• Dialogue sur l'art et la politique Nouv.

    Deux artistes de deux pays et deux générations très différentes, Ken Loach et Edouard Louis, échangent sur l'art, le cinéma, la littérature et leur rôle aujourd'hui. Comment l'art peut-il, notamment, poser et repenser la question de la violence de classe ? Comment représenter les classes populaires comme ont tenté de le faire les deux auteurs du présent livre dans leur travail ? Et quel est le rôle de l'art dans un contexte politique mondial où les plus précaires se tournent vers l'extrême-droite ? Comment repenser la gauche pour défaire cette tendance, palpable tant dans la montée du Front National, que dans l'ascension de Trump, ou encore de Bolsonaro ? En confrontant leurs réflexions, et à partir de leurs oeuvres, Loach et Louis tentent de répondre à ces questions.

  • 2000 pages de dossiers classés secret défense, jamais relevés par l'État français.
    Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie. Le dernier sous la présidence de Jacques Chirac. En trente ans, le programme a laissé des traces : dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l'environnement de ce territoire vaste comme l'Europe. Grâce à l'exploitation de 2 000 pages d'archives déclassifiées, de centaines d'heures de calculs et des dizaines de témoignages, ce livre présente le résultat d'une enquête de plus de deux ans sur cette expérience collective, traumatique et encore taboue.
    Fruit d'une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d'investigation Disclose et Interprt, un collectif d'architectes spécialisés dans l'analyse criminalistique, ce travail met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français dans le Pacifique.

  • Tombé presque par hasard sur l'année 1938, un philosophe inquiet du présent est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée «faiblesse des démocraties »), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles à ce que nous vivons aujourd'hui. L'abandon de la politique du Front populaire, une demande insatiable d'autorité, les appels de plus en plus incantatoires à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue à l'égard du droit et de la justice : l'auteur a trouvé dans ce passé une image de notre présent. Récidive ne raconte pas l'histoire de l'avant-guerre. Il n'entonne pas non plus le couplet attendu du « retour des années 30 ». Les événements ne se répètent pas, mais il arrive que la manière de les interpréter traverse la différence des temps. En ce sens, les défaites anciennes de la démocratie peuvent nous renseigner sur les nôtres. Récidive est le récit d'un trouble : pourquoi 1938 nous éclaire-t-elle tant sur le présent ?



  • Ils nous nourrissent, et pourtant nous les maltraitons.


    Ils ont toutes les solutions pour répondre aux défis du développement durable, changement climatique, biodiversité, transition énergétique...


    Ils reverdissent la terre. La troisième révolution agricole a commencé dans les campagnes. Partout naît une agriculture de précision, de plus en plus propre, de plus en plus écologique.


    Alors pourquoi opposer les modèles au lieu de les associer ? Pourquoi vouloir revenir à un passé où l'insécurité alimentaire était la norme ?


    Les paysans sauvent le monde. Nous devons tout mettre en oeuvre pour les sauver.



    Sylvie Brunel

    , géographe, écrivain, ancienne présidente d'Action contre la Faim, est professeur à Sorbonne Université. Elle a acquis une longue expérience des crises alimentaires et nous livre dans cet ouvrage engagé ses convictions pour l'avenir, dans un monde où la nourriture est de plus en plus stratégique.

  • Avant-propos inédit de Bernard Rougier Dans la première partie, « Qu'est-ce que le salafisme ? », l'auteur se propose d'expliquer le salafisme en restituant les dimensions théologiques, sociales et politiques d'un phénomène complexe. Ce mouvement a acquis une forte visibilité en France ces dernières années et les figures emblématiques du terrorisme international s'en réclament pour justifier leur lutte contre l'Occident. Cet ouvrage restitue les dimensions théologiques, sociales et politiques d'un phénomène complexe. Il montre comment des influences religieuses ayant leur origine dans la péninsule arabique parviennent à modifier les comportements de certains musulmans et pourquoi cette forme de pratique religieuse se développe.
    La seconde partie, L'Oumma en fragments, répond à une double ambition : proposer une grille de lecture des formes d'action militante au Moyen-Orient et l'appliquer à plusieurs séquences de mobilisations ancrées dans l'espace du Nord-Liban, à travers une étude en situation du comportement de ses principaux acteurs. L'hypothèse théorique porte sur l'existence dans l'espace de crise du Levant (Palestine, Liban, Syrie) d'un triangle militant structuré autour de trois modèles d'engagement : le résistant (mouqâwim), le combattant (mouqâtil) et le combattant du jihâd (moujâhid). Ces trois figures, qui disposent chacune de leurs règles et de leurs modalités propres d'action, s'affrontent sur le sens et le statut de l'islam sunnite dans la région.

