• La marge d'erreur Nouv.

    « Savoir finir en beaute? ? C'est tout un art. »

    Entre de?sinvolture et gra?ce de?chue, de?bandade et e?rotisme de?bride?, autofiction et fantaisie romanesque, La Marge d'erreur fait le portrait hilarant d'un de?pressif chronique plein de rage de vivre, pour les dernie?res semaines qu'il lui reste.

  • La narratrice - alter ego de l'auteur - vient d'être internée dans un sanatorium. Son mal ? Le complexe de l'argent. Dans ce roman épistolaire, elle raconte sardoniquement ses déboires financiers à son amie Maria. Une galerie de personnages loufoques défile : Henry, entrepreneur fauché ; Balailoff, prince alcoolique obsédé par son futur mariage ; ou encore Baumann, docteur freudien largement aussi névrosé et angoissé que ses patients.La perspective d'un hypothétique héritage hante l'imaginaire de ces originaux. Mais le complexe de l'argent pousse les personnages dans une véritable fuite en avant, si bien qu'ils n'osent même plus ouvrir leur courrier. Heureusement la faillite de la banque finira par libérer la narratrice de ses angoisses : désormais c'est elle la créancière.
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    Franziska zu Reventlow est née en 1871 dans une famille aristocrate allemande. Éprise de liberté, elle rompt avec son milieu et mène une vie d'artiste. Son oeuvre est un témoignage de la perception féminine du dandysme et de la vie de bohème dans les milieux littéraires et artistiques de Munich à la Belle Époque. Écrivaine, traductrice et peintre, elle paiera cher son indépendance. Elle avouera avoir sacrifié son pays, sa famille, et l'homme de sa vie, pour s'accomplir.

  • L'Éloge de l'oisiveté est une pépite dénichée dans l'oeuvre immense et protéiforme de Bertrand Russell. Dans la grande tradition des essayistes anglais (Swift, Stevenson), il manie le paradoxe pour s'attaquer aux fondements mêmes de la civilisation moderne. Derrière l'humour et l'apparente légèreté du propos se cache une réflexion de nature à la fois philosophique et politique qui s'exprime avec une ironie mordante : "Il existe deux sortes de travail : le premier consiste à déplacer une certaine dose de matière à la surface de la terre ; le second à dire à quelqu'un d'autre de le faire."

  • "Tanja Luci´c est devenue professeure de littérature à l'Université d'Amsterdam après avoir fui la guerre en ex-Yougoslavie. Là-bas, elle donne des cours à une classe composée de jeunes exilés yougoslaves dont la plupart gagnent leur vie en confectionnant des vêtements pour le « Ministère de la douleur », une boutique sadomasochiste. Tous vivent dans la « Yougonostalgie », un attachement sentimental à ce qu'était leur pays avant son éclatement. Pour soigner leur mélancolie, Tanja leur propose d'écrire le récit de leur vie et la façon dont ils ont vécu la désintégration physique et culturelle de cet État. Mais cette méthode pédagogique inhabituelle n'est pas sans conséquences : bientôt, elle s'attire les foudres des uns, et ravive les tensions entre les autres...
    Dans ce roman où l'ironie et l'humour noir sont rois, Dubravka Ugresi´c explore la douleur de la perte, l'isolement et la solitude auxquels ne saurait échapper aucun exilé. Que nous reste-t-il quand on a tout perdu - son pays, son foyer, et même sa langue ?"

