Littérature traduite

  • Quand le jeune d'Artagnan quitte sa Gascogne natale pour Paris, il n'a qu'un rêve en tête : devenir mousquetaire. En chemin, son caractère fougueux va attirer sur lui les foudres des gardes du Cardinal de Richelieu, lui permettre de se lier d'amitié avec trois de ses glorieux aînés, Athos, Porthos et Aramis, et même de croiser l'amour en la personne de Constance, lingère de la Reine... Mais il est loin de se douter que ces rencontres l'amèneront à se rendre jusqu'à Londres, afin de déjouer un complot qui pourrait mettre la France en péril ! Un pour tous, et tous pour un !
    Redécouvrez les aventures épiques et indémodables de D'Artagnan et ses amis comme vous ne les avez jamais lues !

  • Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, biographie et bibliographie)
    Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.

  • Odyssée

    Homère

    Depuis plus de cent générations, les hommes s'émerveillent du fabuleux voyage d'Ulysse au retour de la guerre de Troie. Ils savent que Pénélope, sa femme, l'attendra vingt ans dans sa patrie d'Ithaque, et quels dangers le guettent sur cette Méditerranée alors inconnue. Ils se préparent, avec lui, à affronter le Cyclope mangeur de chair humaine et à défier les vents d'Éole.
    Le destin a prévu qu'Ulysse échapperait aux chants des Sirènes, aux charmes de Circé, aux promesses de Calypso et de Nausicaa. Rusé comme " Personne ", nom sous lequel il se cache, il nous entraîne, avec ses compagnons, dans le plus beau poème de la découverte du monde.

  • Le prince

    Machiavel

    Ecrit il y a plus de vingt-cinq siècles, l'Arthashâstra propose une véritable doctrine de l'État, moderne, bienveillant et efficace. Kautilya, surnommé le Machiavel indien, porteur d'un conservatisme éclairé y défend autant le bien-être du peuple que l'autorité de son Roi.
    De cet immense traité, Jean-Joseph Boillot a extrait, traduit et adapté les grands principes de la bonne gouvernance. Parfaitement intemporelles, les questions qu'il aborde sont parfois même d'une étonnante actualité. Comment choisir ses ministres et mettre à l'épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes ? Quel soin porter aux finances publiques et en prévenir les détournements ? Quelle place accorder à la justice ? Qu'est-ce que la souveraineté de l'État ?
    Alors que les grandes démocraties occidentales souffrent d'une profonde crise de gouvernance, que leurs dirigeants et leurs programmes ne sont plus capables d'enrayer la montée des populismes, le citoyen trouvera peut-être un peu de réconfort et le politique un peu d'inspiration à la lecture de l'un des plus grands traités de l'Inde ancienne.

  • Joumana est le récit du drame intime d'un homme. Comme pour mieux saisir ce je de la confession, le narrateur remonte aux souvenirs de son enfance, une enfance difficile, marquée par les figures autoritaires du père et du grand-père, et la perte trop précoce d'une mère adorée, mais aussi par une forte éducation religieuse chez les jésuites installés dans un Liban encore français. C'est au cours de ses études de droit, que Joseph rencontre Rose, celle qui deviendra sa femme. Avec elle, il partage la même passion pour la culture française. Mais derrière la complicité livresque, l'attrait commun pour cette France, à la fois lointaine et enracinée dans un Liban en pleine mutation, se cache un vide, et rien ne saura combler l'absence de l'amour charnel, la démission du désir, rien excepté l'événement imprévu qui survient dans la vie de Joseph : l'arrivée de la petite Joumana, la nièce de Rose, dont il devient avec Rose le co-tuteur. L'amour de Joseph pour l'enfant que Rose, stérile, n'a jamais pu avoir, finira par dépasser, tragiquement, les frontières de l'amour paternel... Récit d'un amour incestueux, Joumana se déroule dans un pays partagé entre deux mondes : l'Occident et l'Orient, au moment du passage d'un Liban français à un Liban indépendant, où les incertitudes de l'avenir opposent l'optimisme d'une génération nouvelle aux angoisses des tenants du passé.