  • Dans le débat public, être décolonial est une infamie. Dans les universités, dans les partis de gauche et d'extrême gauche, les syndicats, les associations féministes, partout on traque une « pensée décoloniale » infiltrée et funeste pour le vivre-ensemble.
    Dans ce livre, Françoise Vergès élucide l'objet du scandale. Le féminisme décolonial révèle les impensés de la bonne conscience blanche ; il se situe du point de vue des femmes racisées : celles qui, travailleuses domestiques, nettoient le monde ; il dénonce un capitalisme foncièrement racial et patriarcal.
    Ces pages incisives proposent un autre récit du féminisme et posent toutes les questions qui fâchent : quelles alliances avec les femmes blanches ? Quelle solidarité avec les hommes racisés ? Quelles sont les première vie menacées par le capitalisme racial ? Pourquoi les néofascismes s'attaquent-ils aux femmes racisées ?
    Ce livre est une invitation à renouer avec la puissance utopique du féminisme, c'est-à-dire avec un imaginaire à même de porter une transformation radicale de la société.

  • Souvent confondu avec la démagogie, le populisme n'a pas bonne presse. De fait, si le mot renvoie à l'origine à un mouvement politico-social russe de la seconde moitié du XIXe siècle, qui s'était donné pour objectif de soulever la paysannerie contre le pouvoir tsariste, il désigne aujourd'hui, dans le débat, les discours et les doctrines qui en appellent au « peuple » comme s'il était un corps politique indifférencié. Le populiste, c'est celui qui flatte les masses dans ses aspirations les moins louables.
    Or, les crises multiples que traversent nos démocraties libérales (crises économiques, mondialisation, crises migratoires, crise de la représentation) réactivent un spectre qu'on a cru disparu avec les idéologies du XXe siècle. Le populisme est-il une dérive inévitable de la démocratie ? En quoi n'est-il justement pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? Quel en est le moteur ?
    Pascal Perrineau tente de circonscrire un concept flou, fait le point sur les études les plus récentes et montre quelles sont les formes nouvelles du populisme à l'heure des réseaux sociaux et des fake news.

  • 60 idées fausses sur les migrations décryptées et déconstruites, pour sortir des discours qui laissent croire qu'une politique d'accueil est impossible.

    Dans le contexte particulier de la prochaine campagne présidentielle, les discours d'inquiétude et de crispation, voire de rejet, à l'égard des migrants, réfugiés, exilés et étrangers, risquent d'occuper une large partie de l'espace médiatique. Il est indispensable de répondre à ces discours, ce qui suppose dans un premier temps de les écouter et de les décrypter. C'est ce que cet ouvrage propose de faire : il examine et analyse les préjugés, les représentations fausses et les idées reçues sur les migrations, afin de les déconstruire point par point.
    En réponse aux détracteurs de toute politique d'accueil, mais aussi à tous ceux qui hésitent ou qui s'inquiètent, ce livre propose un tour d'horizon des migrations en mettant à la disposition des lecteurs un très grand nombre d'informations, de chiffres, de données et de faits. Organisé par thématiques et rédigé dans un style très accessible, l'ouvrage s'attache à prendre le contrepied de 60 idées fausses, pour convaincre que l'accueil des exilés est non seulement possible, mais surtout souhaitable.
    Ce livre est réalisé en partenariat avec une vingtaine d'associations et d'organisations impliquées sur la question des migrations.