  • « On hérite une fortune. Ou une entreprise. Ou une maison. Ou une maladie. Ou une ethnie avec sa charge historique et mentale. C'est ce qu'illustrent les habitants qui pendant un siècle se succèdent et se côtoient dans la villa Séléné, hantée par son premier propriétaire, le pendu. Ce sont, pour n'en citer que quelques-uns, Félix Méry-Chandeau, bibliophile et joueur de roulette russe ; Constance Azaïs, belle dévote torturée par le doute ; Claire Pons qui peint ses visions ; le sordide couple Vandelieu ; l'inspecteur Mausoléo et Andrée, sa femme qui selon le mot d'Oscar Wilde, tue ce qu'elle aime ; ce sont les émigrés juifs réfugiés dans les caves du sous-sol ; le fossoyeur Jérôme Labille et l'évocatrice des morts ; Hugo, le déserteur allemand et sa compagne Antoinette cachés dans les combles ; Mauricette la Martiniquaise ; les soeurs féministes et leur duel d'araignées ; Joseph, le pharmacien exhibitionniste ; l'égyptologue James Marshall Wilton ; Cédric le sidéen et son seul ami, le rat Astérix... Cent ans et deux guerres. Cent ans et quelques destinées dans la vie d'une maison. »
    G.W.

  • Édition enrichie de Nathalie Freidel comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    De même que deux vers de Racine suffisent à reconnaître la main du maître, deux lignes de Sévigné signalent immédiatement le style, le savoir-faire, la langue inimitables de l'épistolière. Encline au libertinage intellectuel, réfractaire à l'endoctrinement, Mme de Sévigné (1626-1696) est le pur produit de la société du loisir lettré. Ses lettres témoignent de ce besoin de tourner toute chose en dérision : ses contemporains, dont elle excelle à fournir des portraits satiriques, comme elle-même. Par le détour du pastiche, de l'ironie et de l'humour, elle dresse un portrait de soi parmi les plus vivants, les plus audacieux et les plus émouvants de son siècle. Mais les lettres consacrées aux opérations militaires, à la révolte de la Bretagne, à l'exil des rois d'Angleterre ainsi que l'intérêt porté à la politique familiale des Grignan en Provence dévoilent aussi un engagement sur un terrain où les femmes étaient loin d'être les bienvenues. Par son rayonnement - de la vie mondaine à la sphère politique en passant par l'intime - et son ton unique, Mme de Sévigné fait souffler un vent de liberté dans le classicisme français.

  • Trois mille ans se sont écoulés depuis que la Sphinx a posé cette énigme : "Quelle est la créature qui marche sur quatre pieds le matin, sur deux pieds à midi, et sur trois au coucher du soleil ?" OEdipe répondit que c'était l'homme, qui marche enfant à quatre pattes, se tient debout dans la force de l'âge et s'appuie sur un bâton en sa vieillesse. Une fois ce secret révélé et la Sphinx disparue en mer, OEdipe accéda au trône et épousa la veuve royale, Jocaste, sa propre mère. Mais quand il apprit la vérité sur ses origines, privé de toute possibilité de rachat, il se creva les yeux. Or, selon De Quincey, il existe une autre solution de l'énigme, une signification plus profonde, laquelle tient tout entière dans ce mot : OEdipe. L'auteur livre peut-être la clef de cet effroyable destin.

    Après une enfance difficile, Thomas De Quincey (1785-1859) a pu entamer de brillantes études à l'université d'Oxford. Mais il entre très vite dans une dépendance à l'opium, remède pour soigner de fréquentes névralgies, au point de devenir "un opiomane régulier et invétéré". Outre les Confessions d'un mangeur d'opium anglais, on lui doit de nombreux traités, études, articles, dont De l'Assassinat considéré comme un des beaux-arts. C'est Baudelaire qui a contribué à le rendre célèbre en France.

  • Dans un petit village des monts Funiu, Li Niannian, un adolescent un peu stupide et grand lecteur des romans de son voisin Yan Lianke, supplie les esprits de lui venir en aide : en plein été, les hommes ont en effet sombré dans une épidémie de somnambulisme. C'est un cauchemar que raconte Li Niannian, une nuit carnavalesque oubliée du temps. - les veilles se succèdent mais le jour se refuse à poindre -, une nuit durant laquelle les hommes transgressent tout : la morale, le bon sens, les codes, l'histoire. Le somnambulisme collectif débride les désirs et les obsessions enfouis. C'est une nuit de chaos. Si le père de Li Niannian lutte courageusement pour le salut de son village, c'est qu'il se sent redevable, coupable d'avoir autrefois dénoncé des inhumations clandestines alors que la crémation est de rigueur. Quant au directeur du crématorium, oncle de Lia Niannian, il en profite pour recueillir l'huile des cadavres à des fins lucratives....

