• Il avait pour lui une candeur déconcertante et un direct du gauche foudroyant. Il connut la misère et la gloire, mais seul l'amour des femmes parvint à combler sa soif d'absolu. De l'ascension à la chute, le destin hors du commun d'un jeune prodige adulé par les foules, poussé au crime par un malentendu.Il se faisait appeler Turambo, du nom de son village qu'un glissement de terrain avait rayé de la carte. Il était né dans l'Algérie coloniale des années 20, et son destin était écrit d'avance : il serait misérable. Mais il était beau, vigoureux, ardent et doté d'un trait de caractère assez rare : la candeur. Cette fraîcheur lui attirait des sympathies immédiates et, grâce à ce don, il put franchir les portes du monde des Français, interdit aux Arabes. Car il possédait de plus une force surprenante dans le poing gauche, capable d'allonger d'un coup ceux qui se trouvaient sur son passage. C'est ainsi qu'il attira l'attention des professionnels de la boxe. Ses succès sur le ring lui apportèrent gloire et argent. Mais comme tous les coeurs purs, il détestait la violence et rêvait d'amour. Dans sa culture, une femme heureuse était une épouse fidèle, féconde et dévouée. Il nourrit d'abord une passion secrète pour sa cousine Nora, la première femme de sa vie. La deuxième, Aïda, une prostituée, l'initia aux plaisirs de la chair. La troisième, Louise, était la fille de l'homme d'affaires qui comptait l'emmener jusqu'au titre de champion de France de sa catégorie. Puis surgit Irène. Femme libre, indépendante et fière. Elle lui apprit que la vraie passion ne pouvait s'épanouir que dans la confiance absolue et le respect mutuel. Mais comme toujours chez Yasmina Khadra, la vie ne rend pas toujours justice à ceux qui s'aiment... Dans une superbe évocation de l'Algérie de l'entre-deux-guerres, Yasmina Khadra met en scène, plus qu'une éducation sentimentale, le parcours obstiné d'un homme qui n'aura jamais cessé de rester fidèle à ses principes, et qui ne souhaitait rien de plus, au fond, que maîtriser son destin.

    1 autre édition :

  • " Merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné avec des motifs berbères jusqu'aux poignets, on dirait que le drame l'a cueillie au beau milieu d'une noce.
    Dans ce décor de rêve, tandis que le monde s'éveille à ses propres paradoxes, la Belle au bois dormant a rompu avec les contes.
    Elle est là, et c'est tout.
    Fascinante et effroyable à la fois.
    Telle une offrande sacrificielle... " Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d'Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l'enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.
    Qu'attendent les singes est un voyage à travers l'Algérie d'aujourd'hui où le Mal et le Bien se sentent à l'étroit dans la diablerie naturelle des hommes.

  • Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu´au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l´aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d´affaires versé dans l´humanitaire, lui propose de l´emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d´une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l´angoisse de sa captivité. Une détention à l´issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c´est le début d´une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c´est aussi pour Kurt le début d´une grande histoire d´amour.En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions - tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d´un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s´ouvrir à la réalité d´un monde jusqu´alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d´un continent livré aux pires calamités.

  • Chaque après-midi, Fatima quitte Molenbeek vêtue de noir et d'un hijab, se dirige à pied vers la Porte de Flandre, franchit le canal, se faufile discrètement dans un immeuble et en ressort habillée à l'occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis, toujours en flânant, elle rejoint le quartier malfamé de l'Alhambra où Dieu sait quel démon l'attire... Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel se répète inlassablement. Jusqu'au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux, décide de suivre Fatima...
    Teinté d'un humour féroce, ce nouveau roman de Fouad Laroui décrit les métamorphoses d'une femme bien décidée à se jouer des préceptes comme des étiquettes. Tandis que tous les stigmates et les fantasmes glissent sur son corps, Fatima, elle, n'aspire qu'à une seule chose : la liberté.

