• Le complexe de l'argent Nouv.

    La narratrice - alter ego de l'auteur - vient d'être internée dans un sanatorium. Son mal ? Le complexe de l'argent. Dans ce roman épistolaire, elle raconte sardoniquement ses déboires financiers à son amie Maria. Une galerie de personnages loufoques défile : Henry, entrepreneur fauché ; Balailoff, prince alcoolique obsédé par son futur mariage ; ou encore Baumann, docteur freudien largement aussi névrosé et angoissé que ses patients.La perspective d'un hypothétique héritage hante l'imaginaire de ces originaux. Mais le complexe de l'argent pousse les personnages dans une véritable fuite en avant, si bien qu'ils n'osent même plus ouvrir leur courrier. Heureusement la faillite de la banque finira par libérer la narratrice de ses angoisses : désormais c'est elle la créancière.
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    Franziska zu Reventlow est née en 1871 dans une famille aristocrate allemande. Éprise de liberté, elle rompt avec son milieu et mène une vie d'artiste. Son oeuvre est un témoignage de la perception féminine du dandysme et de la vie de bohème dans les milieux littéraires et artistiques de Munich à la Belle Époque. Écrivaine, traductrice et peintre, elle paiera cher son indépendance. Elle avouera avoir sacrifié son pays, sa famille, et l'homme de sa vie, pour s'accomplir.

  • La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ?
    Alice Miller dénonce les méfaits de l'éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l'enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l'origine de la pire violence, celle que l'on s'inflige à soi-même ou celle que l'on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l'âme enfantine.
    Cette « pédagogie noire », selon l'expression de l'auteur, est illustrée par des textes des xviiie et xixe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d'enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d'un jeune infanticide allemand et enfin celle d'Adolf Hitler, que l'on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.

  • En observant la violence djihadiste au prisme de la sexualité, la psychanalyse nous fournit une clé pour comprendre l'anomie terroriste dans laquelle le monde semble irrémédiablement s'enfoncer. En effet, on ne peut pas comprendre Daech sans l'articuler à la manière dont toute civilisation est conditionnée par la sexualité. Comme l'a démontré Sade, la pornographie est en effet la contrepartie inéluctable de la société marchande libérale inaugurée par la « mort de Dieu ». Certains sont ainsi tentés d'envisager le fondamentalisme religieux comme une résistance obscurantiste à la marche du progrès. C'est d'ailleurs ainsi que l'islamisme actuel se présente : comme un retour à une forme ancienne de société. Mais ne serait-il pas plutôt en train de fabriquer une pornographie de la violence ?

    Bertrand Duccini est psychanalyste, spécialiste des enfants et adolescents, et chargé de cours à l'université Paul-Valéry (Montpellier). Par ailleurs diplômé de l'Institut national des langues et civilisations orientales, il est titulaire d'un DEA d'histoire du Liban contemporain et a vécu plusieurs années au Moyen-Orient.

  • PAYS : Inconnu REGIME : Totalitaire ENNEMI PUBLIC N°1 : La littérature NOM : 1075 / PARTICULARITE : Analphabète Désormais, seuls circulent librement les livres officiels. Le Grand a mis au point les « Manifestations À Haut Risque », des lectures publiques qui ont lieu dans des stades de plus en plus grands pour permettre de réunir toujours plus de consommateurs. Sy déchaînent les passions furieuses des spectateurs. Les Agents de sécurité impérativement analphabètes sont engagés et formés pour veiller au strict déroulement du spectacle, éviter les débordements excessifs.
    1075, compétiteur formidablement robuste et endurant, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est lAgent parfait. Il atteint vite le sommet...

  • Qu'est-ce que l'inconscient ? Ce n'est pas un théâtre, mais une usine, un lieu et un agent de production. Machines désirantes : l'inconscient n'est ni figuratif ni structural, mais machinique. - Qu'est-ce que le délire ? C'est l'investissement inconscient d'un champ social historique. On délire les races, les continents, les cultures. La schizo-analyse est à la fois l'analyse des machines désirantes et des investissements sociaux qu'elles opèrent. - Qu'est-ce qu'OEdipe ? L'histoire d'une longue « erreur », qui bloque les forces productives de l'inconscient, les fait jouer sur un théâtre d'ombres où se perd la puissance révolutionnaire du désir, les emprisonne dans le système de la famille. Le « familialisme » fut le rêve de la psychiatrie ; la psychanalyse l'accomplit, et les formes modernes de la psychanalyse et de la psychiatrie n'arrivent pas à s'en débarrasser. Tout un détournement de l'inconscient, qui nous empêche à la fois de comprendre et de libérer le processus de la schizophrénie.

