• " Nous n'avons pas tenté une oeuvre originale : on peut éclaircir l'histoire, on ne la renouvelle pas. Nous n'avons pas non plus soutenu une thèse. Nous nous sommes efforcé de montrer comment les choses s'étaient produites, quelles conséquences en étaient résultées, pourquoi, à tel moment, telle décision avait été prise plutôt que telle autre. Ce qu'on découvre, au bout de cette analyse, c'est qu'il n'est pas facile de conduire les peuples, qu'il n'est pas facile non plus de fonder et de conserver un Etat comme l'Etat français, et l'on en garde, en définitive, beaucoup d'indulgence pour les gouvernements. Peut-être ce sentiment est-il la garantie de notre impartialité. Mais comment serions-nous de parti pris puisque notre objet est de présenter dans leur enchaînement les événements de notre histoire ? Nous ne pouvons la juger que par ses résultats. Et, comparant notre condition à celle de nos ancêtres, nous sommes amené à nous dire que le peuple français doit s'estimer heureux quand il vit dans la paix et l'ordre, quand il n'est pas envahi et ravagé, quand il échappe aux guerres de destruction et à ces guerres civiles, non moins redoutables, qui, au cours des siècles, ne l'ont pas épargné. " Ce passage, tiré de l'introduction de ce livre publié en 1924, illustre bien la nature de l'ouvrage. Loin de ce que feront l'école des Annales et l'historiographie marxisante des années 1950 et 1960, Jacques Bainville privilégie une histoire plus " classique " et littéraire qui, tout en se fondant sur l'exactitude des faits et le refus des partis pris, traite singulièrement de l'histoire politique de la France imbriquée dans l'histoire de la politique extérieure que, en tant que journaliste et chroniqueur parlementaire, il connaît sur le bout des doigts. Toute son attention est portée, avec une très grande clarté, sur l'enchaînement des faits au service d'un but, montrer comment la France s'est construite à travers les âges, comment celle de son temps provient de celle d'hier. Un grand bonheur de lecture au contact d'un livre très instructif.

  • L´Âge de l´éloquence démontre l´utilité, pour l´historien de la culture, du paradigme rhétorique. La première partie apprécie la longue durée : Antiquité classique et tardive, Renaissance italienne et Réforme catholique. On y voit s´établir et se rétablir dans la culture européenne la fonction essentielle de médiation, de transmission et d´adaptation exercée par la rhétorique. Les débats relatifs au " meilleur style ", à la légitimité et à la nature de l´ornatus, à la définition de l´aptum, ne sont pas le privilège de professionnels de la chose littéraire : ils mettent en jeu, à chaque époque, l´ensemble du contenu de la culture et impliquent la stratégie de son expansion et de sa survie. Les parties suivantes examinent respectivement deux grandes institutions savantes de la France humaniste, le Collège jésuite de Clermont et le Parlement de Paris. A l´horizon apparaissent le public féminin et le public de cour, que la res literaria savante et chrétienne ne saurait ignorer sans se condamner à la stagnation ou à l´étouffement. Les débats rhétoriques entre jésuites ou entre magistrats gallicans oscillent donc entre la nécessité de ne rien sacrifier de l´essentiel, et l´autre nécessité, celle de doter cet " essentiel " d´une éloquence propre à le faire aimer, admirer, embrasser par les "ignorans ". Autant de débats qui se nourrissent de l´abondante jurisprudence accumulée par la tradition humaniste et chrétienne. Le classicisme surgit ainsi, dès le règne de Louis XIII, comme une solution vivante et efficace à un problème qui n´a rien perdu de son actualité : comment transmettre la culture en évitant le double péril de la sclérose élitiste et de la démagogie avilissante ?

  • Ours d´or à Berlin en 1998 pour La Ligne rouge et Palme d´or à Cannes en 2011 pour The Tree of Life, « Le plus mystérieux des cinéastes américains » propose des films à la fois singuliers et très ancrés dans l´imaginaire américain.