  • EntreLe Petit ChoseetLe Petit Nicolas, l'histoire émouvante et cocasse d'un enfant marocain propulsé dans l'univers sophistiqué d'un lycée international.0300 Les jours passent, des individus mystérieux bouleversent son existence, des situations étonnantes se succèdent et Medhi doit se rendre à l'évidence : il ne comprend rien ! Ni la vie qu´il a menée dans sa famille, ni les mots qu´il a appris dans tous ces livres qu´il adore ne sont en mesure de l´aider. Pourtant, il s´accroche. Et, au bout de quelques semaines, au moment où il commence à s´habituer à cet univers, une nouvelle épreuve lui est infligée. Il est l'unique interne du lycée qui ne rentre pas chez lui le week-end et le directeur, refusant de mobiliser trois personnes pour un seul élève pendant les vacances de la Toussaint, lui demande tout à trac quel est son meilleur ami. Medhi, au hasard, donne le nom d´un camarade qu´il connaît à peine. Le père de ce garçon, touché par la situation de Medhi, accepte de le prendre chez lui pendant les week-ends. Peut-être espère-t-il changer les idées de sa femme qui ne se remet pas de la perte d´un de leurs deux fils.
    Avec cet humour corrosif qu´on lui connaît, Fouad Laroui raconte le terrible choc culturel que représente pour ce modeste petit Marocain la découverte du mode de vie des Français : ces gens invraisemblables qui vivent dans un luxe inouï, qui mangent des choses dégoûtantes, qui parlent sans la moindre pudeur des sujets les plus sacrilèges et lui manifestent une tendresse et un intérêt qu´il ne comprend absolument pas. Le jour viendra où l´enfant devra choisir entre le paradis qu´on lui promet et sa famille d´origine.

    0300C´est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l´intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s´est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l´Atlas. Il n´envisageait rien d´autre que de continuer à jouir de l´existence. Du jour où son oncle l´abandonne à l´entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. EntreLe Petit ChoseetLe Petit Nicolas, l´histoire émouvante et cocasse d´un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.0600REVUE DE PRESSE À propos deLe Jour où Malika ne s´est pas mariée:

    Yasmine Youssi ,Jeune Afrique La TribuneÀ propos de Christine Rousseau,Le Monde des livresÀ propos deTu n´a rien compris à Hassan II Claire Julliard,Le Nouvel Observateur.À propos deMéfiez-vous des parachutistes:

    Tahar Ben Jelloun,Le MondeÀ propos  deDe quel amour blessé:

    Christian Castéran,Jeune AfriqueÀ propos  deLes Dents du topographe:
    « Le passage d´une langue à l´autre offre à Laroui une distance, un recul où réside le meilleur de son talent et son originalité : une violence qui s´affûte encore d´être voilée d´ironie et civilisée. » Pierre Lepape,Le Monde des livres

    1 autre édition :

  • L'Olympe des infortunes

    Yasmina Khadra

    • Julliard
    • 30 September 2010

    Les Hirondelles de Kaboul,L'Attentat,Les Sirènes de Bagdad), après un grand roman d'amour (Ce que le jour doit à la nuit),  Yasmina Khadra, qui ne craint pas les changements de registre, met toute sa verve romanesque au service d'une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse, de cocasserie, de rêves invraisemblables et de terribles déconvenues.
    0300Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé « le Musicien » parce qu´il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s´initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu´à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l´esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horr contrastent avec la violence et l´individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l´univers des clochards en un monde hautement poétique, où l´onirisme surgit derrière les détritus. On l´aura compris, L´Olympe des infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu´il livre n´est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pas celles que l´on croit. Et l´enfer, lui, n´est jamais où on l´attend.0300Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra met toute sa verve romanesque au service d´une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse et de cocasserie. Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de paumés qui ont choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes.0600PRESSE Ce que le jour doit à la nuit(prix France-Télévisions 2008 ; élu « meilleur livre de l´année 2008 » par la rédaction du magazineLire) :
    « Des mots que porte haut Yasmina Khadra dans une fresque éblouissante qui n´omet rien des déchirures, des humiliations et des trahisons de deux peuples unis dans l´attachement à une même terre. Ni du rêve de fraternité que ravive ce grand roman d´amour. » Christine Rousseau,Le Monde  Claire Devarrieux,Libération  Julia Ficatier,La Croix  Claude Sérillon, «Vivement dimanche» (France 2)  Grégoire Leménager, Le Nouvel Observateur  François Busnel, « La Grande Librairie » (France 5)  À propos deLes Sirènes de Bagdad:
    « Il y a d