  • « L'Ankou est le moissonneur et le charretier de la Mort. C'est un grand diable maigre, le visage dissimulé sous un large chapeau. Il est debout sur un char grinçant et lourd où il empile sa récolte de cadavres », écrivait Anatole Le Braz dans la Légende de la mort chez les Bretons armoricains. L'Ankou revient en ce siècle mettre fin à la lente agonie d'un petit pays d'Armor. Dans sa charrette, un frère et une soeur qui s'aiment d'un amour coupable, douze adolescents qui traversent une rivière de sang, un bâtard malheureux, un nazi qui joue de la flûte, des vieillards impatients, une ville qui se noie, une cathédrale engloutie, des oiseaux qui ne savent plus chanter. Une histoire sentimentale nourrie d'Histoire et de trous de mémoire. L'histoire incestueuse d'une terre et de sa légende. La passion sensuelle d'un pays où le rêve hante la réalité.

  • Dans le village où tout lui appartient, personne ne discute la volonté de Cyprien Gerdil, le maître d'une importante exploitation forestière. Chacun le redoute, même Francine sa fille, et son bras droit dans l'entreprise familiale située au coeur d'une clairière. Promise à Jean-Michel, l'héritier du domaine voisin, Francine paraît étrangement troublée par l'arrivée de Mario, un jeune et nouveau bûcheron, si différent de ses camarades. Un irrépressible amour rapproche peu à peu les jeunes gens. Mais ils restent discrets. Qui oserait braver la colère de Gerdil ? À l'entour, cependant, chacun les épie. Quand la forêt brûle, de malveillantes rumeurs agitent la clairière. On chuchote. On murmure. Nul ne connaît le passé de Mario. Pas même Francine... Dans l'univers de la forêt, une idylle dramatique et tendre, mêlée au suspense d'une mystérieuse intrigue.

  • L'auteur, Camerounais, est un réaliste délirant, convaincu que l'imaginaire est affaire d'illusion.

  • En l'an 40 de notre ère, deux jeunes paysannes à dos d'éléphant ont chassé de leur pays l'occupant Han, le plus grand empire de l'Antiquité. En cette année 1965 du calendrier impérialiste, le masque a encore une fois changé d'empereur et, encore une fois, filles de dragon et fils de fée font face... Nous sommes au Viêt Nam ; Maman Nymphéa a perdu tous ses enfants, l'un après l'autre, dans cette guerre terrible contre la plus grande puissance du monde. Seule survivante, Loriot-du-Saule, la petite soeur, se jette de toutes ses forces dans la bataille. Et si elle est sûre d'y rencontrer la mort, elle ne s'attend certes pas à y découvrir l'amour... Amour et haine, qui jamais ne pourront faire bon ménage ; Salangane et Point-Virgule en feront à leur tour l'amère expérience avant que l'Amérique comprenne enfin qu'elle est vaincue par la ténacité de ce peuple inflexible. Un roman (mais est-ce un roman ?) fascinant, foisonnant, tendre et violent, comme un coup de poing venu de ce Viêt Nam qui ne cesse de résonner dans nos mémoires...

  • Voici un texte étonnant. Par son impudique pudeur, par son lyrisme retenu, par son humour, par la netteté lumineuse de son dessin et de son écriture. L'Égypte que parcourt le héros de Juan Piñeiro, du Caire à Assouan et d'Assouan au Caire, ce n'est pas celle des temples et des pyramides. Celle-là, il ne la voit pas. N'existent à ses yeux et à tous ses sens que les villes, les paysages, les animaux et les êtres - ces garçons à qui l'unissent de brèves et fulgurantes amours. Et ses imaginations, et ses mirages... Voici un texte troublant, et pourtant singulièrement pur. Tout au long de ce voyage, une lumière dorée nous accompagne, comme si vraiment nous étions près du Nil, au milieu du désert, sous un soleil aussi éblouissant que les soleils noirs des visionnaires, ou les lunes aveuglantes des amours essentielles.

