Rue D'ulm

  • La crise de la dette souveraine de la zone euro au début de l'année 2010 et plus encore les conséquences de la crise du Covid sur l'activité et les besoins de financement des dépenses publiques ont relancé une vieille idée : celle de la "monnaie hélicoptère" qui permettrait d'injecter de la monnaie dans l'économie sous forme de transferts directs aux individus plutôt que par l'intermédiaire d'interventions des banques centrales sur les marchés des titres ou par des prêts aux banques.
    Cette idée est plus que jamais d'actualité. L'hélicoptère monétaire a des effets sur l'activité, l'inflation, l'efficacité de la politique monétaire, la distribution des revenus, distincts des canaux traditionnels de la politique monétaire. Elle soulève la question de l'indépendance de la politique budgétaire par rapport à la politique monétaire et de la légitimité démocratique de cette dernière dans le contexte d'une union monétaire et d'un institut d'émission indépendant.
    Fondé sur une conférence organisée par le Cepremap, l'Ecole d'économie de Paris et la Fondation Banque de France qui réunissait des chercheurs de niveau international, cet ouvrage présente l'essentiel des enjeux de l'hélicoptère monétaire de manière accessible à un large public informé ainsi qu'à des étudiants en économie de tout niveau.

  • Depuis le début des années 2000, l'expression de « déserts médicaux », régulièrement utilisée par les médias et nos gouvernements successifs, décrit des situations où les populations font face à des difficultés d'accès aux soins (délai d'attente pour un rendez-vous, nombre insuffisant de médecins traitants disponibles...). Ces situations sont la conséquence, notamment, d'une raréfaction globale de l'offre de soins, plus marquée chez les médecins généralistes.

  • Rien dans les 17 règles « conservées » par l'IFAB (International Football Association Board) depuis 1882 ne dit que les femmes ne peuvent pas jouer au football. Certaines sources documentent très tôt le premier match de football féminin, en 1881 à Édimbourg entre une sélection anglaise et une sélection écossaise. Pourtant l'histoire des femmes et du football est loin d'avoir été un long fleuve tranquille : s'il a eu ses heures de gloire après la Première Guerre mondiale, le football féminin est retombé dans l'anonymat jusqu'aux milieux des années 1960 avant de devenir aujourd'hui l'objet de beaucoup d'intérêts, non seulement sportifs, mais aussi politiques et économiques.
    Au-delà de son succès populaire dans les stades et à la télévision, la dernière Coupe du monde en France en 2019 a peut-être été un tournant dans l'histoire du football féminin. Pour l'instant, comparé à son homologue masculin, ce football demeure une toute petite « affaire » et il est sans doute trop tôt pour évaluer l'héritage économique de ce tournoi mondial. Cette étude vise à fournir des outils d'analyses et des données statistiques permettant de mieux comprendre l'écosystème du football féminin actuel et notamment d'éclairer la question du niveau de rémunération des footballeuses qui a fait polémique dans les médias.

  • Les Français sont-ils vraiment particulièrement défiants ? Le cas échéant, envers qui ?
    Depuis combien de temps ? Quelles seraient les causes de leur défiance ? Et comment en mesurer ses conséquences sur la croissance économique, sur le chômage, sur l'emploi, sur les difficultés à réformer notre modèle social ?
    Cet opuscule constamment cité, best-seller de la collection depuis sa première parution en 2007, et plus que jamais d'actualité, contribue à répondre à ces questions en auscultant un mal français bien réel à la lumière de riches bases de données concernant les attitudes sociales et les comportements de plusieurs dizaines de milliers d'individus vivant dans une trentaine de pays.
    L'ouvrage a reçu le Prix du meilleur livre d'économie en 2008.
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  • Dans cet essai inédit en français qui est devenu un classique sur la question du traduire, Folena fait dialoguer avec les grands théoriciens de notre temps nombre d'auteurs anciens (d'Aristote à Cicéron et Jérôme, de Marie de France à B. Latini, Boccace ou L. Bruni...), sans négliger les avancées théoriques de Dante. Comment se définissait l'exercice de la traduction médiévale et humaniste ? Quels étaient ses critères ? Que visait la transposition d'une langue à l'autre ? Facteur crucial de la diffusion de la culture et de l'expérience religieuse et littéraire entre le XIIIe et le XVe siècle, la traduction s'affirme peu à peu, à travers les néologismes traducere ou tradurre, comme une pratique artistique autonome, affranchie de l'autorité des langues sources, ouverte aux échanges entre langues voisines - une nouvelle herméneutique.

