où il écrit jusqu'au milieu des années 1980. Parallèlement il devient scénariste et collabore à de nombreuses reprises avec Jacques Rivette, André Téchiné ou encore Raoul Ruiz. Encore, son premier long métrage, obtient le Prix Jean-Vigo en 1996. En 2016 sort son septième film : Tout de suite maintenant.

  • Les Soprano mettent en scène la vie d'une bande mafieuse dirigée par Tony Soprano, tiraillé entre ses activités illégales et sa vie familiale. Les saisons suivent plusieurs années de la vie des personnages, particulièrement la famille de Tony, dont les enfants - personnages et acteurs - grandissent en temps réel jusqu'à la fin de leur adolescence. Créée en 1999 par David Chase, cette série a été saluée comme le meilleur programme de l'histoire de la télévision. Des livres ont paru, sur la philosophie de Tony Soprano ou sur ses plats préférés, mais il manquait un essai critique sachant répondre à une triple question. En quoi Les Soprano sont-ils une grande oeuvre de notre temps ? En quoi permettent-ils de comprendre ce qu'est devenue la série télévisée ? Pourquoi les cinéphiles se tournent-ils de plus en plus vers ce genre ? Écrit par Emmanuel Burdeau, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, cet essai tient à la fois de l'exercice d'admiration et de l'analyse, de l'étude de cas et de la réflexion sur la situation contemporaine des images.

  • Il y a des images propres à représenter la honte et, à côté, des images éhontées, enfin des images qui éprouvent, en leurs plis, la honte. Dira-t-on que notre culture se plaît à jouer avec l'impudeur, l'opprobre, l'abjection? Cherche-t-elle à les piéger ou à les exalter? Que signifie la tentation du snuff movie: ces films «interdits» qui veulent capter le travail du trépas sur les visages ou dans les postures ultimes, et ainsi porter atteinte à ce qui est au plus profond de l'être, à l'identitaire?Aux multiples domaines de l'art s'appliquent les diverses interrogations propres aux sciences humaines: histoire des mentalités, esthétique, psychanalyse.

  • Industrie(s) culturelle(s), travail et création « Les oeuvres d'art sont ascétiques et sans pudeur, l'industrie culturelle est pornographique et prude », disent en 1944 Horkheimer et Adorno dans La Dialectique de la raison. Dès le milieu du xxe siècle, la production culturelle a pris la forme de l'industrie, de la division du travail, du marketing et du commerce, et ce phénomène rétroagit sur le contenu des oeuvres, produisant une sensibilité standardisée, voire de nouvelles formes d'aliénation. Aujourd'hui, on nomme industries culturelles un secteur économique incluant les institutions publiques aussi bien que des organismes privés qui produisent et diffusent. Et, si l'on sait que la production artistique ou intellectuelle fréquente depuis longtemps les processus de production capitaliste de type industriel ou y a été incluse, il convient de nous tourner vers des penseurs qui ont analysé cette société ou examinent ces théories en regard de la situation contemporaine. Sommaire Industrie culturelle ou industries culturelles ? par Jean-Marc Durand-Gasselin Diffusion de « l'art et les arts », conférence radiophonique de T. W. Adorno, 1967 Rohmer et la question de la critique par richard madjarev Relire Ivan Illich : l'amateur, le vernaculaire et le marché par Olivier Assouly Psychanalyse et industries culturelles Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la figure de Sigmund Freud, puis, à partir des années 1960, celle de Jacques Lacan occupent une place particulière dans la sphère intellectuelle, l'enseignement et les pratiques thérapeutiques. Les industries culturelles se sont emparées de la pensée freudienne, de son lexique et de ses images. Aujourd'hui, la psychanalyse s'affiche dans les médias et tous s'emparent de ce phénomène. Dans ces Journées d'étude, les dimensions politique, sociale et historique de la psychanalyse seront abordées par le biais de leurs relations avec l'écriture cinématographique, audiovisuelle et littéraire, que nous déplierons pour mieux dépister les enjeux qui traversent ces domaines. Sommaire Comment la psychanalyse s'affiche t-elle dans les médias ? par Geneviève Vergé-Beaudou Pour une psychanalyse sans alibi par Jean Cooren Diffusion de Spider de david cronenberg, Canada, 2002, 98 min Penser la rumeur du monde, penser autrement (avec) la psychanalyse par Jean Cooren Diffusion de Psychose d'Alfred Hitckock (États-Unis, 1960, 120') Chaque année, l'Ensa Limoges organise deux à trois sessions de Journées d'étude convoquant des chercheurs et spécialistes à intervenir sur des questions et dans des domaines touchant à l'art, à l'esthétique, à la philosophie, aux techniques, ou encore aux mouvements littéraires et intellectuels.

  • À l'origine des Rencontres du Ciné-psy, cycle de causeries proposé aux cinéphiles par Marcel Gaumond, se trouve le rapport fonctionnel du cinéma et de la psychanalyse. Devant l'écran, nous rappelle Marcel Gaumond dans son introduction, nous pénétrons dans « un monde qui fait appel à l'imaginaire, aux ressources inventives et créatrices de la psyché humaine ». Or, le cinéma actuel semble refléter le « vide mythologique de l'âme occidentale contemporaine ». Tenant pour acquis que les diverses théories psychanalytiques ont besoin pour rendre compte de toute la complexité de l'être humain de l'éclairage des arts, de la littérature, de la philosophie et de l'ensemble des sciences humaines, Marcel Gaumond a invité des représentants d'une vingtaine de disciplines à commenter certains des films qui ont marqué les vingt dernières années. De La donation à La vie d'Adèle, de Ennemi à Deux jours, une nuit, de Molière à bicyclette au Prénom, le dialogue avec Soi et avec l'Autre nourrissent ces commentaires réunis pour souligner les vingt ans du Ciné-psy.

  • Pourquoi la critique psychanalytique a-t-elle été si longtemps imparfaite pour traiter du cinéma qui pourtant lui faisait la part belle? Nés quasiment avec le siècle, psychanalyse et cinéma entretiennent malgré tout d'innombrables relations : on parle, ici, comme là, de séance, d'activités fantasmatiques démultipliées, d'identifications à l'analyste ou au héros, de projections - qu'elles soient paranoïdes, défensives, primaires ou d'un 16 mm, voire d'un Super 8... Le cinéma met volontiers en scène des personnages représentant des psychanalystes ou des psychiatres, le patient parle de son « film » quand il évoque un rêve, pour certains analystes le premier « écran blanc » est le sein maternel et nombreux sont les films qui tentent de restituer un matériel onirique. Or, l'inconscient paraît jouer des tours à l'emprise herméneutique, lorsque celle-ci s'applique au cinéma. Leurres, chausses-trappes sembleraient duper le rapport du cinématographique et du psychanalytique, chacun comme pris dans un kaléidoscope vertigineux et de fausses ressemblances.
    Ce livre tente ainsi de capter à nouveau l'essence si particulière du cinéma à la faveur de divers éclairages psychanalytiques.

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