    La première édition de L'Anti-OEdipe est parue en 1972.
    Des mêmes auteurs : Mille plateaux (Capitalisme et schizophrénie 2)

  • Un guide complet pour comprendre les concepts-clés de la psychologie moderne, au format poche (13 x 19 cm) et dans la nouvelle charte graphique des NulsDe la notion de conscience de soi au rôle des sens et sentiments dans la construction de la personnalité, vous découvrirez dans cet ouvrage une introduction à tous les champs de la psychologie moderne : comment naît notre aptitude à communiquer, comment se construisent nos relations avec les autres... Vous trouverez également décrits les principaux troubles psychologiques, les psychoses, désordres mentaux et autres paniques et phobies, ainsi que leurs traitements.

  • L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités. - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'État.
    Chaque thème est censé constituer un « plateau », c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
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    Mille plateaux est paru en 1980.
    Des mêmes auteurs : L'Anti-OEdipe (Capitalisme et schizophrénie 1)

  • Votre sensibilité est une force !
    Vous avez l'impression de vivre de façon excessive les situations que d'autres trouvent anodines ? Vous vous êtes toujours senti hors-norme, différent, à l'écart, incompris (ou bien bizarre...) ? Sans doute êtes-vous hypersensible, un trait de caractère qui toucherait plus de 30 % de la population en France.
    Rassurez-vous : ce n'est pas une maladie ! Grâce à l'expertise de Saverio Tomasella et Cédric Vitaly, partez à la découverte de l'hypersensibilité. À partir d'enquêtes, de témoignages de personnes sensibles et de tests, vous évaluerez votre niveau de sensibilité et apprendrez à apprivoiser vos émotions pour mieux vivre avec elles. Vous découvrirez que cette hypersensibilité n'est pas un défaut mais un précieux trésor intérieur qu'il est possible de cultiver au quotidien grâce à de nombreux outils pratiques.

  • Ciblée par de nombreuses menaces, dues à son statut d'écrivaine féministe et militante, la narratrice s'isole dans un chalet en pleine forêt pour disparaître. Face à la neige qui recouvre tout au-dehors, elle peut s'abandonner à son monde intérieur et retrace pour nous le fil des événements. Elle se souvient de l'arrivée du beau-frère dans la famille, toute la violence des hommes qu'il cristallise à lui seul. À son contact les personnalités s'effilochent et l'inacceptable devient pardonnable; la famille détourne les yeux, on lui demande à elle, l'écrivaine, de maintenir la paix par le silence, de céder à ceux qui tentent depuis toujours de tuer le langage. Or, face à cette violence, elle ne peut qu'ouvrir une porte à la vérité par l'écriture et tenter de construire un témoignage universel.

    Née au Québec en 1957, Élise Turcotte est poète, nouvelliste et romancière. Ses romans, parmi lesquels : Le Bruit des choses vivantes, La Maison étrangère et Guyana, ont été salués par la critique et ont remporté de nombreux prix littéraires au Québec. L'Apparition du chevreuil, paru à l'automne 2019, est finaliste du Prix des Libraires du Québec 2020.

  • L'histoire de "La Retrouvée" raconte une conquête à double sens. Car cette maison, initialement parée de toutes les disgrâces, a dû conquérir le coeur de sa propriétaire, tandis que celle-ci s'acharnait à faire sien un lieu « qui n'était pas son genre ».Comment s'approprie-t-on une maison, un jardin ? Comment devient-on finalement habité par le lieu qu'on habite, réparé par le lieu qu'on répare ?L'exploration de ce kaléidoscope d'expériences, à la fois bien particulières et familières à beaucoup d'entre nous, fait l'objet de cet atypique récit par fragments, allant de l'anecdote drolatique à l'exploration psychanalytique, du traité de décoration à la philosophie et de la botanique à la mystique.Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels Maisons perdues (Thierry Marchaisse 2013) et Une histoire de France (Les Impressions nouvelles, 2018), qui appartiennent à la même veine autobiographique.

    Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'auteur, les identités en crise, la sociologie et les valeurs. Elle a publié aux mêmes éditions Maisons perdues (2013) et Le Pont-Neuf de Christo (2020).

  • Si l'hypnose est le plus souvent réduite à un phénomène de soumission, de fascination, d'insensibilité, c'est que notre culture, qui a peu de moyens pour la penser, en retient seulement le négatif ou l'ombre portée. En réalité, l'hypnose est un état de veille intense, à l'instar du sommeil profond à partir duquel nous rêvons. De même que ce sommeil profond conditionne l'éclosion du pouvoir de rêver, de même cette veille intense nous fait accéder au pouvoir de configurer le monde. L'hypnose devient alors une vigilance accrue qui met à notre disposition les paramètres constitutifs de notre existence. Ouverte aux dimensions de notre monde, elle s'oppose à la veille restreinte que nous connaissons dans notre vie de tous les jours. Loin d'être passive, l'hypnose nous permet, par l'imagination, d'anticiper et de transformer nos comportements et nos agissements. Elle sollicite notre capacité à décider de notre place en relation avec les autres et notre environnement. En ce sens, elle relève non pas de la psychologie, mais d'une cosmologie. La pratique de l'hypnose, cette veille plus large et plus fine, peut devenir un art de vivre. Elle suppose un apprentissage qui n'a rien d'ésotérique et qui se contente de prendre appui sur les possibilités présentes en chacun. Cet ouvrage est paru en 1994.

  • Freud en un clin d'oeil

    Catherine Muller

    • First
    • 24 January 2019

    Des petits livres pour découvrir et aimer les grands penseurs !
    Un petit livre pour découvrir ou redécouvrir Freud, le père de la psychanalyse mais aussi une figure controversée, encore aujourd'hui, grâce à une partie biographie, une partie analyse des concepts et une partie un plus ludique sur un aspect méconnu du penseur.

  • En dehors de toute idée religieuse, divine ou morale, le sacré de Leiris se tapit dans les choses, les moments et les lieux qui lui inspirent à la fois désir et terreur. Il représente la part de l'illicite, qui trouve ses racines dans l'enfance, et qualifie la chambre parentale par exemple, ou bien le cabinet de toilette, où Leiris formait avec son frère une sorte de société secrète. C'est la quête du merveilleux, blotti dans la vie quotidienne de l'enfant, dans les recoins, espaces ou spectacles ritualisés qui exhalent ce sentiment du sacré. Telles les courses à l'hippodrome d'Auteuil, où le jockey fait aux yeux de l'enfant figure d'idole. Mais ce sentiment s'étend aussi aux mots, à tout ce que pouvaient inspirer à Leiris le prénom Rebecca par exemple ou encore l'exclamation "Baoukta !", cri de guerre de son frère quand ils jouaient aux Peaux-Rouges.Cette conférence invite à une exploration intérieure, à rechercher en soi ce que le profane a de plus sacré. L'on pourrait détourner André Breton, affirmant : "L'esprit qui plonge dans le surréalisme revit avec exaltation la meilleure part de son enfance." Le lecteur le comprendra à la lecture de ce bijou de poésie, tant ce texte a ceci de rare qu'il apparaît en tout point opérant, dans le sens où il nous invite à notre tour à sonder la part du sacré qui déterminait nos jeux, nos craintes et nos désirs d'enfants et qui garde, aujourd'hui encore, toute sa saveur.

  • Le regain d'intérêt pour le narcissisme dans la théorie psychanalytique justifie la publication de ce recueil d'articles, tous centrés sur cette question, l'une des plus énigmatiques de la psychanalyse. Freud, après avoir introduit le narcissisme en 1914, devait se désintéresser de ce concept qu'il avait brillamment développé quand il eut procédé aux remaniements théoriques amorcés autour de 1920 qui donnèrent naissance notamment à la dernière théorie des pulsions (opposition des pulsions de vie et des pulsions de mort), à la deuxième topique de l'appareil psychique (Ça-Moi-Surmoi), à sa nouvelle conception de l'angoisse, etc. Après une période d'oubli, ce concept en déshérence fut remis en honneur en France depuis déjà un certain nombre d'années, tandis que l'Amérique sembla redécouvrir récemment son existence. André Green, qui n'a cessé de s'intéresser à ce problème depuis 1963, est cependant un des rares auteurs - sinon le seul - à avoir tenté d'articuler la théorie du narcissisme avec celle de la dernière théorie des pulsions. Alors que le narcissisme n'est généralement envisagé que sous ses aspects positifs, par lesquels on le rattache aux pulsions sexuelles de vie, il montre la nécessité de postuler l'existence d'un narcissisme de mort, qu'il appelle le narcissisme négatif. À la différence du premier, qui vise l'accomplissement de l'unité du Moi, le second tend au contraire à son abolition dans l'aspiration au zéro. Cet ouvrage est paru en 1983.