  • L'évasion fiscale est un sujet qui se dérobe aux outils de l'analyse économique traditionnelle. D'une part, comme toute activité illégale, l'évasion fiscale échappe à l'observation du chercheur en même temps qu'elle se dissimule aux autorités : l'analyse empirique de son ampleur, de ses déterminants et de la manière dont différents dispositifs l'affectent est nécessairement très limitée. D'autre part, sur le plan théorique, l'application simple du calcul coût-bénéfice auquel est supposé se livrer le contribuable « rationnel » conduit à un paradoxe : contrairement à une idée largement répandue, les bénéfices de l'évasion fiscale sont tellement élevés, et le risque de sanction est tellement faible, que l'on peut s'étonner qu'elle soit aussi peu pratiquée dans l'ensemble des économies développées. Plutôt que l'évasion fiscale, c'est donc la « soumission fiscale » qui en constitue le pendant, la disposition à payer l'impôt, qu'il convient d'expliquer pour en comprendre les déterminants.
    Le double défi que posent les décisions d'évasion fiscale à l'analyse économique n'a pu être relevé que très récemment, grâce à l'émergence, au cours des vingt dernières années, d'une nouvelle approche, l'économie comportementale, qui s'appuie sur la psychologie pour mieux comprendre les comportements économiques ; et, conjointement, d'une nouvelle méthode,

  • Le thème de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est un vrai serpent de mer :
    Chaque année, aux alentours du 8 mars (la « Journée de la femme »), est dénoncée l'inégalité persistante entre les hommes et les femmes sur le marché du travail ; le discours se concentre sur le contenu à donner au terme d'« égalité » ; parfois, une loi est votée. Puis rien ne semble beaucoup évoluer, jusqu'au 8 mars suivant.
    Cet opuscule commence par retracer les progrès accomplis en matière d'égalité hommes/femmes dans les dernières décennies. Pourtant, alors que désormais les femmes sont plus éduquées que les hommes, les inégalités professionnelles demeurent marquées. L'analyse de leurs déterminants et des politiques publiques - notamment des expériences étrangères - montre que pour résorber des inégalités de salaire persistantes, il faudra mettre en place des politiques de longue haleine. Elles seules pourront avoir des effets durables, en affectant les comportements individuels et les normes sociales.

  • Malgré les multiples politiques conduites depuis près de trente ans pour venir en aide aux habitants des ghettos urbains que sont devenues certaines banlieues françaises, la situation y demeure extrêmement difficile. Pauvreté, chômage, échec scolaire, faible accès aux soins, violence : comment enrayer la spirale négative dans laquelle sont entraînés les quartiers dits « prioritaires » ?
    Les évaluations dont nous disposons concordent pour montrer que plusieurs « politiques zonées » emblématiques n'ont pas obtenu les résultats escomptés, en particulier les zones franches urbaines (ZFU), basées sur des allègements de charges et d'impôts offerts par les pouvoirs publics aux entreprises localisées dans les quartiers « prioritaires ». L'évaluation de dispositifs similaires mis en oeuvre aux États-Unis ou au Royaume-Uni conforte cette conclusion. La surreprésentation de populations fragiles amplifie les handicaps sociaux dont souffrent les habitants de ces quartiers, rendant ces politiques souvent inopérantes.
    Cette situation appelle des politiques plus radicales, combinant mixité sociale, mixité scolaire et accompagnement individualisé : discrimination positive sur le marché du travail, « emplois francs », pénalités renforcées pour les communes qui ne respectent pas la part de logements sociaux prévue par la loi ou encore dispositifs de busing inspirés des États-Unis. Autant de politiques qui pourraient utilement venir compléter la boîte à outils du gouvernement.

