• L'Europe compte cinq micro-États : Andorre, San Marino, le Liechtenstein, Monaco et le Vatican. J'en ai découvert un sixième, la Principauté de Starkenbach, en suivant la nouvelle enquête d'Aurel Timescu. En effet, sur la recommandation d'un de ses anciens ambassadeurs, notre calamiteux petit Consul de France se retrouve embarqué dans les sulfureuses affaires de ce minuscule territoire.
    La Principauté de Starkenbach, nichée au coeur des Alpes, est un beau pays. Vous risquez cependant de chercher en vain le moyen de vous y rendre autrement qu'en lisant ce livre.
    Ayant eu le privilège de fréquenter certaines cours princières, je n'y ai rencontré que des personnes d'une haute valeur morale, dévouées à leurs peuples. Aussi, quand il m'a fallu peindre la débauche, les trafics et le crime, c'est ailleurs que je suis allé les chercher.
    Ailleurs, c'est-à-dire en moi-même, bien sûr.
    J.-Ch.R.

  • L'espion inattendu

    Ottavia Casagrande

    Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir un grand-père digne d'un roman! La narratrice de ce livre est la petite-fille de Raimondo Lanza di Trabia, un prince sicilien, dandy extravagant et charmeur qui fut, pendant les neuf mois qui suivirent le début de la Seconde Guerre mondiale, l'espion de confiance de Galeazzo Ciano, ministre des Affaires étrangères et gendre de Mussolini. Sa mission? Mener une bataille secrète contre l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés du Reich, la préserver des agissements du «petit caporal» Hitler et déjouer l'influence des va-t-en-guerre auprès du Duce. Pour cette mission (et pour son plaisir...) il fit tomber dans ses filets amoureux Cora, une ravissante espionne britannique débutante. Après avoir infiltré une cellule nazie dans le Sud-Tyrol, évité le pire à Cinecittà, traversé la France en pleine Débâcle et rencontré en tête à tête Churchill... de péripéties en aventures rocambolesques (mais véridiques) les deux tourtereaux perdirent la bataille! Tout en laissant matière à écrire une histoire à suspense digne des meilleures séries.

  • Quelle serait la validité morale de la violence en tant que moyen dès lors que les fins sont justes ? Pour le droit naturel, seule la justesse de la fin compte. Pour le droit positif, tout droit s'établit sur la critique des moyens. Or, il convient de distinguer les différents types de violence indépendamment des circonstances de leur exercice. Pour Benjamin, c'est in finele droit qui s'octroie le privilège de la violence vu qu'il serait menacé si elle venait à s'exercer en dehors de lui. La violence peut être fondatrice de droit ou lui être inhérente, raison pour laquelle le pouvoir y recourt. Le droit positif constitue aux yeux de Benjamin un obstacle à une justice véritable et plaide pour l'usage de moyens d'action "purs", parmi lesquels la grève générale.

    Proche de Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht, Walter Benjamin (1892-1940) a d'abord été critique littéraire, avant de publier en 1928 Rue à sens unique (Allia, 2015) et Origine du drame baroque allemand. Il publie également dans des revues Petite Histoire de la photographie (Allia, 2012), préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique (Allia, 2011). Exilé à Paris en 1933, il gagne l'Espagne. Or, menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

  • En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • Sa deuxième mission royale : baby-sitter une princesse bavaroise.
    Londres, 1932. La reine a confié à Georgie une nouvelle mission délicate : elle doit héberger la princesse Hanneflore de Bavière et jouer les entremetteuses entre elle et le prince de Galles dans l'espoir que ce dernier se détourne enfin de son amante américaine. Mais entre la propension d'Hanni à séduire tout ce qui porte une moustache, son langage de charretier et sa fâcheuse tendance au vol à l'étalage, Georgie a déjà fort à faire. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la princesse bavaroise se retrouve mêlée à un meurtre... Pour éviter un scandale diplomatique, Georgie va devoir remettre sa casquette de détective amateur et se résoudre à démasquer le véritable coupable.Entre Downton Abbey et The Crown, une série d'enquêtes royales so British ! " Bien plus qu'un simple roman policier, Son Espionne royale mêle avec brio amour, histoire, humour et mystère. Captivant ! " Louise Penny, auteure de Nature morte.