  • Assis à la terrasse d'un café parisien, Ali et Malika bavardent paisiblement. À les voir ainsi, jeunes et amoureux, un avenir radieux devant eux, qui pourrait croire que leur existence va bientôt basculer dans l'enfer ? Ce vain combat que tu livres au monde met en scène quatre personnages aux prises avec l'Histoire. La dérive mortelle d'un jeune Franco-Marocain de Paris à Raqqa, les réactions de son entourage, le dilemme qu'affronte sa compagne et, en arrière-plan, les événements tragiques qui ont récemment secoué l'Europe constituent la trame du récit. Fustigeant tous les fondamentalismes, mais ouvert aux points de vue les plus divers, l'auteur nous livre avec ce roman humaniste et engagé un regard indispensable sur notre temps.

  • Un mariage " forcé " a-t-il la moindre chance de devenir un mariage heureux ? Les catcheurs doivent-ils " tuer le père " ? Peut-on réduire l'amour à une formule mathématique ? Les sangliers sont-ils moins superstitieux que les hommes ? Avec sa verve inimitable, son imagination foisonnante et son humour décapant, qui lui valent un public toujours plus fervent, Fouad Laroui nous livre ici un recueil de cinq nouvelles drôles et poétiques autour des thèmes du mensonge et de l'absurde.

  • Insatiable arpenteur de la planète, assoiffé de connaissances, dévoreur impénitent de toutes formes de textes, Fouad Laroui manifeste dans chacun de ses livres son émerveillement face à la beauté de la vie. Dans ce recueil de chroniques cursives, lapidaires et lumineuses, il vante l'intelligence intarissable des êtres humains et pourfend, dans un même mouvement, leur insondable stupidité. Un régal !

  • " Adam réfléchissait. Et il n'arrivait pas à trouver de solution à cette énigme : pourquoi son corps se trouvait-il à une altitude de trente mille pieds, propulsé à une vitesse supersonique par des réacteurs conçus du côté de Seattle ou de Toulouse - très loin de son Azemmour natal, où les carrioles qui allaient au souk dépassaient rarement la célérité du mulet, où les voitures à bras n'excédaient pas l'allure du gueux se traînant de déboires en contretemps ? " Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros - un ingénieur marocain décidé à rompre du jour au lendemain avec son mode de vie moderne et occidentalisé - dans une aventure échevelée et picaresque. Une tentative de retour aux sources semée d'embûches et à l'issue plus qu'incertaine, derrière laquelle se dessine une des grandes interrogations de notre temps : comment abattre les murs que l'ignorance et l'obscurantisme érigent entre les civilisations ?

  • Venu à Bruxelles pour acheter au meilleur prix du blé européen dont son pays a grand besoin, ce jeune fonctionnaire marocain se retrouve fort démuni quand des malhonnêtes volent dans sa chambre d´hôtel son unique pantalon. Que faire ? Où acheter, à l´aube de cette rencontre décisive, un pantalon décent ? C´est parce qu´il se présentera devant la Commission européenne, sanglé dans une défroque qui ferait honte à un clown, qu´il réussira sa mission. La métaphore est saisissante. Nous vivons une époque déraisonnable où l´image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l´implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir.

    Avec cet humour décapant qui est le sien, Fouad Laroui brode sur ce thème et met en scène des personnages et des situations étonnantes. L´histoire de ce malheureux garçon qui, voulant se faire délivrer un passeport, s´aperçoit que le village où il a passé son enfance n´existe pas aux yeux de l´administration et que, du même coup, n´étant jamais né, il n´existe pas... Ou comment un édile marocain n´ayant pas réussi à construire dans son village la piscine qu´il avait promise à ses concitoyens en vient à créer le concept de « natation sèche »...

  • Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s´installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu´ils viennent d´acquérir, une vieille femmequi y semble installée de toute éternité. Ni l´agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu´elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d´un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n´est prête à l´accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?... mais pour faire quoi ?... La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n´ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partirmanu militari. Accomplir un acte charitable et l´accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l´intimité de ce couple plein de bonnes intentions.Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s´interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.