    Faut-il voir ce monde insensé comme une allégorie de la réalité ? Un monde plongé dans une obscurité telle que l'humanité en perd ses repères fondamentaux et que l'unique forme de parole possible semble désormais l'imploration ? Couronné en 2016 par le prix Hongloumeng, ce roman a été annoncé par Yan Lianke comme un tournant dans son oeuvre, une nouvelle forme d'écriture libérée de la narration historique.

    Né en 1958 dans une famille de paysans illettrés du Henan, Yan Lianke a d'abord été écrivain officiel de l'armée, avant de composer des oeuvres puissantes et empreintes de liberté, souvent mises à l'index par la censure. « Je ne veux me rendre ni au pouvoir politique ni au marché. Je préfère garder ma dignité, même si cela signifie mourir de faim. J'ai cette conviction dans le sang. » Yan Lianke a reçu en 2014 le prix Franz Kafka pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Sez ner

    Arno Camenisch

    Ils sont quatre : l'armailli (ou maître-fromager), l'aide-armailli, le vacher et le porcher. Avec eux, les vaches, les cochons, la chèvre et le bouc, deux chiens, un chat, des poules et leur coq. Et pour seule femme la bergère du chalet voisin.En quelques trois cents proses brèves, qui sont autant d'images fortes, Arno Camenisch raconte leur quotidien : la routine, les corps à la tâche, les rapports de force, la frustration et les rêves, le temps qu'il fait ou qui passe et l'irruption inattendue d'autrui dans leur monde.Récit documenté et burlesque d'un été sur l'alpage, dans la sursilva des Grisons, Sez Ner donne à entendre une musique malicieuse, déchirante sous son apparente légèreté.Arno Camenisch est né en 1978 à Tavanasa, dans les Grisons. Il écrit de la poésie, de la prose et pour la scène, principalement en allemand, parfois dans sa langue maternelle, le romanche (sursilvan). Il vit à Bienne. Chez Quidam, il est l'auteur de Sez Ner, Derrière la gare et Ustrinkata (2020), soit le «cycle grison».

    Arno Camenisch est né en 1978 à Tavanasa, dans les Grisons. Il écrit de la poésie, de la prose et pour la scène, principalement en allemand, parfois dans sa langue maternelle, le romanche (sursilvan). Il vit à Bienne. Publié par l'éditeur Urs Engeler, il est l'auteur de Sez Ner (2009), Derrière la gare (Hinter dem Bahnhof, 2010), Ustrinkata (2012), soit le «cycle grison». Et aussi de Fred und Franz (2013), Die Kur (2015), Der letzte Schnee (2018) et Golden Years (2020).

  • Dans ce livre incroyable, Picabia se moque de tout, y dézingue tout. S'il y met à mal les idées, les sentiments, les principes, les conventions, déconstruit la réalité, rit de tout et de rien, et même de lui, c'est que jouer c'est vivre, autant que aimer ou travailler. Un véritable livre de chevet impertinent, construit de fulgurances poétiques teintées de dérision, profondément imbibées de nihilisme qui dérangent autant qu'elles amusent. Sans aucun doute le grand texte de Dada à Paris et le chef-d'oeuvre littéraire de Picabia, dont il est à l'image : brillant, scandaleux, provocateur, désinvolte. Ridiculisant l'art et les artistes, la littérature et les écrivains, les bourgeois et les poètes, rejetant toute forme d'autorité, Jésus-Christ Rastaquouère est exemplaire de l'esprit du moment.

    Peintre, graveur et écrivain français, Francis Picabia (1878-1953) l'un des artistes polymorphes les plus productifs du XIXe siècle. Proche de Braque et Picasso à ses débuts, il fait scandale aux côtés de Duchamp à l'Armory Show en 1913. Suite à ce succès international, il prend une part active dans les mouvements d'avant-garde de l'époque. Polémiste, agitateur et iconoclaste, il anime aux côtés de Tristan Tzara les manifestations Dada à Paris, avant de rompre avec ses comparses en 1921.

