• Germinal

    Emile Zola

    Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, lexique des termes techniques de la mine, chronologie et bibliographie)Voici, dans la France moderne et industrielle, les " Misérables " de Zola. Ce roman des mineurs, c'est aussi l'Enfer, dans un monde dantesque, où l'on " voyage au bout de la nuit ". Mais à la fin du prodigieux itinéraire au centre de la terre, du fond du souterrain où il a vécu si longtemps écrasé, l'homme enfin se redresse et surgit dans une révolte pleine d'espoirs.
    C'est la plus belle et la plus grande oeuvre de Zola, le poème de la fraternité dans la misère, et le roman de la condition humaine.
    Préface de Jacques Duquesne.
    Edition établie, commentée et annotée par Auguste Dezalay.

  • Pourquoi devons-nous travailler ?
    Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ».
     
    Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.


  • Jaurès ? Quel est cet homme, assassiné le 31 juillet 1914, alors que le mot même de socialisme auquel il était identifié semble vidé de sa part de rêve ?

    Pour répondre, Max Gallo, avec érudition et passion, a reconstitué jour après jour l'existence de Jaurès. Et l'on découvre un homme extraordinaire que les souvenirs officiels ont enseveli. Voici l'enfant dans la campagne du Tarn, l'étudiant exceptionnel dans le Paris des années 1880, le mari conformiste, le jeune député et le tribun, le visionnaire qui, avec une sensibilité de poète, voit la guerre et l'avenir rels qu'ils seront. Voici l'homme politique qui conciliait raison et passion. L'homme intime qui s'interrogeait sans cesse sur le sens de la vie et la signification de l'univers. Voici l'homme calomnié et admiré. Et l'homme de tous les jours, mangeant comme un paysan, crachant dans son mouchoir et, distrait comme un artiste pris par son rêve, négligeant son apparence, s'épongeant le front avec une chaussette !
    En utilisant tous les témoignages, Max Gallo rend présents un homme et son temps. Car Jaurès, c'est aussi ce monde autour de lui : Paris en état de siège le Ier Mai, les mineurs de Courrières ensevelis par centaines à la suite d'un coup de grisou, les vignerons en révolte, les régiments qui se rebellent, les anarchistes qui tuent à l'aveuglette et que l'on guillotine, l'affaire Dreyfus qui divise toute la nation. Et puis la tour Eiffel, la bicyclette, la Belle Epoque, l'automobile et l'avion. S'il fut un temps qui ressemble au nôtre, c'est bien celui de Jaurès, cette époque de bouleversements profonds, où la guerre point dans les Balkans, où chacun avec angoisse se demande ce que sera le siècle qui vient, ce XXe siècle, comme nous, nous attendons le XXIe.
    Que faire, que penser ? Jaurès, parce qu'il a été assassiné, n'a pu faire entendre sa voix. Et ses mots, son élan, après des décennies de glaciation, retrouvent vie aujourd'hui. A l'orée d'un nouveau siècle, Jaurès reste jeune.
    Celui qui écrivait : "Le premier des droits de l'homme, c'est la liberté individuelle" ou encore : "Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme... Ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit", celui-là est non pas un grand ancêtre, mais bien le Grand Jaurès, notre contemporain.

  • Disparus les cathos de gauche ? Plus que jamais, au sein d'une France tourmentée, ils luttent pour faire rayonner la doctrine sociale de l'Évangile et sortir de l'ombre les humbles et les pauvres oubliés. Un manifeste de combat fort et utile.
    2019. Le mouvement des Gilets jaunes met en avant le peuple des invisibles, le peuple des " sans " - sans voix, sans visage, sans porte-parole, sans représentation, sans revendications précises. Qui sont-ils, d'où viennent-ils ? Ils restent insaisissables, car si des enquêtes, un film, des livres leur ont été consacrés, les invisibles ne se donnent à voir qu'au moment où ils deviennent visibles.
    Le groupe de travail mis en place par les Poissons Roses s'est attaché à démontrer combien cette notion révolutionne notre approche des rapports politiques au sein d'une société qui, bien que toujours ancrée dans l'État-providence, bascule inéluctablement dans la société liquide décrite par Zygmunt Bauman. Dans ce rapport, ils font trois propositions concrètes pour que les invisibles ne soient plus des laissés-pourcompte.