  • Jamal aime Judith, Judith aime Jamal. Banale histoire d'amour ? Pas vraiment : Jamal est beur, Judith est juive...
    Tragédie ? comédie ? satire ? Fouad Laroui brouille les codes romanesques traditionnels et propose un récit d'un genre nouveau.Le dossier - Des repères culturels et biographiques - Des groupements de textes - Des pistes de lecture et des exercices - Des sujets types pour l'écrit et pour l'oral du bac

  • La religion de ma mere

    Akouche Karim

    " Ma mère priait Dieu avec ses gestes. C'est avec ses mots qu'elle célébrait l'esprit des ancêtres. Sa Mecque, c'était sa terre. Ses prophètes, c'étaient ses enfants. Je me rappelle ce qu'elle a répondu à mon frère lorsqu'il lui a fait remarquer qu'elle priait dans la direction opposée à La Mecque :-; Je prépare le couscous, je surveille la marmite.En me voyant m'initier à la prière, accroupi, mon front touchant le sol, elle a gloussé de ma naïveté :-; Va jouer avec tes copains ! Dieu n'a inventé la prière que pour les croulants. C'est pour qu'ils obtiennent leur ticket vers le paradis.J'ai plié le tapis et rangé le Coran.Si tous les Algériens avaient entendu le conseil de ma mère, ils auraient épargné à leur pays une décennie de sang et de folie.Je ne suis d'aucune religion. Je suis de la religion de ma mère. " * Son père a perdu la raison. Son frère dérive vers le djihadisme. La fille qu'il aima se prostitue. Le pays que retrouve Mirak, après des années d'exil, est méconnaissable. L'Algérie avait le visage de sa mère. Aujourd'hui, ses traits sont déformés par la violence et la folie. Mais, au sein du chaos, ils n'ont rien perdu de leur âpre beauté. Elle éclate dans ce roman picaresque, comme aveuglé d'images.

  • Roman de l'oisiveté involontaire, de l'ennui et du blocage, Allah au pays des enfants perdus dépeint avec un réalisme cru une jeunesse sans avenir qui étouffe, n'ayant d'autre perspective que l'obscurantisme ou l'exil.

    Une parole forte... essentielle", Le Devoir Un demi-siècle après une indépendance raté e, trois jeunes Alge riens discutent sans tabou. Ahwawi, étoile montante de la chanson kabyle, et son complice Zar, étudiant en sciences, ont la tête pleine de projets. C'est compter sans un pays, le leur, qui décourage leurs fantasmes et leur brise les ailes. Quant à Zof, le berger, voilà bien longtemps qu'il a cessé de rê ver.Après avoir lutté en vain contre l'hydre à deux têtes - les militaires et les barbus -, Ahwawi et Zar se résignent à contacter le " Caporal ", un passeur perfide et déroutant. Pour obtenir l'asile sur l'autre bord de la Méditerranée, l'un se fera passer pour un artiste menacé, l'autre pour un aspirant au bouddhisme. Mais Zof, le patriote, refuse de les suivre...Allah au pays des enfants perdus met en scène une jeunesse étouffée, prisonniè re d'un système cynique et corrompu, sans autre avenir que l'obscurantisme ou l'exil. Une fable aux couleurs crues, rehaussée d'humour noir et de révolte."

  • Fouad Laroui vit en Europe depuis l´âge de vingt ans. Mais c´est dans le Maroc de son enfance et de son adolescence qu´il a appris à connaître les hommes. Fils d´un père disparu dans les geôles de Hassan II, élève brillant du lycée Clemenceau de Casablanca, il a été cet enfant seul et cet adolescent désespérément lucide qui hante tout ce qu´il écrit. Aujourd´hui, directeur d´une unité de recherche à l´université d´Amsterdam, après avoir vécu et travaillé dans de nombreux pays d´Europe, il est probablement le véritable premier écrivain européen puisqu´il publie aussi bien ses romans en français à Paris que ses poèmes en néerlandais à Amsterdam.«Tu n´as rien compris à Hassan II» est le titre d´une des nouvelles de ce recueil qui résume parfaitement le regard que l´auteur porte sur l´humanité... Dans un café bruyant, de jeunes intellectuels marocains discutent âprement de la place qu´occupera Hassan II dans l´Histoire. Laissera-t-il le souvenir d´un monarque éclairé fondateur du Maroc moderne ou celui d´un dictateur assoiffé du sang de ses adversaires. Tout en polémiquant avec passion, Fouad ne peut s´empêcher d´être fasciné par une jeune femme assise au bar qui pleure en silence. Et si la chose la plus importante du monde était le chagrin de cette femme inconnue ?... Tous les héros de ce recueil se posent les mêmes questions, chacun à sa manière. Comment doit-on regarder le monde et nos contemporains ? Doit-on éclater de rire devant la stupidité des êtres humains ? Éclater en sanglots devant leur férocité ? S´émerveiller de la beauté des choses et de l´intelligence des hommes ou désespérer de leur incurable bêtise ?