  • Première publication issue de l'Observatoire du bien-être du Cepremap, ce livre esquisse un tableau du bonheur dans la France actuelle, à l'aide de plusieurs enquêtes françaises et internationales. Ce portrait fait apparaître plusieurs paradoxes. Le premier est un mal-être spécifique à la France qui se révèle particulièrement inquiète quant à son destin collectif. À ce malheur collectif s'oppose un bonheur privé. Enfin, le mal-être et le pessimisme français concernent avant tout les questions économiques. Une nouvelle exception française se fait jour :
    C'est en France que l'association statistique entre bonheur et argent est la plus forte. Bien plus qu'ailleurs en Europe, le revenu influence non seulement le bonheur, mais aussi la confiance dans les autres et dans les institutions.
    Ces traits qui traversent la société française ont une contrepartie dans les opinions politiques. Ils nourrissent notamment la montée de l'extrême droite qui attire les plus insatisfaits et les plus pessimistes. C'est sur cette toile de fond que se sont jouées les dernières élections présidentielles, où les intentions de vote traduisaient clairement le degré de pessimisme ou d'optimisme des électeurs. Le mouvement d'Emmanuel Macron a explicitement voulu incarner la promesse d'un choc politique. Les statistiques font effectivement apparaître un sursaut d'optimisme au mois de juin 2017 chez l'ensemble des Français, témoignant de la possibilité d'inverser cette culture française du pessimisme.

  • Avec l'ouverture des économies et le développement des échanges internationaux croissent les craintes des consommateurs de voir arriver sur le marché national des produits de piètre qualité et potentiellement dangereux pour la santé humaine ou l'environnement. Afin d'assurer un niveau de sécurité adéquat, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) autorise les pays à mettre en oeuvre différentes normes sanitaires et techniques. Sur le principe, ces normes ne doivent pas être protectionnistes, néanmoins, certains décideurs publics peuvent être tentés de les utiliser pour protéger les producteurs domestiques de la concurrence étrangère.
    Quel est l'effet réel de ces normes sur le bien-être des consommateurs et sur les flux de commerce entre pays ? Leurs définitions et applications sont-elles influencées par certains groupes de pression pour leur propre profit ?
    À partir des résultats de recherches menées depuis près de deux décennies, l'auteure propose plusieurs pistes d'action, tant pour une meilleure coordination des réglementations entre les pays que pour une meilleure insertion des pays en développement dans la politique réglementaire internationale.
    Cette étude pourra intéresser

  • Les réformes introduites en Russie dans les années 1990 n'ont pas seulement porté sur une libéralisation économique et politique. Pays ultracentralisé, la Russie a alors adopté une structure fédérale décentralisée. Cette expérience de décentralisation menée sous Eltsine est considérée comme l'un des facteurs de l'effondrement économique russe. Après 1999, l'ère Poutine a au contraire été marquée par une forte recentralisation. Revenant sur les raisons de l'échec de la décentralisation russe, et s'appuyant sur l'exemple d'autres pays où le fédéralisme s'est développé avec un certain succès (Mexique, Chine), E. Zhuravskaya montre que la centralisation actuelle est également néfaste pour la Russie. L'hétérogénéité de ce pays continent appelle à un fédéralisme qui conserverait une centralisation politique tout en garantissant à tous les niveaux (local, régional et fédéral) des élections libres dans un contexte véritablement démocratique.

  • Au cours des années 1990, on a assisté à l´apparition de nouveaux instruments dans le domaine de l´action publique en matière de pollution (indice de la qualité de l´air, plans régionaux...) et à l´émergence de controverses sur les effets sanitaires des

  • Depuis le milieu du xxe siècle, les pays développés connaissent une augmentation continue des dépenses de santé et un formidable accroissement de la longévité.
    Quel est le tien entre ces deux évolutions ? contrairement à une opinion répandue, te vieillissement ne joue qu'un rôle mineur dans la croissance des dépenses de santé. celle-ci résulte principalement de la dynamique du progrès médical : de nouveaux produits et de nouvelles procédures apparaissent continuellement, dont la diffusion alimente la consommation de soins. ces dépenses sont-elles justifiées ? doivent-elles continuer à progresser ? brigitte dormont montre que leur croissance soutenue peut correspondre à un optimum collectif.
    Certes, le coût des soins augmente rapidement, mais leur efficacité aussi. une augmentation de la longévité, une baisse des handicaps et une amélioration de la qualité de la vie sont obtenues en contrepartie des dépenses de santé. et la valeur de ces gains en bien-être dépasse largement le coût des soins.

