Littérature traduite

  • Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu´au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l´aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d´affaires versé dans l´humanitaire, lui propose de l´emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d´une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l´angoisse de sa captivité. Une détention à l´issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c´est le début d´une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c´est aussi pour Kurt le début d´une grande histoire d´amour.En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions - tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d´un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s´ouvrir à la réalité d´un monde jusqu´alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d´un continent livré aux pires calamités.

  • La grande maison

    Mohammed Dib

    "Omar avait fini par confondre Dar-Sbitar avec une prison. Mais qu'avait-il besoin d'aller chercher si loin ? La liberté n'était-elle pas dans chacun de ses actes ? Il refusait de recevoir de la main des voisins l'aumône d'un morceau de pain, il était libre. Il chantait s'il voulait, insultait telle femme qu'il détestait, il était libre. Il acceptait de porter le pain au four pour telle autre et il était libre."

  • EntreLe Petit ChoseetLe Petit Nicolas, l'histoire émouvante et cocasse d'un enfant marocain propulsé dans l'univers sophistiqué d'un lycée international.0300 Les jours passent, des individus mystérieux bouleversent son existence, des situations étonnantes se succèdent et Medhi doit se rendre à l'évidence : il ne comprend rien ! Ni la vie qu´il a menée dans sa famille, ni les mots qu´il a appris dans tous ces livres qu´il adore ne sont en mesure de l´aider. Pourtant, il s´accroche. Et, au bout de quelques semaines, au moment où il commence à s´habituer à cet univers, une nouvelle épreuve lui est infligée. Il est l'unique interne du lycée qui ne rentre pas chez lui le week-end et le directeur, refusant de mobiliser trois personnes pour un seul élève pendant les vacances de la Toussaint, lui demande tout à trac quel est son meilleur ami. Medhi, au hasard, donne le nom d´un camarade qu´il connaît à peine. Le père de ce garçon, touché par la situation de Medhi, accepte de le prendre chez lui pendant les week-ends. Peut-être espère-t-il changer les idées de sa femme qui ne se remet pas de la perte d´un de leurs deux fils.
    Avec cet humour corrosif qu´on lui connaît, Fouad Laroui raconte le terrible choc culturel que représente pour ce modeste petit Marocain la découverte du mode de vie des Français : ces gens invraisemblables qui vivent dans un luxe inouï, qui mangent des choses dégoûtantes, qui parlent sans la moindre pudeur des sujets les plus sacrilèges et lui manifestent une tendresse et un intérêt qu´il ne comprend absolument pas. Le jour viendra où l´enfant devra choisir entre le paradis qu´on lui promet et sa famille d´origine.

    0300C´est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l´intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s´est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l´Atlas. Il n´envisageait rien d´autre que de continuer à jouir de l´existence. Du jour où son oncle l´abandonne à l´entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. EntreLe Petit ChoseetLe Petit Nicolas, l´histoire émouvante et cocasse d´un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.0600REVUE DE PRESSE À propos deLe Jour où Malika ne s´est pas mariée:

    Yasmine Youssi ,Jeune Afrique La TribuneÀ propos de Christine Rousseau,Le Monde des livresÀ propos deTu n´a rien compris à Hassan II Claire Julliard,Le Nouvel Observateur.À propos deMéfiez-vous des parachutistes:

    Tahar Ben Jelloun,Le MondeÀ propos  deDe quel amour blessé:

    Christian Castéran,Jeune AfriqueÀ propos  deLes Dents du topographe:
    « Le passage d´une langue à l´autre offre à Laroui une distance, un recul où réside le meilleur de son talent et son originalité : une violence qui s´affûte encore d´être voilée d´ironie et civilisée. » Pierre Lepape,Le Monde des livres