    Après une carrière en dents de scie, Terrence Malick, à plus de 70 ans, est devenu un frénétique de travail, réalisant plusieurs projets à la fois. Accompagné de grandes stars hollywoodiennes - de Richard Gere à Ben Affleck en passant par Jessica Chastain -, il façonne des tableaux impressionnistes sur la solitude, l´incommunicabilité, le deuil et l´espoir.
    Le cinéma de Terrence Malick cherche à capter la beauté transcendantale du monde, une quête qui le pousse à s´interroger sur les relations qu´entretiennent les hommes avec la nature et avec les lieux qu´ils habitent. Ainsi, le territoire américain inspire sa puissance visuelle et ses thématiques. Rapport à la violence, sacralisation des corps, déracinement, autant de pistes que Terrence Malick et l´Amérique explore pour permettre de mieux comprendre la spécificité du réalisateur dans le paysage cinématographique contemporain.

  • Le présent ouvrage, consacré à l'apparition du tableau, a pour objectif de rendre visible le processus par lequel le travail métapictural a fondé la condition moderne de l'art. Il interroge également le statut du tableau en tant qu'objet figuratif "moderne". Cette étude traite du statut de l'image peinte en Europe occidentale entre 1522, année de la révolte iconoclaste de Wittemberg, et 1675 lorsque Cornelius Norbertus Gijsbrechts - peintre originaire d'Anvers - créa une toile représentant le revers d'un tableau. Stoichita concentre ces analyses sur des exemples venant de l'Europe du Nord, région où se cristallise le discours métapictural, la crise du statut de l'image religieuse et enfin la crise du "tableau" lui-même.

  • Mort en 1990, le cinéaste Jacques Demy laisse derrière lui une oeuvre unique, inclassable, dont l'élégance et l'apparente légèreté masquent mal la gravité profonde.
    C'est ce double visage du réalisateur que dessine Jacques Demy et les racines du rêve de Jean-Pierre Berthomé, au travers des entretiens avec le cinéaste, ses amis, ses acteurs et ses collaborateurs, des analyses des films, et des rapports que le livre tisse, avec acuité et méthode, entre le cinéma et la vie, image par image. Publié en 1982, Jacques Demy et les racines du rêve a fait l'objet d'une nouvelle édition en 1996.
    Elle comprenait trois nouveaux chapitres qui venaient le compléter, sur Parking, Trois places pour le 26 et les films qu'Agnès Varda a consacrés à Demy. Cette nouvelle version, définitive, est encore une fois augmentée. D'une part par l'ajout à la fin de certains chapitres de compléments d'information dont l'auteur a pris connaissance au cours de ces dernières années. D'autre part en exposant dans un dernier chapitre une réflexion sur le sort réservé par le temps aux films de Demy et à leur exégèse.
    Il est accompagné d'un cahier photos de 16 pages inédit : il sera entièrement consacré à des photos plateau de Lola et de La Baie des Anges mises en situation par l'auteur de l'ouvrage.

  • « On se demande où est ce corps ? Pourquoi pose-t-il problème ? N´est pas synchrone. La voix fait mythe de l´absence du corps d´où elle s´origine pourtant. Dont elle témoigne, témoignant d´une absence. » Christophe Atabekian est né en 1970, il a réalisé des films de court, moyen et long-métrage. Musicien, auteur de pièces radiophoniques, d´installations vidéo et multimédia et de scénarios pour le cinéma et la télévision.

    - « Mes Collections » Sous la direction d'Emmanuel Tugny, cette collection de la maison d'édition LUE de l'ESÄ regroupe l'ensemble des textes critiques, conférences et articles produits au sein de l´activité pédagogique et des événements (séminaires, colloques, rencontres) de l´école ayant trait à la notion de « collection » au sens le plus large.

    Elle se trouve de fait initiée par la publication des textes de conférences données au FRAC Nord-Pas-de-Calais, depuis janvier 2014 par des enseignants de l'ESÄ. Ces conférences sont prononcées en ouverture des « cafés-philos » de l'ESÄ au FRAC NPdC, justement intitulés « Mes Collections », du fait de la question qu'ils travaillent par approches multiples.

