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  • Germinal

    Emile Zola

    Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, lexique des termes techniques de la mine, chronologie et bibliographie)Voici, dans la France moderne et industrielle, les " Misérables " de Zola. Ce roman des mineurs, c'est aussi l'Enfer, dans un monde dantesque, où l'on " voyage au bout de la nuit ". Mais à la fin du prodigieux itinéraire au centre de la terre, du fond du souterrain où il a vécu si longtemps écrasé, l'homme enfin se redresse et surgit dans une révolte pleine d'espoirs.
    C'est la plus belle et la plus grande oeuvre de Zola, le poème de la fraternité dans la misère, et le roman de la condition humaine.
    Préface de Jacques Duquesne.
    Edition établie, commentée et annotée par Auguste Dezalay.

  • Édition enrichie (Introduction, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, prêt à renier la justice au profit de l'intérêt social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.
    Vivante et précise comme un reportage, puissante comme une épopée, son évocation du monde des chemins de fer au moment de leur âge d'or va de pair avec la vision d'une humanité en proie à ses démons héréditaires et sociaux - l'alcoolisme, la misère -, et chez qui la jalousie et la convoitise charnelle portent le meurtre comme la nuée porte l'orage.
    Chez Zola, les choses surgissent égales dans leur réalité et se reflètent, élargies, jamais déformées, répugnantes ou sédui-
    santes, laides ou belles indifféremment, dans ce miroir de vérité, grossissant, mais toujours fidèle et probe, que l'écrivain porte en lui.Maupassant, Choses et autres.
    Préface, commentaires et notes de Gisèle Séginger. 

  • Edition enrichie (introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, bibliographie)Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire ?
    L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» - un accident de travail, l'alcool, les «autres», la faim - ont finalement raison d'elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L'Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d'oeuvre, avec des yeux neufs. 

  • La machine

    Katia Lanero Zamora

    Nés dans le confort de la famille noble des Cabayol, Vian et Andrès étaient deux frères inséparables.
    Mais dans un pays en guerre dans lequel non seulement la révolution gronde mais où les anciens royalistes fourbissent leurs armes pour renverser la République, ils vont devoir choisir leur camp...

    Grande fresque familiale où les bouillonnements politiques rejoignent les errements intimes, La Machine est une oeuvre forte, absolue et puissante.

    Après son roman très remarqué Les Ombres d'Esver, Katia Lanero Zamora nous y dessine des destins inoubliables.


  • Le livre


    Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité.

    Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi.
    Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du monde est une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.
    L'auteur
    Née en 1973, Sophie Van der Linden vit à Conflans-Sainte-Honorine. Elle a publié des ouvrages de référence sur la littérature pour la jeunesse, dont elle est spécialiste. La Fabrique du monde est son premier roman.



  • « Le ministre socialiste avait annoncé la construction d'une prison à la place des Forges comme plan de reconversion pour les travailleurs. Idée monstrueuse et provocatrice. Nous l'avions averti que s'il venait à la manifestation, nous le jetions dans le canal. D'ailleurs nous avions mobilisé deux maîtres-nageurs pour ce jour-là. »
    Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site.
    Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l'« esprit de Clabecq ». Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.



  • « C'est un travail dangereux de souder à quelques centimètres d'une cuve de pétrole. Une seule étincelle est capable d'amorcer une bombe qui peut emporter une raffinerie. C'est pour cela qu'on vous dit d'utiliser cette bâche gris sale, qui résiste aux températures élevées car elle est produite avec une substance légère et indestructible : l'amiante. Avec elle, les étincelles restent prisonnières et vous, vous restez prisonnier avec elles, et sous la bâche en amiante, vous respirez les substances libérées par la fusion de l'électrode. Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans vous êtes mort. »
    Alberto Prunetti raconte l'histoire de son père, Renato, né en 1945 à Livourne. Soudeur dans les raffineries et les aciéries italiennes depuis l'âge de quatorze ans, Renato s'empoisonne lentement au travail : il respire de l'essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau, et finalement, une fibre d'amiante se glisse dans ses poumons. Il meurt à 59 ans, après plusieurs années passées à l'hôpital.
    En contrepoint de ce récit tragique, l'auteur rapporte ses souvenirs d'enfance, entre parties de foot et bagarres, et décrit une époque, sa musique, ses dialectes, ses grands événements sportifs - dans cette Toscane ouvrière où les années 1970 furent une décennie de luttes sociales, avant que les restructurations des années 1980 n'y mettent bon ordre.
    L'opposition entre le père, parfait représentant de l'idéologie stalinienne du travail, et le fils qui incarne très vite la figure du précaire, n'empêche pas que s'exprime le profond amour qui les lie, teinté d'agacement et d'amusement avant que la maladie ne s'installe. L'humour constant, la délicatesse des sentiments, l'érudition historique et technique se mêlent dans ce récit.

