• Dans l'État du Kentucky, au XIXe siècle. Mr Shelby est un riche propriétaire terrien. Chez lui, les esclaves sont traités avec bonté. Cependant, à la suite de mauvaises affaires, il se voit obligé de vendre le meilleur et le plus fidèle d'entre eux, le vieux Tom. Tom, qui s'est résigné à quitter sa famille, rencontre la jeune et sensible Évangeline Saint-Clare, qui incite son père à l'acheter. Un intermède heureux dans sa vie, mais qui sera de courte durée car il va être vendu une nouvelle fois...

  • L'Ancien Régime n'a pas existé. Ou du moins n'a-t-il existé qu'après coup, aux yeux des Constituants de 1790, qui n'avaient à l'esprit que les dernières vicissitudes du gouvernement.
    En réalité, la monarchie de Louis XVI avait peu à voir avec celle de Louis XII. À travers deux ou trois siècles de bouleversements, le pouvoir avait évolué d'un royaume féodal à l'administration centralisée et autoritaire du XVIIIe siècle.
    Yves-Marie Bercé évoque la nature exacte de ces gouvernements. Il dépasse le court terme de la rupture révolutionnaire et présente la France des rois, ses rites, son système de valeurs, la vie quotidienne et celle de ses institutions, dans leurs constantes évolutions.

  • Pendant les quatre cents ans que dura la traite négrière, du XVe au XIXe siècle, plus de quatorze millions de prisonniers africains réduits en esclavage traversèrent l'Atlantique pour devenir une main-d'oeuvre de masse, précieuse et gratuite.Illustre représentant de l'Histoire atlantique et spécialiste de la piraterie, Marcus Rediker propose ici de faire le récit de cette effroyable tragédie depuis un poste d'observation inédit et nous entraîne à sa suite à bord des navires négriers qui assuraient alors la traversée de l'Atlantique - le « Passage du milieu ».Avec passion et brio, l'historien rappelle la vie à bord de ces monstrueux « donjons flottants » et ces voyages terrifiants au cours desquels périrent deux millions de personnes. Il raconte les conditions de vie morbides des esclaves, confrontés à la faim, à la maladie et à leur futur destin, la violence extrême des châtiments et des supplices, la mort omniprésente. Mais il rappelle aussi la peur des équipages enfermés à bord de ces poudrières, les rapports hiérarchiques extrêmement durs, les relations entre marins et prisonniers. Enfin, il accorde une large part aux conflits et modes de coopération entre esclaves, issus de diverses ethnies, mais capables de s'organiser pour mener des révoltes à l'issue souvent sanglante.

  • Dans la grande tradition du roman sudiste, La Couleur pourpre, qui dénonce l'oppression raciale et sexuelle dont furent victimes les femmes noires, a fait date. Celie et Nettie sont deux soeurs séparées à l'adolescence mais liées par un amour indéfectible que ne terniront ni les brimades ni le mépris, ni les guerres ni l'absence. Celie, mariée enfant à un homme violent, ne reçoit pas les lettres que lui adresse Nettie, devenue missionnaire en Afrique, car son mari les subtilise. Ignorant l'adresse de sa soeur, elle-même envoie ses lettres au Bon Dieu. Une correspondance sans espoir de réponse. Une correspondance qui sauvera les deux femmes du désespoir. Lauréat du prix Pulitzer et de l'American Book Award en 1983, La Couleur pourpre a été adapté au cinéma en 1984 par Steven Spielberg. " Un récit bouleversant sur le combat des femmes pour l'égalité et l'indépendance. "The New York Times Book Review.