  • Dans une grande ville au bord de la Méditerranée nommée Marsègue, la situation est délétère. Les élites politiques sont corrompues et incompétentes, la voirie a cessé d'exister, les rats règnent en maîtres et la disette est permanente... une petite Apocalypse qui n'a pas l'air de déranger grand monde. Un Maire à vie règne sur cette cité décadente et simule un débat politique avec ses adversaires et complices. Vision, fantasme ou réalité, cet ordre désordonné va être mis en question à l'initiative de Sofiane, jeune dealer et trafiquant qui va solliciter le concours d'un dénommé Testard, véritable ermite de cité HLM qui passe son temps à écrire un interminable polar. Ce couple soudain activé par les catastrophes continuelles va se lancer, sans trop s'en rendre compte, à la conquête de Marsègue et sceller des alliances avec d'autres énergies comme la Légion des Ratepenades ou deux fadas des rues marséguais (Samson Derrabe-Farigoule et Frédo le fada)... Le combat de ces insurgés les portera au pouvoir et ouvrira - peut-être - une ère du changement sous la férule de Testard Ier, roi de Marsègue. "La Conquête de Marsègue" est un récit épique et comique où l'on retrouvera des références à la situation marseillaise et aux prochaines élections municipales, sans que cela soit pour autant un livre à clés. Cette saga drolatique, préfacée par Jean Contrucci, deux fois lauréat du Prix des Marseillais, et très colorée, synthétise en partie l'oeuvre overlittéraire de Gilles Ascaride et se réfère également à "La conquête de Plassans" d'Emile Zola avec un parfum de "Seigneur des Anneaux".

  • Le cinéma de Philippe Garrel ne cesse de voir revenir à lui une multitude de figures qui surgissent à la surface des films comme les symptômes d´un temps à la fois trouble et opaque, inaccessible en dehors d´un travail d´insistance et de répétition qui pousse progressivement ses films vers la possibilité d´un témoignage introspectif. Les chemins que ces figures se frayent à travers les images, oscillant entre figuration et évocation, faisant vibrer jusqu´au plan le plus empreint de vacuité, ne sont pas sans conséquence sur notre regard, ils engendrent des rapports entre présence et absence qui construisent une véritable esthétique de la survivance. Cet essai tente d´aborder cette part des images qui est d´abord purement sensible.

    Thibault Grasshoff est chercheur doctorant à l´Université d´Aix-Marseille, où il travaille sur la théorie du cinéma. Sa thèse qui est en cours porte sur la notion de résistance, déjà centrale dans le présent ouvrage. Il est le "ciné-fils" de quelques auteurs - Bergman, Godard, Garrel - chez lesquels cette idée, liée à un caractère inépuisable de l´oeuvre d´art, résonne très fortement.

  • Le Jardin des plantes de Montpellier, créé par Pierre Richer de Belleval en 1593 pour enseigner les « simples » aux étudiants en médecine, est le plus ancien jardin botanique de France. Ce livre, écrit par des spécialistes renommés du monde végétal et illustré de plus de 200 photographies, en conte l´histoire et en fait découvrir les végétaux exceptionnels - plantes succulentes, médicinales, d´Extrême-Orient... - au gré des saisons et des lieux.

  • Le livre L´opéra est sexuel de part en part. La voix définit un rôle dans la scénographie du désir et de l´amour, et les quatre tessitures (basse, contralto, ténor, soprano) inscrivent la scène du complexe d´OEdipe aussi sûrement que le jeu des familles : le père, la mère, le fils et la fille.
    En suivant Michel Schneider dans l´analyse d´une quinzaine d´opéras, nous découvrons ces jeux archaïques de l´inconscient entre le sens et le son.
    Parmi les ombres inquiétantes où se cherche le désir masculin, avec Carmen, Orphée ou Vanessa, c´est une voix des origines que font entendre sur la scène de l´opéra les trois figures que Freud avait mises en lumière dans les mythes et les tragédies : la mère, l´amante et la mort. Dans le deuil éclatant de son destin, à chacune sa voix. Toujours « étrangère, incompréhensible, inaccessible », comme Freud disait de la musique.
      L'auteur Psychanalyste et écrivain, Michel Schneider a notamment publié Glenn Gould piano solo (1988), Musiques de nuit (2001), Schumann, les voix intérieures (2006) et Prima Donna (2001).