  • Un jeune universitaire marocain, titulaire d´une chaire d´économétrie à l´université de York, se retrouve plongé dans l´univers étrange et mouillé de la campagne anglaise. Pour échapper à l´ennui qui le guette, il décide d´effectuer une étude ethnographique du peuple anglais, se servant des méthodes utilisées par les ethnologues occidentaux quand ils étudient les peuples primitifs. Partant du principe que le pub est à l´Anglais ce que l´arbre à palabres est aux Bambaras, il y installe ses pénates et note scrupuleusement sur un petit carnet les détails de la vie quotidienne, les moeurs et les rites de ces curieux indigènes. De cette étude va naître une rencontre avec une terrifiante et richissime vieille dame anglaise.
    Entre ces deux énergumènes que tout oppose, le choc est inévitable. Et les plongera, l´un comme l´autre, dans des situations inextricables et drôles...
    En filigrane de ce roman intelligent et enlevé, une critique acerbe et désopilante de l´Angleterre, de l´ethnologie, des riches, des alcooliques, des Marocains et de la météorologie... Fouad Laroui rit de tout. Heureuse tournure d´esprit qui en fait un des écrivains contemporains les plus inventifs.

  • Fouad Laroui, Marocain né à Oujda en 1958, explore dans ce premier roman la perte d'identité de ces hommes qui ne sont d'aucun monde, ni du Maghreb, ni de l'Europe. Lauréat du prix Albert Camus Découverte en 1997, il apparaît aujourd'hui comme l'un des successeurs des grands écrivains maghrébins ; méritant donc tout à fait sa place dans la collection "Nouvelle génération" de J'ai lu.
    Qu'y a-t-il de plus inutile que ces dents que le topographe a arrachées de sa bouche comme un membre gangrené et indésirable ? Qu'y a-t-il de plus ridicule et insignifiant que des dents sans bouche ? Les chapitres se succèdent comme autant de tableaux autonomes qui relatent cette montée de l'incompréhension. Le personnage principal n'a pas de nom. Il est désigné comme "fils de Kader". Parfois, ce sont des insultes qui définissent sa différence. Marocain, il se fait traiter de "Nasrani" (chrétien) ou encore de "fils de la Mission" (l'école française où il a étudié). Tout est là pour lui rappeler sans cesse son altérité indésirable. "Si tu ne sais même pas qui tu es, si tu n'es pas sûr de ta propre nature, de ton destin, ne va pas t'exposer à d'autres regards qui révèleront ta nudité". La perte d'identité en mènera certains jusqu'à la folie ou à la mort. Et lui d'essayer pourtant de s'en sortir...

    L'écriture incisive et le style satirique de Fouad Laroui donnent un rythme endiablé à ce roman. Formant une sorte de mosaïque, les histoires et les vies convergent vers cette impossibilité à être. On découvre dans Les dents du topographe, les enfants illégitimes d'un Maroc à deux visages.--Justine.D--

