• Sages femmes Nouv.

    Hantée par des rêves de chevaux fous aux prénoms familiers, poursuivie par la question que sa fille pose à tout propos - « Elle est où, la maman ? » -, Marie vit un étrange été, à la croisée des chemins. Quand, sur le socle d'une statue de la Vierge au milieu du causse, elle découvre l'inscription Et à l'heure de notre ultime naissance, elle décide d'en explorer la mystérieuse invitation.
    Dès lors, elle tente de démêler l'écheveau de son héritage. En savoir plus sur ses aïeules qui, depuis le mitan du XIXe siècle, ont donné naissance à des petites filles sans être mariées, et ont subsisté souvent grâce à des travaux d'aiguille, devient pour elle une impérieuse nécessité.
    Elle interroge ses tantes et sa mère, qui en disent peu ; elle fouille les archives, les tableaux, les textes religieux et adresse, au fil de son enquête, quantité de questions à un réseau de femmes, historiennes, juristes, artistes, que l'on voit se constituer sous nos yeux. Bien au-delà du cercle intime, sa recherche met à jour de puissantes destinées. À partir des vies minuscules de ses ascendantes, et s'attachant aux plus émouvants des détails, Marie imagine et raconte ce qu'ont dû traverser ces « filles-mères », ces « ventres maudits » que la société a malmenés, conspués et mis à l'écart.
    À fréquenter tisserandes et couturières, à admirer les trésors humbles de leurs productions, leur courage et leur volonté de vivre, la narratrice découvre qu'il lui suffit de croiser fil de trame et fil de chaîne pour rester ce cheval fou dont elle rêve et être mère à son tour.
    Car le motif têtu de ce troublant roman, écrit comme un pudique hommage à une longue et belle généalogie féminine, est bien celui de la liberté, conquise en héritage, de choisir comment tisser la toile de sa propre destinée.

  • Alors qu'elle est encore une écrivaine débutante, Carmen Maria Machado rencontre une jeune femme sophistiquée et fascinante qui la séduit. Très vite, cette passion est partagée et elles s'installent ensemble dans leur « maison rêvée » pour vivre pleinement leur amour.
    Mais ce rêve tourne rapidement au cauchemar quand la compagne de Machado devient jalouse, paranoïaque et violente tant en paroles qu'en actes. Cette « maison rêvée » ne serait-elle pas un piège ou une prison ? Peu à peu l'autrice s'enferme dans une relation toxique dont elle peine à s'échapper...
    Dans la maison rêvée explore le tabou de la violence conjugale au sein des couples de même sexe. C'est aussi un récit d'une inventivité extraordinaire : en courts chapitres qui manipulent les codes de tous les genres littéraires, elle s'interroge sur les histoires qu'on choisit de taire et les voix qu'on ne veut pas entendre - et ce que cela dit de nous. Un texte nécessaire, courageux et innovant qui fait l'effet d'une détonation.

  • Une expédition clandestine à la recherche du Temple de Salomon révèle un énigmatique cube de pierre, vieux de trois mille ans.
    À l'intérieur : un secret qui pourrait remettre en cause la véracité de la Bible et déstabiliser des milliards de croyants.
    Une seule solution pour éviter le chaos : mener l'enquête dans le passé. Sur ordre du pape Jean-Paul II, le père Pellegrino Ernetti remonte le chronoviseur, cette extraordinaire machine capable de voir dans le temps, qui aurait été conçue en 1964 et demeure le secret le mieux gardé du Vatican.
    Ce qu'elle va dévoiler emmènera le père Ernetti plus loin encore qu'à l'époque du roi Salomon, jusque dans l'Égypte ancienne, sous le règne de l'éblouissante Néfertiti, qui pourrait bien détenir la clé de l'énigme.