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    Né en 1899 à Carlsbad et mort au camp de Theresienstadt en 1942, Walter Serner a d'abord été l'une des plus brillantes figures du mouvement Dada. L'originalité de ses romans, publiés au début des années vingt et devenus des classiques de la littérature moderne, lui a valu le surnom de "Maupassant du crime" et de "Choderlos de Laclos des bas-fonds".

  • Si on les connaît également sous le titre de Préface à un livre futur, on chercherait en vain dans ces Poésies quelque vers que ce soit. Écrites quelques mois avant la mort de leur auteur, elles commettent un renversement total de l'esprit de révolte qui animait Les Chants de Maldoror. Du reste, Isidore Ducasse décide pour leur publication de jeter le masque de Lautréamont et d'y apparaître sous son nom véritable. Ses Poésies font du conformisme une voie véritablement nihiliste. L'ironie outrageante à l'endroit des romantiques et de leur emphase, le parti pris radical, tel que revendiquer la nécessité du plagiat, hissent ces considérations d'ordre poétique au rang de pamphlet férocement subversif. Sans équivoque malgré l'ironie qui guide chacune de ces considérations d'ordre poétique, sans morale malgré la sentence définitive, sans mystification malgré l'apparence de la gageure. Ducasse recopie La Bruyère ou bien des Pensées de Pascal, les retourne comme un gant, en modifie le sens. Ces Poésies entendent réagir aux "têtes crétinisantes", parmi lesquelles il s'inclut. Elles sont plurielles, car elles doivent être faites de tous et par tous.

  • Bienvenue à Valdez, en Alaska, à prononcer Valdiiiz pour que ça rime avec disease ("maladie" en anglais). Le ton est donné ! L'atterrissage ne se fera pas en douceur : le pilote, quasi imberbe, a appris le boulot sur le tas et s'allume une clope d'une main tandis qu'il contrôle de l'autre l'avion pris dans la tempête. Au programme à l'arrivée : nuits en dortoir avec les ouvriers, constat du conflit d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc, pêche au saumon en compagnie d'un Indien ivrogne, timide apprentissage de la danse two-step, et surtout, rencontre avec un échantillon représentatif de la population locale. Vous voilà dans la peau d'Harry Crews. Chargé par Playboy d'écrire un reportage sur le très controversé oléoduc trans-Alaska, Crews, qui fait ses classes en tant que journaliste sur le terrain, se heurte à des autochtones peu amènes. Mais plus la bière coule, plus les langues se délient. Place à Hap, le cuistot du camp, à la table duquel Crews fait la connaissance d'un contremaître furieux de s'être fait arnaquer avec des réveils défectueux pour les ouvriers, à Lynn, qui cuit des gâteaux pouvant dissimuler une fiole d'alcool, interdit sur le chantier, ou encore à deux tatoueurs exerçant leur art sur notre auteur une fois son taux d'alcoolémie suffisamment élevé. Les dialogues sont truculents, les situations rocambolesques et le récit de cette virée en pays hostile complètement déjanté. Le tout sur fond de conflit géo-écolo-politique : 15 ans plus tard, en 1989, les États-Unis connaissent leur plus importante marée noire. Le pétrolier Exxon Valdez échoue sur les côtes de l'Alaska, y déversant 40 000 tonnes de pétrole brut.

  • Baptiste sait l'art subtil de l'imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l'âme, ressuscite celles qui se sont tues.

    Mais voilà, cela ne paie guère. Maigrement appointé par un théâtre associatif, Baptiste gâche son talent pour un quarteron de spectateurs distraits.

    Jusqu'au jour où l'aborde un homme assoiffé de silence. Pas n'importe quel homme. Jean Chozène. Un romancier, une célébrité discrète mais assiégée par les importuns, les solliciteurs, les mondains, les fâcheux. Chozène a besoin de calme et de temps pour achever son livre. Son plus beau texte, le plus ambitieux, le plus intime.

