Ecriture

  • La religion de ma mere

    Akouche Karim

    " Ma mère priait Dieu avec ses gestes. C'est avec ses mots qu'elle célébrait l'esprit des ancêtres. Sa Mecque, c'était sa terre. Ses prophètes, c'étaient ses enfants. Je me rappelle ce qu'elle a répondu à mon frère lorsqu'il lui a fait remarquer qu'elle priait dans la direction opposée à La Mecque :-; Je prépare le couscous, je surveille la marmite.En me voyant m'initier à la prière, accroupi, mon front touchant le sol, elle a gloussé de ma naïveté :-; Va jouer avec tes copains ! Dieu n'a inventé la prière que pour les croulants. C'est pour qu'ils obtiennent leur ticket vers le paradis.J'ai plié le tapis et rangé le Coran.Si tous les Algériens avaient entendu le conseil de ma mère, ils auraient épargné à leur pays une décennie de sang et de folie.Je ne suis d'aucune religion. Je suis de la religion de ma mère. " * Son père a perdu la raison. Son frère dérive vers le djihadisme. La fille qu'il aima se prostitue. Le pays que retrouve Mirak, après des années d'exil, est méconnaissable. L'Algérie avait le visage de sa mère. Aujourd'hui, ses traits sont déformés par la violence et la folie. Mais, au sein du chaos, ils n'ont rien perdu de leur âpre beauté. Elle éclate dans ce roman picaresque, comme aveuglé d'images.

  • Roman de l'oisiveté involontaire, de l'ennui et du blocage, Allah au pays des enfants perdus dépeint avec un réalisme cru une jeunesse sans avenir qui étouffe, n'ayant d'autre perspective que l'obscurantisme ou l'exil.

    Une parole forte... essentielle", Le Devoir Un demi-siècle après une indépendance raté e, trois jeunes Alge riens discutent sans tabou. Ahwawi, étoile montante de la chanson kabyle, et son complice Zar, étudiant en sciences, ont la tête pleine de projets. C'est compter sans un pays, le leur, qui décourage leurs fantasmes et leur brise les ailes. Quant à Zof, le berger, voilà bien longtemps qu'il a cessé de rê ver.Après avoir lutté en vain contre l'hydre à deux têtes - les militaires et les barbus -, Ahwawi et Zar se résignent à contacter le " Caporal ", un passeur perfide et déroutant. Pour obtenir l'asile sur l'autre bord de la Méditerranée, l'un se fera passer pour un artiste menacé, l'autre pour un aspirant au bouddhisme. Mais Zof, le patriote, refuse de les suivre...Allah au pays des enfants perdus met en scène une jeunesse étouffée, prisonniè re d'un système cynique et corrompu, sans autre avenir que l'obscurantisme ou l'exil. Une fable aux couleurs crues, rehaussée d'humour noir et de révolte."

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