  • Obi est un truand marseillais qui sévit dans le business des machines à sous : il vous aide à perdre votre argent. Jusqu'au jour où son boss et un « zélu » font le pari de lui pourrir l'existence, histoire de voir s'il a assez de jus pour « conquêter » Paris. Alors maux et malheurs se mettent à pleuvoir sur le pauvre Jobi qui entame une vertigineuse descente en enfer... Polar mystique ? Brûlot azimuté ? Homélie dopée au pastis ? "Le Livre de Jobi" est en toute hypothèse l'opus le plus zénithal du pape de l'Overlittérature, une oeuvre à double fond qui cache sous le grotesque de la satire une ardente quête spirituelle. Enfin sont abordées la transcendentalité de la tchatche, la spiritualité de la galéjade, la sardinitude, oserions-nous dire, et la question qui tourmente les théologiens depuis des millénaires : Dieu est-il fada ? Henri-Frédéric Blanc fut arraché du ventre maternel le 22 décembre 1954 à Marseille. Études au lycée Saint-Charles. En 1981, il soutient brillamment sa thèse de doctorat consacrée à l'Informulable. Puis, tournant le dos au siècle, il devient guetteur d'incendies. Il eût aimé vivre dans le recueillement et la prière, mais Dieu lui prescrivit le combat. Son oeuvre inclassable dresse de son temps un tableau magistral, horrible et plein de vérité. Il vit à Aix-en-Provence, en attendant de recevoir dans sa ville natale les honneurs qui lui sont dus.

  • L´Effet Pygmalion procède d´une incursion dans l´immense fortune littéraire, visuelle, audiovisuelle enfin, du mythe fondateur de la première histoire de simulacres consignée par la culture occidentale. La légende raconte qu´un sculpteur chypriote tombe amoureux de l´oeuvre qu´il façonne; dans un élan de magnanimité, les dieux décident de l´animer. Devenue, par la volonté divine, femme et épouse de son créateur, cette dernière reste néanmoins un artefact qui, s´il est doué d´âme et de corps, n´en demeure pas moins un fantasme. Un simulacre, précisément. Artifice privé de modèle, le simulacre ne copie pas un objet réel, il s´y projette plutôt et l´escamote, il existe en soi. Ne procédant pas de la copie d´un modèle, n´étant nullement fondé sur la ressemblance, le simulacre transgresse la mimésis qui domine la pensée artistique.
    Ambitieux, l´ouvrage ne se satisfait pas d´une approche interdisciplinaire. Ainsi définit-il son objet critique non par une succession de témoignages artistiques ou littéraires, mais par la conception même de la représentation, le statut du modèle et de la copie. En ce sens, si un texte d´Ovide ou de Vasari, une miniature médiévale, une statue vivante de la Renaissance, une peinture romantique, une photographie, un film et jusqu´à la poupée Barbie sont convoqués par Victor Stoichita, c´est pour être examinés avec les mêmes principes critiques et contribuer à un discours herméneutique sur la conception occidentale de l´image.
    Le mythe de Pygmalion, parabole de l´infraction même de la représentation, de l´éviction de la mimésis et de la déviation du désir, fonde une anthropologie de l´objet esthétique et donne à voir la feinte originelle dans toute société captivée par les simulacres et ses leurres, telle que la nôtre.

  • Pourquoi tant de Français mettent-ils aujourd´hui le cap sur la Belgique ? D´autres ont-ils intérêt à les rejoindre au plus vite ? La Belgique est-elle la nouvelle terre promise de tous les délaissés de France ?

    Posté en embuscade derrière la frontière belge, Dominique Watrin fait l´inventaire des principaux mécontents de l´Hexagone qui peuplent l´actualité, comparant ce qu´ils vivent chez eux et ce qu´ils peuvent espérer connaître en Belgique. Catégorie par catégorie : les électeurs, les riches, les homosexuels, les automobilistes, les Corses et bien d´autres... En s´adressant directement à eux. Avec humour et autodérision ! Avec aussi des statistiques et des chiffres opportunément distillés, histoire de crédibiliser son propos.

    Et la conclusion de chaque chapitre est sans équivoque : oui, la Belgique peut sauver les Français !



    Un recueil indispensable de part et d´autre de la frontière !

  • « Nous le voyons : l´oeuvre de Matta-Clark remet radicalement en question le statut de l´oeuvre d´art, les conventions autour desquelles nous nous accordons à reconnaître une chose comme une oeuvre d´art, à telle enseigne qu´en parler comme d´une oeuvre semble paradoxal. » Cyril Crignon est né en 1981, docteur en philosophie de l'Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. Ses travaux universitaires portent essentiellement sur les artistes américains abstraits du XXe siècle. Il enseigne la philosophie à l'ESÄ.
    - « Mes Collections » Sous la direction d'Emmanuel Tugny, cette collection de la maison d'édition LUE de l'ESÄ regroupe l'ensemble des textes critiques, conférences et articles produits au sein de l´activité pédagogique et des événements (séminaires, colloques, rencontres) de l´école ayant trait à la notion de « collection » au sens le plus large.