  • La nouvelle aventure de Jack Howard. Le voici sur les traces du Graal, mais il n'est pas le seul intéressé...
    258. Rome. Menacé de mort par l'empereur Valérien, le pape Sixte II confie une mission de la plus haute importance à l'un de ses fidèles : protéger la coupe utilisée par le Christ pendant la Cène. Poursuivi par les hommes de main de Valérien, le fidèle s'enfonce dans les catacombes avec le Saint Calice...
    1684. Tanger. Samuel Pepys, chargé d'organiser le départ des Anglais de la colonie, rencontre dans le plus grand secret un émissaire du sultan. Serait-il sur le point de retrouver la plus vénérée de toutes les reliques, disparue depuis plus d'un millénaire ? Mais il n'est pas le seul intéressé : l'Inquisition est prête à tout pour s'en emparer.
    De nos jours. Lors de la fouille d'une épave sur la côte de Cornouailles, l'archéologue Jack Howard fait une découverte qui pourrait le mener à un objet d'une valeur inestimable. Mais le spectre de l'Inquisition rôde toujours, et c'est une véritable plongée aux enfers qui attend Jack. Le bien le plus précieux du monde chrétien ne se laisse pas approcher aussi facilement...
    " Fascinant. Un
    Da Vinci Code sous les mers. "
    The Daily Express " Les scènes de plongée sont superbes. Jack Howard est un héros unique. "
    For Winter Nights

  • Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.

    Le père franciscain Herman Leo Van Breda (1911-1974) a 27 ans et vient tout juste d'être licencié en philosophie quand il décide de consulter le fonds d'inédits du philosophe Edmund Husserl, disparu quelques mois plus tôt à Fribourg-en-Brisgau. L'ampleur de sa découverte le conduit à fonder en 1939 les Archives Husserl à Louvain. Son action a permis d'assurer le sauvetage de ce monument de la pensée, menacé par la montée du nazisme. Van Breda dirigera cette institution jusqu'à sa mort.

  • Savez-vous qu'il existe un champ d'informations qui conserve l'empreinte énergétique des expériences de chaque être vivant et de chaque lieu ? 
    Cette mémoire individuelle et collective est stockée dans ce que les traditions ésotériques nomment les archives akashiques. Dans cet ouvrage, l'auteur nous emmène au coeur de cette mémoire qu'elle explore depuis bientôt dix ans. Elle en partage les enseignements de sagesse qu'elle a canalisés tout en nous invitant à emprunter la voie du coeur, véritable chemin de transformation intérieure.
    Un livre passionnant qui nourrit l'âme et ouvre le coeur.

  • « C'est pendant l'été d'un pays du nord. C'est la fin d'un jour, juste avant la nuit. Vous voyez ? Mais déjà quand elle s'annonce, que la lumière s'allonge, illuminante, avant de s'éteindre. » M. D.

    « Savannah Bay, variations » recueille des documents sonores inédits captés par Philippe Proust, retrouvés et présentés par Marie-Pierre Fernandes, spécialiste de Marguerite Duras qui a participé à sa création de « Savannah Bay », accueillie triomphalement en 1983 au théâtre du Rond-Point, et assisté l'autrice pour « Les Lectures » (1984) et « La Musica deuxième » (1985).
    Ces enregistrements exclusifs font entendre la lecture par Marguerite Duras d'une scène primitive de la pièce « Savannah Bay » suivie de deux répétitions sous sa direction avec Madeleine Renaud et Bulle Ogier. Elle lit ensuite « L'Exposition de la peinture », poignant hommage à son scénographe, le peintre argentin Roberto Platé diffusé lors de l'exposition de ses toiles au théâtre du Rond-Point, en 1987.

  • Alors que Rousseau notait occasionnellement ses réflexions sur des cartes à jouer, son contemporain Georges-Louis Le Sage y écrivait TOUT : ses découvertes, ses doutes, sa vie et ses remords. Drôle, tragique et vertigineuse, la pensée de ce physicien des Lumières, telle une boîte noire, se dévoile en direct, et fait écho à l'échafaudage complexe de nos listes en tous genres.
    Les archives inédites du savant Georges-Louis Le Sage, constituées de 35 000 cartes à jouer, sont un document exceptionnel sur la pensée telle qu'elle chemine. Drôle et énigmatique, ce matériau étonnant se révèle tout à la fois laboratoire, autobiographie et véritable boîte noire de la recherche.
    Ce physicien genevois, contemporain de Rousseau, est un anticonformiste. Refusant les codes du monde savant, il écrit absolument tout sur des cartes à jouer : eurêka et tâtonnements, amertume de ne pas être reconnu, rapports polémiques avec ses pairs ou poème pour Newton, mais aussi angoisse face à sa mémoire qui peut flancher et à un corps qui vieillit... Classer ses cartes, les empaqueter et les étiqueter est pour Le Sage un travail quotidien, à la fois excitant et harassant. Ce sera sa seule véritable oeuvre, et sans doute aussi la source de ses désillusions sur la science et ses méthodes.
    Trois siècles plus tard, Jean-François Bert s'empare avec tendresse de ces cartes, matériaux de la pensée. Il propose une plongée dans la recherche en train de se faire et son pouvoir imaginatif, tout en rendant hommage à ce performer avant-gardiste. La force de ce témoignage est que chacun y reconnaîtra le cheminement complexe de ses pensées et l'échafaudage perpétuel de listes sans cesse réagencées que toute réflexion impose.

