• « En ma qualité d'Autrichien, de Juif, d'écrivain, d'humaniste et de pacifiste, je me suis toujours trouvé présent là où les secousses sismiques se produisent avec le plus de violences (...) Né en 1881 dans un grand et puissant empire (...), il m'a fallu le quitter comme un criminel. Mon OEuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l'Europe est perdue pour moi... J'ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison (...). Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne.»

    Lorsque, en 1941, réfugié au Brésil, Stefan Zweig rédige Le monde d'hier, il a déjà décidé de mettre fin à ses jours. « Parlez, ô vous, mes souvenirs et rendez au moins un reflet de ma vie avant qu'elle ne sombre dans les ténèbres.»

    Chroniqueur de l'«Âge d'or» de l'Europe, il évoque avec bonheur sa vie de bourgeois privilégié, celle de ceux qui furent ses amis: Arthur Schnitzler, Hugo von Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke, Romain Rolland, Paul Valéry... Mais, analyste de l'échec d'une civilisation, il s'accuse d'avoir, peu soucieux des réalités sociales et économiques, assisté, aveugle, à la montée des périls.

    Le monde d'hier: le chef-d'oeuvre de Stefan Zweig et l'un des plus grands livres-témoignages de notre époque.

    Ami de Freud, d'Arthur Schnitzler et Richard Strauss Stefan Zweig (Vienne 1881- Petropolis 1942) fit partie de la fine fleur de l'intelligentsia juive de la capitale autrichienne avant de quitter son pays natal en 1934 sous la pression fasciste. Réfugié à Londres il y poursuit une OEuvre de biographe (Fouché, Marie Antoinette, Marie Stuart) et surtout d'auteur de romans et nouvelles qui ont conservé leur attrait près d'un siècle plus tard (Amok, La pitié dangereuse, La confusion des sentiments). C'est au Brésil qu'il se suicide en 1942, au lendemain du jour où il avai expédié le manuscrit du Monde d'hier à son éditeur.

  • Édition enrichie de Jean Starobinski comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    "Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue."
    Montesquieu.

  • Avant la guerre, Carel Ender habite à Privine. Il est fonctionnaire de l'administration impériale. C'est toujours mieux que ce qu'en attendait sa famille.

    Ses amis se nomment Isabelle Van Duyck, fondatrice d'une résidence utopique; Jean Faber, militant politique de gauche; Nina Fischer, journaliste de renom donnant de son temps au Secours des réfugiés; Ilya Rehberg, jeune dramaturge intéressé par la « question kadienne »...

    Puis la grande histoire tombe sur Privine, et efface le souvenir de cette communauté.

    Des années plus tard, l'historienne Sabine Oloron rencontrera le nom de Carel Ender dans ses recherches. Peut-être saura-t-elle dire la morale de cette fable.

  • Cet essai de Charles Péguy de 1913 nous plonge dans le passage à l'ère moderne. Mêlant à ce portrait pamphlétaire d'une société en mutation des souvenirs d'enfance, l'auteur pressent la crise, le règne absolu de l'argent et de la bourgeoisie. Les anciennes valeurs, honneur et travail, font désormais place à la valeur financière. De l'ouvrier au paysan jusqu'à l'enseignant, l'argent obsède, corrompt. Faire la classe n'est plus une mission mais une obligation professionnelle et lucrative. Et ce qui se passe dans la cour des petits est le reflet des changements survenus dans celle des grands. Car ces hommes qui cherchent à gagner plus en travaillant moins ne font que se précipiter vers un naufrage. Mais la mécanique est en marche, tout retour en arrière impossible.

    Né en 1873 et tué au cours de la bataille de la Marne en 1914, Charles Péguy fonde en 1900 les Cahiers de la Quinzaine. Il publie Notre jeunesse et Mystère de la charité de Jeanne d'Arc et L'Argent, son essai le plus connu, en 1913. Fervent défenseur des valeurs traditionnelles, c'est avec vivacité qu'il s'oppose à la réforme scolaire du début du XXe siècle et exprime un profond rejet du monde moderne.

  • Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs allemands sous leTroisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle de l'Europe tout entière. Lui-même exilé, Roth se fait le défenseur de ces "écrivains véritables", dont les oeuvres sont brûlées sur ordre de dirigeants jugés analphabètes.Les mots de Roth ne sont pas assez durs pour dénoncer l'illettrisme dont le Troisième Reich se rend coupable. Sous la plume d'un grand écrivain doublé d'un excellent journaliste, cela donne des formules définitives : "Que le Troisième Reich nous montre un seul poète, acteur, musicien de talent `purement aryen', qui ait été opprimé par les Juifs et libéré par M. Goebbels !" En lançant ces autodafés, c'est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies.