    Elle se trouve de fait initiée par la publication des textes de conférences données au FRAC Nord-Pas-de-Calais, depuis janvier 2014 par des enseignants de l'ESÄ. Ces conférences sont prononcées en ouverture des « cafés-philos » de l'ESÄ au FRAC NPdC, justement intitulés « Mes Collections », du fait de la question qu'ils travaillent par approches multiples.

  • Marseille n'aime pas seulement imiter ses cartes postales, elle aime aussi dévorer ses propres enfants. Un seul refuse de se plier à cette malédiction millénaire : Samson Derrabe-Farigoule. Sa grande gueule défie la Grosse Ville en une imprécation flamboyante, vibrante de griefs accumulés. Sous le flot de son verbe vengeur, les murailles de la Ville-Mère se fissurent pour faire apparaître la très puante réalité. Ravi par l'expression « rôtir le balai » trouvée chez Saint-Simon, Stendhal remarque : « La langue dégénère et perd son caractère parce que les vanités et les convenances (qui ont déjà tué la gaieté) empêchent d'employer ces mots. » Et Werner Schwab confirme : « La langue vivante a été détruite par la politique, la bureaucratie et la publicité. Le langage est à présent dressé comme un berger allemand. » Loin de la littérature encagée et des romans policés qui encombrent les librairies, Gilles Ascaride fait un malheur en déchaînant ses grandes orgues marseillaises. Né à Marseille, il a toujours affronté sa ville à mains nues. La grande pécheresse a tenté cent fois de le détruire, il a toujours survécu. L'écriture étant pour lui un sport de combat, elle lui sert de P38 dans ses plus redoutables affrontements. Détesté des élites locales, évadé de différentes fêtes du livre, interdit de dédicaces, mis au ban de la littérature contemporaine, il mène avec une poignée de compagnons hardis une guerre de harcèlement par l'arme du rire, qui le conduira tôt ou tard à l'échafaud de la critique locale et nationale.

  • Bienvenue chez Josy Coiffure ! A Marseille, dans son modeste salon de quartier, Josy brosse avec tendresse la comédie du quotidien et met en scène une galerie de personnages attachants et irritants : Marie-Ange, experte-shampooineuse en chef qui danse le « zlow » avec des rondeurs toutes felliniennes, Jeanine Pantalacci, « qu'elle est beaucoup pressée », Madame Locci de longue tanquée dans le salon, Jocelyne avec ses airs de craintdégun, Mademoiselle Guillotot la prof d'anglais, la dame chic à l'accent jambon, sans oublier le plus beau, son mari « Rogié »... Ragots, rouleaux, sanglots, ciseaux, blues et blouses... Du haut de son tabouret en formica, Josy déroule un hallucinant monologue pétri de rires et de souvenirs. Elle orchestre une polyphonie de voix, d'accents et de caractères avec un phrasé d'une précision redoutable. Anne-Marie Ponsot a su rendre à l'écrit la fougue, la saveur et la beauté du verbe marseillais. Ecrit en 1980, ce texte a été joué par elle-même... près de 600 fois dans la France entière, faisant rayonner le parler et l'esprit de Marseille bien au-delà de la Viste et des Goudes... OEuvre littéraire inédite, grand ancêtre de l'Overlittérature, "Josy Coiffure" est un texte culte aux racines de la marseillitude !

  • Invention jaillie au coeur de ce qu´on appelle aujourd´hui l' " âge baroque ", le procédé du Théâtre dans le théâtre a contribué à donner leur relief aux chefs-d´oeuvre de Shakespeare (Hamlet, La Tempête), de Caldérón (Le Grand théâtre du monde), de Corneille (L´Illusion comique) et de Molière (L´Impromptu de Versailles, Le Malade imaginaire). Si la définition en est simple - enchâsser une pièce ou des fragments de pièce dans une autre -, la technique mise en oeuvre est autrement plus complexe que celle de l´ancien jeu romanesque du récit dans le récit. Le Théâtre dans le théâtre est tout à la fois un exercice de virtuosité littéraire jouant sur les effets de miroir, une entreprise subtile de démontage des rouages de l´art dramatique, et une mise à distance réflexive de la condition humaine. La matière de l´examen est fournie par une quarantaine de pièces de Rotrou, Corneille, Molière, Scudéry et quelques contemporains.