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    Polygraphe et correcteur d'imprimerie, il collabora pendant vingt ans au Grand dictionnaire encyclopédique Larousse.

  • Fin du dix-neuvième siècle en Australie : le pays neuf a besoin de main d'oeuvre pour ses plantations de canne à sucre. L'appât du gain gonfle les voiles des grands navires qui font route vers les îles de Mélanésie en quête de « volontaires ». Vies brisées, existences bouleversées, le destin se met pourtant à écrire une aventure hors normes, celle du Néo-hébridais Umah et de la fille d'un capitaine, Anna. Une histoire dont les échos résonnent encore des années plus tard...

    Jacques-Olivier Trompas est arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1973. D'abord photographe, aujourd'hui réalisateur de documentaires et de fictions, il a travaillé entre Nouméa et Paris à la réalisation d'une quarantaine de films destinés à la télévision, plusieurs fois primé dans différents festivals. Ses travaux de scénariste l'ont amené à écrire son premier roman, Au pays des borgnes, publié en 2018.

  • En décembre 1901, Henri Vidal, fils d'une hôtelière de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une troisième fille publique ainsi qu'une jeune Suissesse. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite «?le Tueur de femmes?» est condamné à mort par la cour d'assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906. Dès ses crimes commis, l'assassin devient l'objet d'une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu'une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d'un criminel. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont la forme suscita l'étonnement, interroge à la fois l'écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l'histoire.

  • Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats du XXe siècle. Parmi ses 17 500 dossiers plaidés entre 1911 et 1967, conservés aux Archives Nationales, certains attirent particulièrement l'attention. Herschel Grynszpan, le meurtrier de l'attaché culturel de l'ambassade d'Allemagne à Paris qui, en 1938, voulut par son geste dénoncer les persécutions dont les juifs allemands étaient les victimes. Les « piqueuses d'Orsay », expression désignant les infirmières accusées, dans la panique de la débâcle de juin 1940, d'avoir tué plusieurs malades intransportables avant de fuir leur hôpital. Cinq étudiants, exécuteurs en mai 1943 à Poitiers du docteur Guérin qui, sous le pseudonyme de Pierre Chavigny, vantait dans la presse les mérites de la collaboration. Enfin, le grand résistant René Hardy, l'organisateur de la « bataille du rail », accusé d'avoir trahi et livré Jean Moulin aux Allemands. Ces quatre affaires présentent un intérêt historique majeur. Maurice Garçon y dissèque, avec son acuité coutumière, arcanes politiques et méandres de l'âme humaine. Il y révèle aussi l'étendue de son immense talent, lui qui, disait Paul Morand, « eut démontré que la malle était vide s'il avait défendu l'assassin de quelque malheureuse coupée en morceaux », tant il y avait dans sa conception de la défense une part de prestidigitation.

  • Réservée il y a peu encore aux érudits et aux universitaires, l'histoire est désormais omniprésente au travers des magazines, documentaires, etc. Mais la méconnaissance de cette discipline et la non-maîtrise de ses fondements scientifiques conduisent à nombre d'idées reçues et controverses. Qui n'a jamais entendu que l'histoire est née avec l'écriture, qu'elle a une fin, que son enseignement repose sur un « roman national », qu'elle aurait partie liée avec un devoir de mémoire... Autant de clichés qui oublient le rôle premier de l'historien : construire un récit à partir
    d'archives.
    Intimement liée à l'esprit critique, l'histoire permet ainsi de disposer des outils nécessaires à la compréhension du monde. Il n'est qu'à voir l'ardeur avec laquelle les régimes totalitaires n'ont cessé de réécrire l'histoire pour contrôler les peuples. Comprendre l'histoire, sa mécanique et ses codes, c'est ainsi comprendre que l'historien ne converse pas seulement avec les morts, mais qu'il s'adresse aux vivants, leur insufflant ce supplément d'âme du passé pour leur faire comprendre où ils vont.