  • 12 years a Slave

    Solomon Northup

    " Je suis né libre et j'ai vécu avec ma famille jusqu'au jour où deux hommes m'ont drogué, séquestré et vendu comme esclave. Pendant douze ans, j'ai connu la servitude et l'humiliation. Dormant à même le sol, affamé, fouetté, j'ai failli sombrer dans la folie... mais je n'ai jamais laissé la cruauté me briser.
    Depuis ma libération, des romans se sont intéressés à l'esclavage, et ont connu une diffusion sans précédent. Je partage dans ces pages mon expérience personnelle. Mon objectif est d'en faire un récit sincère et fidèle, et laisse aux autres le soin de décider ce qui, de la fiction ou de la réalité, donne l'image de l'injustice la plus cruelle ou de l'aliénation la plus sévère. " La bouleversante histoire vraie qui a inspiré le film

  • Spartacus

    Eric Teyssier

    Gladiateur et esclave révolté, Spartacus est une icône de la liberté. Mais que savons-nous vraiment de cet homme que le mythe a rendu immortel au prix d'un travestissement de la réalité ? Gladiateur révolté, meneur de la rébellion des esclaves romains en 73 av. J.-C., Spartacus serait avant tout un homme épris de liberté et de justice. Cette légende, née de son épopée, est pourtant bien éloignée de la réalité qu'Eric Teyssier, à partir de sources antiques, s'emploie à rétablir. Il décrit un organisateur de talent, un grand meneur d'hommes, un tacticien au coup d'oeil sûr, mais aussi un chef de guerre cruel et un piètre diplomate, offrant ainsi la biographie de référence de l'esclave qui défia la puissance de Rome.

  • Une période et un aspect historique mal connus : l'esclavage des Noirs en pays d'islam, qui ne prit fin qu'au XIX e siècle dans l'ignorance quasi générale. L'histoire de l'esclavage, généralement limitée à la Rome antique, à la période coloniale et à la traite des Anglais et des Français au XVIIIe siècle, laisse de nombreux pans aveugles, en raison de la rareté des sources et de la culpabilité rétrospective des nations colonisatrices. Ainsi, du VIIe siècle à la fin du XIXe, s'est mis en place un système de traite musulmane des Noirs d'Afrique, par caravanes à travers le Sahara et par mer à partir des comptoirs d'Afrique orientale. En tenant compte des travaux les plus récents, notamment ceux des historiens ivoiriens et nigérians, Jacques Heers retrace le mécanisme de cette traite, ses itinéraires, ses enjeux commerciaux et le rôle des esclaves dans les sociétés arabes - à la Cour, dans l'armée, dans les mines ou aux champs. Il évoque les tensions épisodiques, mais aussi la grande révolte du IXe siècle. Se dessinent de la sorte une cartographie de l'esclavage africain ainsi qu'une étude sociale menée sur une période de plus de mille ans. Jacques Heers, professeur émérite à la Sorbonne (Paris IV), a notamment publié La Première Croisade, Louis XI, Les Barbaresques.

  • Roman d'aventures maritimes, petit traité d'Histoire où se mêlent fiction, personnages, données et événements historiques, cet ouvrage nous fait plonger dans un univers de sel, d'embruns, de poudre, de sang et de douleurs où la révolte de l'homme pour regagner sa liberté doit l'emporter...
    Cela commence, de nos jours, comme un périlleux récit de navigation, de naufrage, de tempête de nos jours...
    Nous laissons au lecteur le soin de découvrir comment il sera emporté dans une période cruelle du XVIIIème siècle, où un jeune marin engage le combat pour la liberté des esclaves.
    Une tempête, un naufrage, un saut dans le temps, dans le passé, entraîne un jeune skipper dans de périlleuses aventures maritimes, dans un combat pour la liberté. Le marin devient pirate et son pavillon noir fera trembler tout le vilain monde des esclavagistes.
    Erwan Le Meur mènera ses combats navals et sa lutte contre l'ignominie entre l'Afrique, les Antilles et la France.
    Un utile et passionnant rappel d'un passé qui ne doit pas s'effacer.