  • 50 citations essentielles en lien avec le programme du bac !Vous voulez frimer dans les dîners avec de grandes phrases mais avez peur de dire une énormité ? Vous souhaitez donner du corps à vos devoirs de philosophie, mais ne savez pas comment ? Ou bien vous avez tout simplement envie de comprendre les citations que vous avez entendues des milliers de fois, mais dont le sens profond vous échappe ? Rien de plus simple ! Dans cet ouvrage, à travers 50 citations brillamment expliquées, vous comprendrez les 50 plus grands concepts inhérents à la philosophie.
    50 citations dont :
    o " Je pense donc je suis. "
    Descartes
    o " Dieu est mort. "
    Nietzsche
    o " Connais-toi toi-même. "
    Socrate
    o " Il n'y a pas de matière. "
    Berkeley

  • Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans ? Le but de ce livre est de répondre à cette question.Mémoire vivante du champ freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.

  • Cet ouvrage de 1957 fait date. En effet, il marque un tournant capital pour la psychiatrie, qui s'éloigne d'une psychologie mêlée de philosophie pour véritablement se faire médecine totale. À travers l'étude du cas de cette patiente atteinte de délire schizophrénique de persécution, Binswanger découvre la maladie comme résultat d'un processus dont seule l'observation de l'environnement, du contexte et de l'histoire du patient peut mener à la compréhension. Collectant de façon minutieuse et presque exhaustive tous les éléments du passé et du quotidien de Suzanne Urban, le médecin répertorie tant les symptômes cliniques que les données externes au patient. Avec Le Cas Suzanne Urban, Ludwig Binswanger ouvre une nouvelle voie et refonde la façon dont la psychiatrie est envisagée.

    /> Ludwig Binswanger naît en Suisse en 1881. Petit-fils de psychiatres, et entretenant un lien avec Sigmund Freud, d'aucuns auraient pu penser que Binswanger serait resté proche de la pensée de ses pairs. Mais il s'éloigne de la psychanalyse qu'il connaît pour établir une nouvelle méthode thérapeutique qu'il présente sous le nom de Daseinsanalys. Binswanger développe sa pensée dans nombres d'essais dont son ouvrage majeur, Grundformen und Erkenntnis menschlischen Daseins (1942). Il meurt en 1966.

  • On vous découvre une maladie, vous avez plus de chance de guérir si votre généraliste se montre optimiste ou empathique. C'est le fameux « effet placebo ». Ce phénomène étrange de guérison sans médicament, qui opère lorsqu'un autre prend le temps de s'intéresser à notre personne. C'est la raison du succès des psychothérapies, de l'homéopathie et des autres médecines « alternatives ». Mais d'où vient l'effet placebo ? Est-il propre à l'espèce humaine ?

    D'autres facteurs, dont on ose rarement parler, influencent fortement notre santé, tels que le niveau d'études, le rang dans la société, l'environnement alimentaire et social. Ainsi, le fait d'être entouré par sa famille, ses amis, ou d'avoir un animal de compagnie augmente considérablement l'espérance de vie. Pour la première fois, un livre révèle les interactions profondes entre santé et relations sociales. Des liens que la médecine feint d'ignorer, préférant le recours systématique au médicament qui s'attaque rarement à l'origine du problème. Mais quel docteur oserait prescrire « organisez une soirée avec vos voisins » ou « revendez votre téléviseur » ?

    Plus la médecine moderne s'éloigne des patients et oublie cette attention à l'autre pourtant à l'origine de la pratique médicale, plus elle perd son pouvoir de guérir.

    Un livre à conseiller à votre médecin !