  • L'Olympe des infortunes

    Yasmina Khadra

    • Julliard
    • 30 September 2010

    Les Hirondelles de Kaboul,L'Attentat,Les Sirènes de Bagdad), après un grand roman d'amour (Ce que le jour doit à la nuit),  Yasmina Khadra, qui ne craint pas les changements de registre, met toute sa verve romanesque au service d'une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse, de cocasserie, de rêves invraisemblables et de terribles déconvenues.
    0300Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé « le Musicien » parce qu´il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s´initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu´à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l´esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horr contrastent avec la violence et l´individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l´univers des clochards en un monde hautement poétique, où l´onirisme surgit derrière les détritus. On l´aura compris, L´Olympe des infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu´il livre n´est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pas celles que l´on croit. Et l´enfer, lui, n´est jamais où on l´attend.0300Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra met toute sa verve romanesque au service d´une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse et de cocasserie. Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de paumés qui ont choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes.0600PRESSE Ce que le jour doit à la nuit(prix France-Télévisions 2008 ; élu « meilleur livre de l´année 2008 » par la rédaction du magazineLire) :
    « Des mots que porte haut Yasmina Khadra dans une fresque éblouissante qui n´omet rien des déchirures, des humiliations et des trahisons de deux peuples unis dans l´attachement à une même terre. Ni du rêve de fraternité que ravive ce grand roman d´amour. » Christine Rousseau,Le Monde  Claire Devarrieux,Libération  Julia Ficatier,La Croix  Claude Sérillon, «Vivement dimanche» (France 2)  Grégoire Leménager, Le Nouvel Observateur  François Busnel, « La Grande Librairie » (France 5)  À propos deLes Sirènes de Bagdad:
    « Il y a d

  • L'armée du salut

    Abdellah Taïa

    Dans la maison où il est né, au Maroc, le père a sa chambre, le frère aîné la sienne. Lui dort avec sa mère et ses soeurs. Cocon familial chaleureux et sensuel. Les enfants savent tout des amours de leurs parents. Mais, par pudeur, on n'en parle pas.Il est adolescent lorsque son grand frère l'emmène à Tanger. Premier voyage qui lui révèle la vraie nature de ses désirs. Il se prend de passion pour cet aîné qu'il vénère et qui, tombant amoureux d'une femme, l'abandonne à son désespoir.Il a vingt ans. Il débarque à Genève pour poursuivre ses brillantes études. Il a tant rêvé d'Europe, de livres, de cinéma, de liberté ! C'est la solitude qu'il découvre, loin des siens. Il est séduisant, il en joue. Dès lors, comment échapper à l'image d'objet sexuel que lui renvoient les hommes qu'il rencontre, y compris ceux qui veulent son bien ?Abdellah Taïa a écrit l'itinéraire d'un enfant de notre siècle, en recherche d'équilibre entre la tradition marocaine et la culture occidentale, entre le désarroi et l'ambition de réussir. Il brave les hypocrisies, à la fois cru et délicat, naïf et malin, drôle et émouvant.

  • L'incendie

    Mohammed Dib

    Dans les montagnes apparemment paisibles de la région de Tlemcen, l'incendie fait des ravages, dans les gourbis agricoles et dans le coeur des hommes. En vacances dans sa famille, le petit Omar, effaré, assiste à cet embrasement. Les fellahs s'insurgent, se révoltent et décrètent la grève pour protester contre leur condition misérable. Pour les colons, ils deviennent des « incendiaires » tout désignés. Les arrestations commencent...Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) a été instituteur, puis journaliste avant de se consacrer à sa carrière littéraire. Il a obtenu le Grand Prix de la Francophonie (1994). Ses ouvrages, dont La Grande Maison, Le Métier à tisser, Un été africain, sont disponibles en Points.« L'audace de Mohammed Dib, c'est d'avoir entrepris comme si tout était résolu, l'aventure du roman national de l'Algérie. »Louis Aragon

  • Beyrouth, quartier de Marsad, 1964. Simone, la fille cadette de Chakib Khattar, un notable chrétien issu d'une lignée d'industriels du marbre, est enlevée par Hamid Chahine, bras droit de son père à lusine. Ce rapt amoureux tombe au plus mal pour Chakib, obsédé par la transmission de son patrimoine et qui, face à lincapacité ou à lindifférence de ses héritiers légitimes, a fait de Hamid plus que son homme de confiance : une sorte de fils spirituel. Mais lenlèvement tourne court, après que les deux amants ont tenté de se marier clandestinement. Contraint de chasser Hamid, Khattar voit progressivement se transformer le monde autour de lui. Durant les années suivantes, le Liban senfonce dans la guerre, entre 1975 et la fin des années 1980. Isolé, abandonné par les siens, le dernier seigneur de Marsad est désormais au cur des convulsions dun pays livré aux milices et au chaos.Le vent de lHistoire anime cette fresque romanesque, qui est aussi une fable sur la vanité de la puissance et du pouvoir.