  • Treize histoires, treize femmes dans un portrait magistral de la « sororité noire », la fraternité entre femmes noires.
    Fil directeur de ces portraits pleins d'empathie : une narratrice en visite, qui toque aux portes pour écouter des histoires. Elle rencontre ces femmes qui acceptent de se conter et de se confier, librement, parfois pour la première fois. Et nous découvrons Shirley, Régina, Maria... Aux prises avec leurs rêves, angoisses, sexualités, défis et amours...
    La résignation ne trouve aucune place dans les vies de ces femmes : elles résistent, insoumises aux pressions et aux agressions du racisme, du sexisme et des conventions sociales d'une société encore patriarcale.
    Conceição Evaristo est la plus importante voix de la littérature afro-brésilienne, et plus particulièrement féminine. Ses deux précédents romans L'histoire de Poncia et Banzo, mémoires de la favela, se sont vendus à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires au Brésil.
    "Tout simplement magnifique" (Blog Lectures gourmandes")

  • Le 28 juin 1839, l' Amistad faisait voile depuis La Havane avec à son bord une cargaison d'esclaves. Au cours de cette nuit sans lune, les captifs africains se soulevèrent, tuèrent le capitaine et prirent le contrôle du navire. Alors qu'ils essayaient d'atteindre un port sûr, leur navire fut arrêté par la Marine des États-Unis et les rebelles furent incarcérés dans une prison du Connecticut. Leur bataille juridique pour recouvrer la liberté remonta jusqu'à la Cour Suprême, où leur cas fut défendu par l'ancien président des États-Unis, John Quincy Adams. Le jugement fit date. Les insurgés furent libérés et purent rentrer en Afrique.Si cette rébellion est l'un des épisodes les plus connus de l'histoire de l'esclavage américain, elle est avant tout célébrée comme le triomphe du système légal américain et comme la victoire des abolitionnistes. En racontant cette aventure du point de vue des rebelles eux-mêmes, Marcus Rediker leur redonne une voix et un destin. Il retrace les trajectoires qui jetèrent dans les chaînes de l'esclavage ces hommes capturés en Sierra Leone, en pays mendé. La plupart d'entre eux parlaient plus d'une langue ; plusieurs étaient des guerriers ; beaucoup étaient membre d'une société secrète, le Poro. Tous disposaient de ressources et étaient capables de nouer de solides relations au-delà de leur cercle familial. C'étaient déjà des hommes habitués à l'action collective.Leur histoire nous est ici contée pour la première fois.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélien Blanchard.Marcus Rediker est professeur distingué d'histoire atlantique à l'université de Pittsburg. Historien, écrivain et militant des droits de l'homme, il est spécialiste de l'histoire maritime et notamment de l'Atlantique. Il a publié neuf livres, parmi lesquels À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite (Seuil, 2013).

  • Une étrange épidémie d´« empoisonnements » s´est répandue dans les Antilles françaises aux XVIIIe et XIXe siècles. Or, ce terme est fréquemment synonyme de « maléfices » tandis que les « empoisonneurs » sont souvent dénoncés comme « sorciers ». Les imputations de crime d´empoisonnement participent d´un système de croyances magiques, qui amène les colons à prêter aux « nègres » (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte, associée à d´effrayants pouvoirs.

    L´effroi qui saisit les maîtres engendre la terreur contre les esclaves. Exacerbée par l´incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau, elle entraîne la création de juridictions spéciales et l´instauration d´un dispositif administratif de répression épouvantable.
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    Face à une mortalité animale ou humaine inhabituelle les colons s´attendent à une accusation d´empoisonnement, la suspicion face à un décès isolé - d´une bête de somme, d´un esclave ou d´un blanc - ne surprenant jamais personne. Celui qui ne se conforme pas à cette attente s´expose à l´exclusion sociale, voire à la violence coloniale. Lassalle, commandant du quartier de La Trinité à la Martinique, ne craint pas de proclamer, en 1824, qu´il frappera de sa cravache quiconque parlera d´épidémie.