  • LA MÈRE

    Maxime Gorki

    La Mère est un roman de l'écrivain russe Maxime Gorki publié en 1907.
    Présentation
    | Le roman décrit l'évolution intellectuelle d'une mère de famille ouvrière dans un faubourg industriel de la Russie pré-révolutionnaire, dont le fils Pavel (ou Paul) est militant socialiste. D'abord, effrayée par les dangereuses idées de son fils, qu'elle ne comprend pas, elle tombe ensuite sous le charme des camarades de Pavel, pleins de fougue, d'idéal et d'amour pour l'humanité. Petit à petit s'éveille en elle la conscience de l'injustice vécue par les travailleurs dans la société tsariste. Lorsque Pavel est arrêté une première fois, la mère prend sur elle de continuer la diffusion clandestine de tracts au personnel de l'usine où travaille Pavel, afin de sauver son fils de prison...|
    |Wikipédia|

  • Alors que l'on va célébrer le centième anniversaire de son assassinat, la biographie-événement qui nécessita six ans de recherche et d'écriture.

    Entre biographie et essai, le livre de Jean-Pierre Rioux, salué par la critique et succès d'édition, évoque l'orateur hors pair, le philosophe, l'intellectuel et l'historien, le défenseur des droits de l'homme, l'homme de la paix, l'adversaire du colonialisme. Les questions d'aujourd'hui auxquelles le premier mort de l'été 1914 avait donné sa réponse continuent de nous hanter. Comment ne pas trahir quand on est au pouvoir ? Comment lire une société d'inégalités ? Comment récuser le désordre établi si l'on n'assume pas l'histoire et l'héritage ? Que serait un avenir sans morale et sans religion ?Jean-Pierre Rioux a notamment publié Histoire culturelle de la France au XXe siècle, Au bonheur la France et un Dictionnaire de la France coloniale.



  • Longtemps, la gauche au pouvoir a caboté entre deux récifs. Tantôt sa volonté de transformation sociale butait sur les « contraintes » imposées par l'ordre capitaliste. Tantôt sa pratique du pouvoir devançait les préférences et les exigences de ses adversaires. En France, au cours du XXe siècle, les périodes associées au Cartel des gauches (1924-1926), au Front populaire (1936-1938), à la Libération (1944-1947), et aux premières années de l'ère mitterrandienne (1981-1986) ont illustré cette tension entre espérance et renoncement, audace et enlisement.
    La gauche a chevauché au pouvoir la puissance de passions collectives, dont celle de l'égalité. Mais elle a accepté ensuite de les dompter, avant de les étouffer sous une couverture de rationalité technique. Cette retraite bureaucratique, cette nouvelle conscience qui ne voit dans le monde que moyens et machines ont forgé les barreaux de sa cage de fer.
    Réédition, légèrement revue, d'un ouvrage épuisé depuis plus de dix ans, ce livre reste la seule étude comparative sur les réalisations et les échecs de la gauche française.
    Journaliste et historien, essayiste, spécialiste des médias et d'économie politique, directeur du Monde diplomatique, Serge Halimi est notamment l'auteur du Grand Bond en arrière (Agone, 2012) et des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d'agir, 2005).

