Sciences humaines & sociales

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • En récusant qu'elle soit une psychologie (avec ou sans profondeur), un art, une religion, une magie et même une science, Lacan aurait-il laissé la psychanalyse comme flottant en l'air, ne sachant plus ce qu'elle est ni où elle est ? Jacques Derrida la tenait pour un discours instable et insituable, mais « discours » ne va pas non plus. Pourtant, en 1982, dans son cours sur « l'herméneutique du sujet », Michel Foucault adressait aux psychanalystes une proposition effective. La psychanalyse n'a pas su, notait-il, se penser « dans le tranchant historique de l'existence de la spiritualité et de ses exigences ». Partant, elle se serait faite oublieuse de cela même qu'elle est : une expérience spirituelle, par laquelle, via un autre, le sujet opère sur lui-même les transformations nécessaires pour accéder à sa vérité. Seul Lacan, ajoutait Foucault, n'aurait pas participé de cet oubli. De là trois questions : y a-t-il lieu d'accréditer cette généalogie de la psychanalyse que bâtit Foucault ? Qu'en est-il de la spiritualité chez Lacan ? et chez Freud ?

  • Le nom « autisme », reçu comme une évidence, désigne depuis plus d'un demi-siècle une forme extrême de maladie mentale. Pour autant, sait-on dans quels champs de savoirs il a été forgé, à travers quels débats, quels conflits, quels emprunts ? Marie-Claude Thomas débrouille ici l'écheveau textuel où se lit comment Bleuler a réduit l'auto-érotisme de Freud en autisme. Sa « pensée autistique » décrivait un esprit livré à la fantaisie, au rêve, à la poésie : présente chez tout un chacun, elle envahissait la vie du schizophrène. On la retrouve au fondement même de la psychologie de l'enfant, notamment chez Piaget. Trente ans plus tard, sur un autre continent, un médecin lancé dans la toute jeune psychiatrie infantile rencontre quelques enfants mutiques, enfoncés dans une « seulitude » qui semble les couper de toute affectivité. Il les baptise d'un mot dont l'emploi restait jusque-là plutôt mineur : « autistes ». Le syndrome de Kanner était né.

  • L'amour Lacan

    Jean Allouch

    La mise au jour de l'amour Lacan est ici établie par une discussion pas à pas des propos tenus par Lacan tout au long de vingt-sept années de séminaires, où furent successivement abordées plusieurs figures de l'amour sans que l'on puisse, à première vue, distinguer celle qui importait. Telle apparaît une des raisons de l'épaisseur de l'ouvrage. Une autre tient au caractère peu admissible de la thèse, qui donc ne peut être avancée qu'à partir d'une étude exhaustive des propos de Lacan sur l'amour, particulièrement de ceux qui paraissent y contrevenir. Une autre raison, enfin, est due au style de Lacan, allergique à toute paraphrase. Ainsi l'ouvrage vaut-il également comme une proposition portant sur la manière de lire Lacan. Une de ses caractéristiques est l'impossibilité ici reconnue de dissocier complètement l'oeuvre et la vie de Jacques Lacan. On a aussi souhaité ne pas s'en tenir au commentaire de textes aujourd'hui presque anciens, mais les confronter à des travaux qui, depuis le décès de Jacques Lacan, ont approfondi, renouvelé et enrichi la méditation contemporaine sur l'amour.

  • Index des noms propres et titres d'ouvrages dans l'ensemble des séminaires de Jacques Lacan.

  • Elles étaient des filles des villes, des cocottes, des grues, des poules, des mannequins dans des vitrines, des prostituées. Elle est, elle, la fille des champs, l'unique, "une femme en elle-même, et sans au-delà". De quelle amour le jeune philosophe Ferdinand Alquié l'aura-t-il aimée ?
    Jacques Lacan s'emploie à réduire sa hantise d'elle : il fait parvenir à son ami une fort émouvante lettre, à laquelle il joint le seul poème qu'il ait jamais écrit.
    Unique, Ariane ne l'est pas moins dans son accouplement à Dionysos. Inspiré par Lou Salomé, comme le montre ici Chantal Maillet, Nietzsche en dessine le portrait : libre, elle sait y faire avec son fil, dompter, apaiser la jouissance en excès dont souffre son amant ; elle en reçoit le don dans sa chair.
    Alquié, Lacan, Nietzsche esquissent ce que serait une érotique déshabitée de Dieu, une érotique où, fruit d'une conquête qui est aussi un deuil, l'Autre est reconnu inexistant.

  • Thesaurus Lacan t.1

    Denis Lecuru

    Thesaurus Lacan : citations d'auteurs et de publications dans l'ensemble de l'oeuvre écrite.

  • Le philosophe Clément Rosset crut devoir se faire le pourfendeur de la soumission intellectuelle et associer nommément Lacan et ses élèves aux égarements de l'imposture althussérienne. Quelle place Lacan a-t-il tenue dans le cas Althusser ? Quel statut accorder au meurtre de sa femme ? Que visent à opérer les publications posthumes ?

  • Il n'est pas si courant qu'une femme analyste présente et discute sa pratique d'analyste femme. Tel fut pourtant le geste de trois analystes nordaméricaines (Lucia Tower, Barbara Low, Margaret Little) aux publications desquelles Jacques Lacan consacre plusieurs séances de séminaire. Lucia Tower, notamment, délaissant la noble neutralité analytique, endosse le rôle d'une amie reprochant à un homme (son analysant) de la berner ; en s'abaissant ainsi, elle offre à cet homme la preuve de sa force masculine et permet à l'analyse de reprendre son cours. Les femmes s'en tireraient-elles plutôt mieux que les hommes dans le maniement du contre-transfert ?