  • En quête d'une nouvelle provocation, Céline cherche par tous les moyens à attiser la haine. Il croise Paul Morand, qui lui tient des propos antisémites. "Voilà enfin mon sujet !" s'écrie Céline. Il fait part au chef de presse de la Gestapo de son projet de livre. Celui-ci le conseille sur la manière de servir la propagande antisémite. "Un bon nazi ne cherche pas de références, il les invente."

    Kaminski emploie l'arme la plus redoutable de l'écrivain : la satire. En hissant Céline en personnage de fiction, cruel, imbu de lui-même, sombre et délirant, il met à jour les techniques de falsification propres à la propagande nazie. Réaction à chaud et virulente, cette dénonciation avait valeur d'avertissement. Hélas, à la lumière de ce qui a suivi, elle fut prémonitoire.

    Juif allemand né en 1899, H.-E. Kaminski s'engage en 1917 dans la Luftwaffe. En 1922, il soutient sa thèse en sciences économiques puis publie en 1925 un ouvrage sur le fascisme italien. Il quitte rapidement Berlin pour Paris en 1933. Un voyage en Espagne en 1936 aboutit à Ceux de Barcelone (rééd. Allia 1986, 2003), suivi en 1938 par Bakounine, la vie d'un révolutionnaire et Céline en chemise brune. Après l'invasion allemande, il gagne Lisbonne puis l'Argentine, où il meurt vers 1960.

  • L'affaire a fait grand bruit : en mars 2013, Bruno Odos et Pascal Fauret, deux anciens pilotes de chasse de l'aéronavale, sont arrêtés en pleine nuit avec leurs deux passagers sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana, alors qu'ils s'apprêtent à décoller : les policiers de la DNCD dominicaine (un service de lutte contre le narcotrafic international) prétendent que leur Falcon 50 transporte 700 kilos de cocaïne ! Pour seule preuve : leur déclaration ! Personne ne verra jamais la drogue, ni les accusés ni les autorités françaises.
    Les deux pilotes passent quinze mois dans les prisons dominicaines avant d'être condamnés, à l'issue d'un procès d'opérette, à vingt ans d'incarcération. Assignés à résidence en attente de leur appel, ils sont exfi ltrés par voilier lors d'une opération de sauvetage organisée par un pilote : Christophe Naudin.
    Celui-ci, poursuivi par les services secrets de la République dominicaine à la suite de cet exploit, est arrêté en Égypte, puis extradé à Saint- Domingue au mépris des conventions internationales. Incarcéré dans la sinistre prison de Najayo, il fait face pendant vingt-trois mois à un système judiciaire et politique rongé par la corruption. Pour pouvoir regagner la France, il doit fi nalement se résoudre à signer des aveux de circonstance.
    Revenu de cet enfer, Christophe Naudin décide de dévoiler enfi n les dessous de cette affaire. Il éclaire, dans ce récit puissant et documenté, les secrets de la diplomatie française comme la réalité qui se dissimule sous les apparences idylliques d'un paradis tropical prisé des touristes.

  • Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.

    Le père franciscain Herman Leo Van Breda (1911-1974) a 27 ans et vient tout juste d'être licencié en philosophie quand il décide de consulter le fonds d'inédits du philosophe Edmund Husserl, disparu quelques mois plus tôt à Fribourg-en-Brisgau. L'ampleur de sa découverte le conduit à fonder en 1939 les Archives Husserl à Louvain. Son action a permis d'assurer le sauvetage de ce monument de la pensée, menacé par la montée du nazisme. Van Breda dirigera cette institution jusqu'à sa mort.