    C´est en explorant les archives des procès tenus en Guadeloupe et à la Martinique que l´auteure a pu faire la généalogie de cette grande peur et en reconstituer la logique sociale. La violence que l´analyse du crime d´empoisonnement met en lumière est tout autant la violence subie au quotidien (constituée par les privations continuelles, le travail effectué sous le fouet du commandeur, les châtiments pratiqués de façon habituelle sur les habitations - quatre-piquets, mise aux fers, cachot) que la violence dans ses manifestations les plus cruelles, dont le but immédiat est de montrer aux esclaves que leur sort est entre les mains du maître, qu´aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

  • Longtemps, l'émancipation des esclaves fut considérée comme l'oeuvre des abolitionnistes, libéraux et blancs. Dans ce livre, qui fait pour la première fois le grand récit sur plus de trois siècles des insoumissions et des rébellions d'esclaves en couvrant l'ensemble des Amériques, Aline Helg déboulonne cette version de l'histoire. La réalité des révoltes dépasse en effet en force et en richesse toutes les idées reçues. Longtemps, l'émancipation des esclaves fut considérée comme l'oeuvre des abolitionnistes, libéraux et blancs. Dans cet ouvrage, qui fait pour la première fois le grand récit des insoumissions et des rébellions d'esclaves dans l'ensemble des Amériques et sur plus de trois siècles, Aline Helg déboulonne cette version de l'histoire. En s'appuyant sur une très riche historiographie fondée sur des sources états-uniennes, latino-américaines, antillaises, britanniques, françaises et néerlandaises, elle montre que, bien avant la naissance des mouvements abolitionnistes, une partie des millions d'esclaves arrachés à l'Afrique par la traite négrière et de leurs descendants était parvenue à se libérer, le plus souvent en exploitant les failles du système, à l'échelle locale ou globale. Cette étude pionnière par son ampleur dans le temps et l'espace met en lumière le rôle continu des esclaves eux-mêmes dans un long processus de lutte contre l'esclavage sur tout le continent américain et dans les Caraïbes, du début du XVIe siècle à l'ère des révolutions. Elle dévoile les stratégies qu'ils ont élaborées pour renverser subrepticement - et parfois violemment - un rapport de forces qui, dans son écrasant déséquilibre, ne leur laissait a priori rien espérer. Sans magnifier le rôle des esclaves ni occulter les limites de leurs actions, ce grand récit montre que l'esclavagisme déshumanisant n'est pas parvenu à empêcher que des hommes, des femmes et des enfants accèdent, par leurs propres moyens, à la liberté.

  • Sur le plan de l'histoire juridique, dans l'Europe de l'ouest qui relevait de Rome et de son droit, la persistance d'une Antiquité tardive jusqu'à l'orée du Moyen Âge que Duby qualifiait de « classique » semble se confirmer : la survivance des codes impériaux, la constitution d'un premier droit de l'Église, le maintien d'une pratique formulaire, les calques romains dans les lois dites « barbares » et les échos d'Isidore de Séville jusqu'en Irlande. Pourtant, à y regarder de plus près, le droit romain est un droit populaire, qui compose avec des pratiques provinciales, et si le droit qu'établit l'Église au IVe siècle respecte celui de la res publica, il n'en est pas moins une nouveauté. Les lois barbares s'efforcent d'adapter les coutumes des nations aux exigences de l'ordre impérial : la permanence de l'Antiquité en droit, surtout dans le nord de l'Europe, est peut-être plus une illusion de forme qu'une réalité de fond. C'est ainsi que tous ces courants confluent pour former un droit vivant qui, à travers ses déclinaisons multiples, peut être qualifié d'« européen ».