    Né en Galicie en 1894 dans une famille juive allemande, Joseph Roth est chroniqueur pour Der Neue Tag à Vienne et produit des articles brillants et extrêmement lucides sur son époque. Il entame ensuite l'écriture de romans, dont La Toile d'araignée (1923). Il devient en 1925 correspondant à Paris du Frankfurter Zeitung. En 1932, il publie La Marche de Radetzky. Il est l'ami de Stefan Zweig, destinataire de lettres emplies de pessimisme. Malade, alcoolique et démuni, il meurt en 1939.

  • Le capitalisme libéral et le modèle démocratique occidental, qui paraissaient à beaucoup victorieux à la chute du communisme, sont aujourd'hui soumis à rude épreuve par l'émergence d'un capitalisme autoritaire. Sous des modalités variées, ce dernier associe la recherche de l'efficacité des économies de marché avec la protection de pouvoirs autoritaires et, parfois, le maintien de certains mécanismes de régulation démocratiques.

    À la légitimation classique du capitalisme, suivant laquelle ce système serait le plus compatible avec la démocratie, il substitue des primats identitaires, nationalistes et protecteurs qui se retrouvent dans des configurations nationales aussi différentes que la chinoise, la russe, la turque ou la hongroise.

    Ahmet Insel, né à Istanbul en 1955, économiste, politologue, éditeur et éditorialiste, notamment spécialiste de la Turquie, a été chef du département d'économie de l'université de Galatasaray et vice-président de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne qu'a présidée Pierre-Yves Hénin qui, né en 1946 en Saône-et-Loire, est l'un des grands noms de la macro-économie française et le fondateur du Centre de recherche MAD (Macroéconomie et analyse des déséquilibres, Paris I) associé au CNRS.

  • L'âge de la colère, c'est une guerre civile mondiale caractérisée par deux traits majeurs : l'individualisme et le mimétisme appropriatif. Brexit, élection de Donald Trump, extrême droite omniprésente en Europe, nationalismes en Inde, en Turquie ou en Russie, terroristes islamistes, tueurs de masse... Les exemples ne manquent pas. Et les individus révoltés du XXIe siècle sont innombrables - un phénomène amplifié par les réseaux sociaux, les crises migratoires et une instabilité économique globale.
    Pour Pankaj Mishra, ces bouleversements ne sont pas le résultat de situations propres à chaque pays, encore moins d'un choc des civilisations. Il s'agit au contraire d'un mécanisme inhérent au modèle politique occidental accouché des Lumières - démocratie libérale et économie de marché - qui, depuis la chute du mur de Berlin, s'applique de manière brutale à des milliards d'individus

  • Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique, marquant la fin d'une période de latence que d'aucuns ont interprétée comme une victoire contre le fascisme. Héritiers de la résistance contre Mussolini et Hitler pendant les années 1920 et 1930, les antifascistes, eux, n'ont jamais baissé la garde et ont bâti une longue tradition de lutte contre l'extrême droite que chacun d'entre nous gagnerait à mieux connaître aujourd'hui.

    Dans cette captivante enquête, Mark Bray donne un aperçu unique de l'intérieur de ce mouvement et écrit une histoire transnationale de l'antifascisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Rédigé à partir d'entretiens menés avec des antifascistes du monde entier, L'antifascisme. Son présent, son passé et son avenir dresse la liste des tactiques adoptées par le mouvement et en analyse la philosophie. Il en résulte un éclairant portrait de cette résistance méconnue, souvent mythifiée, qui lutte sans relâche contre le péril brun.

  • Apparu à la face du monde le soir du 16 octobre 1978 au balcon de Saint-Pierre de Rome, Jean-Paul II était bouleversant dans sa simplicité et impressionnant dans sa force. Il était là, devant nous, sur nos écrans, ce pape qui venait d'être élu à 58 ans. On sentait le poids de cette nouvelle charge tombant sur ses épaules.Mais jamais dans l'Église on n'avait vu quelqu'un incarner à ce point le charisme de Pierre. Pierre s'appelait Simon, et Jésus, « la pierre angulaire », a changé son nom à dessein. Pour bâtir son Église, il lui fallait la force et la disponibilité d'un disciple prêt à devenir « le rocher de l'unité ». C'est justement ce qui m'a toujours frappé dans la personne de Jean-Paul II : la clarté de la foi, la solidité des fondations. Oui, on peut dire que Jean-Paul II a entendu et mis en oeuvre la consigne de Jésus à Pierre : « Fortifie tes frères dans la foi ! »Voilà donc le regard personnel que je propose : Jean-Paul II, c'est Pierre au tournant du nouveau millénaire.Cardinal Philippe Barbarin