  • Chef de guerre

    Louis Saillans

    « Nous avons les yeux rouges. Les cercueils d'Alain et Cédric sont partis il y a quelques instants avec le président de la République, les familles et les autorités. Nous avons ensuite quitté les rangs pour saluer nos collègues rassemblés pour la circonstance dans une cour des Invalides baignée par la lumière du printemps. Nous sommes une centaine de commandos marine, membres des opérations spéciales, à être venus adresser un ultime salut à nos camarades disparus. Les autres unités du Commandement des opérations spéciales sont aussi là : 1er RPIMA, 13e RDP, CPA 10, GIGN... Je serre la main des agents de la DGSE, qui se trouvent en civil au fond de la cour. Avec les autres membres de mon groupe, je rejoins Tangui, resté au milieu de la place désormais désertée de ses visiteurs funèbres. Tangui serre la photo d'Alain contre lui. Il était resté aux côtés du cercueil pendant toute la durée de l'hommage national et semble désormais incapable de lâcher le cliché encadré. "Ça y est, il a fait le grand saut." »

    Louis Saillans est entré en 2010 dans les commandos marine et devient chef de groupe cinq ans plus tard. Durant près d'une décennie, il a participé à des opérations militaires en Afrique et au Moyen-Orient visant à libérer des otages, capturer des responsables djihadistes ou neutraliser des terroristes. Grâce aux notes prises au cours de ses missions et à des documents d'archive auxquels il a eu accès, il dévoile la réalité des missions des forces spéciales avec la plus grande exactitude. Il retrace aussi le parcours des soldats de ces unités, passés par une sélection drastique durant laquelle ils ont subi les pires épreuves physiques et psychologiques. À travers une narration d'une rare lucidité, il décrit le quotidien de ces hommes devenus des guerriers, la fraternité d'arme, les coulisses des opérations spéciales et la face cachée de la lutte contre le terrorisme. Un témoignage unique, qui permet de mieux comprendre le travail de ces combattants de l'ombre prêts à sacrifier leur vie pour sauver la nôtre et maintenir la paix.

  • Il nous reste dix années pour enfin affronter le monde tel qu'il est, et surtout tel qu'il est en train de devenir, à savoir de moins en moins favorable à nos existences et à celles de l'ensemble des êtres vivants. Dix ans pour nous débarrasser de nos lubies productivistes et consuméristes. Dix ans pour bâtir une société qui sache régénérer une nature en voie de destruction accélérée. Dix ans pour resserrer nos inégalités, tout en redonnant sens à nos existences. Instauration de quotas de consommations, nationalisation des banques, empaysannement de l'agriculture, instauration d'une chambre dédiée aux enjeux de long terme et d'un sénat transformé en chambre des biorégions, réforme du statut des élus et des fonctionnaires : cet ouvrage collectif propose des mesures économiques, institutionnelles et internationales pour réussir à bâtir une civilisation nouvelle.

  • KGB-DGSE : 2 espions face à face Nouv.

    Sergueï Jirnov est un ancien espion du KGB, François Waroux a été officier traitant à la DGSE. Le premier a opéré au sein du service des « illégaux » pour l'URSS, notamment pour infiltrer l'ENA, le second a agi sous couverture à travers le monde au nom de la France. Après avoir longtemps oeuvré dans l'ombre pour deux camps opposés, ces deux officiers supérieurs ouvrent dans ce livre un dialogue sans tabou sur leur carrière au sein des services secrets. Pour la première fois, un espion russe et un officier français confrontent leurs expériences, leurs analyses
    et les méthodes utilisées par leurs pays respectifs. Ils révèlent les secrets du travail sous couverture, les techniques
    de surveillance, les manipulations, mais aussi les angoisses quotidiennes et les cas de conscience qu'impliquent
    de telles professions. Loin des clichés des films hollywoodiens, ce livre lève le voile sur la réalité des services de renseignement, brisant un à un les mythes en la matière pour leur substituer une face cachée bien plus complexe. De la guerre froide à la guerre technologique, en passant par les nouvelles menaces qui frappent le monde, ces deux grands témoins n'éludent aucun sujet dans leurs échanges. Un voyage d'Est en Ouest pour découvrir le vrai visage de la raison d'Etat.

  • Politique de l'activisme ; essai sur les mouvements citoyens Nouv.

    Le livre propose de substituer à la notion de "société civile" celle de "pratiques politiques autonomes", qui permet de saisir les caractéristiques particulières de chacune des initiatives prises par des associations ou des collectifs pour s'occuper d'un aspect de la vie collective ou politique d'une société. Il montre d'abord comment ces pratiques remplissent une fonction de socialisation politique que les institutions sociales ne parviennent plus à assurer. Il s'intéresse ensuite à un type particulier de ces pratiques : celles qui investissent le champ de la politique pour jouer un rôle dans l'activité de gouvernement. Ces pratiques composent ce qu'on nomme ici l'activisme sauvage. À partir des expériences d'exercice du pouvoir par des citoyens ordinaires, le livre analyse la légitimité de cet activisme, dégage ce qui le différencie du militantisme partisan traditionnel et montre comment il est en train de façonner une politique, en favorisant la vigilance des citoyens sur les conduites des pouvoirs en place ou en concourant aux élections locales ou nationales pour contribuer, si peu que ce soit, à changer de monde.