  • Longtemps, Mazarine Pingeot a vécu "bouche cousue". Aujourd'hui, elle rompt le silence et tente de percer sa mémoire emmurée par une histoire trop lourde à porter.
    Depuis que son père est mort, Mazarine a perdu l'un de ses deux principaux témoins et acteurs de son enfance. Et tandis que les historiens et les journalistes continuent de s'approprier le personnage public de François Mitterrand, sa jeunesse, déroulée dans le secret le plus total auprès de cet homme, semble perdre peu à peu de sa réalité. Tout cela a-t-il bien existé? Ce François Mitterrand des journaux et des livres d'histoire a-t-il bien été son père?Pour lutter contre l'oubli, elle doit faire revivre, à tout prix, la petite fille heureuse qu'elle a été, ses paysages et ses jeux d'enfant, ses parents amoureux, le trio idéal, jalousement gardés dans un coin de sa mémoire... Tissant les instants magiques, banals ou cruels d'une enfance pas comme les autres, passée auprès d'un père président de la République, Mazarine fait surgir la figure étonnante de l'homme qu'elle a connu, celle d'un père aimant et exclusif. Et c'est cette image émouvante, salvatrice, qu'elle s'autorise enfin à partager.


  • Auguste Blanqui est le grand représentant du socialisme révolutionnaire au XIXe siècle en France, le lien entre la Révolution, celle de Babeuf et de Buonarroti, et la Commune de Paris, vécue dans sa cellule de Clairvaux. Depuis sa première blessure lors des émeutes de la rue Saint-Denis en 1827 jusqu'à sa libération en 1879 après la campagne menée par Victor Hugo et Georges Clemenceau, il a tout mené de front, fondé des sociétés secrètes, créé des journaux, monté des insurrections, instruit la jeunesse révolutionnaire parisienne. Et il a pourtant trouvé le temps d'écrire, en particulier pendant les longues années de prison la moitié de sa vie.


    On trouvera ici présentés des proclamations, des extraits de sa défense lors de ses procès, des articles, des lettres, des textes théoriques et polémiques, et deux classiques : Instructions pour une prise d'armes, et L'Eternité par les astres. "
    Le peuple est muet, il végète loin des hautes régions où se règlent ses destinées. Lorsque, par hasard, la tribune ou la presse laissent échapper quelques paroles de pitié sur sa misère, on se hâte de leur imposer silence au nom de la sûreté publique, qui défend de toucher à ces questions brûlantes, ou bien on crie à l'anarchie. Et puis, quand il s'est fait un grand silence, on dit : Voyez, la France est heureuse, elle est paisible, l'ordre règne !
    "


    Textes choisis et présentés par Dominique Le Nuz.
    Préface par un des agents du Parti imaginaire.

  • Bon petit soldat

    Mazarine Pingeot

    • Julliard
    • 18 October 2012

    En ce début d'année 2012, Mazarine Pingeot est de ceux, de plus en plus nombreux, qui cheminent au côté du candidat François Hollande. Certains commencent à parler de victoire : Mitterrand aurait trouvé son successeur. Vivre le retour de la gauche, mais cette fois, en pleine lumière, permet à la jeune femme de mesurer le chemin parcouru depuis Bouche cousue.
    Être ou ne pas être. Être un secret inavouable, affublé d'un prénom impossible, une vie entre les lignes : une enfant cachée. Être la fille du président Mitterrand ou ne pas être du tout. Être la progéniture adorée à la maison, au sein d'un trio aussi idéal que mythique, mais n'être rien ailleurs - rien, nada, personne. Être la soeur, la belle-fille, la nièce, la cousine, et la tante, d'une ribambelle de frères, belle-mère, oncles, cousins et neveux qui, eux, ne savent pas qui vous êtes. Et puis soudain la lumière, pleins feux ; les flashs, le scandale. Être sa fille, enfin, officiellement. Un objet de curiosité, de suppositions, de préjugés, de rancoeur - ne vit-elle pas aux crochets de la République ? De harcèlement aussi, quand les paparazzi campent devant chez elle. Et puis devenir l'héritière morale. Le portrait craché. La représentante. Devenir lui, un peu. Mais jamais soi-même. Comment échapper à ce sortilège originel qui l'empêche d'être autre chose qu'un " bon petit soldat " ? Comment protéger ses propres enfants, comment leur transmettre un héritage à la fois si prestigieux et si tortueux, sans qu'ils en souffrent à leur tour ? C'est sous forme de journal que Mazarine Pingeot a choisi de transcrire ces réflexions, au fil des mois de la campagne présidentielle durant lesquels le combat personnel est sournoisement venu se mêler au combat politique. Reprenant le fil là où elle l'avait laissé il y a sept ans, concluant Bouche cousue sur l'espoir d'un lendemain meilleur, elle fait de son écriture, vibrante et exutoire, le lieu d'une étonnante introspection collective.