  • Après ses Lettres, les Editions Zoé traduisent les proses de Walser parues dans le Berliner Tageblatt. Les quatre premiers textes (1907-1908) correspondent au genre prisé du jeune Walser : la composition. Ils font entendre la voix d'un écrivain déjà profondément singulier. Tous les autres, soixante-huit, sont écrits entre 1925 et 1933, spécialement destinés à ce quotidien berlinois au moment où Walser est à la tête d'une véritable entreprise de feuilletoniste pour les journaux de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et de Prague. Ils abondent en digressions, excentricités lexicales, rouerie langagière pour traiter les sujets du temps, nationalismes, émancipation de la femme, automobile, opéra, cinéma et littérature. Sa vitalité aiguise le sens du paradoxe et sape brillamment l'échelle des valeurs en cours.

  • Qui furent vraiment les Croix de feu et le colonel de la Rocque ? Vichy fut-il un accident ? Zeev Sternhell, Didier Leschi et des spécialistes internationaux revisitent l'un des sujets les plus brûlants des droites françaises de l'entre-deux guerres. Y a-t-il eu, dans l'entre-deux-guerres, un fascisme français ? Pourquoi cette question demeure-t-elle une controverse historique majeure ? En quoi conditionne-t- elle non seulement notre passé, mais aussi notre présent ? Et qui furent vraiment, pour commencer, le colonel La Rocque et les Croix de feu, qui comptèrent plus d'un million d'adhérents à leur apogée ?
    Rouvrant ce dossier brûlant en compagnie des meilleurs spécialistes, le grand historien Zeev Sternhell en instruit toutes les zones d'ombre. L'enfièvrement populaire et le culte du chef charismatique, la propension corporatiste et le rejet de la démocratie parlementaire, l'inclination antisémite et l'exaltation du pouvoir autoritaire : chacune de ces dimensions idéologiques fait ici l'objet d'une enquête sans préjugés, mais aussi sans concessions.
    Un livre qui fera date sur les méthodes et les finalités en historiographie contemporaine. Un essai qui fera débat parmi les savants, les politiques et par-delà.

  • En choisissant d'étudier le nationalisme de Maurice Barrés, Zeev Sternhell ne pouvait manquer de se heurter à une question essentielle : comment le jeune écrivain des années 1880, dilettante et anarchisant, a-t-il pu devenir, en l'espace de quelques années, l'un des grands interprètes de la pensée traditionaliste française, le doctrinaire et lei poète du culte de la Terre et des Morts ? Comment, en d'autres termes, s'est opéré le passage, dans le climat intellectuel et moral de la fin du XIXe siècle, du principe de I' exaltation de la personne à l'idée de la subordination de l'individu à la collectivité, de l'affirmation hautaine du Moi individuel à la soumission au Moi national ?
    A cette interrogation majeure Zeev Sternhell répond d'abord en retraçant avec une impitoyable précision toutes les étapes d'une biographie intellectuelle : le recensement exhaustif (et c'est là sans doute l'un des apports les plus originaux de l'ouvrage) de l'oeuvre journalistique de Barrès permet, sur ce plan, de fixer les points de repère essentiels, de suivre les cheminements, de démontrer toute la logique interne
    La seconde réponse est fournie par l'étude, non moins exhaustive, de l'environnement politique et intellectuel, c'est-à-dire des formes d'engagement, des amitiés et des influences : l'action de certaines écoles, certains groupes de pensée et certains doctrinaires se trouve, dans ces perspectives, pleinement, et pour la première fois, mise en valeur ; c'est tout le panorama d'une certaine France de la fin du XIXe siècle qui se trouve en fait restitué.

  • Dans cet ouvrage de philosophie politique écrit dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, le célèbre mathématicien et philosophe anglais Bertrand Russell avance que l'humanité court à sa perte et qu'il est impératif de modifier en profondeur notre manière de vivre, de penser, d'éduquer, de produire et de consommer, bref qu'il est absolument nécessaire de transformer le monde. Mais par-dessus tout, Russell nous rappelle à quel point la formulation d'idéaux doit être au coeur de tout engagement politique.