  • L´art peut-il se soustraire à la question de la tyrannie ? La servitude volontaire résulte d´effets d´hypnose, elle procède d'un assoupissement de la vigilance du spectateur, entretenu par la croyance en l´image. Il incombe dès lors au philosophe d´en démonter le piège, de départir le plaisir de la représentation du leurre qu´elle produit. En posant le regard sur l´oeuvre de Gustave Courbet, Pierre-Joseph Proudhon, l´anti-tyran, investit cette problématique, qui, d´emblée, est nécessairement celle du rapport au réel. Qu´est-ce qu´une ligne ? Peinture et écriture révèlent, dans leur entrelacement, dans la relation spéculaire de leur tracé, que l´enjeu de l´acte créateur est la liberté, question de vie et de mort. En ce sens, s´il a une destination sociale, l´art ressortit au politique et à la médecine. Ainsi semble-t-il indispensable de repérer l´imaginaire médical et de le définir en tant que moteur de la pensée esthétique de Proudhon. L´examen de la dépendance de l´art au public et à l´espace public peut-il échapper au discours oraculaire ? Comment décider de l´écart entre destin et destination ? Reprenant ce questionnement à la suite de Kant, Proudhon trouve dans le symbole qu´il appelle " plus ou moins mythique " la seule figure possible d´un avenir qui, dans sa plénitude, se dérobera inévitablement. A l´instar de Saturne, Proudhon tranche. En tranchant, il trace. En traçant, il tranche.

  • A l´époque moderne, l´éclatement de la chrétienté en confessions rivales, en un "catholicisme" et des "protestantismes", a suscité le développement de la controverse et l´élaboration d´une immense littérature religieuse. L´écrit, et particulièrement l´imprimé, devenait l´instrument du débat théologique et philosophique. Ce faisant, l´interprétation des écrits - la Bible, les Pères, les auteurs spirituels -, l´établissement du sens des textes et l´émergence de l´ " auteur " au sens moderne du terme entraînaient à leur tour un problème philosophique autant que théologique et donnaient naissance à des disciplines autonomes, l´exégèse et l´herméneutique. Les travaux rassemblés dans ce livre constituent un essai d´interprétation de plusieurs corpus textuels, d´oeuvres de philosophes, de théologiens et d´auteurs spirituels. Ils fournissent une réflexion sur la constitution ou la modification des références fondatrices (le rapport à une origine, les structures psychiques ou anthropologiques). Que les questions de la spiritualité, de la dévotion et de l´institution soient centrales dans ces recherches n´étonnera pas : l´homme moderne y est engagé, s´affirmant comme sujet de son expérience.

  • Le génie de Léonard de Vinci, celui de Michel-Ange ressortent mieux sur le fond révélateur de l´Académie de Careggi, où Marsile Ficin règne en maître, évoquant sinon invoquant Platon. La culture platonicienne entretenue par Ficin - mais Cristoforo Landino ou Ange Politien sont tour à tour convoqués - délimite le contour d´un nouvel ordre artistique dont André Chastel, dans un travail de jeunesse qui engage déjà ses subtiles analyses d´histoire de l´art et des idées, rend raison avec passion. En quelques pages lumineuses, Jean Wirth donne à ce maître livre sa juste place dans une tradition historiographique qu´il a contribué à renouveler.

  • Au XVIIe siècle, Paris est le plus grand centre d´édition de l´Europe. Interprétation globale d´un phénomène touchant à la fois à l´économie, à la politique et à la vie intellectuelle et religieuse, ce livre se veut une explication du mouvement du siècle et de l´esprit classique. Il fait revivre dans ce but le petit monde du livre, mais aussi celui des auteurs et de leurs lecteurs. L´auteur montre comment la Contre-Réforme triomphante ouvre d´abord au livre un immense marché. Une crise de surproduction y succède. L´Etat réagit en contrôlant de plus en plus étroitement la presse. Tel est le climat dans lequel se développe la littérature classique qui, à l´image du système monarchique, prétend à la recherche idéale d´une forme de stabilité et de perfection. Mais il est impossible d´entraver la liberté de la presse, l´opposition au système monarchique se réfugie alors hors de France, en Hollande notamment. Et c´est là que se prépare l´avenir.