  • Ernesto a 12 ans lorsqu'on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir "le fils du héros", une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.
    Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle les informations cubaines ne sont pas totalement fiables. Il tente alors de reconstruire l'histoire de la mort de son père et se rend compte que tout ne s'est pas passé comme il l'a imaginé. Faire la guerre est plus compliqué que ce qu'on croit.
    /> Oscillant entre passé et présent, entre douleur et passion, Karla Suárez trace avec ironie et lucidité le portrait d'une génération écrasée par une vision héroïque de l'histoire et qui a dû construire, à travers les mensonges et les silences de l'idéologie étatique, ses propres rêves et ses propres voies vers la conquête de la liberté individuelle.
    « Karla Suárez a su écouter toutes les voix qui s'élèvent dans la société cubaine. Le roman que Cuba attendait depuis longtemps. » - Público

  • Après vingt années de chavisme, le Venezuela, qui possède pourtant les premières réserves mondiales d'hydrocarbures, se trouve à un stade structurel post-apocalyptique : pénurie alimentaire, hyperinflation galopante, insécurité maximale, corruption généralisée, désastre écologique, crise énergétique, délabrement sanitaire, émigration massive, répression politique.
    Le projet du « socialisme du XXIe siècle » mené par Hugo Chavez, puis par son successeur Nicolas Maduro, agonise dans une impasse idéologique.
    À l'heure où l'espoir d'une transition démocratique renaît à nouveau, Paula Vasquez Lezama nous propose, sous la forme d'une enquête sociologique et anthropologique, une analyse de la situation actuelle.
    Paula Vasquez Lezama est sociologue et anthropologue. Chercheuse au CNRS, ses domaines de recherche sont l'anthropologie des catastrophes et de la santé, les situations de violence et l'économie du pétrole.



  • La grève générale exprime, d'une manière infiniment claire, que le temps des révolutions de politiciens est fini. Elle ne sait rien des droits de l'homme, de la justice absolue, des constitutions politiques, des parlements ; elle nie le gouvernement de la bourgeoisie capitaliste. Les partisans de la grève générale entendent faire disparaître tout ce qui avait préoccupé les anciens libéraux : l'éloquence des tribuns, le maniement de l'opinion publique, les combinaisons de partis politiques. Ce serait le monde renversé, mais le socialisme n'a-t-il pas affirmé qu'il entendait créer une société toute nouvelle ?
    On ne sait plus grand-chose de ce que furent les origines du syndicalisme français, et notamment du débat qui vit s'affronter les porte-parole du tout jeune mouvement syndical et ceux du socialisme politique, alors faible et divisé. Comme on a oublié la différence radicale entre le socialisme par en haut et le socialisme par en bas, fondé sur la grève générale.
    Ce recueil permettra de mieux connaître la nature et les mobiles d'un mouvement qui tenta de donner à la classe ouvrière le sentiment de la formidable puissance dont elle dispose. Ce même sentiment qui, dès 1879, avait inspiré à un ouvrier cette pensée : « Les patrons s'inclineront devant nous car nous sommes les producteurs, et quand les bras ne se mettent pas au travail, le capital tombe. »

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache.

    Dans ce premier volume, se trouvent réunis :

    Les Prisonniers de guerre devant la politique (1945)

    François Mitterrand, 29 ans à peine, retrace, au sortir de la guerre, l'histoire des prisonniers dans la captivité puis dans la Résistance. Dans cette histoire, il raconte la sienne, son expérience de la captivité, son rôle dans la genèse et le développement de la résistance « P.G. » jusqu'à la Libération. C'est aussi un livre programmatique. La guerre terminée, se pose le problème du retour et de la réinsertion professionnelle et sociale des prisonniers rapatriés. L'enjeu est grand, cette force de près de deux millions d'hommes est en passe de devenir l'une des plus importantes du pays. Mitterrand veut avec ses amis en rester à la tête. Il doit alors séduire et convaincre pour rassembler. C'est, entre les lignes, l'ambition de son livre. Un livre politique donc. Le premier.