    Capitalisme et socialisme, nationalisme et internationalisme, organisation du travail, progrès, liberté individuelle... Le texte tiré de conférences publiées pour la première fois en 1917 offre un condensé clair et accessible des positions que le philosophe défendra tout au long de sa vie. Dans cette première traduction intégrale en français de Political Ideals, présentée avec brio par Normand Baillargeon et Chantal Santerre, on retrouve le lyrisme, mais également l'humour et l'ironie qui caractérisent si bien Russell.

    Un essai incontournable pour quiconque veut s'initier à la pensée sociale et politique de ce philosophe considéré comme l'un des plus importants penseurs du XXe siècle.

  • Le Sens des réalités contient l'essentiel de la pensée d'Isaiah Berlin. On y retrouve tous les thèmes qui ont nourri son oeuvre: le mouvement romantique, sa genèse et ses implications, l'histoire des théories socialistes et marxistes, le nationalisme et ses racines, l'engagement de l'intellectuel et, finalement, la conviction de Berlin que les idées ont une importance déterminante dans la destinée de l'humanité. Se lisent aussi, en filigrane, les questions qui l'ont tiraillé toute sa vie - comment construire une société décente ? comment prendre une bonne décision ? pourquoi certaines idées, plutôt nobles et belles au départ, en viennent-t-elles à nourrir les pires idéologies ? Et pour trouver les réponses, une qualité lui semble alors indispensable - le sens des réalités.

  • L'Asie du Sud-Est est l'une des régions les plus effer­vescentes de la planète. Forte d'une population de 650 millions d'habitants et d'une croissance économique élevée, son attractivité dépasse largement les frontières asiatiques ; le monde entier s'intéresse désormais aux développements de ce territoire dont l'influence ne fera qu'augmenter dans les prochaines décennies. Son développement économique accéléré est favorable à l'émergence de nouveaux enjeux d'ordres politique, économique, démographique, territorial, social et environnemental, qui, une fois mis bout à bout, peuvent accentuer les contrastes économiques et sociaux, voire les déséquilibres d'une région soumise aux défis de l'intégration.

    Le présent ouvrage brosse un tableau des différentes dynamiques de l'Asie du Sud-Est. Sans être exhaustif, ce portrait prend appui sur les trajectoires suivies depuis un demi-siècle et fournit des clés de compréhension des problématiques actuelles. Il consiste en une analyse pluridisciplinaire de l'Asie du Sud-Est contemporaine dans sa globalité. Si chaque thème abordé offre l'occasion de se pencher plus particulièrement sur un des pays de la zone (car d'importantes disparités subsistent parfois entre les pays), c'est l'approche régionale et transversale qui reste privilégiée, afin de mettre en relief les réalités qui sont celles de l'Asie du Sud-Est.

    Cet ouvrage s'adresse aussi bien aux chercheurs et aux étudiants qu'aux journalistes, ainsi qu'à toute personne curieuse de découvrir l'Asie du Sud-Est d'aujourd'hui.

    Barthélémy Courmont est maître de conférences à l'Université catholique de Lille, où il est responsable du master d'histoire - relations internationales, et directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques, où il s'occupe du pôle Asie-Pacifique. Il est corédacteur en chef d'Asia Focus.

    Éric Mottet est professeur de géopolitique au Département de géographie de l'Université du Québec à Montréal, codirecteur de l'Observatoire de l'Asie de l'Est, directeur adjoint du Conseil québécois d'études géopolitiques ainsi que chercheur associé à l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine.

  • Depuis 1989, les Églises de l'autre Europe ont accompli un retour fracassant. Quelles sont-elles ? Que disent-elles ? Avec quelles réussites et avec quels risques ? Par le meilleur spécialiste de la question.
    Depuis 1989, les Églises de l'Est ont accompli un spectaculaire retour. Quel a été leur rôle dans l'ébranlement des régimes totalitaires ? Et comment se manifeste leur renaissance inespérée ?
    Aujourd'hui, leur influence explique en grande partie la méfiance des populations d'Europe centrale et orientale à l'égard du projet européen, perçu comme une menace pour leur identité culturelle et spirituelle. De leur côté, les Occidentaux ignorent bien souvent les particularités de ces communautés chrétiennes.
    Trente ans après la chute du Mur de Berlin, Hyacinthe Destivelle propose une présentation synthétique de l'évolution récente et des défis des chrétiens de l'Est : leur inégale vitalité, le réveil des Églises nationales, leurs tensions, mais aussi leurs rapprochements oecuméniques prometteurs.
    Un indispensable manuel de géopolitique religieuse.