  • Fille de pionniers qui travaillent à réduire l'immensité de la forêt canadienne, Maria Chapdelaine a les rêves de ses dix-huit ans : suivre François Paradis, un trappeur dont elle est devenue amoureuse et qui a promis de l'épouser à son retour, le printemps venu. Mais, à la veille de Noël, brûlant de retrouver sa bien-aimée, François quitte le Grand Nord et s'engage sur des chemins que l'hiver a pourtant coupés...Epopée du Canada français, le grand roman de Louis Hémon, écrit en 1913, n'a pas seulement fait date dans la conscience collective québécoise ; par le souffle de son récit et les élans poétiques de son style, il a tenu en haleine des générations de lecteurs, en France et dans le monde entier.

  • La fermeture d'une usine, quelque part en France, dans une ville de province. Avec des mots simples, un rythme, un ton, Patricia Cottron-Daubigné peint, tel un chemin de croix où l'on inspire à chaque halte, la destruction, au jour le jour, d'un groupe d'hommes et de femmes et de leur lieu de travail.
    « Celle qui écrit, qui porte la parole des ouvriers d'ici, qui essaie, je, roule vers la ville, petite ville dans la plaine, une image de province, moderne un peu. Sur la droite, on sait qu'il y a les usines, la forme des bâtiments et les fumées ; les HLM aussi, à côté, hauts. À gauche les clochers. Cela a pu résumer les vies, longtemps, l'espace sa répartition, son temps croisé. Le temps nouveau, ils ont peur, ils, les ouvriers, ceux avec qui je parle, ceux que je vais raconter, ils ont peur, le temps nouveau qui vient sera peut-être un temps mort. »

  • Ce livre fait entendre des voix rarement écoutées. Dix ouvrières et ouvriers de Renault-Billancourt se souviennent de l'île Seguin, le berceau de Renault, « la forteresse ouvrière ». Venus d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Côte d'Ivoire, d'Italie,de banlieue et d'ailleurs, ils racontent l'arrivée à Paris, l'embauche, la recherche d'un logement, les cadences, la fierté, la révolte, l'épuisement, l'action syndicale, les brimades, la solidarité, le coeur de leur métier. Leur travail. L'usine de Billancourt a fermé ses portes en 1992. Des dizaines de milliers d'hommes et de femmes y ont passé une partie de leur vie. Qu'en reste-t-il ? Des ouvriers et employés se confient, à voix nue. Leur passé est étonnamment présent. Ils disent l'ineffaçable trace de cette vie d'usine et de bureau dans leur existence.
    Laurence Bagot, enseignante, a rencontré durant quatre ans ces femmes et ces hommes qui, de jour ou de nuit, ont fait Renault-Billancourt.

  • L'oeuvre : Moins de 200 films en un peu plus d'un siècle, 134 pour la période du cinéma parlant, la silhouette ouvrière n'est pas très fréquente dans le cinéma français. Cet ouvrage est né d'un choc : le retour en force des ouvriers à l'écran dans les années 90. En même temps que l'on annonçait partout la mort programmée de la classe ouvrière dans la vie réelle, voilà que, sous les traits de Dominique Blanc, d'Ariane Ascaride ou Elodie Bouchez, les ouvrières crevaient l'écran. Ce décalage entre un discours généralement admis et la vigueur d'une représentation cinématographique a été une invitation à interroger sur la longue durée l'identité d'une représentation, à en traquer les constances et à en marquer les ruptures. Enraciné dans la conviction que le cinéma interpelle l'historien des sociétés et informe l'histoire, cet ouvrage a pour principale ambition d'offrir au lecteur quelques clés pour mieux comprendre une France où, réelle ou mythifiée, la classe ouvrière fut au coeur de la vie politique. La vérité de Clio est parfois de l'autre côté du miroir.

  • Liévin, 27 décembre 1974, 42 morts. L'une des catastrophes minières les plus meurtrières de l'après-guerre vient de se produire, l'une des dernières aussi. Les vieux mythes du mineur-martyr et de la mine infernale ressurgissent. L'événement n'est pas seulement ce rappel au XIXe siècle, il porte la trace des « années 68 » finissantes ; il donne lieu à des mobilisations d'un nouveau type. Entrent en scène de nouvelles figures appelées à un bel avenir : celles de la victime ou du « petit juge » luttant contre les élites minières. La catastrophe s'inscrit dans ce moment de basculement, entre la fin des « Trente Glorieuses » et l'entrée dans la « crise ». Pour cerner quelques aspects de ce basculement, l'auteur interroge sous l'angle de l'histoire sociale et politique le processus de désindustrialisation ; elle tente de percer à jour cet instant où le mythe ouvrier, autant que la classe ouvrière perdent de leur évidence et où la société industrielle, dans les faits et dans les images qui s'y attachent, amorce une mutation sans précédent.