  • En étudiant la culture matérielle des esclaves, l'archéologie - et en particulier, depuis une vingtaine d'années, l'archéologie préventive - contribue de façon décisive aux recherches sur l'esclavage colonial. La traite, l'habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d'une documentation nouvelle, dont cet ouvrage rend compte grâce aux contributions des meilleurs spécialistes internationaux. L'archéologie a joué, depuis les années 2000, un rôle décisif afin de renseigner sur les conditions de vie des esclaves, leurs habitats, les établissements où ils furent asservis (souvent détruits mais dont subsistent les fondations), les enclaves du marronnage, les rites d'inhumation, l'état sanitaire des défunts, leur âge, leur sexe, etc. En étudiant la culture matérielle des populations asservies, l'archéologie - et en particulier depuis une vingtaine d'années l'archéologie préventive - contribue en effet de façon déterminante aux recherches sur l'esclavage colonial et offre une documentation nouvelle.
    Confrontant études de cas et synthèses sur l'archéologie de l'esclavage aux États-Unis, à la Barbade, à Cuba, au Brésil et aux Antilles françaises, en Afrique de l'Est, du Sud et de l'Ouest, à La Réunion et à l'Île Maurice, cet ouvrage fait le point sur les avancées récentes de la connaissance de la traite, de l'esclavage et du marronnage et propose une meilleure prise en compte du patrimoine archéologique du système esclavagiste, de sa conservation et de sa mise en valeur.

  • Le long cheminement de l´histoire des populations afro-antillaises en France a long-temps été absent des représentations de l´histoire de France, dont il est pourtant partie intégrante. C´est dire l´importance de ce livre, retraçant pour la première fois la formidable aventure qui a vu évoluer le regard de la France sur les Afro-Antillais à travers les siècles. Reprenant l´ensemble des textes qui accompagnaient la première édition largement illus-trée du beau livre publié sous le même titre en 2011, cet ouvrage événement constitue une référence majeure sur plus de trois siècles de présence des Noirs en France, issus d´Afri-que, des Antilles, des Comores, de la Réunion, de Nouvelle-Calédonie ou de Guyane.

    L´histoire de la France noire commence au XVIIesiècle, quelques décennies avant le terrible Code noir (1685) régissant la mise en esclavage des Africains, et traverse plus de trois siècles d´histoire de France : trois siècles de présences caribéennes, africaines, issues des États-Unis ou de l´océan Indien, dans l´Hexagone, plus de trois siècles d´une histoire culturelle, politique et économique intense et méconnue. Regroupant les contributions des meilleurs spécialistes français et internationaux, pour un regard transversal sur une histoire aux mille et un visages, ce livre montre comment ces présences ont contribuéà bâtir l´histoire politique, culturelle, militaire, artistique et économique de ce pays et de la République. C´est au creuset de ce récit que l´on peut comprendre les enjeux du présent.



    « Et voilà qu´en un livre tout est dit. Fruit d´années de recherches, cette entreprise re-trace l´histoire politique, militaire, culturelle et sociale des liens entretenus par notre pays avec le continent noir, du XVIIesiècle à nos jours. » Frédérique Briard, Marianne.



    « Une histoire fragmentée, diverse, traversée d´ambiguïtés et parfois tiraillée entre les pôles extrêmes que sont la négrophobie et la négrophilie, entre fascination et répulsion » Élisabeth Philippe, Les Inrockuptibles.

  • 1865 : le 13e amendement abolit l'esclavage sur tout le territoire des États-Unis. 2008 : Barack Obama est élu à la Maison Blanche. Le président américain prononce dans la foulée son célèbre discours engageant les Afro-américains à prendre plus de responsabilités pour conquérir une vie meilleure. Une révolution culturelle est en cours.