  • Elisabeth Geblesco a été l'une des dernières analystes a rencontrer régulièrement Lacan. Elle ne faisait nullement mystère de cette analyse de contrôle, mais personne ne savait qu'elle en tenait le journal. Ses proches, comme ses élèves, ignoraient tout de l'existence des cinq cahiers que nous publions ici.

  • Freud et puis lacan

    Jean Allouch

    Comment Lacan aura-t-il pu - s'il l'a pu - décisivement toucher aux fondements eux-mêmes de la psychanalyse et donc porter atteinte à bon nombre de postulats freudiens sans que, pour autant, la psychanalyse ainsi recomposée ait cessé d'être freudienne ?

  • Revue spy

    Revue Spy

    Annuelle, la revue Spy - dont c'est le deuxième numéro - prend son titre de l'accent mis sur la dimension spirituelle des objets de l'analyse. Dimension sensible au champ freudien dans les formations de l'inconscient, et aussi bien selon Lacan dans ce « quelque chose » qu'il isola sous le terme de signifiant. Michel Foucault adressa explicitement la question à la psychanalyse de savoir si elle n'avait pas perdu le tranchant qui caractérisait la spiritualité dans les écoles de philosophie antique.

    En manière d'exercice spirituel, ce numéro de Spy renoue notamment avec l'inspiration qualifiée de « remède de cheval » annoncée (mais non tenue) par Jacques Lacan, consistant à pratiquer le non-signé des articles publiés dans la revue de l'École freudienne de Paris qu'il fonda : Scilicet. Revue publiée par les éditions de l'École lacanienne de psychanalyse, à une exception près, ce numéro de Spy est sans signatures.

  • Que Lacan ait critiqué la dérive psychologique de la psychanalyse ne l'a pas empêché de tirer au préalable le meilleur parti de ce que lui offrait de plus consistant la psychologie française, en l'occurrence l'oeuvre de Wallon. Henri Wallon a occupé une position de relais entre Lacan d'une part, Freud et Hegel d'autre part. Chacun avec son accent personnel, Lacan comme Wallon, a lu Freud avec Hegel. Le stade du miroir est maintenant lié au nom de Jacques Lacan. Or, montre Jalley, en reconnaissant que l'expérience du miroir a une fonction de connaissance, il n'innove pas mais s'inscrit dans l'histoire de la pensée occidentale.

  • SPY 2016

    Collectif

    Ce quatrième numéro de la revue Spy est placé sous le signe de Nietzsche dont Michel Foucault disait la présence de plus en plus importante ; proche d'elle, l'ombre de Friedrich Hölderlin et un essai de Virginia Woolf. Le tournant foucaldien de l'analyse se confirme supplémenté d'un fragment portant sur le Foucault des Aphrodisia. « L'indispensable non-recours aux catégories psychiatriques » s'inscrit dans le champ de l'analyse comme spiritualité. La cartographie d'un mouvement de passe à L'École lacanienne de psychanalyse est dessinée, avançant la notion d' « après-passe ». Deux témoignages sur Jacques Lacan viennent clore ce numéro.

  • Paru en 1966, Ecrits de Jacques Lacan a immédiatement connu un succès éditorial aussi inattendu que guère espéré par leur auteur. De nombreux journaux et revues en rendirent compte de façon parfois élogieuse, d'autres fois vertement critiques. Cinquante années ont passé, Lacan 66 republie aujourd'hui l'ensemble de ces critiques venues d'horizons fort divers. Elles sont dues à Didier ANZIEU, Jean-Marie AUZIAS, Catherine BACKES, Louis BEIRNAERT, Yves BERTHERAT, Jacques BROSSE, François CHATELET, Maurice CORVEZ, Jean DESCHAMPS, Dominique DUBARLE, René FALLET, Yvon GAUTHIER, Jean-Pierre GORIN, André JACOB, Jean LACROIX, Pascal LAINE, Georges LANTERI-LAURA, Gilles LAPOUGE, Annette LAVERS, Philippe MALRIEU, Jean-Claude MARGOLIN, Charles MELMAN, Bernard MULDWORF, Jean-François REVEL, Marthe ROBERT, André ROBINET, Lucien SEVE, Marc SLONIM, François VAN LAERE. « Chacun de ces écrits semble comme les petits rochers que l'on voit dans les jardins zen » (Jacques Lacan, 21 avril 1971).

  • Elfriede Hirschfeld fut cette patiente dont Freud avoua sur le tard qu'elle avait e

  • En extrayant son Moïse du marbre, Michel- Ange savait-il qu'un certain Sigmund Freud allait bien plus tard danser autour ? Il s'ensuivit un article publié incognito, sans que son auteur en ait jamais donné la raison. Un détail intéresse tout spécialement Freud : le mouvement de la main droite de la statue, qui la sort de l'immobilité du marbre et dont la trace subsiste dans le cordon de barbe du prophète. Ayant élu une sculpture, Freud pouvait- il en rendre compte comme il l'avait fait pour le rêve, le symptôme, le mot d'esprit, par une interprétation d'ordre symbolique ? C'est bien plutôt un certain espace que découvre ici George-Henri Melenotte, où se meuvent Freud et Moïse, cet espace entre à propos duquel Lacan avait discrètement fourni de précieuses indications.

    George-Henri Melenotte exerce la psychanalyse à Strasbourg. Il a précédemment publié Substances de l'imaginaire (Epel, 2004).

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