  • Jacques Lacan continue de faire l'objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole, tantôt démon. Mais l'époque héroïque de la psychanalyse, elle, a pris fin. Nous vivons l'éclosion des psychothérapies, mille et une façons d'apaiser les souffrances en vertu de pratiques toujours plus réglementées. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c'est se souvenir d'une aventure intellectuelle qui tint une place fondatrice dans notre modernité. Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l'après-68, il en épousa les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd'hui comme autant d'injonctions de réinstituer la société. Retour sur sa vie, son oeuvre, ce qu'elle fut, ce qu'il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.

  • Passionnant et riche dialogue entre deux penseurs de notre temps dont le trait commun est l'interdisciplinarité : sociologie, psychiatrie, psychanalyse. Ils constatent l'un et l'autre l'indissociabilité du cerveau et de l'esprit, l'interdépendance du culturel et du psychologique, du cérébral et du biologique.

  • Si la religion est omniprésente dans la réflexion de Freud, l'islam en est absent. On mesure à ce constat la richesse de la perspective ouverte ici : mettre au jour les refoulements constitutifs de la religion islamique.Partant de la crise contemporaine de l'islam et de son symptôme le plus visible qu'est l'islamisme, ce livre entreprend d'explorer les origines de l'islam. Pour interpréter cette «césure du sujet de la tradition» qui prend la forme d'un désespoir de masse, Fethi Benslama relit les textes fondateurs, gardés par un long règne d'interdit de penser.L'altérité féminine y apparaît comme la nervure centrale du refoulement propre à l'islam. Face à un dérèglement profond de la relation entre le réel et les formes symboliques que trahissent les extrémismes, l'analyse conduit alors vers des questions demeurées impensées, telle l'affirmation coranique selon laquelle Dieu n'est pas le père.

  • En lieu et place d'un divan, le corps de Nuno, jeune toxicomane l'agonie sur son lit d'hpital. La sance se prolonge tel un tango diabolique. Infirmires, parents et proches dfilent. Nuno coute, depuis son coma, le frntique dbit de ses visiteurs : ressentiments, amertume et dceptions se dversent l'envi. Pour fuir cette chorale dsespre, il se souvient des instants heureux... Qu'on se rassure : La Mort de Carlos Gardel n'est pas un livre triste. Au contraire, c'est un roman dsespr, mais trs drle, souvent mme bouffon, lyrique, arien. Christophe Mercier, Le Point

  • Le travail du négatif

    André Green

    • Minuit
    • 19 May 2016

    Créé par Hegel, introduit en psychanalyse par Lacan réinterprétant Freud, puis oublié par lui, le travail du négatif a refait surface ces dernières années. André Green met en évidence le travail du négatif chez Freud sous des aspects auxquels on ne le rattache pas d'ordinaire : travail du rêve ou du deuil, identification, etc. Du point de vue clinique, on peut soutenir que le parcours freudien s'étend de la névrose comme « négatif de la perversion », à ses débuts, au masochisme sous-jacent à la « réaction thérapeutique négative » qui témoigne du pessimisme des dernières années mais dont le mystère s'éclaire un peu quand on y reconnaît le style propre aux structures non névrotiques - les cas limites. Le travail du négatif, tel qu'il est envisagé ici, regroupe les formes hétérogènes du refoulement, de la forclusion, du désaveu et de la négation. Il permet à la fois de saisir l'unité qui les rassemble et de reconnaître la marque de leur intervention en distinguant leurs effets, car ceux-ci sont les meilleurs repères de la structure du sujet et déterminent le sort de l'analyse. Mais il faut se garder d'attribuer au travail du négatif un sens exclusivement pathologique. Le négatif, à travers le refoulement et la sublimation, marque la condition la plus générale : il est nécessaire de dire « non » à la pulsion en excès pour faire partie de la communauté des hommes. D'où vient que ce « non » devienne, chez certains, refus de vivre humainement sous l'empire d'une négativité destructrice ? Cet ouvrage est paru en 1993.

  • Un jour, le crime

    J.-B. Pontalis

    Au commencement était l'acte. Cet acte était la mise à mort du père selon Freud, du frère selon la Bible.
    Ce commencement est sans fin.
    Nous aurons beau nous écrier : ' Plus jamais ça ! ', les faits ne cesseront de nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont têtus, disait cet entêté de Lénine.
    La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée au grand jour. Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir.
    La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites. Face à la démesure, nos instruments de mesure sont défaillants.

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