  • A l'heure où les ethnonationalismes se réveillent un peu partout, le point sur l'idée de nation, son histoire et ses ambiguïtés.
    Un regard pluridisciplinaire sur le sujet
    Un essai de référence, très documenté
    Les États modernes se sont constitués autour de la notion d'État-nation et de souveraineté nationale. L'idée de nation a pour origine des intérêts politiques, mais elle mobilise aussi la sphère des croyances et des émotions. Les gens qui font partie d'une nation prétendent assumer des liens d'association politique privilégiés mais ils imaginent partager des valeurs et des aspirations communes. C'est pourquoi l'invention et le développement de la nation furent indissociables du nationalisme, une idéologie vouée à la légitimation et surtout à l'exaltation de cette communauté politique.

    Quelle est la nature des représentations de la nation et des illusions qu'elles entretiennent ? Ont-elles un substrat fantasmatique commun ? Comment élucider les fanatismes qu'elles ont entretenus dans le passé, les tragédies guerrières qu'elles ont inspirées au xxe siècle et qu'elles continuent d'influencer dans le cadre des ethnonationalismes contemporains ?

    En s'inspirant de la psychanalyse, Pierre de Senarclens revisite l'étude de ces constructions nationales depuis la fin du XVIIIe siècle et renouvelle la compréhension des fanatismes identitaires d'inspiration nationaliste qui ont suscité et continuent d'engendrer tant de tragédies dans l'histoire contemporaine.

  • Pourquoi le Québec est-il si actif sur la scène internationale ?

    Qu'adviendra-t-il de la diplomatie catalane suite à la répression du mouvement sécessionniste par Madrid ? Comment expliquer la normalisation de la diplomatie flamande ?

    Le présent ouvrage propose un portrait comparatif et actualisé de la diplomatie des nations dites « minoritaires », communément entendue sous le vocable de « paradiplomatie identitaire ». Il jette un regard novateur sur les relations internationales des États non souverains en étudiant l'influence du nationalisme minoritaire sur la politique extérieure. Rassemblant les contributions de spécialistes de renom, il examine les plus récentes activités de l'Écosse, de la Catalogne, de la Flandre, de la Wallonie, du Pays basque et du Québec.

    Il se dégage un constat commun de l'étude de ces États : plus que la mondialisation ou le régime constitutionnel dans lequel ils évoluent, c'est le nationalisme qui s'avère être la force structurante et l'élément déterminant de l'intensité et de la nature de leur diplomatie. Ainsi, au gré des dynamiques nationalistes et intercommunautaires, certaines nations non souveraines ont cherché à éprouver les limites de leur cadre constitutionnel ou sont devenues porteuses de revendications sécessionnistes. D'autres, par pragmatisme ou par nécessité, se sont recentrées sur des objectifs fonctionnels au détriment de leur dimension identitaire, allant parfois jusqu'à accroître significativement leur degré de coopération avec l'État souverain et leur niveau de conformité aux lois constitutionnelles. Cet ouvrage offre ainsi une grille d'analyse de la trajectoire que prennent plusieurs nations non souveraines sur la scène internationale.

  • Le présent ouvrage propose une introduction au champ d'étude de la sociologie du nationalisme. Il s'adresse aux étudiants en sciences sociales, ainsi qu'aux citoyens qui cherchent à expliquer et à comprendre les phénomènes nationalistes dans le monde contemporain. L'auteur analyse l'évolution de la recherche en la situant, d'une part, dans sa conjoncture historique et, d'autre part, dans le mouvement des transformations qu'a connu cette discipline depuis la fin de la Guerre froide. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l'analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l'analyse du nationalisme. Une de ses caractéristiques est de faire voir que, si les approches macrosociologiques ont longtemps dominé la sociologie du nationalisme, il n'est plus possible, dans ce domaine comme dans d'autres branches de la sociologie politique, d'ignorer les mécanismes de niveaux mésosociologiques qui permettent de comprendre les pratiques nationalistes et ethniques dans leur contexte. Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton). Avec la collaboration de Emanuel Guay et Michel-Philippe Robitaille.

    Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton).