  • 1933, l'histoire bascule, Simone Weil interroge : « Allons-nous vers la révolution prolétarienne ? » Sans renoncer au combat, la philosophe déploie dans ce texte crépusculaire un pessimisme critique qui augure les ténèbres à venir. Simone Weil dissèque l'impossibilité d'émancipation face à des régimes bureaucratiques qui oppressent les masses, face à l'ouvrier broyé par la machine, cantonné à un rôle de soumission à la société. Au coeur des remous de l'époque, elle met dos à dos l'URSS de Staline et le fascisme naissant du Troisième Reich, refuse les positions trotskistes, et laisse entendre, malgré une certaine fatalité, une voie possible au travers de l'idée anarchiste de souveraineté des travailleurs, et non de celle du travail au mépris des travailleurs. Par cette organisation horizontale du travail, elle écarte l'idée de défaite, et recherche par tous les moyens possibles la lutte au nom de tout ce qui fait « la valeur de la vie humaine ».


  • Dans « La ville noire » du bas, le fer est battu. C'est un royaume de fer et de feu, rude et noble, dont les armuriers, les couteliers et les serruriers en sont les maîtres ; sis au Trou-de-l'Enfer au carrefour d'un torrent. « Les cris aigres des outils et le sifflement de la fournaise ». Le haut de la ville s'en détache et présente son contraire, celui de la bourgeoisie, des patrons, des gens nantis, des « parvenus ». Opposition de l'un et de l'autre, certains ambitionnent d'en franchir la frontière et d'accéder au « haut », tel Étienne, d'autres au contraire, n'y ont connu que des déceptions et n'ont de désirs que de rester dans le « bas », telle Tonine, la belle-soeur de Louis.


    George Sand situe la ville noire dans le Massif Central, près de Clermont-Ferrand.

    Revu, relu et corrigé par l'éditeur.
    Format professionnel © ink book éditions






  • Après une enfance et une adolescence normandes, un jeune électricien se retrouve « francilien » en 1968 dans une société en effervescence. Son itinéraire bascule avec son engagement dans l'action syndicale au sein d'une entreprise du bâtiment. Il est jalonné d'événements forts : grèves d'Aulnay-Citroën, bataille de la machine-outil, manifestations agitées, occupations d'usines. Ce chemin le mènera à la direction de l'Union départementale CGT, avec luttes de terrain, orientations de congrès et réflexion permanente sur les outils de lutte syndicale, leur conception et leur adaptation permanente au service des salariés


    Entre le mouvement social de mai 68 et le changement politique en Europe de 1990-1991, le jeune département de la Seine-Saint-Denis, créé en 1966, connaît des bouleversements industriels, sociaux et politiques de très grande ampleur. Sous Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, les usines ferment, la finance progresse, le chômage s'installe durablement.


    Dans ce département à forte tradition ouvrière et à direction communiste, la CGT va livrer bataille à la stratégie du déclin des industries, marquer des points, subir des revers, tirer les leçons. Un engagement ouvrier retrace avec précision, dates et chiffres à l'appui, cette période de vingt-deux ans. La chronique ajoute aux faits une galerie de portraits où se croisent militants de gauche, responsables patronaux, élus locaux et nationaux, flics et voyous. Ce récit de deux décennies décisives est celui d'une résistance à la disparition d'un tissu industriel dense qui manque cruellement aujourd'hui.


    Né à Granville en 1945, Joël Biard arrive en région parisienne en 1960. Il devient délégué CGT de l'entreprise qui l'emploie, milite à l'Union syndicale de la construction puis à l'Union locale d'Aulnay-sous-Bois. Il prend également des responsabilités locales et départementales au PCF, dont il est toujours militant. En novembre 1974, Joël Biard est élu secrétaire général de l'Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis. Il le reste jusqu'au début 1990, où il prend la direction de l'Union régionale Île-de-France CGT jusqu'en 2004. Il est président depuis 2006 de l'Institut d'histoire sociale CGT Île-de-France.


  • Tout le génie de George Sand est déjà présent dans ses « premières nouvelles » qui furent au départ écrites dans un format court adapté aux revues. Elle y évoque naturellement l'amour et rayonne par son optimisme et sa fraîcheur. Mais l'admirable jeu des sentiments ne peut masquer la réalité sociale qu'elle observe, décortique, en échantillonne le moindre détail pour notre plus grand plaisir de lecteur.


    « Première nouvelles », contenant : Nuit d'hiver, La fille d'Albano, La Prima Donna, Jehan Cauvin



    Suivi de « Le diable à paris » : ou un portrait au vitriol de la capitale.