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • Une sélection des grands articles parus dans la presse internationale offrant un panorama exceptionnel des penseurs qui comptent et des enjeux qui montent.


    - Un concept inédit en France inauguré en janvier 2020
    avec les 20 penseurs pour 2020
    - 21 points de vue innovants sur les grands enjeux contemporains
    - Des articles, débats et entretiens courts et accessibles


    RAN HALÉVI

    Le trumpisme après Trump

    HELEN LEWIS

    Harry Potter et la cancel culture

    EVA ILLOUZ

    Black Lives Matter et #MeToo, ou la politique des corps vulnérables

    MARYLIN MAESO

    Hommage à Samuel Paty, professeur de doute et maître de vie
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    JUDITH BUTLER

    La politique du chagrin

    JARED DIAMOND

    Apprendre à lutter en commun

    PETER SINGER

    La vie des jeunes vaut-elle vraiment plus ?

    PAUL SEBILLOTTE

    Pour une lecture anticapitaliste des pandémies

    ARJUN APPADURAI

    Voici venu le temps de la révolte des élites

    MARTHA NUSSBAUM

    Une éthique de la colère

    MIREILLE DELMAS-MARTY

    La justice mondiale en mouvement

    PANKAJ MISHRA

    La faillite du modèle libéral

    BRUNO LATOUR

    Comment atterrir ?

    MICHAEL WALZER

    Le capitalisme est-il raciste ?

    NADIA YALA KISUKIDI

    La joie africaine

    HARTMUT ROSA

    Nous pouvons donc ralentir

    MAURIZIO FERRARIS

    Save The Planet ou sauve qui peut ?

    NICHOLAS BLOOM

    Télétravail : une bombe à retardement inégalitaire

  • Critiquer les diverses formes de domination, débusquer les mécanismes qui assurent aux puissances établies leur apparente légitimité, telle est une des principales vocations des sciences humaines. Mais toute distinction est-elle injuste, et toute inégalité est-elle suspecte ? Qu'en est-il des distinctions fondées sur les grandeurs naturelles de l'intelligence et de la vertu ? Ne devrait-on pas considérer ces grandeurs comme des biens précieux, et ne devrait-on pas, à ce titre, leur conférer une forme d'autorité politique et sociale ? Les citoyens démocratiques eux-mêmes ne tireraient-ils pas profit de gouvernants avisés et vertueux ? A vrai dire, pour peu que l'on puisse s'entendre sur les qualités qui rendent un individu digne de gouverner, rien ne serait plus juste et plus bénéfique que confier le pouvoir aux meilleurs. Pourtant, Aristote, Pascal et Tocqueville, qui furent au plus haut point soucieux de la grandeur humaine se montrèrent réservés sur l'opportunité d'instituer une véritable méritocratie. Ce livre s'attache donc à comprendre leurs réserves, mais aussi à comprendre comment ils envisagèrent la survie de la grandeur humaine.

  • « La laïcité est contre les musulmans. » « Les signes religieux n'ont rien à faire dans l'espace public. » « À l'école, on n'a pas le droit de parler des religions. »
    Régulièrement brandie comme argument massue dans les médias et les débats politiques, la laïcité fait l'objet de fantasmes. Dans un contexte de peurs multiples, nombre de discours visent à imposer un « durcissement » de la laïcité dans le but, parfois inavoué, de réduire les libertés qu'elle garantit et de multiplier les interdits qu'elle prévoit. Au risque de la dénaturer et de briser l'équilibre fragile posé par la loi de 1905.
    Les exemples de polémiques à ce sujet se sont multipliés ces dernières années, se focalisant essentiellement sur l'islam.
    Pour sortir des préjugés et garantir un débat serein, il paraît indispensable de se réapproprier point par point la laïcité telle que définie par le droit et telle qu'elle découle de notre histoire : éclaircir les confusions, déconstruire les idées reçues et les représentations fausses.
    Face aux replis identitaires (de tous ordres), aux contestations et aux pressions contre la République, mais aussi face à l'instrumentalisation dangereuse et de plus en plus courante de la laïcité, ce livre s'attache à définir ce qu'elle rend possible et ce qu'elle interdit, et sous quelles conditions.

  • Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l'abstention serait aujourd'hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n'est pas l'idée de démocratie qu'il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l'électeur tout en lui demandant son aval. L'anarchisme de Mirbeau fait de l'individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l'électeur, qu'il tutoie, sur l'absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l'humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce "la protection aux grands, l'écrasement aux petits". Si Mirbeau n'érige pas d'utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu'elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !

  • La guerre d'Algérie Nouv.

    En France, il a fallu attendre la loi du 16 octobre 1999 pour que l'expression « guerre d'Algérie » soit officiellement reconnue. De 1954 à 1962, l'euphémisme « opérations de maintien de l'ordre » permettait de ne pas reconnaître le statut de belligérants à ceux que l'État considérait comme des « rebelles », des « terroristes »... Dans une perspective centrée sur la France, et en partant de la chronologie des faits, Guy Pervillé retrace l'histoire d'une décolonisation douloureuse. Plus de cinquante ans après les accords d'Évian, il interroge nos difficultés à normaliser les rapports franco-algériens.



  • « Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais à tout le moins, elle voulait une révolution - une révolution sociale - sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or, sauf à me tromper complètement, les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive. »
    Dans ce petit livre, Murray Bookchin étrille les dérives d'une gauche radicale surtout préoccupée par la transformation de son mode de vie, et récusant toute forme d'organisations et de programmes révolutionnaires. Sa perméabilité aux maux qui affectent nos sociétés - individualisme forcené, goût de la posture, narcissisme et irrationalisme - a ainsi conduit ses partisans à se détourner de leur héritage socialiste.

  • La violence policière n'a rien d'accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu'entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l'entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les "cités" actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s'agit toujours de maintenir l'ordre chez les colonisés de l'intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes "non-létales" - Flash Ball, Taser... - propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition. Rigouste montre comment l'expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l'intérieur des métropoles impériales.
    Cette enquête, fondée sur l'observation des techniques et des pratiques d'encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France.
    Mathieu Rigouste est docteur en sciences sociales. Il a passé près de trente ans en banlieue parisienne, engagé depuis longtemps dans différents mouvements de lutte confrontés à la violence policière. Il est l'auteur de L'ennemi intérieur (2009),Les marchandes de la peur (2011) et Le Théroème de la hoggra (2011).

  • À partir du 22 février 2019, des millions d'Algériens ont occupé des mois durant, chaque vendredi, les villes du pays pour réclamer le départ du régime. Ce hirak (mouvement) est sans précédent historique : on n'a jamais vu la majorité de la population d'un pays manifester ainsi pacifiquement pendant des mois pour exiger une authentique démocratie.
    Réunissant des contributions de journalistes et professionnels algériens ayant participé au mouvement, ainsi que celles de spécialistes du pays, algériens et français, ce livre rend compte de cette extraordinaire ébullition. Il montre en quoi les mots d'ordre du hirak ont révélé la remarquable lucidité du peuple : ils disent comment le régime est dirigé par une coupole mafieuse, réunissant autour du partage des circuits de corruption les chefs de l'armée et de la police politique, cachés derrière une façade politique civile sans aucune autonomie.
    Après avoir rappelé les raisons profondes du soulèvement, les auteurs restituent ses multiples facettes, l'inventivité et l'humour des manifestants et manifestantes, la place essentielle des jeunes et des femmes ou la revendication centrale de parachever la libération nationale de 1962. Sans négliger le rôle de la presse et des réseaux sociaux, ni les réactions à la répression policière. Analysant enfin les effets du hirak au sein du pouvoir, ainsi que les réactions des grandes puissances, cet ouvrage apporte des clés essentielles pour comprendre l'un des plus puissants mouvements sociaux de l'histoire moderne.

  • En 1923, le traité de Sèvres donnait naissance à la République turque. Cent ans plus tard, Erdogan veut laver l'affront et redonner à son pays la gloire perdue. Son rêve ? Reconquérir les territoires de l'Empire ottoman. C'est tout l'objet de notre nouveau numéro.
    En kiosque demain, le vendredi 19 février.
    En librairie, le mercredi 3 mars.
    Le sommaire complet est en pièce jointe.