  • Un mariage " forcé " a-t-il la moindre chance de devenir un mariage heureux ? Les catcheurs doivent-ils " tuer le père " ? Peut-on réduire l'amour à une formule mathématique ? Les sangliers sont-ils moins superstitieux que les hommes ? Avec sa verve inimitable, son imagination foisonnante et son humour décapant, qui lui valent un public toujours plus fervent, Fouad Laroui nous livre ici un recueil de cinq nouvelles drôles et poétiques autour des thèmes du mensonge et de l'absurde.

  • " Adam réfléchissait. Et il n'arrivait pas à trouver de solution à cette énigme : pourquoi son corps se trouvait-il à une altitude de trente mille pieds, propulsé à une vitesse supersonique par des réacteurs conçus du côté de Seattle ou de Toulouse - très loin de son Azemmour natal, où les carrioles qui allaient au souk dépassaient rarement la célérité du mulet, où les voitures à bras n'excédaient pas l'allure du gueux se traînant de déboires en contretemps ? " Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros - un ingénieur marocain décidé à rompre du jour au lendemain avec son mode de vie moderne et occidentalisé - dans une aventure échevelée et picaresque. Une tentative de retour aux sources semée d'embûches et à l'issue plus qu'incertaine, derrière laquelle se dessine une des grandes interrogations de notre temps : comment abattre les murs que l'ignorance et l'obscurantisme érigent entre les civilisations ?

  • Affamé et malmené, le jeune Omar fait l'apprentissage de la vie dans un atelier de tisserands en Algérie. Faute de jouir d'une liberté absolue et de la lumière du soleil, il écoute les interminables discussions de ses collègues, toujours à l'affût de la moindre amélioration. Comme les siens, Omar souffre de sa condition misérable, mais peut-on vraiment lui interdire d'espérer ?Né en Algérie (1920-2003), Mohammed Dib a été instituteur, puis journaliste, avant de se consacrer à l'écriture de poèmes et de romans. Son également disponibles en Points : Cours sur la rive sauvage, La Grande Maisons, L'Incendie, Le Maître de chasse et Un été africain.« Cet homme d'un pays qui n'a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre parle avec les mots de Villon et de Péguy ».Louis Aragon« Mohammed Dib n'élève pas la voix. Sa révolte n'en est pas moins profonde, sa sensibilité à l'humiliation et à la misère humaine demeurent constantes. »Le Monde

  • Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s´installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu´ils viennent d´acquérir, une vieille femmequi y semble installée de toute éternité. Ni l´agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu´elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d´un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n´est prête à l´accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?... mais pour faire quoi ?... La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n´ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partirmanu militari. Accomplir un acte charitable et l´accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l´intimité de ce couple plein de bonnes intentions.Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s´interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.

  • Iven Zohar est perdu. Radia, sa femme, l'attire et le fuit, dans un monde de lumières et d'ombres, peuplé de créatures menaçantes. Iven Zohar erre malgré lui dans ce monde inconnu, dont les métamorphoses sont aussi inquiétantes que le nouveau visage de son épouse. Radia n'est plus vraiment Radia. Une lueur de cruauté semble éclairer parfois son regard bienveillant. Mais comment lui résister ?Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) est le premier écrivain maghrébin à recevoir, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie. Il est notamment l'auteur de La Grande Maison, Le Métier à tisser et Un été africain, disponibles en Points.« Mohammed Dib est l'un des écrivains qui ont su, à partir de leur identité nationale, s'élever vers une certaine idée de l'universalité. »Louis Aragon

  • Un destin funeste a voulu que Zina, lhéroïne de ce roman, soit conçue durant une nuit frappée de malédiction, « une nuit de lerreur » durant laquelle il ne fallait rien concevoir. Elle naîtra le jour de la mort de son grand-père. Ainsi ce qui devait être une fête fut un deuil. Frappée par le sort, maudite à jamais, elle sera un enfant, puis une femme en marge, celle par qui le malheur arrive. Zina fera de la cruauté sa façon dêtre au monde et se vengera des hommes captivés par sa beauté. « Les femmes sont cruelles, dira-t-elle, parce que les hommes sont lâches. » Zina semploiera à séduire puis à détruire ses amants. Trois lieux magiques, trois villes marocaines servent de décor à cette histoire : le Fès des années quarante, Tanger dix ans plus tard et Chaouen daujourdhui. Tahar Ben Jelloun met en scène plusieurs conteurs pour conjuguer les thèmes qui, depuis toujours, habitent son uvre : la violence des rapports entre lhomme et la femme, liberté « Comme par hasard, écrit-il, cest dans le désastre du monde que je me retrouve, dans les souffrances des innocents que je me reconnais. »

