Sciences humaines & sociales

  • Six ou sept générations de Français ont vécu sous l'égide de la civilisation républicaine. De 1870 à nos jours, cet écosystème, régénéré à plusieurs reprises - après la Grande Guerre, à partir de la Libération et encore en 1958 -, a tissé un vivre-ensemble à nul autre pareil reposant sur la démocratie libérale, la laïcité, la langue, l'école et un sentiment prononcé d'appartenance à une large communauté.

    Dans la seconde moitié du XXe siècle, les Trente Glorieuses ont favorisé la mise en place de l'État providence et, après 1962, la fin des guerres coloniales a instauré une paix que les Français ne connaissaient plus depuis très longtemps. Prospérité, plein emploi, concorde civile... Comment résister à l'idée que ces temps-là sont comme un paradis perdu ?

    De multiples forces historiques sont venues miner et altérer cet équilibre. Perte du sens de l'intérêt général, dégradation de l'école qui avait aussi pour mission de porter les valeurs de l'État-nation, émergence de diverses formes de violence sociale... Sur fond de mondialisation, de crise climatique et de guerre larvée contre le terrorisme, le vivre-ensemble a dégénéré en vivre côte à côte voire en vivre face-à-face. Le tragique de l'Histoire est revenu.

    En dressant la fresque d'un siècle et demi d'une civilisation aujourd'hui presque disparue, Jean-François Sirinelli éclaire toutes les étapes d'un phénomène dont nous n'avons pas toujours eu pleine conscience. Ce faisant, il nous aide à distinguer le contingent de l'essentiel et, peut-être, à rebâtir un monde nouveau, plus propice à la vie collective.

  • Rome et le monde romain comme on ne vous les a pas racontés, et comme les manuels ne peuvent pas les raconter. Depuis Romulus jusqu'à la chute de l'empire, ce livre secoue nos certitudes et tend parfois un miroir à nos préoccupations contemporaines, parlant de fake news et de politique-spectacle, d'accès à la citoyenneté entre asile généralisé et fermeture, d'images paradoxales de l'Urbs, de génocides étalés avec complaisance à côté de quelques discours humanitaires, d'une hostilité prétendue au progrès scientifique, de représentations du limes construites en fait au XIXe siècle, d'une extraordinaire et bien réelle capacité à gérer de terribles défaites (parlera-t-on de résilience ?), de l'escamotage des langues de l'empire autres que le latin et le grec, du moins jusqu'aux prêcheurs chrétiens, de l'importance des prodiges et de la multiplicité des cultes locaux, ou encore des « invasions barbares » et du foisonnement des hypothèses sur la chute de l'empire... L'érudition et la familiarité s'associent en un récit passionnant et décapant.

  • Cet ouvrage sans équivalent revisite l'histoire de l'« Alsace-Lorraine » à travers la longue persistance de cette dénomination ; les eff orts de l'Empire allemand pour intégrer sa nouvelle conquête et les comportements de refus et d'acceptation des annexés ; l'appréciation de l'héritage qui s'est maintenu jusqu'à nos jours.
    L'appellation Elsass-Lothringen surgit au cours de la guerre de 1870, puis est offi cialisée par les Allemands
    au traité de Francfort en 1871. Mais cette création pose la question très ancienne des rapports entre l'espace
    germanique et l'espace roman puis français.
    L'Alsace-Lorraine correspond bien à la notion d'un « pays perdu » qui a alimenté la chronique internationale durant quarante-sept ans.

  • La sagesse ancienne irrigue la philosophie de la Renaissance, melting-pot d'idées issues de divers courants de pensée de l'Antiquité. Des théologiens antiques ont, croit-on, préfiguré la révélation chrétienne. Nombre d'apologistes chrétiens citent des textes d'auteurs préchrétiens pour inscrire leur doctrine dans une continuité. Idée qui se généralise aux XVe et XVIe siècles. Et particulièrement en France où l'on se réclame, entre autres, de l'héritage des druides. La prisca theologia (ancienne théologie) vise en somme une conciliation entre les mondes chrétien et juif, la Grèce et Rome, la Renaissance et le Moyen Âge. Évitant de s'en tenir à l'orthodoxie d'une seule doctrine, elle a permis la survivance des idées antiques à la Renaissance et contribué à forger la philosophie humaniste.

  • À la croisée de la démographie, de l'anthropologie et de l'histoire du droit, voici la première étude sur l'évolution des structures familiales de l'an mil aux premières décennies du XIXe siècle. Un éclairage stimulant, qui invite à reconsidérer l'évolution de la propriété foncière, les transformations de la noblesse, la question de l'office dans la société d'Ancien Régime et, au-delà, les liens qu'entretient l'État monarchique avec la sphère familiale. Jérôme Luther Viret s'attache à comprendre les problèmes pratiques que cherchaient à résoudre les populations du passé : nécessité d'entretenir les parents dans la vieillesse, volonté de donner à l'ensemble des enfants un destin, perpétuation de la famille comme communauté de sang où se transmet un patrimoine matériel et immatériel. Une étude majeure qui ouvre la voie à une nouvelle histoire de la société française sur la très longue durée.