    Il propose à Baptiste de devenir sa voix, au téléphone. De se faire passer pour lui jusqu'à la fin du roman. Il lui confie sa vie, se défausse enfin de ses misérables secrets, se libère du réel pour se perdre à loisir dans l'écriture.

    C'est ainsi que Baptiste devient son répondeur.

    A leurs risques et périls.

    Luc Blanvillain est né en 1967 à Poitiers. Agrégé de lettres, il enseigne à Lannion en Bretagne. Son goût pour la lecture et pour l'écriture se manifeste dès l'enfance. Pas étonnant qu'il écrive sur l'adolescence, terrain de jeu où il fait se rencontrer les grands mythes littéraires et la novlangue de la com', des geeks, des cours de collèges et de lycée.
    Il est l'auteur d'un roman adulte qui se déroule à la Défense, au sein d'une grande entreprise d'informatique: Nos âmes seules (Plon, 2015).

  • Prosateur de talent doté d'une plume acerbe, La Bruyère est loin de se contenter de peindre les moeurs de son temps. Multipliant, de maximes en analyses, les portraits satiriques tout autant qu'ironiques d'une société de faux-semblants, son propos acquiert une portée universelle. Sous le règne des apparences, où le grand travestissement burlesque le dispute à l'hypocrisie, aucun vice de l'humanité ne lui échappe : ambition, vanité, inconstance... Si l'on peut encore s'étonner du succès d'une oeuvre si corrosive, c'est sûrement qu'il est aisé de rire des autres pour ne pas rire de soi !

    Illustration de couverture : Gravure sur cuivre (1845), Collection particulière © akg images.

  • En 2016, le succès public et critique rencontré par Elle a remis Paul Verhoeven sur le devant de la scène internationale. Le cinéaste néerlandais raconte son parcours dans cet entretien exhaustif réalisé chez lui, à La Haye. Il évoque ses controverses et ses succès, Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Isabelle Huppert, la Hollande et Hollywood, le triomphe de Basic Instinct et l'échec de Showgirls, la liberté de Starship Troopers et la vitesse de Black Book... Il revient sur ce qui le lie aux femmes - plus qu'aux hommes -, sur sa passion pour Jésus et pour Jean Moulin, ainsi que sur ses nombreux projets de films. Cet entretien est précédé d'un essai d'Emmanuel Burdeau portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Paul Verhoeven.

  • Un jour de 1936, Frigyes Karinthy, assis au Café Central, entend démarrer un train. Il n'y a pas de gare aux environs. C'est le premier symptôme de sa maladie, une tumeur au cerveau, et la première scène de "Voyage autour de mon crâne" que Karinthy écrira après avoir subi l'ablation de cette tumeur dans une clinique de Stockholm.

  • "Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage."Le propre de l'ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l'essai, d'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

  • Écrire, c'est d'abord s'asseoir. Plutôt que de s'asseoir devant un bureau, l'auteur a choisi de s'asseoir dans un avion.
    Cinquante millions de personnes sont transportées chaque année par la compagnie low cost easyJet. Vacances ou travail, toutes entreprennent le voyage dans un but donné. Pour l'auteur au contraire, le transport lui-même a pris le pas sur la destination. Alexandre Friederich a décidé de rejoindre en vingt jours dix-sept destinations, ainsi reliées de façon arbitraire. Son objectif : passer le plus de temps possible à bord des avions. Avec l'acuité du sociologue et la verve réjouissante de l'ironiste, il relate dans easyJet cette expérience, met en évidence le caractère aberrant d'un système qui infantilise l'homme, le transforme en marchandise ou l'humilie au nom de sa sécurité.
    Lire easyJet, c'est peut-être se prémunir mais c'est aussi entrevoir la fin d'un modèle, celui du low cost et, avec lui, du voyage.