  • À travers les tribulations de l?étonnante Philomène, un pamphlet décapant qui épingle les travers et les ridicules des petits marquis qui sévissent dans les médias français0300Moitié marocaine et moitié guinéenne, à la fois princesse orientale et déesse africaine, Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, ne passe pas inaperçue dans la vie publique. Écrivaine à la mode, elle goûte sans complexe aux plaisirs de l´existence. La modestie n´est pas dans sa nature, elle est superbe et elle le sait. Gourmande et sensuelle, elle entend bien satisfaire tous ses appétits. Intelligente et lucide, elle ne se gêne pas pour balancer à tout un chacun les vérités qui blessent.Malheureusement pour elle, le navrant Gontran de Ville tombe follement amoureux d´elle. Vilain comme un poux, malingre et dépourvu du moindre talent, ce critique besogneux à réussi à faire croire qu´il avait quelque influence dans cette discipline qui n´en a quasiment plus. Philomène a le tort de repousser vigoureusement les prétentions du nabot. Comme beaucoup de ses congénères, Gontran n´a qu´un seul vrai pouvoir: celui de nuire.Et Philomène va en faire l´amère expérience...*Fouad Laroui dédicacera son livre au Salon du livre de Paris le samedi 22 mars entre 12h et 14h.0400La première fois qu´il me vit, il fut (me dit-on) comme frappé par la foudre. C´était chez Plumme l´éditeur. La soirée battait son plein, encore que je n´aie jamais compris ce que cette expression signifiait exactement. Me semble que ça bat son plein dès que j´arrive, les soirées. Toutes les soirées. Surtout celles où je m´invite d´autor´! Son plein! Bourré jusqu´à la gueule! À ras! Rataplan! Tam-tam! Roulement de tambour! La charge! La chamade! La générale! Sauve-qui-peut! Philomène arrive! Philomène Tralala, l´écrivaine beure-black! L´Arabe de rab´! Gloire de la francophonie! Francofolle! À lier! Fouteuse de bouse à la puissance mille! Grande gueule aspirante-refoulante! Glaviot dans la soupe! Celle qui ose! La danse du ventre sous la Coupole! Écrit à coups de poing! Appelle un chat une chatte! Et le critique un fielleux! Un menteur! Un qu´a-pas-lu! Un ould el kelb!Quoi qu´il en soit, je ne l´ai pas vu, moi, ce monsieur, ce jour-là. Il béait, paraît-il... Bavait... Dégoulinait... Se tripotait l´entrejambe... Se bricolait les braies... Jamais vu un boubou, peut-être? Djellaba si échancrée? Caftan tentant? Ou alors une question d´angle? L´alignement idéal? Un coup t´y vois, un coup t´as rien vu? Je ne porte rien, moi, sous le tissu, que le noir candide de ma peau, l´oxymore des Maures... Alors, de biais, forcément on entrevoit. On croit qu´on voit... Qu´on voit ce qu´on convoite... On rêve les yeux ouverts... Ils sont tout beaux mes toutous mes tétons, de vrais petits boulets, d´une nuance de noir qui semble briller... Et ombrés, aussi... Bien fermes. Il s´y voyait déjà, l´écume aux lèvres, ses dents mordant la peau, déchirant la chair... Acerbe, incisif, tranchant... Cannibale inverse! Paradoxe! Bouffe la négresse! Négrophile, négrophage! Chacun son tour! Puis lèche, caresse, console... Jefferson, papa blanc fornicateur... Ou peut-être, l´inverse, la nounou qui le berce, lui, petit Blanc des plantations? Summertime...Et tout cela ne dure qu´un instant, un regard, juste le temps que l´obsession s´installe.Car c´est d´obsession qu´il s´agit, et de comment j´en suis arrivée là, cette cellule, ce châlit, ces barreaux... Philomène en prison! Qui l´eût cru?Mais tout le monde.Finira en taule, Philomène, ricanait la racaille. Y a des limites. Même pouliche de Plumme... On la saignera à l´ars... On lui coupera le jarret....Tu vas mourir, femme.Perpète. Père pète. Le juge, la bouche en cul de poule... Condamne Philomène au nom du peuple françouais. Il me nomme Fatima, d´ailleurs... C´est mon vrai nom, mon nom d´assassine... Philomène dans les salons, Fatima en prison...Fatima Aït Bihi, dite Philomène Tralala, écrivain, demeurant à...Je suis innocente. Mais je n´en ai pas l´air.Je suis seule dans ma cellule. C´est un privilège, paraît-il. Je n´y ai pas vraiment droit: il faut avoir volé quelques milliard