  • Comment expliquer les origines de l'impressionnant développement économique japonais au cours du XXe siècle ? Alors que les thèses habituellement avancées soulignent le rôle du pouvoir central (gouvernement et zaibatsu), Nakamura Naofumi nous fait parcourir le Japon de l'ère Meiji (1868-1912) dans toute son étendue, du nord au sud, à la découverte des fondations régionales de la « Révolution industrielle ». Analysant la mentalité des acteurs, leur capacité à l'échange d'informations, à l'activation de réseaux de proximité, à la mobilisation de capitaux, l'auteur décrit une pléthore d'entrepreneurs et d'agents publics locaux dynamiques. Engagés dans le lancement d'entreprises innovantes de dimension régionale, ils réalisèrent des aménagements industriels (filatures, charbonnages, chemin de fer ou secteur électrique) dans tout l'archipel entre les années 1880 et 1900. À l'heure où la désindustrialisation des régions s'accompagne d'une croissance économique en berne, la démonstration de Nakamura Naofumi n'apparaît que plus riche de sens.

  • Ce livre rassemble les textes sur la musique écrits par Philippe Lacoue-Labarthe entre 1969 et 2005. Par-delà leur diversité de ton ou d'accroche, leur préoccupation commune est de chercher à comprendre l'existence même de la musique : pourquoi existe-t-elle et de quoi est-elle en nous la déposition active, sans fin recommencée ? On retrouvera au fil du livre les motifs qui hantèrent la pensée de l'auteur : l'écoute, le rythme, la voix, l'écho - c'est aussi d'une puissance d'émotion qu'il est continûment question dans ces pages. « J'aimerais en somme saisir, si cela peut se savoir, ce qui arrive lorsqu'on remonte de Narcisse à Écho - me posant cette simple question : qu'est-ce qu'un retentissement ou une résonance ? » Édition établie par Aristide Bianchi et Léonide Kharlamov Collection « Détroits ».

  • La voix manquante

    Frédérique Berthet

    Quelque chose est en cours. Je sens bien qu'on prend le train en marche, que les trois qui sont là ont dû se parler avant qu'on ne commence à les entendre. Marceline s'affiche en brune dans le noir et blanc. Dans quelques secondes, elle va entrer en cinéma, s'avancer de son corps, de sa voix, vers la mise en scène d'une effraction de l'histoire. Ses bras nus portent un message à peine visible : un matricule bouleversant, qui fait intrigue pour ceux qui la filment en ce 16 mai 1960. Cette histoire rapprochée du film d'ethnographie parisienne Chronique d'un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960) reconstitue la fabrique d'un personnage féminin qui n'eut pas "les quinze ans de tout le monde". En intriquant intimité et collectivité, décors naturels et sites fantomatiques, hier et aujourd'hui, je suis partie à la recherche de ce que l'écran condense du manque et de ce que les archives déplient du temps - le temps d'apprendre à styliser et à dire. Apparaît ainsi, d'entre les pages, la silhouette prémonitoire d'une contemporaine, artiste et témoin de la Shoah.

  • Labyrinthique, obscur et poussiéreux, le monde des archives semble relégué dans une arrière-cour où germerait spontanément notre patrimoine ordinaire.
    Mais Anne Both s'est aventurée au sein d'un service d'archives départementales afin d'y côtoyer ceux qui, au quotidien, oeuvrent à la fabrication des archives.
    Elle nous dévoile ainsi un univers à la fois prosaïque et vertigineux, dans lequel l'éternité programmée de la mission de conservation et la masse toujours exponentielle des documents se conjuguent pour peser de tout leur poids sur cette mise en ordre du temps.
    Une enquête foisonnante qui invite à une méditation sur les conditions de l'élaboration de notre mémoire.

    Anne Both est anthropologue. Elle a notamment publié Les Managers et leurs discours. Anthropologie de la rhétorique managériale aux Presses universitaires de Bordeaux (2007).