  • Vous vous êtes déjà dit : « Un jour, j´écrirai un roman » sans jamais arriver au bout du projet, vous n´avez pas le temps d´écrire, pas de plan, pas d´idée, pas de personnages, vous n´avez jamais réussi à dépasser le chapitre 2 de vos manuscrits, vous pensez que l´écriture c´est pour les autres, vous aimeriez mais vous ne pouvez pas ? Écrivez un roman en 30 jours est fait pour vous.
    Les conseils, trucs, astuces et témoignages compilés par Chris Baty, fondateur du NaNoWriMo (mois national de l´écriture de romans) vont vous donner la motivation et le coup de pied (amical) aux fesses dont vous avez besoin pour vous lancer.
    Durant un mois de folie frénétique, abandonnez-vous à l´écriture, déchaînez votre créativité, réveillez le romancier qui sommeille en vous ! Écrivez un roman en 30 jours, vous en ressortirez transformé !
    « Chris Baty est le savant fou de la motivation littéraire. » Erin Morgenstern, auteur bestseller du Cirque des rêves « Les plus grandes réussites du NaNoWriMo sont les histoires de gens ordinaires qui découvrent que la littérature n´est pas un sport qu´on pratique uniquement en tant que spectateur. » Chris Baty

  • Les vignettistes du XVIIIe siècle ont pour héritiers les illustrateurs qui se multiplient à partir de 1830, alors que se renouvellent le monde de l'édition et les arts de la gravure. Au XIXe siècle, presque tous les artistes ont travaillé pour la librairie. L'illustration, véritable journalisme du crayon selon Théophile Gautier, devient pour beaucoup un lieu de passage, un tremplin pour la notoriété et le plus souvent un lieu de relégation. Car l'illustration, jugée populaire, industrielle et mercantile, a mauvaise presse. L'illustrateur, quant à lui, se voit souvent accusé de trahir la pensée de l'écrivain, tandis qu'il souffre à son tour d'être trahi par les graveurs de reproduction.
    Rodolphe Topffer (1799-1846), peintre frustré, professeur, romancier et critique d'art, doit sa renommée à la fortune inattendue de ses histoires en estampes, rebaptisées "bandes dessinées". C'est l'exemple typique de l'écrivain tenant la plume et le crayon, le modèle de cette double vocation si fréquente à l'âge de la fraternité des arts. L'illustration de ses oeuvres par lui-même pose en des termes exemplaires la question centrale de l'autographie par rapport à la gravure de reproduction. J.-J. Grandville (1803-1847), tout au long de sa carrière, a réfléchi à la condition de son métier, défendu sa position de "professionnel" de l'illustration et lutté pour revaloriser le statut de l'illustrateur. Ses relations complices ou conflictuelles avec éditeurs, écrivains et graveurs révèlent les tensions qui caractérisent la librairie illustrée sous la Monarchie de Juillet. Gustave Doré (1832-1883) est certainement le plus célèbre des illustrateurs. Il est devenu l'incarnation de son métier jusque dans les moindres détails de son style de vie, de son comportement, de son corps même. Sa soumission tragique et paradoxale à l'étiquette de l'illustrateur, alors même qu'il se destinait au grand art, jette un éclairage sur le fonctionnement de la critique, sur la domination symbolique exercée par la hiérarchie des genres et des techniques. P hilippe Kaenel écrit l´histoire sociale des illustrateurs au XIXe siècle. Sur la base de documents souvent inédits, il montre que le métier d'illustrateur agit comme révélateur des catégories esthétiques et professionnelles sur lesquelles reposent alors les beaux-arts.

  • Dans la petite maison parentale de Montoiville, en périphérie de Paris, Julie fait l'expérience de la vie au travers de la complexité de la rencontre de l'autre.
    Certaines, stimulantes et réconfortantes. D'autres décevantes et déstabilisantes.
    Un projet humanitaire épanouissant, pour aider ce jeune handicapé et sa mère... mais aussi des premiers essais amoureux catastrophiques durant lesquels Julie est utilisée comme objet de consommation, objet de fantasme, puis comme objet de maltraitance dans un jeu de manipulation.
    Dans ces situations intenses de souffrance psychologique, comment réagir ?
    On peut si vite faire des erreurs d'aiguillage dans sa destinée...







    Tea Bonnaventure vit en Belgique, en région germanophone, où elle exerce son métier de médecin spécialiste. Suite à un accident allergique grave en 2007, elle décide de consacrer une partie de son temps libre à l'écriture, pour partager ses idées d'altruisme et d'empathie.

    Rencontres salées-sucrées, ponctuées à l'encre de Chine est son troisième roman aux Éditions Baudelaire.

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