  • Violaine Bouvier, une jeune employée d'une importante société financière s'aperçoit que l'ordinateur de son entreprise n'est pas programmé pour le passage de l'an 2000. Cet ordinateur qui passe de l'an 99 à l'an 00 va replonger la jeune femme dans le passé. Elle découvre alors avec surprise que son propre grand-père fait partie de ce passé troublant que lui révèle peu à peu le logiciel. Une série d'aventures anciennes se superpose à celle que vit la jeune femme dans le présent. Violaine Bouvier voit défiler sur l'écran le siècle curieusement entrecoupé d'épisodes sur ce grand-père étrange. Le patron de la D.S.A, la société où travaille la jeune femme, avoue rapidement, face à l'incrédulité de Violaine, qu'il a créé un logiciel capable de passer l'an 2000 sans reprogrammation. Un programme du pauvre en quelque sorte, selon le principe que l'avenir peut bien se satisfaire du passé. Violaine Bouvier est vite persuadée que cette affaire cache autre chose. Au terme d'une enquête en flash-back elle finira par découvrir que le patron de la D.S.A avait un intérêt tout personnel à revenir sur ce passé oublié. Au-delà de cette intrigue qui a pour cadre un sujet d'actualité, on se replonge dans l'histoire qui contredit notre mémoire. Le grand Bug de l'an 2000 n'est-il pas le révélateur de notre propre incapacité à nous souvenir ?

  • La Nouvelle-Guinée centrale est la région la plus mal connue du monde. Après un périple dans la chaîne centrale, qui les a conduits chez les Chimbu aux somptueuses coiffures de Plumes de paradisiers, puis chez les Mendi qui acceptent difficilement la tutelle australienne, Pierre-Dominique Gaisseau et Tony Saulnier-Ciolkowski décident, en dépit des règlements en vigueur de s'enfoncer dans la zone incontrôlée, sans interprètes et sans armes. Là, ils entrent en contact avec les Duna, les survivants de la Préhistoire, qui portent des perruques fleuries, utilisent encore la hache de pierre polie et n'ont encore jamais vu d'Européens. La découverte de tels hommes, en pleine ère atomique, leurs réactions, la description de leur vie quotidienne, de leurs cérémonies d'initiation, de leurs rites funéraires, tel est le sujet de ce livre.

  • Le roman Bab el-Oued m'a servi à exorciser les nombreuses frustrations vécues pendant le tournage de mon film Bab el-Oued City. En l'écrivant, j'éprouvais cette sensation de liberté dont j'étais privé en m'exprimant par la caméra, avec les contraintes que cela représente, surtout lorsqu'on tourne dans un milieu hostile, comme cela a été le cas. Quel bonheur de laisser l'écriture vagabonder, d'explorer en profondeur les personnages avec leurs rêves, leurs émotions, leurs contradictions ! Quel bonheur de pouvoir évoquer le riche passé et les atmosphères sensuelles de Bab el-Oued, ce quartier de mon enfance ! C'est pourquoi, bien que le sujet soit le même, le roman est totalement différent du film. J'ai mené ma chronique plus loin, mais en restant fidèle à ma façon, qui est celle d'un raconteur d'histoires. Ce qui advient en Algérie aujourd'hui, j'ai tenté de le faire sentir à travers des personnages et des situations du quotidien, en restant du côté des gens, avec leurs douleurs, leurs joies, leurs espoirs, confrontés à des événements dont ils sont à la fois les victimes et les acteurs.

  • Wall Street retient son souffle. Celui qui manie le globe comme une toupie, et le cours des changes comme un élémentaire boulier, Karl Kovac, alias le Crabe, s'apprête à lâcher 400 millions de dollars sur le marché. Où va-t-il frapper ? Quel titre, quelle monnaie, quelle matière première prendra-t-il pour cible ? Quand, soudain, le kidnapping de Katia, sa fille unique, bouleverse la donne. Qui ose se mesurer au titan franco-croate, à ce redoutable sorcier de la finance ? S'engage une partie d'une glaçante vérité, où les placements sont des armes de haute précision, et les bombardements de civils bosniaques de simples prétextes à la spéculation.