    Aux frontières de l'Union française (1953)

    La guerre d'Indochine dure depuis sept ans, le différend tunisien depuis deux ans, le Maroc réclame une réforme du statut de Protectorat. La France se doit de concilier la reconnaissance d'une évolution inévitable et le maintien de sa présence. Partout où s'élabore un monde nouveau, notre pays doit agir en sorte de garder sa place. À ces vastes problèmes, Mitterrand apporte des solutions. Celles qu'il préconise pour la Tunisie et l'Indochine ne manqueront pas de provoquer des réactions, bien que l'auteur se soit gardé de toute polémique. Comme Clemenceau, qu'il cite en épigraphe, il s'est proposé de servir à la fois son pays et la vérité.

    Présence française et abandon (1957)

    Hanoï, Saigon, Rabat, Tunis, capitales d'États indépendants, symbolisent le terme de la tragique aventure vécue par la France en ces années cinquante. Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d'abord tout compromis pour tout perdre enfin. Mitterrand fut intimement lié au déroulement des événements dont il fait l'analyse.

    La Chine au défi (1961)

    Reprise de cinq articles publiés dans L'Express entre février et avril 1961, La Chine au défi est l'unique récit de voyage du corpus mitterrandien et l'une des pièces les plus méconnues : un tableau de la Chine Populaire en pleine mutation révolutionnaire.

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache.

    Dans ce deuxième volume, se trouvent réunis :

    Le Coup d'État permanent (1964)

    « Entre de Gaulle et les républicains il y a d'abord, il y aura toujours le coup d'État. » Toute la thèse de François Mitterrand tient dans cette courte phrase. Avec ce livre de combat, Mitterrand franchit une nouvelle étape : en choisissant l'arme littéraire pour affronter le Général, il prend date avec l'Histoire, ayant l'intuition que son propre destin doit passer par une opposition irréductible au gaullisme, quitte à en caricaturer la présentation de façon à susciter le débat.

    Ma part de vérité (1969)

    Candidat à la Présidence de la République contre de Gaulle en 1965, puis leader de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste, François Mitterrand incarne une option bien définie : l'unité de la gauche, celle-là même dont l'abandon vient de se solder aux élections législatives du 1er juin par un échec retentissant. Après avoir donné les grandes étapes d'une autobiographie politique, Mitterrand livre sa « part de vérité » : il faut reconstruire cette gauche en miettes.

    Un socialisme du possible (1971)

    « Un socialisme du possible », maillon souvent ignoré, permet pourtant de comprendre le passage du François Mitterrand leader de l'Union de la Gauche au rénovateur du PS après Mai 1968. Marginalisé par ce mouvement spontané, il tente ici de se réapproprier une partie de l'effervescence intellectuelle du moment et trace la voie à l'union des socialistes puis de la gauche. Il entend montrer que la conciliation entre ce que l'on appellera plus tard la « deuxième gauche » et la tradition socialiste issue de la SFIO est nécessaire pour arriver au pouvoir.

  • Comment le socialisme doit-il articuler les deux exigences qui l'ont toujours défini : « à chacun selon ses besoins » et « à chacun selon ses mérites » ? Ce court essai propose un retour aux origines. Dans l'une de ses belles formulations, Pierre Leroux écrivait, « le socialisme paraît, et l'aube du jour c'est 1830 ». Procédant ici de quelques portraits, ceux notamment de Louis Blanc et Constantin Pecqueur, de François-Vincent Raspail et de George Sand, cet essai signale comment en cette période de genèse, qui inventa même le terme de « socialisme », l'exigence du besoin fut considérée comme rectrice. Loin d'être nié, le mérite restait néanmoins associé à cette exigence. En ces temps déjà de premières déferlantes libérales, cette articulation originelle permit alors au socialisme de s'identifier d'abord, de résister ensuite et de créer enfin, tant dans le domaine des idées que dans celui des expérimentations, des voies nouvelles à l'émancipation et au progrès social, économique et politique. Cette option consistant à résolument situer le pari du socialisme au-delà de la seule égalité des chances, aussi rigoureusement définie soit-elle, méritera dès lors d'être rappelée et reconsidérée aujourd'hui.