  • Résumé: Six mois après sa rencontre brutale avec le Président, Isis ne sait toujours pas quel sort a été réservé à son mentor, l'érudit Truman. En explorant le refuge de celui-ci, elle trouve le journal dans lequel il a décrit les événements qui ont mené à son arrestation. Une série de révélations lance la jeune fille dans une véritable quête qui l'amènera à découvrir ce que le Maître des archives appelle la «Source de Vérité».

  • Juillet 1895. Nathaniel et Robert Coombes, deux frères âgés de douze et treize ans, se retrouvent seuls pendant dix jours. Leur père, marin, vient d'appareiller pour New York. Quant à leur mère, ils assurent à tout le monde qu'elle est partie à Liverpool. Rapidement, la famille, les voisins, s'inquiètent de ne pas la voir revenir. La police arrive sur les lieux alors qu'une odeur pestilentielle envahit la rue. À l'étage, ils découvrent le corps de la mère en état de décomposition avancé. Interpellé, Robert admet avoir tué sa mère à coups de couteau.
    Libéré pour bonne conduite après la mort de la reine Victoria, Robert fait partie des contingents d'anciens prisonniers allant peupler les terres nouvelles d'Australie. Sa vie change alors radicalement. Sans que jamais rien ne filtre de son passé.

    « Absolument captivant. »
    Sarah Waters, The Guardian

  • Extrait
    Préface
    Sur la plage de Gerlache
    Je me souviens. Enfant, j’aimais les explorateurs et les explorations. Je voyageais par la pensée. Je menais mon bateau au bout du monde. Je filais par l’esprit jusqu’aux contrées polaires. Au Groenland. En Antarctique…
    L’Antarctique… J’y suis aujourd’hui. Pour de bon ou pour de vrai, comme disent les gosses… Une baleine souffle. Notre bateau touche la péninsule. Les falaises gris-brun de Brown Bluff, l’île Devil, l’île Half Moon, l’île Cuverville… Cap sur la fabuleuse et bien nommée baie du Paradis . Et Port-Lockroy, d’où l’on peut envoyer une lettre aux bons soins de la poste britannique… Le chenal de Lemaire, avant l’île Petermann, Port-Necko et l’archipel Melchior… Glaciers sublimes, banquises blanc-bleu, mer de cobalt entre les icebergs, falaises plus noires et terrifiantes que les faces nord de l’Eiger ou des Jorasses… Et quel est le nom du détroit sur lequel nous naviguons ? Le détroit de Gerlache…
    Adrien de Gerlache… J’avais une douzaine d’années quand j’ai lu le récit de l’expédition belge de la Belgica, en 1897-1899, avec ce commandant qui portait le même prénom que mon père (j’imaginais mon père à la passerelle du navire !), et son second lieutenant, le norvégien Roald Amundsen, le futur vainqueur du pôle Sud… Je me suis juré, à cette époque, que j’irais moi aussi en Antarctique. Pour y voir ce que les explorateurs y avaient contemplé. Pour en éprouver les sortilèges. Pour y jouir de la splendeur des plates-formes qui vêlent de monstrueux icebergs tabulaires… Un groupe de manchots à jugulaire, Adélie et papous gicle en surface et file vers la côte. Je comprends la raison de leur panique : un phoque-léopard les a pris en chasse – gueule écarlate et crocs aussi longs et acérés que ceux de son homonyme de la savane !
    Un zodiac est à l’eau… Nous slalomons entre les blocs gelés qui ressemblent à des maisons de conte. Nous touchons quelques rochers râpés par l’érosion, sur lesquels se réfugient les manchots et se perchent des goélands, des cormorans, des skuas au bec crochu et des chionis immaculés. Je marche sur ces minéraux que domine un glacier. Je suis sur l’île Orne. Très précisément sur ce que les cartes marines appellent la « plage de Gerlache »… Ni sable, ni cocotiers : le minéral, la glace et l’eau de mer. Avec cette obsédante et délicieuse idée que, tant d’années après, j’ai mis mes pas dans les pas de l’explorateur.
    Là… Je sais que c’est un rêve – le fruit de mon imagination restée puérile. Mais je ne puis m’empêcher de supposer que cette marque dans la roche, c’est l’empreinte du soulier d’Adrien de Gerlache, le héros qu’enfant j’associais à la figure de mon père, et avec l’arrière-petit-fils duquel il m’est arrivé de me balader sur d’autres sentiers sauvages…
    Le livre que voici raconte l’histoire d’une famille d’exception. Je veux dire à son auteur, Henri de Gerlache, qu’il a bien de la chance d’en incarner l’héritier génétique et spirituel. La lignée des Adrien n’en aura, en tout cas, jamais fini de rêver des deux pôles !
    Yves Paccalet