    Dossier : Le spectre ottoman

    -> Entretien avec Jean-François Colosimo : Jusqu'où ira la Turquie ?
    Jean-François Colosimo évoque la longue relation qu'entretient la France avec l'empire ottoman devenu la Turquie en 1923. Erdogan est, selon l'historien, un opportuniste qui sait jouer des faiblesses de l'Europe pour accroître sa puissance. Le président turc se sert de l'islam comme marqueur identitaire et politique.

    -> L'islam turc en France : les convergences du nationalisme islamiste par Dieter Arslan
    Dieter Arslan décrit l'évolution de l'islam turc en France, alimenté par différents courants nationalistes. Depuis l'arrivée d'Erdogan au pouvoir, son influence s'est renforcée grâce à un important réseau de mosquées et à une mobilisation de plus en plus forte des fidèles.

    -> Journal arménien par Jean-Christophe Buisson
    Jean-Christophe Buisson relate son dernier voyage dans le Haut-Karabagh en octobre et novembre 2020, quand la guerre faisait rage entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

    -> Tensions maritimes en Méditerranée orientale par Christophe Prazuck
    L'amiral Christophe Prazuck analyse les nombreux motifs de tensions entre la Turquie et la Grèce en mer Méditerranée. Certains sont séculaires, d'autres beaucoup plus récents, comme les enjeux économiques liés à des gisements gaziers.

    -> Le bras de fer France-Turquie par Renaud Girard
    Renaud Girard examine les velléités expansionnistes d'Erdogan sur terre comme sur mer. D'après le journaliste, le président turc souhaite reconstituer l'empire ottoman. Il manque néanmoins d'alliés et se heurte à bien des réticences notamment françaises.

    -> Le califat néo-ottoman et l'Europe par Tony Corn
    Le califat ottoman a été aboli en 1924. Nombreux sont ceux qui veulent le rétablir. En 1969 naît l'Organisation de la conférence islamique, un califat 2.0 pour Tony Corn. Celui-ci en détaille les objectifs et notamment la « mission civilisatrice » qui constitue pour l'Europe une nouvelle guerre froide.

    -> Et aussi Christian Makarian, Olivier Weber et Eryck de Rubercy.


    Littérature

    -> Inédit L'adolescence démasquée par Gaëlle Nohant
    L'auteure de la Femme révélée (Grasset, 2020) raconte comment une adolescente fait l'apprentissage de la liberté.


    Études, reportages et réflexions

    -> La musique est-elle raciste ? par Bruno Chaouat
    La cancel culture sévit aux États-Unis. Bruno Chaouat évoque une controverse liée au théoricien juif allemand Heinrich Schenker (1868-1935). La musique occidentale serait, nous explique-t-on, une vaste entreprise coloniale...

  • En 1815, le congrès de Vienne inaugure, après la longue césure des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, une nouvelle ère dans les relations internationales, avec l'Europe pour théâtre principal et acteur essentiel. Le directoire des grandes puissances assure un siècle de paix globale, affirmant sur toute la planète la suprématie du Vieux Monde. Cependant, à partir du XXe siècle, le système se dérègle et le leadership européen cède la place à un monde déchiré par les crises, les guerres et le choc d'idéologies antagonistes avant d'hésiter, depuis l'an 2000, entre ordre et désordre. Cet ouvrage retrace l'histoire des relations internationales du XIXe siècle à aujourd'hui, apportant ainsi les connaissances indispensables pour comprendre quel nouvel équilibre mondial se dessine au début du IIIe millénaire.

  • Si l'État, en tant que territoire délimité par des frontières, est ce qui fonde la dimension internationale des liens et des rapports entre les pays, l'étude de la diplomatie et des politiques étrangères ne suffit pas à rendre compte de l'ensemble des interactions qu'entretiennent les nations. Considérant l'intensification et la diversification des échanges, économiques, humains, culturels, cet ouvrage privilégie un large champ d'investigation, tel que l'exige toute étude pertinente des relations internationales contemporaines. Paradigmes d'analyse, acteurs, interdépendance des enjeux et des zones géopolitiques, processus de décision et de règlement des conflits : autant de questions traitées ici, à la lumière de l'histoire et du présent.

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