  • Le niveau actuel d'hystérie, de crispation et de violence autour des questions religieuses (et de l'islam au premier chef) n'épargne pas la gauche française, toujours prompte à enrôler (le "barbu") Marx et sa dénonciation de l'opim du peuple. Cette lecture dévoyée et incomplète falsifie la pensée critique : et si le combat antireligieux était, aujourd'hui, l'opium du peuple -(de gauche) ?
    " La religion est l'opium du peuple : relisez Marx ! " C'est en ces termes qu'au début de l'année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un choeur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d'une jeune militante qui avait le mauvais goût d'être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est depuis lors repris quasi-rituellement, dans l'ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses. C'est ce conseil qu'on a ici choisi de prendre au sérieux - et l'expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu'il est fort difficile d'enrôler post mortem l'auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d'islam ou de religion. On découvre même qu'un des grands apports du mouvement socialiste au combat progressiste est d'avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l'alliance entre " celui qui croit au Ciel et celui qui n'y croit pas ". On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c'est aujourd'hui l'athéisme et le combat antireligieux qui peuvent être considérés comme l'opium du peuple de gauche.

  • Pleinement ancrées à gauche, les idées qu'Elio Di Rupo émet témoignent d'une ferme détermination à ne pas accepter la société telle qu'elle est. Il est convaincu qu'il est possible de réveiller la démocratie et d'offrir des perspectives d'émancipation et d'autonomie aux citoyens, en particulier aux jeunes. Il promeut l'écosocialisme et l'individualisation des droits sociaux. Il entend lier les salaires à l'utilité sociale d'un emploi, entrevoit l'éradication de la pauvreté par un bonus social généralisé et conforte l'État dans son rôle de réducteur des inégalités. Il encourage la révolution numérique comme source de création et appelle à l'encadrement de l'intelligence artificielle et de la robotique. Il présente enfin des perspectives pour une Europe plus proche des citoyens, qui va de l'avant sous l'impulsion des pays de la zone euro. Il accorde à l'éducation des jeunes et aux libertés individuelles une valeur essentielle. Les idéaux socialistes demeurent pour Elio Di Rupo d'une brûlante actualité. Il trace la voie d'un socialisme authentique qui place l'être humain et son épanouissement au centre des préoccupations politiques.
    Elio Di Rupo est docteur en sciences. Il a été Premier ministre de Belgique de 2011 à 2014. Il a occupé des fonctions ministérielles dans les différents gouvernements du pays. Ministre d'État, il assume actuellement la présidence du Parti socialiste. Dans la première partie de son essai politique, il évoque son parcours de vie à grands traits et rappelle certains faits significatifs qui éclairent le lecteur sur sa sensibilité et son mode de pensée. Il poursuit en analysant les grandes mutations de la société et en formulant des propositions concrètes et innovantes dans une dizaine de domaines, propositions inspirées du Chantier des idées qu'il a ouvert en 2015.

  • Enfant du premier vingtième siècle, leader politique du second, François Mitterrand (1916-1996) fut un homme de culture. La littérature fut pour lui une passion, et il fera de l'écriture une activité de chaque instant. Arme politique tout autant que reflet d'une plume au style singulier, les textes mitterrandiens témoignent d'un homme et d'une époque. Il fallait les contextualiser pour offrir au lecteur d'aujourd'hui une analyse historique, ce à quoi cette édition des oeuvres, fruit d'un travail de plusieurs années mené par une large équipe de spécialistes, s'attache.
    Dans ce troisième volume, se trouvent réunis :

    La Rose au poing (1973)
    Premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand allie récit enflammé et démonstration rationnelle et entend rassurer tous ceux qui craignent une inféodation du PS à l'égard du PCF. Il affiche l'ambition de la première force socialiste de France d'exercer le pouvoir, et ce durablement.