  • Claude Martin nous déroule une Chine - sa Chine - dans un portrait palpitant allant de 1964 à 1993, autant dire des débuts de la Révolution culturelle à l'ouverture au monde occidental, en passant par la répression sanglante de Tiananmen. C'est d'ailleurs lui qui permettra à Gao Xingjian, ainsi qu'à d'autres intellectuels et artistes, de se réfugier en France durant ces années terribles. Pas de langue de bois ici : chaque paragraphe est essentiel, nous parle d'événements et d'hommes qui ont tous une résonance, et que nous découvrons avec intérêt, bonheur, stupéfaction, horreur, amusement... Rares sont les ambassadeurs qui ont livré leurs mémoires : nous sommes ici face à une oeuvre inestimable, écrite par un personnage hors du commun.

    /> Claude Martin, né en 1944, diplômé de l'IEP Paris, des Langues O', élève de l'ENA, part pour la première fois en Chine en 1964 ; il en devient définitivement en 1993. Il est ensuite nommé ambassadeur de France en Allemagne en 1999, et est chargé d'installer la nouvelle ambassade à Berlin.

  • Voici, pour la première fois, une enquête complète sur la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), théâtre de la fameuse série Le Bureau des légendes. La DGSE n'a qu'un but : défendre les intérêts de la France. Pour cela, la loi l'autorise à " entraver " clandestinement, à l'étranger, les ennemis de notre pays. Si la Boîte, comme la surnomment ses 7 000 agents, baigne dans le secret, l'ouverture est très nette, et, paradoxalement, plus personne ne parle aujourd'hui de la DGSE sans évoquer sa spectaculaire vitrine, Le Bureau des légendes, que notre enquête éclaire d'un jour nouveau. Assassinats ciblés, infiltration croissante des services russes, chasse aux " taupes " chinoises, cyberguerre, opérations secrètes en Afrique..., autant d'histoires inédites, enfin révélées dans ce livre. C'est aussi le quotidien des agents secrets qui est dévoilé : de leur entrée dans le service, sur concours ou par contrat, à leur plongée dans l'espionnage sous une identité fictive - la fameuse " légende "...

  • Un vers du poète grec Archiloque : « Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » Cet aphorisme, remis à l'honneur en 1951 par le philosophe britannique Isaiah Berlin dans un essai qui fit fureur, sert de point de départ à John Lewis Gaddis : menant une réflexion inédite sur la stratégie à travers toute l'histoire occidentale, le principal historien américain de la Guerre Froide réussit un tour de force. D'un côté : les hérissons, dont la rigueur n'a d'égale que l'obstination dont ils font preuve pour parvenir à leurs fins, en dépit de tous les obstacles. Ainsi par exemple de Napoléon pendant la campagne de Russie. De l'autre : les renards dont l'instinct est de s'adapter constamment à une situation toujours en train de changer. En dix chapitres, tous soigneusement documentés, et qui vont de la lutte entre Xerxès et Thémistocle au Ve siècle avant notre ère à celle de Roosevelt et de Staline, l'historien américain ne cesse d'approfondir une réflexion sur les raisons qui, au cours des siècles, permirent à certains stratèges - les renards - de l'emporter sur leurs adversaires. Nourrie par une connaissance aussi variée qu'étendue, animée par un sens de l'anecdote bienvenu, De la grande stratégie constitue une synthèse brillante de l'un des très grands historiens militaires et diplomatiques actuels.

  • Décembre 2007. Les élections présidentielles vont bientôt avoir lieu au Kenya. Dans quelques mois, ce sera le tour des États-Unis, et c'est Obama, un candidat d'origine kényane, qui s'apprête à les remporter.
    Dans ce contexte, Ishamel et O - qui viennent de monter leur agence de détectives à Nairobi - vont devoir enquêter sur la mort d'un Noir américain retrouvé dans la forêt de Ngong. Peu après, un attentat survient au Norfolk Hotel de la capitale kényane. Si certains y voient la signature d'Al-Qaeda, nos deux compères, eux, suivent la piste d'un mystérieux groupe de Blancs américains mené par un certain Sahara... Leur enquête les mènera jusqu'aux États-Unis, dans les plus hautes sphères du pouvoir politique international.

    Mukoma wa Ngugi est né aux USA en 1971. Il grandit au Kenya avant de revenir dans son pays natal, où il enseigne aujourd'hui l'anglais à la prestigieuse université Cornell, dans l'État de New York, après avoir étudié dans le Wisconsin. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Là où meurent les rêves.
    Il est le fils de l'écrivain Ngugi wa Thiong'o.