  • Kadicha

    Alexandre Najjar

    Banquier à Beyrouth, Sami Rahmé décide, sur un coup de tête, de tout quitter pour aller vivre à proximité de la Kadicha, la vallée sainte, l´un des hauts lieux spirituels de la chrétienté en Orient. Quand son ancienne amie française, Florence, reporter à Libération, quitte en catastrophe la Syrie en révolte pour échouer au Liban, il trouve l´occasion de renouer avec elle et de l´initier à la vie paisible qu´il a choisi de mener. Ensemble, guidés par Kennedy, un aventurier érudit, ils explorent cette vallée et découvrent les personnages pittoresques qui y ont vécu : Sarkis Rizzi, qui se ruina pour installer une imprimerie au monastère de Kozhaya ; le patriarche Louqa qui, réfugié dans une grotte, résista longtemps aux mamelouks ; Marina, qui se déguisa en homme pour entrer au couvent ; François de Chasteuil, qui abandonna sa famille à Aix pour devenir ermite au Mont-Liban ; lepoète Gibran, qui puisa son inspirationdans cet univers merveilleux...Un beau roman où découverte, histoire, aventure, spiritualité et passion se mêlent dans un voyage initiatique, dans l´espace et le temps, sur les traces des chrétiens d´Orient.Né en 1967 au Liban, Alexandre Najjar est l´auteur de romans (Le Roman de Beyrouth, Phénicia, Berlin 36, chez Plon), de récits (L´Ecole de la guerre, Le Silence du ténor) et de biographies (Gibran, Le Censeur de Baudelaire) traduits dans une douzaine de langues. Avocat, responsable deL´Orient littéraire, il a obtenu la bourse de la Fondation Hachette 1990, le prix Méditerranée 2009 et le prix Hervé Deluen décerné par l´Académie française pour son action en faveur de la francophonie.

  • Marchant dans une rue de Casablanca, l'ingénieur Machin reçoit sur la tête un parachutiste botté, casqué et moustachu. Emu par le désarroi du militaire, il croit bon de l'accueillir dans son appartement pour lui permettre de retrouver ses esprits. Il comprend vite son erreur quand son hôte s'installe à demeure et introduit, dans l'intimité douillette de son célibat, des amis, des cousins, des neveux et même la femme que tous ces gens lui destinent.
    Dans ce roman picaresque où fourmillent les personnages singuliers et désopilants, Fouad Laroui trace un portrait cinglant d'une société figée dans l'archaïsme tout en témoignant, une nouvelle fois, de son attachement profond au peuple marocain.

  • Chanteuse de talent, la jeune Sakina a su rester modeste et ne défraye jamais la chronique. Un soir, elle accepte de chanter dans une maison privée, en présence de plusieurs cheiks étrangers richissimes, dont les désirs ont l'habitude d'être des ordres... Vertueuse et droite, elle repousse cependant avec vivacité les avances de l'un d'entre eux, connu pour sa cruauté, et s'en va en lui crachant au visage. Le temps passe, Sakina oublie l'incident. Partie à Londres pour enregistrer un disque, elle rencontre le beau Fawaz, un Libanais. C'est l'amour fou... Le début d'un conte de fées comme en rêve la jeune femme ? Rien n'est moins sûr.

  • Le Maroc. Une nuit calme de Ramadan. Un jeune homme allume la télé et tombe sur L'Homme blessé, film de Patrice Chéreau. Il tremble de désir et de crainte. Sa mère dort tout près : il ne faut pas qu'elle sache, que personne ne sache que ces images d'amours violentes et libres le bouleversent à ce point. Un possible inimaginable s'ouvre à lui : vivre enfin au grand jour son homosexualité.

  • Plongée dans un profond sommeil depuis presque cent ans, la princesse Jawhara attend le prince qui mettra fin à sa malédiction. Et c'est un beau jeune homme, Qaïss, qui vient la délivrer par un baiser... bravant ainsi les recommandations de ses proches. Mais en un siècle la princesse a bien changé : sa peau s'est assombrie au point de prendre la couleur de l'ébène. Est-ce que la reine mère acceptera cette belle-fille pas comme les autres ?

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