  • Le maître de chasse

    Mohammed Dib

    Voici trois ans que l'Algérie a conquis son indépendance. Le préfet Waëd, idéaliste déterminé, entreprend de forger l'Algérie de ses rêves : un pays où règnent l'Ordre et le Progrès. Les fellahs et les maquisards, menés par le charismatique Madjar, nourrissent, eux, des rêves de partage et de fraternité. Au nom de la paix, Waëd va réprimer ces « agitateurs », dans une lutte démente et fratricide.Né en Algérie en 1920, Mohammed Dib a été instituteur puis journaliste avant de se consacrer à l'écriture de poèmes et de romans. Sont également disponibles en Points La Grande Maison, L'Incendie et Un été africain. Il est décédé en 2003.« Le romancier nous tient grâce à son écriture qui allie la légende, l'apologue et le roman d'action. »La Croix

  • Fouad Laroui vit en Europe depuis l´âge de vingt ans. Mais c´est dans le Maroc de son enfance et de son adolescence qu´il a appris à connaître les hommes. Fils d´un père disparu dans les geôles de Hassan II, élève brillant du lycée Clemenceau de Casablanca, il a été cet enfant seul et cet adolescent désespérément lucide qui hante tout ce qu´il écrit. Aujourd´hui, directeur d´une unité de recherche à l´université d´Amsterdam, après avoir vécu et travaillé dans de nombreux pays d´Europe, il est probablement le véritable premier écrivain européen puisqu´il publie aussi bien ses romans en français à Paris que ses poèmes en néerlandais à Amsterdam.«Tu n´as rien compris à Hassan II» est le titre d´une des nouvelles de ce recueil qui résume parfaitement le regard que l´auteur porte sur l´humanité... Dans un café bruyant, de jeunes intellectuels marocains discutent âprement de la place qu´occupera Hassan II dans l´Histoire. Laissera-t-il le souvenir d´un monarque éclairé fondateur du Maroc moderne ou celui d´un dictateur assoiffé du sang de ses adversaires. Tout en polémiquant avec passion, Fouad ne peut s´empêcher d´être fasciné par une jeune femme assise au bar qui pleure en silence. Et si la chose la plus importante du monde était le chagrin de cette femme inconnue ?... Tous les héros de ce recueil se posent les mêmes questions, chacun à sa manière. Comment doit-on regarder le monde et nos contemporains ? Doit-on éclater de rire devant la stupidité des êtres humains ? Éclater en sanglots devant leur férocité ? S´émerveiller de la beauté des choses et de l´intelligence des hommes ou désespérer de leur incurable bêtise ?

  • Un jeune universitaire marocain, titulaire d´une chaire d´économétrie à l´université de York, se retrouve plongé dans l´univers étrange et mouillé de la campagne anglaise. Pour échapper à l´ennui qui le guette, il décide d´effectuer une étude ethnographique du peuple anglais, se servant des méthodes utilisées par les ethnologues occidentaux quand ils étudient les peuples primitifs. Partant du principe que le pub est à l´Anglais ce que l´arbre à palabres est aux Bambaras, il y installe ses pénates et note scrupuleusement sur un petit carnet les détails de la vie quotidienne, les moeurs et les rites de ces curieux indigènes. De cette étude va naître une rencontre avec une terrifiante et richissime vieille dame anglaise.
    Entre ces deux énergumènes que tout oppose, le choc est inévitable. Et les plongera, l´un comme l´autre, dans des situations inextricables et drôles...
    En filigrane de ce roman intelligent et enlevé, une critique acerbe et désopilante de l´Angleterre, de l´ethnologie, des riches, des alcooliques, des Marocains et de la météorologie... Fouad Laroui rit de tout. Heureuse tournure d´esprit qui en fait un des écrivains contemporains les plus inventifs.

  • Djemaï était un adolescent lorsque la fin de la guerre d'Algérie a mis sa ville à feu et à sang : attentats sanglants de l'OAS, départ en panique des Pieds-Noirs, armée française aux prises avec les nouveaux maîtres du FLN et les desperados de l'OAS. C'est la vision d'un enfant confronté à ces déchaînements de violence que donne Djemaï avec sa pudeur et sa tendresse habituelles.