  • On a voulu faire de Jean Riel l'héritier de son père, Louis Riel. Orphelin à l'âge de 4 ans, Jean est pris en main par des Québécois éminents, tels Honoré Beaugrand, le rédacteur du journal La Patrie et ancien maire de Montréal, le journaliste Alfred Pelland et le futur homme politique Honoré Mercier fils. Ceux-ci organisent des cotisations, proposent de l'adopter et de l'envoyer en France poursuivre ses études, l'installent au collège à Montréal, lui trouvent un emploi. Il épouse Laura Casault, fille d'une illustre famille de Québec, mais comme son père, qui avait son pays dans le sang, Jean Riel s'ennuie de la Prairie et rentre au Manitoba. Il y meurt à 26 ans, sans devenir la figure de proue des Canadiens français et des Métis que souhaitaient ses mécènes. Cette biographie démêle, pour la première fois, certains mythes entourant Jean Riel et fait la lumière sur une personnalité écrasée par le poids de son héritage et sur un parcours de vie tortueux et torturé.

  • En contrepoint des lieux communs de la fantasmagorie occidentale sur les «Bons sauvages» et les «vahine aguicheuses» , un nouveau mythe naquit à la fin du XXe siècle, évoquant la situation privilégiée des femmes présentées comme socialement dominantes au point que certains qualifièrent la société tahitienne de matriarcat. La popularité de cette proposition adoptée par lopinion publique ne peut que laisser pantois ceux qui connaissent la réalité des violences familiales et conjugales subies par les enfants et les femmes de ces îles qui ne sont pas épargnées par ce phénomène comme certains voudraient le faire croire. Cet ouvrage révèle une étude mesurant précisément cette violence longtemps cachée par le déni et la honte, explore les multiples causes locales, sociales et «culturelles» de ce phénomène et aborde les raisons de son universalité. Les Tahitiennes dominent-elles ou sont-elles dominées ? Ce livre démontre les paradoxes dune situation qui ne peut pas être réduite à ces alternatives simplistes. La coexistence des violences et du «mythe du matriarcat» est replacée dans la dynamique des relations entre mouvement de renouveau culturel et situation coloniale, entre stratégies politiques des partis autonomistes et indépendantistes, entre intérêts divergents des femmes et des hommes imbriqués dans les bouleversements sociaux qui ont affecté la société tahitienne.

  • Dans sa chronique "Un jeu si simple", Alain Farah revient sur le printemps érable, l'événement "Nous?", Mathieu Arsenault, Mathieu Bock-Côté et Raymond Bock.
    À lire dans la revue Liberté No 298.

  • Psychogénéalogie t.3

    Juliette Allais

    • Eyrolles
    • 27 November 2013

    Un grand oncle mort sur le champ de bataille ? Une séparation traumatisante avec l'un de vos parents ? Une ancienne dispute qui affecte toute la vie de famille ?

    Avec des intensités variables selon la personnalité de chacun, les drames et autres souffrances familiales demeurent les éléments les plus destructeurs dans la construction de soi.

    Leur répétition vous paraît inévitable ? Là encore, détrompez-vous. Apprenez enfin à mettre les mots sur ces évènements indicibles de votre passé, afin que vous puissiez continuer votre chemin en tout sérénité.

    (Cet ebook est extrait de l'ouvrage La psychogénéalogie : comment guérir de sa famille)

  • En quelques années, Marine Le Pen a réussi un tour de force : incarner et imposer le nouveau discours du Front national. Une stratégie pensée et calculée.
    Depuis 2007, l'héritière Le Pen laboure son fief du Pas-de-Calais, où elle enchaîne les bons scores électoraux. Elle en a fait son laboratoire politique et rêve d'y devenir députée, face à une gauche dépassée et à une droite impuissante.
    Patrice Machuret dresse ici un portrait de Marine Le Pen qui s'attache autant à sa personnalité, à son entourage amical et aux pressions familiales, qu'à sa trajectoire politique. Il entreprend, loin de toute démarche militante, de saisir au plus juste le nouveau Front national à travers sa présidente. Dure et agressive dans les médias, à qui elle doit tout, Marine Le Pen est une personnalité complexe, fragile et colérique, égocentrique et bonne copine, revancharde et désintéressée. Elle est le nouveau visage de l'extrême droite.
    Patrice Machuret est journaliste politique et éditorialiste à France 3. Longtemps en charge de la droite, il a suivi l'actualité du FN dès 2002. Il est l'auteur de L'enfant terrible, la vie à l'Elysée sous Sarkozy (Seuil, 2009) et d' Un long dimanche à Versailles, la République à la Lanterne (Seuil, 2010).

  • La conservation du patrimoine résulte de facteurs complexes, non seulement de choix scientifiques et d'intérêts politiques ou financiers, mais aussi de positions mémorielles, voire d'idéologies. Dans une trentaine de textes ici rassemblés, Jean-Michel Leniaud expose les enjeux de l'habitus patrimonial qui s'est composé pour que, dans la cité, une place soit faite à l'héritage.

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