    Ici et maintenant (1980)
    Ici et maintenant paraît le 8 novembre 1980. Le jour même, François Mitterrand déclare sa candidature à l'élection présidentielle. Trois ans après la rupture de l'union de la gauche, alors que cette échéance majeure de la vie politique française occupe tous les esprits, ce livre est l'occasion pour lui de s'expliquer.
    Tout au long de ces pages, François Mitterrand expose son projet politique pour la France, empruntant largement au programme socialiste de l'époque et aux travaux menés dans le cadre du Parti socialiste qu'il dirige depuis 1971. Il s'explique sur la bataille interne qui l'a notamment opposé à Michel Rocard et dont il est sorti vainqueur en avril 1979. Il revient sur les difficultés rencontrées avec la direction du Parti communiste français et sur la rupture de l'union de la gauche de septembre 1977, toujours au coeur de l'actualité de l'époque. Surtout, il se livre à une dénonciation sans concession du régime giscardien, fustigeant son incapacité - à ses yeux - à lutter contre la crise économique qui, alors, touche la France.
    Ici et maintenant apparaît avec le recul comme un important

  • Oswald Spengler aura-t-il eu raison ? Tandis que les signes s'accumulent, on assiste au retour de l'auteur du Déclin de l'Occident (1918-1922), ou tout du moins à celui de ce titre-slogan, sa pensée restant largement méconnue en France. Comment Spengler se représentait-il ce déclin, passage d'une culture véritablement créatrice à une civilisation tournée vers des tâches quantitatives et matérielles ? Spengler fait preuve d'un pessimisme culturel profond : à terme, l'Occident et ses valeurs mourront. Sa critique de la rationalisation du monde, celle des moeurs qui s'installent dans les métropoles cosmopolites, du système technicien, du libéralisme politique et économique, sont des symptômes de la crise moderne et doivent nous alerter sur l'évolution du monde occidental. À charge pour nous de lui donner tort en ne succombant pas à son fatalisme historique, ni à l'esthétisme de son « réalisme héroïque ».

  • « Aux États-Unis, chaque génération est un nouveau pays », écrivait Tocqueville. La quatorzième génération américaine, les « Millennials », nés entre 1981 et 1996, lui donne raison. Forte de ses 75 millions de membres, elle est la plus diverse de l'histoire du pays, la plus diplômée, la plus ouverte culturellement et, électoralement, la plus à gauche depuis les années 1960.
    Vue de l'esprit ? Divagation ? Parle-t-on bien des États-Unis d'Amérique présidés par Donald Trump ?
    L'Amérique des Millennials - jeune, plurielle et progressiste - est en effet l'antithèse de l'Amérique de Trump - vieillissante, blanche et conservatrice. Elle a déjà aiguillé le pays vers des avancées sociétales (mariage gay, légalisation de la marijuana).
    Saura-t-elle mener une « révolution politique » en assurant la défaite de Donald Trump lors de la présidentielle de 2020 et en permettant la mise en oeuvre du programme le plus radical depuis le New Deal ?

  • En 1951, tournant le dos à son itinéraire l'ayant mené du socialisme national jusqu'à la collaboration idéologique avec Vichy, Bertrand de Jouvenel (1903-1987) publie au Royaume-Uni et en anglais The Ethics of Redistribution. Dans le prolongement de Du pouvoir (1945) qui lui avait valu une renommée internationale de penseur politique, cet opus, inédit en français, développe avec une sobre alacrité une critique de l'extension du « Minotaure » que représente l'institution naissante de l'État-providence par le biais de la redistribution massive des revenus. Sa thèse : un inquiétant transfert des pouvoirs de décision des individus s'accomplit ainsi au profit de l'État, toujours plus omnipotent. Jouvenel met à mal le mythe d'une redistribution ne sollicitant que les plus riches. La logique fiscale conduit nécessairement à ponctionner aussi les classes moyennes. Une analyse singulièrement iconoclaste et prémonitoire.