  • Renvoyée. Lorsque, en ce jour d'hiver 1813, la Surintendante de la Légion d'honneur découvre que Léonie s'est échappée de l'école sans autorisation, sa sentence est sans appel : la jeune fille doit quitter les lieux. Pourtant, cette décision est loin d'abattre Léonie qui rêve d'aventures et de liberté. De la Malmaison au palais de Schönbrunn, sa route va croiser celle de la Confrérie du Poignard qui a juré de mettre l'Aiglon sur le trône de France. Séduite par son chef, Léonie participe au complot bonapartiste.
    Mais peut-elle faire confiance à cet ancien soldat prêt à tout sacrifier pour sa cause ? Et sera-t-elle prête à payer le prix de son engagement pour la restauration de l'Empire ?

  • La politique étrangère des États-Unis d'Amérique depuis la Seconde Guerre mondiale expliquée par le professeur et militant Noam Chomsky, exemples à l'appui:
    Au Viêt-nam, les États-Unis n'ont pas perdu la guerre: ils ont laissé un pays en ruine, divisé, qui ne pourra jamais s'en relever. En Amérique latine, les États-Unis se sont affairés à écraser toute esquisse de démocratie ne cadrant pas avec leurs intérêts économiques. L'Europe de l'Est, tombée sous le joug de l'Ouest après la chute de l'Union soviétique, est maintenue dans un état de sous-développement.

    Avec la complicité des médias, Washington manie un double langage constant auprès de sa population peuple afin de justifier sa politique étrangère.

    Court, accessible et très incisif, Les dessous de la politique de l'Oncle Sam est devenu un classique des relations internationales et présente un condensé des analyses géopolitiques, économiques et sociales de Noam Chomsky.
    Le tiers monde doit apprendre que personne ne peut redresser la tête. Le gendarme de la planète poursuivra sans relâche tous ceux qui commettront ce crime inqualifiable.
    - Noam Chomsky

    Certains pourraient assimiler le travail de Chomsky à celui de la recherche d'un complot (les méchants Américains). Or Chomsky amène des faits [...] pour nous rappeler que le pouvoir ne se reproduit pas sans conscience de lui-même.
    - Combats

  • Les purges et la terreur installées par Staline dans l'Union soviétique des années 1930 ont découragé, chez la majorité des officiers gouvernementaux, toute velléité de témoignages écrits. Le journal tenu avec une remarquable assiduité par Ivan Maïski entre 1932 et 1943 fait figure d'exception. Exhumé à Moscou par Gabriel Gorodetsky, ce document exceptionnel consigne les conversations diplomatiques et mondaines sur les tensions de l'entre-deux-guerres en Angleterre et en Europe, l'apaisement de l'ère de Munich, les négociations menant à la signature du pacte entre Ribbentrop et Molotov, l'ascension de Churchill au pouvoir, l'invasion de la Russie par l'Allemagne et l'orageux débat à propos de l'ouverture d'un second front. La densité historique de ces événements mise à part, c'est la personnalité envoûtante de l'Ambassadeur autant que l'importance de sa mission diplomatique qui fascinent. Dans son proche entourage, on croise de célèbres politiciens (dont Churchill, Chamberlain, Eden et Halifax ou encore Laval et de Gaulle), des barons de la presse (Beaverbrook), des ambassadeurs (Joseph Kennedy), des intellectuels (Keynes, Sidney et Beatrice Webb), des écrivains (George Bernard Shaw, H. G. Wells), sans oublier les membres de la royauté. Une période charnière, l'intrication de pratiques d'influence, de rivalités et d'étonnantes alliances, encore largement méconnues du public. Enrichie de plus de 120 photographies inédites, l'édition française a été spécialement revue par Gabriel Gorodetsky.

