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  • Que penser de Cronos dévorant ses enfants ? D'Athéna sortie de la tête de Zeus ou de Persée décapitant la Méduse ? se demande d'emblée Walter F. Otto. L'invraisemblance de ces mythes tend à maintenir une distance avec ce qu'ils entendent illustrer. Pourtant, le mythe est constitutif de notre être, il gît dans l'ombre quand la raison se déploie dans la lumière, comme le jour cède à la nuit. Il est aussi un garant de la poésie. Que l'on songe à Dante, Homère ou Goethe. Dynamique, le mythe apparaît créateur et appelle l'action. Avec passion, Otto révèle son essence et, par là, nous invite à comprendre ce qui, fondamentalement, nous anime, voire nous enthousiasme, au sens propre.

    Le philosophe et historien des religions Walter Friedrich Otto (1874-1958) est l'auteur de deux chefs-d'oeuvre, Les Dieux de la Grèce (1929) et Dionysos, le mythe et le culte (1933). Aux côtés de Karl Reinhardt, il est l'une des grandes figures de la philologie allemande. Son approche originale du paganisme et des mythes a permis de renouveler la connaissance de la civilisation grecque.

  • Elles étaient des filles des villes, des cocottes, des grues, des poules, des mannequins dans des vitrines, des prostituées. Elle est, elle, la fille des champs, l'unique, "une femme en elle-même, et sans au-delà". De quelle amour le jeune philosophe Ferdinand Alquié l'aura-t-il aimée ?Jacques Lacan s'emploie à réduire sa hantise d'elle : il fait parvenir à son ami une fort émouvante lettre, à laquelle il joint le seul poème qu'il ait jamais écrit.Unique, Ariane ne l'est pas moins dans son accouplement à Dionysos. Inspiré par Lou Salomé, comme le montre ici Chantal Maillet, Nietzsche en dessine le portrait : libre, elle sait y faire avec son fil, dompter, apaiser la jouissance en excès dont souffre son amant ; elle en reçoit le don dans sa chair.Alquié, Lacan, Nietzsche esquissent ce que serait une érotique déshabitée de Dieu, une érotique où, fruit d'une conquête qui est aussi un deuil, l'Autre est reconnu inexistant.

  • Pour le judaïsme, chantre de l'Unicité divine, toute dichotomie est entièrement due à la perception humaine, puisque dans l'absolu, toute réalité est obligatoirement Une. Aussi, le profane et le sacré, loin de constituer des pôles figés dans une opposition irrémédiable, reflètent uniquement le ressenti subjectif d'une absence ou d'une présence divine.
    Dans cet ordre d'idée, « enseignement profane » définit la transmission d'un savoir où Dieu est absent. Absence qui n'est cependant pas définitive, puisque toute science désigne également une affiliation à Dieu. C'est cette opinion-là qui, globalement, sera retenue par tous ceux, de Maïmonide à Hirsch en passant par le Maharal et le Gaon de Vilna, qui, au cours des âges, prôneront l'intégration du savoir profane dans l'enseignement juif.
    Seulement voilà, de profane à profanation, il n'y a qu'un pas rapidement franchi. Le savoir profane, qui décrit une réalité indépendante de toute volonté divine, ne risque-t-il pas d'induire un `hillul, un processus visant à établir un monde vide de Dieu ? Dès lors, pourquoi délaisser les quatre coudées sécurisantes de la hala'ha pour s'engager dans des voies semées d'embûches ? Ces considérations seront à la base des points de vue défendus par ceux qui, à l'exemple du Rachba, ibn Gabbay, le `Hatam Sofer et de nombreuses autorités rabbiniques contemporaines, s'opposeront à l'insertion des « sciences extérieures » dans l'éducation juive.
    Survolant 2 000 ans de confrontation entre éducation religieuse et savoirs laïcs, cet ouvrage offre donc de restituer toute la richesse contenue dans ces diverses opinions élaborées par les penseurs juifs d'hier et d'aujourd'hui.

  • Organisées par l'Association Française pour l'Étude du Textiles (AFET) et l'axe Religion - Culture - Pouvoir du Laboratoire de recherche FRAMESPA (Université Toulouse 2), ces journées d'étude (Toulouse, 1999) ont été consacrées à l'ob­servation et l'analyse des pratiques du réemploi et du ravaudage, aussi fréquentes que reconnues dans l'histoire des textiles du Moyen Âge à nos jours. Le contexte dévotionnel et liturgique dans lequel renaissent certains textiles à une seconde vie pose des problèmes importants : le passage du profane au sacré et vice versa, la pérennité de leurs usages primitifs, dont les traces sont plus ou moins visibles ou identi­fiables, leur sacralisation et, inévitablement leur profanation. Les auteurs, anthropologues, archéologues, conservateurs de musées, his­toriens, historiens de l'art ou restaurateurs se sont interrogés sur les rai­sons de ces procédés, sur leurs enjeux, et le simple fait que l'Église catholique ait eu à statuer régulièrement sur ces réemplois en signale l'importance et prouve que la question dépasse très largement des pro­blèmes de nature couturière voire d'économie domestique.

  • Qu'est-ce que le Père Noël ? Qu'est ce que croire ? Et croire à quoi ?
    Dans une civilisation où, pour la première fois, il est « normal » de ne pas croire, il est également « normal » que les enfants croient au Père Noël. Et si le Père Noël était le dernier refuge de la foi chez les adultes désabusés de notre époque en proie au Doute, en proie à tous les doutes ?
    Dans ce recueil de quatre contes résolument modernes, Jean-Basile Boutak et Jean-Marie Apostolidès se lancent dans un art délicat, celui de composer une partition à quatre mains, avec ces quatre récits réunis autour d'un thème, un des rares vestiges du sacré dans un monde profane : le Père Noël.
    Après lecture de ce recueil, qui ne cesse de surprendre, par sa poésie, son ton original, son sens du merveilleux, mâtiné de fantastique et émaillé d'absurde, on a envie de dire avec eux : non, le Père Noël n'est pas mort !

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