  • David Blair, l'un des chefs des Services spéciaux britanniques, doit mourir. Son meilleur ami s'y emploie. Mais la réalité se dérobe à mesure que la trahison se révèle. Où chercher la vérité ? Dans une Angleterre figée, aux rites immuables, ou dans l'Union soviétique agitée par les soubresauts de la Perestroïka ?

  • En mars 1703, sur l'ordre de son maître, le duc d'Orléans, Victor de Gironde part en ambassade à la cour pontificale d'Avignon pour défendre, auprès du nonce, les droits de la Princesse Palatine, mère du Duc. Autorisé à se dérouter par le Rouergue afin de revoir sa famille, Victor est mis au courant des projets d'un de ses cousins, l'abbé de la Bourlie. Celui-ci, par haine de Louis XIV, a entrepris d'associer, dans une insurrection générale du Midi, les catholiques mécontents et les protestants camisards en rébellion ouverte depuis août 1702. Parvenu en Avignon, Victor est brusquement appelé dans les Cévennes au chevet de son père mourant. Il entreprend alors de traverser le pays en guerre avec le chevalier de Carresse son ami qui n'est autre que le terrible marquis des Éperviers. À Gironde, sa maison natale, en Provence, puis en Languedoc, Victor devra déjouer bien des embûches, conjurer bien des périls avant d'atteindre « le camp des enfants de Dieu », où son père a trouvé refuge. Guerriers, camisards, dragons et miquelets sans pitié, farouches cavaliers de Camargue, prélats et officiers fanatiques, mais aussi caractères d'exception s'essayant à imposer l'idée de tolérance, voici quelques-uns de ces personnages que Victor de Gironde rencontre tout au long de sa route... Tandis que le coeur du chevalier de Carresse balance entre Sylvie de Soustelles, la catholique sans merci, et Delphine de Mirman, la protestante au coeur pur, Clémire, la fiancée de Victor, pour oublier leur séparation, se plonge à corps perdu dans les préparatifs de leur mariage.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lorsque Djarbi arrive à l'École Normale de la capitale, il a la vie devant lui : la paix de l'Indépendance à découvrir, les espoirs de la Révolution, l'amitié et peut-être l'amour. Mais l'univers clos d'un lycée destiné aux pauvres lui impose des règles, des désillusions, des petitesses. Rachid Mimouni dresse un tableau impitoyable de l'après-guerre d'Algérie. Les jeunes personnages de ce roman d'apprentissage vont surtout apprendre à regarder le monde d'adultes qui les attend. Leurs guides, encombrés de complexes et d'incertitudes, n'offrent souvent que les caricatures de leurs espoirs. Certains sont pitoyables, d'autres plus héroïques : qui soupçonnerait l'austère demoiselle au visage ingrat d'avoir aidé, pendant la guerre, des rebelles ? Qui pourrait imaginer la solitude désespérée de cet autre qui, les cours finis, se précipite dans les bas-fonds de la ville ? Outre des portraits saisissants d'adolescents décidés à construire l'avenir, Rachid Mimouni trace celui de son héros, guetté par la mort, au moment même où il croit découvrir l'amour.

  • La route goudronnée reflète l'éclat du jour, serpente comme un gigantesque miroir sombre. La terre que je suis forcé de quitter n'a ni la force ni l'envie de se permettre quelques fantaisies, de s'élever en monts ou de s'affaisser en vallées. Sous la chaleur implacable que fait pleuvoir un soleil de plomb, elle se résigne à être plate et monotone comme notre destinée. Quelques collines, vestiges des temps passés, sont également là, sans prétendre pour autant rompre l'homogénéité de l'espace. Piqués de pierres tombales, leurs sommets renforcent la sensation d'une catastrophe imminente.