  • À travers les tribulations de l?étonnante Philomène, un pamphlet décapant qui épingle les travers et les ridicules des petits marquis qui sévissent dans les médias français0300Moitié marocaine et moitié guinéenne, à la fois princesse orientale et déesse africaine, Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, ne passe pas inaperçue dans la vie publique. Écrivaine à la mode, elle goûte sans complexe aux plaisirs de l´existence. La modestie n´est pas dans sa nature, elle est superbe et elle le sait. Gourmande et sensuelle, elle entend bien satisfaire tous ses appétits. Intelligente et lucide, elle ne se gêne pas pour balancer à tout un chacun les vérités qui blessent.Malheureusement pour elle, le navrant Gontran de Ville tombe follement amoureux d´elle. Vilain comme un poux, malingre et dépourvu du moindre talent, ce critique besogneux à réussi à faire croire qu´il avait quelque influence dans cette discipline qui n´en a quasiment plus. Philomène a le tort de repousser vigoureusement les prétentions du nabot. Comme beaucoup de ses congénères, Gontran n´a qu´un seul vrai pouvoir: celui de nuire.Et Philomène va en faire l´amère expérience...*Fouad Laroui dédicacera son livre au Salon du livre de Paris le samedi 22 mars entre 12h et 14h.0400La première fois qu´il me vit, il fut (me dit-on) comme frappé par la foudre. C´était chez Plumme l´éditeur. La soirée battait son plein, encore que je n´aie jamais compris ce que cette expression signifiait exactement. Me semble que ça bat son plein dès que j´arrive, les soirées. Toutes les soirées. Surtout celles où je m´invite d´autor´! Son plein! Bourré jusqu´à la gueule! À ras! Rataplan! Tam-tam! Roulement de tambour! La charge! La chamade! La générale! Sauve-qui-peut! Philomène arrive! Philomène Tralala, l´écrivaine beure-black! L´Arabe de rab´! Gloire de la francophonie! Francofolle! À lier! Fouteuse de bouse à la puissance mille! Grande gueule aspirante-refoulante! Glaviot dans la soupe! Celle qui ose! La danse du ventre sous la Coupole! Écrit à coups de poing! Appelle un chat une chatte! Et le critique un fielleux! Un menteur! Un qu´a-pas-lu! Un ould el kelb!Quoi qu´il en soit, je ne l´ai pas vu, moi, ce monsieur, ce jour-là. Il béait, paraît-il... Bavait... Dégoulinait... Se tripotait l´entrejambe... Se bricolait les braies... Jamais vu un boubou, peut-être? Djellaba si échancrée? Caftan tentant? Ou alors une question d´angle? L´alignement idéal? Un coup t´y vois, un coup t´as rien vu? Je ne porte rien, moi, sous le tissu, que le noir candide de ma peau, l´oxymore des Maures... Alors, de biais, forcément on entrevoit. On croit qu´on voit... Qu´on voit ce qu´on convoite... On rêve les yeux ouverts... Ils sont tout beaux mes toutous mes tétons, de vrais petits boulets, d´une nuance de noir qui semble briller... Et ombrés, aussi... Bien fermes. Il s´y voyait déjà, l´écume aux lèvres, ses dents mordant la peau, déchirant la chair... Acerbe, incisif, tranchant... Cannibale inverse! Paradoxe! Bouffe la négresse! Négrophile, négrophage! Chacun son tour! Puis lèche, caresse, console... Jefferson, papa blanc fornicateur... Ou peut-être, l´inverse, la nounou qui le berce, lui, petit Blanc des plantations? Summertime...Et tout cela ne dure qu´un instant, un regard, juste le temps que l´obsession s´installe.Car c´est d´obsession qu´il s´agit, et de comment j´en suis arrivée là, cette cellule, ce châlit, ces barreaux... Philomène en prison! Qui l´eût cru?Mais tout le monde.Finira en taule, Philomène, ricanait la racaille. Y a des limites. Même pouliche de Plumme... On la saignera à l´ars... On lui coupera le jarret....Tu vas mourir, femme.Perpète. Père pète. Le juge, la bouche en cul de poule... Condamne Philomène au nom du peuple françouais. Il me nomme Fatima, d´ailleurs... C´est mon vrai nom, mon nom d´assassine... Philomène dans les salons, Fatima en prison...Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, écrivain, demeurant à...Je suis innocente. Mais je n´en ai pas l´air.Je suis seule dans ma cellule. C´est un privilège, paraît-il. Je n´y ai pas vraiment droit: il faut avoir volé quelques milliard