  • Si ces épigrammes devaient être gravés sur la tombe d'un monument, ce serait un monument à la liberté... de pensée. Que l'on en juge : "Nous nous soumettons à la majorité parce que nous y sommes tenus. Mais nous ne sommes pas forcés de donner à notre attitude soumise une posture respectueuse." Ou encore : "Chez celui qui n'a jamais causé de tort à autrui, la vengeance est une vertu." C'est une collection d'aphorismes de cette trempe que renferme ce petit ouvrage, appelé à tenir dans la poche, sinon à occuper durablement sa table de nuit. Dans un style à la Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues, ces diatribes acerbes­ sonnent comme autant de piqûres de rappel. Celui qui est devenu l'un des maîtres du fantastique sait introduire ce qu'il faut de méchanceté ("Le premier homme que vous croiserez est un imbécile. Si vous pensez le contraire, interrogez-le et il vous le prouvera"). Ajoutez à cela une once d'anticléricalisme ("Chrétiens et chameaux accueillent leurs fardeaux à genoux"), une pointe de lucidité trempée dans l'ironie ("La mort n'est pas la fin ; il reste le litige sur l'héritage"), enfin une infime misogynie ("Pour étudier ce qu'il y a de bon et de mauvais chez la femme, il est inutile de faire appel à deux femmes"). Pour finir, laissez tonner et résonner la formule impeccable et de circonstance : "Un auteur populaire est quelqu'un qui écrit ce que pense le peuple. Le génie les invite à penser autre chose."

  • Elle n'a que lui et elle l'adore, mais lui ne pense qu'à s'enfuir au plus vite.. Elle dort à ses côtés, et lui, « les yeux grand ouverts dans la nuit », rêve à une autre... Elle attend depuis toujours qu'il s'engage, et lui ne peut attendre de lui révéler sa nouvelle existence... L'amour à sens unique, l'amour trahi, la vie qui se fendille en une seule phrase, négligemment glissée dans la conversation : dans ces six nouvelles composées entre 1922 et 1932, Vita Sackville-West montre une fois de plus à quel point elle excelle dans le tableau doux-amer des sentiments inexprimés.

    « La reine de l'élégance acide et d'un cynisme sans égal » (S. Des Horts, Valeurs actuelles).
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  • « J'étais devenu un fantôme. Une sorte de mort-vivant. J'ai trouvé un ultime sursaut d'énergie pour avaler une poignée de tranquillisants avec un fond de vodka. Je me suis assis dans mon fauteuil club et j'ai regardé une série sur HBO. Je me suis réveillé en pleine nuit. Non. Le cauchemar était bien réel. Joséphine n'était plus amoureuse de moi. »

    Si l'amour est la plus forte, la plus dangereuse et la plus répandue des addictions, voici le roman de l'impossible désintoxication, le roman du chagrin d'amour.

  • Dans le tweet, la vérité ; dans le rire, la santé !L'amour, c'est regarder dans la même érection.Sauvez les légumes, mangez un végan.Vous avez remarqué que " courir " rime avec " mourir " et " sport " avec " mort " ? Moi, oui.Retrouvez les meilleurs tweets de Rosa Rosam !Le sexe, la famille, la politique, la vie et ses petits (ou gros) tracas... Rien n'échappe à l'esprit caustique d'une observatrice des temps modernes, une adepte du hashtag, qui tweete plus vite que son ombre et fait mouche à tous les coups. On vous aura prévenus !

  • Vous squattez le compte Netflix d'un ami ? Vous réutilisez trois fois les sachets de thé ? Vous gardez les sauces du fast-food dans votre frigo ? Félicitations, vous êtes un crevard ! Enfin... un crevard amateur. Et si vous passiez pro ?Parce que faire des économies, c'est un sport de compétition, et parce qu'en chacun de nous sommeille un économe du quotidien au QR (quotient de radinerie) plus ou moins élevé, découvrez des astuces et bons plans plein d'humour pour obtenir plus en dépensant moins et devenir un radin qui se repecte, un pingre de haut vol, une pince au royaume des pinces !
    Alors, à vos porte-monnaie, achetez ce livre !"Le meilleur livre de tous les temps" (Balthazar Picsou)"Une vraie source d'inspiration !" (L'écureuil d'une célèbre banque française)

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