  • "Cela se passait à Trouville-sur-Mer, ce lieu de délice où nous nous retrouvions, dans les jours heureux et en toutes saisons. Pascal Lemaître venait de nous y rejoindre et interrogeait Stéphane sur sa vie, et surout son enfance. Au fur et à mesure que se déroulait le récit, naissait des dessins. Tout cela dans la plus totale improvisation. Pascal Lemaître accompagne et fait revivre les fantômes d'un monde disparu. Mais ce livre fait bien plus que cela : dans ma période que nous traversons, faite de menaces, de perte de repères, de désordre politique, il restitue la voix d'un homme qui manque cruellement au monde d'aujourd'hui." Christiane HesselStéphane Hessel, résistant et diplomate français d'origine allemande (Berlin 1917 - Paris 2013), est l'auteur d'Indignez-vous ! (Indigènes éditions, 2010), succès phénoménal devenu référence d'engagement citoyen.Pascal Lemaître est auteur-dessinateur et professeur à La Cambre à Bruxelles.

  • Comment, après une guerre d'une ampleur et d'une férocité jamais vues, les politiques et les diplomates auraient-ils pu appliquer les recettes traditionnelles ? Il fallait tout rebâtir.
    Voulait-on tenir une conférence de vainqueurs ou préparer une paix durable en y associant l'Allemagne ? Quelle place faire aux idées portées par le président des États-Unis, puissance extra-européenne entraînée tardivement mais de manière décisive dans un conflit planétaire ? De quelle façon rebâtir le monde en l'absence de la Russie bolchevique, quelles suites donner à l'éclatement des empires austro-hongrois et ottoman, quel Proche-Orient nouveau faire émerger, comment traiter la Chine et le Japon, que faire des colonies allemandes ? De quels moyens doter la Société des Nations appelée à réguler désormais les relations internationales ? De quelle manière assurer la sécurité de la France, principal contributeur à la victoire, face à une Allemagne qui conservait toute sa puissance, restait persuadée de ne pas avoir été vaincue et croyait avoir reçu le fameux « coup de poignard dans le dos » ?
    On mesure la radicale nouveauté et la formidable complexité des problèmes que la conférence de la paix et les gouvernements ont dû résoudre en 1919 et 1920. C'est bien à tort que, dans les années 1930 (et parfois encore aujourd'hui), on a reproché au traité de Versailles et à ceux de la « banlieue parisienne » d'avoir ouvert la voie à la Seconde Guerre mondiale. Ce ne sont pas ces textes qu'il faut incriminer, mais plutôt les hommes d'État qui les ont mis en oeuvre par la suite.

    Réexaminé cent ans plus tard à l'aide d'une documentation largement inédite par un spécialiste de l'histoire de la diplomatie, cet épisode crucial, trop souvent éclipsé par l'ombre portée de la guerre, apparaît ici en pleine lumière. Ce récit fournit une clef essentielle à la compréhension du XXe siècle.

  • Le traité de Versailles (1783), préparé par Vergennes, constitue la plus belle réussite politique de l'Ancien
    Régime à son couchant. Non contente d'affaiblir l'Angleterre, la France porte un coup d'arrêt à la domination de la Royal Navy sur les mers et impose en Europe un équilibre des forces qui lui est très favorable. Le royaume est à son apogée et jouit alors d'un grand moment de prestige. Cette gloire, c'est à Vergennes que le roi Louis XVI et le royaume la doivent.

    Avec ses origines provinciales, son atavisme protestant, sa formation de juriste, son train de vie modeste, sa force de travail et son insensibilité aux modes, Vergennes est un non-conformiste. Peu soucieux de « faire sa Cour » à Versailles, il est d'abord un diplomate de terrain et occupe plusieurs grands postes. Dévoué seulement aux institutions de la monarchie, il prend des positions courageuses et sert sans états d'âme en ne répugnant pas aux basses oeuvres (ambassadeur à Stockholm, il prête la main à un coup d'État pro-français). C'est un grand novateur. À l'hégémonie, il préfère le concept d'« équilibre des forces », s'appuie sur le « droit public » et estime que les traités de commerce facilitent les relations internationales. De sa nomination aux Affaires étrangères en 1774 jusqu'à sa mort en 1787, il est la « solidité » de Louis XVI en exerçant sur lui une influence sans guère de partage. Mais si, en politique extérieure, il le délivre de son indécision pathologique, l'autorité du roi sera trop faible pour qu'il réussisse à réformer la monarchie.