  • Quand Soltane et Mina se sont mariés, ils avaient respectivement quinze et treize ans. Mina navait pris le temps ni de faire connaissance avec son corps ni dévaluer lampleur de ses rêves. Soltane navait pas eu le loisir de jouer son enfance, de faire le tri de ses souvenirs. Quant à la terre, elle ne produisait plus que des cailloux. Aussi Soltane a-t-il quitté la campagne pour les dangereuses promesses de la ville, tandis que son épouse éprouvait sans les comprendre les heurts de la tradition et du jeu morbide des adultes.
    A travers lhistoire dun couple sans expériences, cest léchec dun pays qui est ici raconté. Un pays où tout être humain se voit réduit à limage conforme de la bassesse domestique ou de la routine policière, sous le soleil de plomb des habitudes.

  • Surgie du désert, une armée de cavaliers arabes suit le cours de l'Oum-er-Bia. En cette année 681, la religion musulmane est une parole naissante : le légendaire général Oqba ibn Nafi rêve de déployer l'étendard du Prophète sur les terres d'Afrique du Nord. De l'autre côté des montagnes, la communauté berbère des Aït Yafelman attend, désemparée, l'arrivée du nouveau Dieu... Driss Chraïbi (1926-2007) est né à Mazagan, sur la côte Atlantique du Maroc. Driss Chraïbi est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands écrivains marocains de langue française et a reçu de nombreux prix littéraires. Ses romans Une Enquête au pays et Naissance à l'aube sont disponibles en Points. « Driss Chraïbi, l'un des grands écrivains marocains d'expression française. » Le Figaro

  • Nous étions quatre surs. Chassées de chez nous par notre propre père, un homme brutal et pourtant trop faible pour résister à la tyrannie de sa nouvelle épouse, nous nous sommes retrouvées seules face à notre destin. A la croisée des chemins, nous nous sommes séparées, après avoir juré que, dix ans plus tard, jour pour jour, nous reviendrions pour raconter au père ce que le sort nous aurait réservé Dix ans plus tard, nous ne sommes plus que trois surs. Le père vient de mourir. Cest à son cadavre déjà rongé par les mouches que nous faisons le récit de nos diverses infortunes. Histoires hallucinées, toutes placées sous le signe de la fatalité, traversées tantôt tragiques, tantôt grotesques dun pays livré à larbitraire, à la misère et à la corruption, nos récits sont emplis du vacarme de la vie. La vérité ultime nest-elle pas cependant dans le silence de la quatrième sur, le silence de plomb de celle qui a manqué le rendez-vous ?

  • Marchant dans une rue de Casablanca, l'ingénieur Machin reçoit sur la tête un parachutiste botté, casqué et moustachu. Emu par le désarroi du militaire, il croit bon de l'accueillir dans son appartement pour lui permettre de retrouver ses esprits. Il comprend vite son erreur quand son hôte s'installe à demeure et introduit, dans l'intimité douillette de son célibat, des amis, des cousins, des neveux et même la femme que tous ces gens lui destinent.
    Dans ce roman picaresque où fourmillent les personnages singuliers et désopilants, Fouad Laroui trace un portrait cinglant d'une société figée dans l'archaïsme tout en témoignant, une nouvelle fois, de son attachement profond au peuple marocain.

  • À Casablanca, par une chaleur écrasante, un groupe de jeunes gens désoeuvrés refait le monde à la terrasse du café de l´Univers. La moindre rencontre - avec un passant excentrique, un touriste égaré- est prétexte aux échanges de palabres, souvenirs réels ou légendes colportées. Un dispositif narratif astucieux d´où va naître une série de récits pétris d'humour et d´autodérision. Mais sous l´ironie et l´apparente légèreté des propos, pointe aussi le constat désespéré d´un avenir sans issue, ou d´une nostalgie incurable pour ceux qui ont choisi l´exil. Qu´ils soient restés au pays ou partis à l´étranger, les jeunes Marocains, déchirés entre traditions et modernité, sont mal dans leur peau. Dans ces nouvelles tragiques ou cocasses, Fouad Laroui met en lumière le dur combat qu´ils doivent mener pour que leurs rêves d´émancipation ne soient pas broyés sous la chape de plomb de la réalité.

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