  • Les enfants de 1914 sont aussi les enfants du siècle : adultes en 1940, aïeux en l'an 2000, leur histoire est celle d'une génération, la " génération Grande Guerre ". Retrouver la trace d'une parole enfantine sur la Première Guerre mondiale, telle est l'ambition de ce livre. L'enjeu est avant tout de méthode : contribuer à une histoire de l'enfance qui ne soit plus celle des discours et des représentations élaborés par des adultes, mais bien une histoire de l'expérience enfantine, où les enfants sont désormais envisagés comme une génération d'acteurs, d'observateurs et de témoins à part entière. Autrement dit, se placer à hauteur d'enfant. En s'appuyant sur un corpus d'archives largement renouvelé, à partir de dessins d'enfants, de journaux intimes, de lettres et de témoignages oraux, cette étude met au jour pour la première fois ce qu'est la vie pendant la guerre au XXe siècle : invasion et occupation, privations matérielles et stratégies d'endurance, privations affectives et réinvention de la figure du père.
    Prix Louis Cros 2008, décerné par l'Académie des sciences morales et politiques.
    MANON PIGNOT
    Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud, Manon Pignot est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Picardie, membre du Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits et du Centre de recherches de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

  • En août 2007, le projet d'écrire la biographie de Jacques Derrida s'est imposé à moi comme une évidence. J'avais eu la chance de le connaître un peu ; je n'avais jamais cessé de le lire.
    Pendant trois ans, j'ai consacré l'essentiel de mon temps à cette recherche, avec une constante passion. Je suis le premier à avoir pu explorer l'immense archive accumulée par Derrida tout au long de sa vie. J'ai retrouvé des milliers de lettres dispersées à travers le monde, rencontré plus de cent témoins, souvent bienveillants, quelquefois réticents. Derrida occupait ma vie, s'insinuant jusque dans mes rêves.
    Parallèlement, dans de minuscules carnets, j'ai consigné les étapes de cette quête de plus en plus obsessionnelle : les rendez-vous et les lectures, les découvertes et les fausses pistes, les réflexions et les doutes. Trois ans avec Derrida est le journal de cette aventure, en même temps qu'un éloge de ce genre souvent mal aimé qu'est la biographie.

    Couverture : Arnaud Février © Flammarion

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je suis heureux de faire paraître ce nouveau livre. À quel genre littéraire appartient-il ? Voilà qui m'est absolument indifférent. Ce qui me réjouit de la joie de l'enfant, c'est qu'il sera lu par ceux et celles de ma race : les passionnés, les affamés, les amoureux d'une vie saine et simple et d'une vérité qui, dans son expression, se sert des images. Qui brise ses racines charnelles est absolument incapable d'enraciner son coeur dans la Beauté de Dieu. À cette heure de ma vie où « les ombres s'allongent », ma fierté est de n'avoir rien effacé des impressions de mon enfance, rien renié de ma terre, rien abîmé des couleurs de mon ciel. Qui se voile la face pour éviter d'entrer dans la joie des aurores, d'une fleur, d'un berceau, d'un bourgeon, d'une source, de la brise qui fait germer le grain, se voilera la face pour refuser le pur et exigeant envoûtement de l'Idéal qui nous attire vers les étoiles. Il est vaincu d'avance. Qui n'aime pas l'humilié, le pauvre, l'oublié se rend incapable de devenir un homme, même s'il est savant. J'ai risqué toute ma vie sur la Beauté. Je ne le regrette pas. Mais est-ce moi qui écris pour vous ? Je ne saurais l'affirmer. Il me semble, aujourd'hui que, toute ma vie, je n'ai fait qu'écouter... Dieu s'est révélé à nous non pas par des idées, mais par la poésie des images. On a eu tort de l'oublier. Je n'en sortirai pas. Ceux de ma race me comprennent. J. M.

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