    Revisitée par un grand diplomate, documentée par de nouvelles sources d'archives, éclairée par les travaux de chercheurs britanniques (nombreux à s'être intéressés à ce ministre), cette biographie donne à Vergennes sa vraie place dans l'Histoire et constitue bien davantage qu'une réhabilitation : une révélation.

  • La Russie est-elle européenne ?
    À la tête d'un véritable État continent s'étendant en Europe et en Asie depuis le XVIe siècle, les tsars de Russie puis les leaders soviétiques n'ont cessé de s'interroger sur l'identité de leur pays et de se heurter à la question des relations qu'il convenait de nouer avec l'Europe occidentale, tour à tour perçue comme un modèle de modernité et d'efficacité et comme une source de danger et de subversion. Fallait-il l'imiter pour mieux le dépasser ?
    Ou bien céder au désir de s'en protéger ? Durant quatre siècle, les décideurs russes ont été confrontés à un véritable "dilemme" qui a lourdement pesé sur les pratiques diplomatiques et influencé leurs perceptions des réalités européennes.
    C'est l'histoire de ce dilemme que cet ouvrage, à la croisée de l'histoire des relations internationales et de l'histoire des représentations, a choisi d'explorer en s'appuyant sur un vaste ensemble documentaire et des archives accessibles depuis peu.

    Pierre le grand, portrait à cheval d'après une lithographie en couleurs de 1894, de I.E. lermakov © AKG images

  • Cet ouvrage réunit politologues, diplomates, juristes, historiens, philosophes, de différentes nationalités afin de mettre en évidence la réalité de la guerre aujourd'hui alors que la violence se développe sous de multiples formes : guerres civiles, nettoyage ethnique, génocide, terrorisme. Au sommaire de leurs échanges : la question de la moralité du recours à la force et l'actualité de la doctrine chrétienne de la guerre juste, notamment dans le contexte des interventions au Kosovo et en Irak ; le concept de contre-terrorisme et sa place tant dans l'histoire qu'au regard de la guerre ; les ambiguïtés liées à la notion de légitimité tout particulièrement de l'ONU et de la justice internationale. Pour terminer, des propositions sont faites afin de constituer une éthique, une politique et des institutions provisoires pour temps de crise.

  • Les tensions en mer de Chine méridionale sont bien ancrées dans l'actualité internationale, cristallisées autour des luttes que se livrent six pays asiatiques (dont quatre pays d'Asie du Sud-Est) pour le contrôle d'espaces maritimes et insulaires. La rivalité entre les pays d'Asie du Sud-Est et la Chine ne peut être appréhendée qu'à la lumière des incidents récents. Plus qu'une simple dispute territoriale, elle expose des situations maritimes et frontalières multiples, enchevêtrées et incompatibles. Si la position chinoise est bien connue (sans être pour autant légitime), les raisons qui permettent aux pays d'Asie du Sud-Est de reven­diquer des territoires en mer de Chine méridionale le sont un peu moins.

    Qu'en dit le droit international ? Quels sont les enjeux politiques, économiques et géopolitiques de ces conflits ? Nous dirigeons-nous vers une impasse militaire ou vers une solution politique ? Quels sont les arguments et les demandes des pays d'Asie du Sud-Est ? Quels sont les desseins de la Chine, et quelles sont les répercussions de ceux-ci sur les politiques de voisinage en Asie du Sud-Est ?

    Faisant appel à des expertises croisées, le présent ouvrage répond à ces questions et cherche à montrer dans quelle mesure les conflits actuels s'arti­culent autour de paradigmes aux contours encore mal définis. Il est appelé à devenir une référence incontournable dans le domaine.

  • L'ONU, coquille vide ou agence humanitaire ? Créée en 1945 dans le contexte de l'après-guerre afin de préserver la paix, cette organisation a aujourd'hui mauvaise presse, d'autant que, sur le terrain, sa puissance s'affaiblit.