  • Au début de ce siècle, l'Amérique était un pays sans réelle tradition littéraire. C'est en Europe que l'écrivain américain allait chercher son inspiration. Aujourd'hui, les États-Unis se trouvent être le centre du monde littéraire anglophone. Ce livre révèle la richesse et la variété de la poésie américaine tout au long de ce siècle. Il est illustré de nombreuses photographies inédites.

  • Sur la côte istrienne, une villa du début du siècle a été transformée en hôtel de seconde catégorie. À un tir d'obus de la guerre, le temps d'une courte saison estivale, quatre vacanciers étrangers séjournent dans ce lieu de villégiature au charme désuet. Chiara, l'Italienne, le vieux peintre Arnold Altenberg, et un jeune couple, la belle Odile et son ami Friedrich, tous deux oisifs, à peine conscients des drames qui se jouent autour d'eux. Le village où ils passent leurs vacances est aux mains des femmes, les hommes étant partis à la guerre. Un calme apparent règne autour de la villa, mais on sent la tension qui monte, en ce mois d'août chaud et orageux...

  • Parce qu'il fréquente aussi assidûment les académies de peinture que la faculté de Médecine, Jack croque avidement au fusain et à la sanguine le corps d'Anita, un modèle qui devient sa maîtresse. Ils partent pour Ibiza, en compagnie d'un couple d'amis carabins. En Auvergne, un accident de la route provoque la mort d'Anita. Parler d'anthropophagie ne suffirait pas à expliquer les raisons qui amènent Jack, avec la complicité de ses amis, à découper et consommer le corps d'Anita. Chez Thieuloy, l'amour prend toujours des dimensions exploratoires, absolues, dérangeantes comme cette cannibale eucharistie. Jack conservera jalousement le squelette de sa bien-aimée, voyant dans l'os « ce qu'il y a de plus humainement immortel ». Servie par un style exceptionnel, drôle et féroce, cette nouvelle révèle le meilleur de Thieuloy. Elle fut publiée pour la première fois par les Éditions Balland, dans la collection « L'Instant romanesque », en 1980.

  • « Assis à même le sol, Rabah ramena sa jambe valide sous lui. L'autre, en bois, restait allongée. Il prit sa canne posée à côté de lui, la planta dans le sol et, s'y agrippant des deux mains, il réussit, d'une puissante traction, à se mettre debout. Son fils Miloud le regardait, intrigué. Il y avait surtout ce moment, moins d'une seconde, durant lequel le père se trouvait dans une position d'équilibre instable, mi-assis, mi debout, qui le fascinait. Miloud était le cadet de Rabah. Né par hasard, il allait sur ses dix ans, poussant on ne sait comment, un peu comme ces plantes qui poussent sur les bords du jardin sans qu'on puisse savoir d'où elles viennent, et qu'on hésite à arracher, car leur nature sauvage leur donne une beauté qu'on ne retrouve guère chez les plantes cultivées. » Rabah, Miloud, Lima, Si Aïssa l'épicier, Khaldi le poissonnier, Chergui le sage, et puis Rahma, cette belle jeune femme qui n'a peur de rien, convoitée par les hommes et redoutée par les femmes, abandonnée par un mari harki et qui veut trouver la paix... Une vie de village dans le bled algérien juste après le départ des Français, avec ses mômes qui furètent partout, ses adultes qui hésitent entre joies et souffrances, dans la lumière et la poussière que le soleil fait trembler. Un roman simple et fort qui est comme une source éclairante des drames ultérieurs.

  • Figure de proue du mouvement démocrate kurde, Mehdi Zana a passé onze années consécutives dans les geôles turques. De 1980 à 1991, il note les interrogatoires, les tortures quotidiennes, les transferts, les révoltes, les répressions violentes, le sadisme des geôliers et la solidarité des détenus dans les diverses prisons - notamment la redoutable prison n° 5 - où il est incarcéré. L'épouvante nous est contée dans une langue simple, noble, qui confère grandeur et dignité à ce témoignage. Le talent est évident. On est loin de la langue de bois des textes militants. L'auteur, en outre, expose clairement le problème des Kurdes de Turquie, tel qu'il fut traité, ou escamoté, de Mustafa Kemal à nos jours.

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