  • Wash

    Margaret Wrinkle

    Salué par une presse dithyrambique, un premier roman éblouissant de poésie, de subtilité et de tension romanesque sur un épisode méconnu de l'histoire du Sud esclavagiste : l'organisation et l'exploitation par les maîtres de la reproduction des esclaves sur le sol américain. Une écriture absolument somptueuse, au service des destins croisés de Richardson, un maître de plantation, de Washington, son esclave, et de Pallas, une sage-femme.
    Le long de la frontière du Tennessee, 1800-1825 Alors que la frontière avance inexorablement vers l'Ouest, Richardson, propriétaire terrien, fait un terrible constat : le Sud ne possède pas assez d'esclaves pour défricher ces nouvelles terres. Comment lutter contre la pénurie ? Comment limiter les coûts ? À l'heure où au Nord fleurissent les discours humanistes, les propriétaires du Sud ont de plus en plus de mal à alimenter leurs besoins en main d'oeuvre.
    Arrivé d'Afrique dans le ventre de sa mère Mena, Washington - Wash - est de loin l'esclave le plus accompli de Richardson. Doté d'une beauté et d'une puissance scandaleuses, ce dernier représente depuis toujours un objet de fascination pour son maître. Et si le vieil homme pouvait créer une nouvelle génération d'esclaves aussi forts et solides que Wash ? Se pourrait-il que ce jeune Noir à l'air farouche et rebelle assure la fortune de Richardson ?
    Propulsé étalon reproducteur, Wash est loué chaque vendredi aux propriétaires locaux pour honorer leurs esclaves femmes. Traité comme une marchandise de choix par son maître, Wash devient rapidement l'objet de toutes les haines des autres esclaves de la plantation qui jalousent sa condition. Combien de temps encore pourra-t-il supporter ces humiliations orchestrées par les Blancs ? Pourra-t-il jamais empêcher Richardson, rongé de solitude, de lui livrer ses confidences nocturnes ? Trouvera-t-il un jour la force de canaliser sa colère et ses souffrances ?
    Véritable lumière dans la vie de Wash, Pallas, esclave métisse aux dons de guérisseuse, est la seule à pouvoir lui procurer un semblant d'apaisement. Mais l'amour est-il possible en enfer ?

  • De ses études philosophiques auprès de Gaston Bachelard, jusqu'à sa rencontre avec Gilles Deleuze, Régis Debray, Jacques Derrida ou Pierre Bourdieu, Édouard Glissant a construit une philosophie de la Relation. Essayiste, romancier, dramaturge, Glissant est avant tout le poète des imaginaires et des archipels du Tout-Monde.
    Son engagement, depuis la création du Front antillo-guyanais en 1961, l'amène à penser une politique de la mondialité, contre les effets désastreux de la domination.
    Sa relation aux artistes ouvre son oeuvre à une nouvelle esthétique : la trace, l'éclat, le tremblement, l'errance, le divers. Mêlant souffle poétique et philosophique, Glissant est le Montaigne de notre temps.
    INEDIT

  • Le sel des larmes est parfois doux raconte le périple de trois personnages à la recherche d'eux-mêmes et évoque par fragments l'histoire dont ils sont issus :
    1896. Le Padre Pinto abandonne un jour d'été son église de Castelo das Fontes au Portugal et va fuir jusqu'au Cap-Vert loin de la révélation qui l'a saisi d'effroi. L'Obscurci, un simple d'esprit d'un village voisin, se lance au même moment sur les routes de la Serra da Estrela au nord du Portugal. A des milles de là, dans l'archipel du Cap-Vert, Artémisia, une jeune métisse, esclave affranchie, décide de quitter la plantation de Campina Morna. A travers leurs cheminements se conjuguent et se répondent trois destins dont chacun fait écho à l'autre, où se tissent, indissociables, la recherche d'identité, la quête de vérité et le désir impérieux de liberté.
    D'une écriture élégante et délicate, l'auteur nous entraîne dans leur histoire nourrie de mémoire collective qui prend sa source quelques siècles plus tôt.
    Par l'auteur de L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson,(éd. Intervista).

  • « Quant aux honneurs qui sont accordés au roi à sa mort, les lois de Lycurgue veulent montrer par là qu'on honore plus que tous les rois des Spartiates non pas en tant qu'hommes mais en tant que héros. »
    Xénophon, Constitution des Lacédémoniens, XV, 9
    Sparte, la cité orgueilleuse et guerrière, fascine les hommes depuis l'Antiquité. Plus quepour les autres cités grecques, le culte des héros fit partie des fondements de sa société. Son histoire est donc étroitement liée aux récits glorieux de ceux qui donnèrent souvent leur vie pour défendre les valeurs de leur patrie. Autant de héros que de visages différents de Sparte.
    Du législateur Lycurgue, aux courageux Othryadès et Léonidas Ier entouré de ses 300 compagnons en passant par les grands stratèges Lysandre et Agésilas et les rois audacieux Agis IV et Cléomène III pour terminer avec le tyran Nabis qui plonge Sparte dans la décadence, c'est cette histoire qu'Hérodote, Plutarque, Xénophon, Polybe, Tite-Live, Diodore et Pausanias nous racontent.