  • Avec la Révolution française, triomphe de la liberté comme idéal, nous entrons dans une longue période faite de turbulences politiques et de bouleversements sociaux, durant laquelle le littéraire est, plus que jamais, investi dans les débats. Les romantiques crient leur « mal du siècle », les réalistes dressent le portrait d'une société inégale, les naturalistes dénoncent et accusent. Les poètes établissent des canons qu'ils s'empressent de transgresser et les dramaturges expérimentent.
    Dans ce troisième volume, Alain Viala retrace l'histoire de ces oeuvres qui, loin de n'appartenir qu'au passé, perdurent jusqu'à aujourd'hui.

  • « Il faut absolument lire ce brillant essai sur les effets secondaires du gouvernement. Il divulgue le problème de l'interventionnisme naïf, les dommages collatéraux de l'excès de bureaucratie, l'impunité croissante des dirigeants politiques (le problème d'Hammurabi) et autres difformités de l'État moderne.
    Il montre comment un tel système est voué à imploser sous le poids de sa propre fragilité. C'est profond, bien illustré, plein d'esprit et très agréable à lire. Achetez-en deux exemplaires : un pour vous et un autre pour votre voisin politicien. »

    Nassim Nicholas Taleb, professeur d'épistémologie des probabilités et des sciences du risque à l'université de New York, auteur de Le Cygne Noir et de Antifragile.

    Hormegeddon, tel est le terme inventé par William Bonner, entrepreneur et auteur de best-sellers du New York Times, pour décrire ce qu'il advient lorsque l'on abuse d'une bonne chose dans les sphères de la politique, de l'économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.
    S'appuyant sur des exemples tirés de notre histoire politique moderne, de la campagne napoléonienne en Russie à la débâcle du système de protection de la santé américain, du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Troisième Reich, de la Grande Dépression à la crise de la dette souveraine, William Bonner poursuit une ambition modeste : tenter de comprendre ce qui a mal tourné.
    L'Histoire n'est pas un joli conte déclamé par ses vainqueurs. C'est un long récit de tout ce qui a déraillé : débâcles, catastrophes et désastres. Le fait que chaque désastre porte en lui un avertissement est ce qui rend son étude si intéressante. Si le constructeur d'un grand paquebot vous affirme que « Dieu lui-même ne pourrait pas couler ce navire », prenez le bateau suivant. Si la bourse se vend à vingt fois au-dessus de sa valeur...et que tous les experts vous invitent à « y entrer » parce que vous « ne pouvez pas perdre », il est temps d'en sortir !
    De même, les désastres de la politique publique surviennent lorsque des gens bien intentionnés, armés d'un degré identique de confiance Titanique, appliquent une logique de résolution de problèmes, certes rationnelle à petite échelle, mais totalement inappropriée à une planification à grande échelle.
    Premièrement, vous observez une chute du taux de retour sur investissement (de temps comme de ressources) jusqu'à atteindre le zéro. Si vous persistez à descendre en-dessous de ce niveau, et vous obstinez toujours, vous obtenez un désastre.
    Le problème est que vous ne pouvez pas compter sur les gens éclairés et bien intentionnés pour stopper la progression du désastre puisque ce sont précisément eux qui en sont la cause.
    William Bonner a tiré de ces réflexions le concept de l'Hormegeddon : un phénomène qui surgit lorsqu'un élément produisant un effet favorable à petites doses est utilisé de manière tellement abusive qu'il conduit tout droit à la catastrophe. Cela s'applique à tous les domaines, que ce soit celui de la politique, de l'économie ou des affaires. William Bonner apporte un éclairage et une compréhension inédite sur ce phénomène méconnu en le replaçant dans des contextes précis de l'histoire politique moderne.

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