    Qui est responsable de cette déliquescence ? Les membres permanents du Conseil de sécurité, qui ont préféré préserver leurs intérêts au sein des directoires du G7 et du G20 ? Les partisans de l'ultralibéralisme et du profit ? Ou encore les dirigeants médiocres, sans envergure et sans vision, qui accèdent aux plus hautes responsabilités de démocraties moribondes ?

    Pourtant, il faut sauver l'ONU, seule institution capable d'organiser un monde en plein bouleversement où menace la guerre. Mais comment ? C'est à ces questions sensibles que deux spécialistes, Romuald Sciora et Anne-Cécile Robert, tentent de répondre dans un essai documenté, bâti sur quinze ans de recherches et d'enquêtes auprès des instances onusiennes.

    Avec un préface de Pascal Boniface

  • Un grand classique d'une brûlante actualité ! 
    Au coeur de l'Asie centrale, le fascinant jeu de l'ombre qui opposa les Empires britannique et russe au dix-neuvième siècle.
    Un passionnant récit d'aventure, de guerre et d'espionnage sur l'un des épisodes les plus romanesques de l'histoire moderne Au coeur des montagnes isolées et des déserts brûlants d'Asie centrale, une lutte épique opposa au dix-neuvième siècle l'Empire britannique et la Russie tsariste. Cet affrontement fut connu sous le nom de « Grand Jeu » - et ses répercussions se font encore sentir de nos jours. Le vaste échiquier où se déploya cette rivalité s'étendait du Caucase à l'ouest jusqu'au Tibet à l'est. Lorsque le jeu débuta, les frontières de la Russie et des Indes étaient distantes de plus de trois mille kilomètres. À la fin, moins de trente kilomètres les séparaient par endroits. Les Britanniques étaient convaincus que les Russes ne s'arrêteraient pas avant de s'emparer des Indes, le joyau de l'Empire britannique. La guerre semblait inévitable. Ce livre raconte l'histoire du « Grand Jeu », l'un des chapitres les plus romanesques de l'histoire moderne, à travers les aventures de ses acteurs. De jeunes officiers des deux camps, pour qui participer au « Grand Jeu » était le sel de leurs rêves, l'occasion d'échapper à la monotonie de la vie de garnison et de se couvrir de gloire.
    Un ouvrage à classer dans les incontournables du genre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 
    Ce fascinant récit d'aventures, peuplé de personnages extravagants et fabuleux, est aussi un livre d'histoire. - Le Figaro
    Le livre de Hopkirk, d'ailleurs pillé tant et plus par tous ceux qui écrivent sur l'Afghanistan, est irremplaçable. - Libération
    Un livre passionnant ! - Les Inrockuptibles
    Un ouvrage éblouissant, vitaminé et iodé. Vous ne voulez qu'un livre cet été ? Vous le tenez ! - Le Soir
    Un passionnant récit d'aventure et d'espionnage. - Métro
    Le livre de Hopkirk, c'est tout cela, de l'aventure vécue, de l'extrapolation, un roman-récit de guerres passées ou à venir, un carnet de route impressionniste et impressionnant, qu'il faut lire par bribes pour mieux en savourer la portée, et s'imaginer juché sur un cheval lancé au galop ! - Olivier Weber 
    Totalement captivant et remarquablement écrit. Un récit de guerre et d'aventure haletant et impressionnant ! - Financial Times 
    Il y a peu de sujets aussi passionnants et peu d'auteurs mieux à même d'en parler. - The Independent
    À PROPOS DE L'AUTEUR 
    Grand reporter et voyageur passionné par l'Asie centrale, Peter Hopkirk (né en 1930) a travaillé pendant de nombreuses années comme journaliste, puis directeur au grand quotidien londonien The Times. Ses ouvrages ont été traduits en de nombreuses langues et Le Grand Jeu est incontestablement son chef d'oeuvre.


  • Du fédérateur "Yes, we can", formulé par Barack Obama, au polémique "II faut dégraisser le mammouth", prononcé par Claude Allègre, en passant par le visionnaire "rideau de fer" annoncé par Winston Churchill, ce livre vous propose de faire le tour

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