  • Lorsqu'une société souffre d'une façon qu'elle ne parvient ni à expliquer ni à soigner, elle se met à persécuter un bouc émissaire - et c'est d'abord en ce sens que nous parlons d'une « pharmacologie du Front national ». Mais s'il est vrai que les 37 % de Français qui déclaraient partager les idées du Front national quatre jours avant l'élection de François Hollande souffrent d'une maladie qui frappe l'époque tout entière - souffrance qui les pousse à chercher des exutoires à cette maladie qui n'est pas seulement la leur, exutoires qu'ils trouvent dans ceux qu'ils désignent comme boucs émissaires - , la pharmacologie du Front national est aussi ce qui consiste à analyser les raisons pour lesquelles la plupart du temps, ceux qui prétendent combattre cette maladie et ses effets, et ses effets en particulier sur les électeurs ou les sympathisants du Front national, désignent ces derniers eux-mêmes comme des boucs émissaires, se dédouanant ainsi de lutter contre la bêtise, contre la leur en propre et contre ses causes, et désignant en général dans ces boucs émissaires-là à la fois les représentants typiques et les causes de la bêtise de l'époque. Faire en sorte que celui qui souffre et qui est malade soit accusé d'être la cause de sa maladie, et de contaminer les autres telle une brebis galeuse : tel est le mécanisme de désignation du bouc émissaire que les électeurs et sympathisants du Front national partagent avec ceux qui les traitent à leur tour comme des boucs émissaires. Et telle est leur commune bêtise.

    Cet essai est suivi du Vocabulaire d'Ars Industrialis, écrit par Victor Petit.

    Adaptation Studio Flammarion. Graphisme : Atelier Michel Bouvet

  • Le XIXe siècle (1815-1914)Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain, c'est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés.Étudier hier en fonction d'aujourd'hui - et même de demain -, tel est précisément le propos de ce livre. Qu'est-ce que le libéralisme ? Comment peut-on définir la démocratie ? D'où vient le socialisme ? Qu'est-ce que le nationalisme ? À ces questions et à cent autres, René Rémond apporte des réponses claires et rigoureuses.Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d'acquérir les bases historiques indispensables à l'intelligence de notre époque.René Rémond (1918-2007)Membre de l'Académie française, historien, politologue et président de la Fondation nationale des sciences politiques, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire politique, religieuse et intellectuelle de la France contemporaine.

  • Hymnes nationalistes ou révolutionnaires, musiques folks irlandaises, basques ou kabyles, mouvement pour les droits civiques des Noirs rythmé par le gospel, chants pacifistes, aucune révolte, aucune mobilisation sociale ne semble avoir pu se passer de pratiques musicales.

    Cet ouvrage analyse les propriétés qui font de la musique un puissant auxiliaire des mobilisations collectives. Au fil des chapitres, des leaders politiques utilisant des armes musicales croisent des artistes qui embrassent des causes militantes, à l'image de Béranger, Joan Baez, les Zebda, Bob Geldof ou des groupes britanniques de la Red Wedge ou de Rock Against Racism.

    Pour finir, l'auteur rend compte des divers usages sociaux de la musique, et de sa capacité à osciller entre protestation subversive et résignation plus ou moins conformiste.

  • Après une première édition fort bien accueillie, la deuxième mouture de La politique québécoise et canadienne entend élargir la perspective de la fédération canadienne en mettant l'accent sur les acteurs, les institutions et les sociétés qui lui donnent toute sa vitalité. Le présent ouvrage propose en effet des analyses actualisées portant sur les dynamiques culturelles, identitaires, juridiques, politiques, partisanes, électorales et institutionnelles des politiques du Québec et du Canada. Il innove en offrant un éclairage contemporain sur des thèmes à la fois centraux et encore trop négligés en études québécoises et canadiennes - dont le colonialisme canadien, la domination du pouvoir exécutif, le féminisme, le syndicalisme, les inégalités sociales, le fédéralisme fiscal, les politiques de redistribution et la migration.

    /> Les auteurs abordent ici quatre grandes thématiques : les traditions démocratiques et les cultures ; les institutions étatiques ; les partis politiques, les mouvements sociaux et les groupes ; les politiques publiques. Des tableaux synthèses, des questions à répondre, des lectures complémentaires et un glossaire destinés aux lecteurs avides d'approfondir leurs connaissances viennent appuyer leurs propos. Les citoyens et les étudiants qui souhaitent en savoir plus sur les problèmes politiques qui touchent les sociétés du Québec et du Canada y trouveront un outil pédagogique de premier plan, un incontournable en études québécoises et canadiennes plus que jamais à l'avant-garde de la recherche en sciences sociales au pays.

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