    Contenant : Coup d'oeil général sur Paris, Les mères de famille dans le Beau-Monde, Relation d'un voyage chez les sauvages de Paris


    Revu, relu et corrigé par l'éditeur.
    Format professionnel © ink book éditions

  • Attendant la mort dans un hospice, un couple d'ouvriers ressasse son passé. Après de longues années à subir les pressions d'une vie sans avoir eu le temps ni de les comprendre ni de les formuler, la parole surgit avec une force inattendue. Les voilà témoins, presque extérieurs, de quarante ans ou plus de petits combats.
    Loin des risques que peuvent induire le fait de faire parler des ménages populaires, Daniel Lemahieu invente ici une langue théâtrale, parce que réaliste sans être réelle.

  • Travail

    Emile Zola

    Emile Zola (1840-1902)

    "Dans sa promenade au hasard, Luc Froment, en sortant de Beauclair, avait remonté la route de Brias, qui suit la gorge où coule le torrent de la Mionne, entre les deux promontoires des monts Bleuses. Et, comme il arrivait devant l'Abîme, nom que portent dans le pays les Aciéries Qurignon, il aperçut, à l'angle du pont de bois, peureusement rasées contre le parapet, deux figures noires et chétives. Son coeur se serra. C'était une femme à l'air très jeune, pauvrement vêtue, la tête à demi cachée sous un lainage en loques ; et c'était un enfant, de six ans environ, à peine couvert, la face pâle, qui se tenait dans ses jupes. Tous les deux, les yeux fixés sur la porte de l'usine, attendaient, immobiles, avec la patience morne des désespérés.
    Luc s'était arrêté, regardant lui aussi. Il allait être six heures, le jour baissait déjà, par cette humide et lamentable soirée du milieu de septembre. On était au samedi, et depuis le jeudi, la pluie n'avait pas cessé. Elle ne tombait plus, mais un vent impétueux continuait à chasser dans le ciel des nuages de suie, des haillons d'où filtrait un crépuscule sale et jaune, d'une tristesse de mort. La route, sillonnée de rails, aux gros pavés disjoints par les continuels charrois, roulait un fleuve de boue noire, toutes les poussières délayées des houillères prochaines de Brias, dont les tombereaux défilaient sans cesse. Et ces poussières de charbon, elles avaient noirci de leur deuil la gorge entière, elles ruisselaient en flaques sur l'amas lépreux des bâtiments de l'usine, elles semblaient salir jusqu'à ces nuages sombres qui passaient sans fin, ainsi que des fanées. Une mélancolie de désastre soufflait avec le vent, on eût dit que ce crépuscule frissonnant et louche apportait la fin d'un monde."

    Deuxième opus du cycle "Les quatre évangiles".

  • Juillet 1951, en Velay, un jour d'orage, Pierre prend sa décision : il doit quitter sa ferme louée qui peine à faire vivre sa famille. Sa femme, Marie, rêve d'une autre vie. Comme l'a fait son beau-frère, il va à son tour s'embaucher à la fabrique de faux de Pont-Salomon à quarante kilomètres. Pour lui, c'est un autre monde, même si la petite cité, capitale des lames de faux, est à demi-rurale. Au silence des champs a succédé le vacarme des " martinets ", ces lourds pilons qui forgent les lames. Seul d'abord, il est rejoint par sa famille. " On vivra mieux ", avec la paie assurée, la coopérative, le médecin, le logement avec un début de confort et une certaine solidarité ouvrière. Il faut en payer le prix : une vie de famille bouleversée par les horaires, le bruit, la vie qui passe au rythme de la sirène. Et surtout Pierre n'est plus maître du temps. Ce prix ne semble pas trop lourd, " tous les pays sont bons pourvu qu'on y gagne sa vie ".
    Dans la vallée des forges, Pierre se prend à aimer ce métier, Marie vit le quotidien d'une épouse d'ouvrier, les enfants grandissent et continuent leurs études. On passe un peu les uns à côté des autres...

  • Au moment où les pays occidentaux redécouvrent les avantages de la production flexible et des communautés territoriales d'entreprises, ce livre s'interroge sur le rôle de la ville dans le fonctionnement des systèmes productifs locaux. Il étudie la place de la ville et des municipalités dans l'organisation du district industriel et l'effet, en retour, de la présence du district sur le développement de la ville. Il met en lumière le rôle des valeurs et des institutions urbaines comme éléments constitutifs du district (coopération entre firmes, consensus social et mobilité). Il analyse enfin les mécanismes d'adaptation qui ont souvent permis aux districts de survivre aux mutations industrielles que l'Europe a connues depuis l'époque moderne.

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