  • Biographie fantaisiste d'un auteur semi-légendaire, la Vie d'Ésope raconte l'étonnante ascension d'un misérable esclave, que son intelligence rusée et le soutien des dieux hissent peu à peu au niveau des grands de ce monde, mais qui, tel un héros de tragédie, périt, victime de son hybris, d'une fin de bouc émissaire.
    Assemblage composite d'éléments dont les plus anciens remontent à l'époque classique, l'oeuvre a pris sa forme actuelle au début de notre ère, au moment même où s'épanouit le roman grec. Mais elle a pour héros un personnage qui, par son incroyable laideur et ses origines serviles, est aux antipodes des séduisants et aristocratiques jeunes premiers du roman grec, et fait figure de « marginal » culturel, protagoniste hors norme d'une oeuvre volontiers subversive où figures d'autorités et représentants de la haute culture sont assez durement mis à mal. Comme bien d'autres textes populaires, que ne protégeait pas le respect des copistes, la Vie d'Ésope a fait l'objet d'adaptations successives au fil des siècles : c'est la version la plus ancienne, celle du manuscrit de Grottaferrata (G), qui est traduite ici en français pour la première fois - accompagnée d'extraits des rédactions ultérieures grâce auxquels le lecteur pourra apprécier comment la légende d'Ésope a été progressivement assagie par les remanieurs.

  • Parisien l'Écolier quitte un jour Paris pour Constantinople. Par la découverte des femmes, tour à tour complices, traîtresses ou candides, Parisien s'initie aux jeux complexes de l'amour. Fromaget nous incite sans préjugés et sans pédantisme, à visiter le jardin de nos voisins.

  • Pourquoi s'intéresser au Liberia, ce pays d'Afrique de taille modeste, faiblement peuplé et recouvert en majorité par la forêt tropicale ? C'est que son histoire est tout à fait singulière et riche d'enseignements. Colonie créée en 1822 par une société philanthropique américaine pour accueillir des esclaves libérés, le Liberia devenu pays indépendant a été accusé par la suite d'avoir lui-même recours à l'esclavage et a atteint la fin du vingtième siècle anéanti par plus de 20 ans de guerres civiles et de massacres. Au-delà de l'exposé des faits qui ont déterminé cette trajectoire dramatique, l'auteur tente de tracer un fil rouge au milieu des présentations parfois contradictoires de la littérature existante fondée souvent sur des approches partisanes, confessionnelles ou idéologiques.

    Elargissant le champ de ces investigations, ce livre cherche également à expliquer comment un pays né sous d'aussi bons auspices a-t-il pu échouer de façon aussi radicale, d'une part, à quels enjeux il est confronté dans sa reconstruction, d'autre part. Des questions qui intéressent notamment les politologues et les spécialistes du développement.



  • Fuyant la misère de leur terre bretonne, Jules et Antoinette s'exilent à Paris où ils vont contribuer par leur labeur à l'essor de l'industrie dévoreuse d'humanité. Au sein de leur foyer, naissent deux garçons dont le plus jeune, Jean, se révolte très tôt contre toute forme d'exploitation. Un choix qui le conduira de la prison de la Petite Roquette à la colonie pénitentiaire de Soligny-la-Trappe avant un embarquement pour la Martinique.


    Avec pour toile de fond la révolution de 1848, les ravages du choléra et la pratique de l'engagisme, succédané de l'esclavage, le destin de Jean illustre une page de notre histoire, pas si lointaine, marquée par l'égoïsme forcené des nantis.

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