  • Comparés aux Anglo-Saxons, les riches Français donnent peu. En moyenne, les dons du top 10% des contribuables français les plus riches oscillent entre 0,2% et 0,4 % de leur revenu. C'est huit à dix fois moins que les riches Américains, cinq fois moins que les Canadiens. Quel est donc le secret de ce charitybusiness ? La France devrait-elle s'en inspirer ? Exploitant des données fiscales inédites, les auteurs documentent ici pour la première fois l'ampleur des différences de philanthropie entre les contribuables les plus riches de par le monde et en analysent les causes.
    Leur enquête permet d'anéantir nombre d'idées reçues : non, l'incroyable niveau de philanthropie des riches Américains n'est ni le résultat de leur faible niveau d'imposition, ni une conséquence mécanique de la forte croissance des inégalités dans les pays anglo-saxons, encore moins une question d'incitations fiscales : celles-ci sont aujourd'hui plus élevées en France que partout ailleurs ! En dessinant les mérites et les failles du charity business anglo-saxon, ce livre permet de mieux définir le délicat rôle de la puissance publique dans l'organisation et dans la structuration du secteur à but non lucratif.

  • La France a subi un changement structurel rapide au cours des trois dernières décennies. Elle n'est plus seulement spécialisée dans quelques domaines du secteur manufacturier mais s'est désormais tournée vers celui des services : recherche et développement, activités de commerce ou du secteur financier. Ces changements sont profonds et n'apparaissent pas neutres au regard de la structure de l'emploi et de la distribution des salaires.
    Les auteurs se livrent à une analyse détaillée de l'évolution de l'emploi en France depuis 1994. Ils montrent que le marché du travail, en accroissant la proportion des emplois à bas et haut salaire au détriment des emplois intermédiaires, s'est fortement polarisé et que la crise de 2008 a exacerbé ce phénomène. Quelle est l'importance de la polarisation de l'emploi sur les inégalités de salaire ? Quelles sont les forces à l'oeuvre ? On trouvera ici des pistes de réflexion originales sur le devenir de l'emploi et les politiques publiques à emprunter pour contrecarrer les effets négatifs de ces changements majeurs.

  • Début 2018, la Chine a mis en oeuvre une nouvelle loi fiscale sur la protection de l'environnement, loi qu'elle présente comme une étape clef de sa transition écologique. Le premier pollueur mondial annonce ainsi en fanfare à la communauté internationale son virage environnemental et son ambition de devenir un champion de l'écologie. Après des décennies de croissance effrénée où les considérations environnementales étaient soit ignorées soit délibérément bafouées, l'État central semble avoir été contraint de réagir face à la crise environnementale inédite que connaît le pays.
    Comprendre la diversité, l'intensité et les causes des problèmes environnementaux auxquels la Chine est actuellement confrontée est un préalable indispensable pour apprécier la capacité du pays à adopter un modèle de développement plus durable. Le cocktail toxique d'une croissance économique rapide, axée sur l'industrie lourde et alimentée par le charbon, n'a jusqu'à très récemment pas été remis en cause.
    L'analyse de la structure de production chinoise et de la consommation énergétique du pays s'inscrit en faux contre la représentation d'une Chine pleinement engagée dans une transition écologique. Au contraire, les politiques de relance menées par le gouvernement depuis le milieu des années 2000 ont amplifié les conséquences négatives de la forte croissance économique en donnant plus de poids à l'industrie lourde, très énergivore et polluante.
    L'inflexion des politiques environnementales chinoises dont semble témoigner la nouvelle loi fiscale de 2018, est ainsi tellement récente que tous les scénarios sont encore ouverts, les plus optimistes comme les plus pessimistes. Les auteures passent en revue les évolutions politiques et sociétales porteuses d'améliorations à venir, mais soulignent également l'ampleur des résistances et des difficultés pratiques qui existent encore. Faire primer la protection de l'environnement auprès d'une population qui touche à peine du doigt l'accès aux modes de consommation occidentaux reste un défi à relever. Autant d'éléments avec lesquels la Chine devra composer pour que le « virage vert » entrepris par l'empire du Milieu ne tienne pas du mirage.


  • en afrique, au sud du sahara, les différentes strates de l'histoire longue se sont accumulées pour faire de cette région celle oú les inégalités de ressources et de conditions d'existence sont les plus élevées du monde.
    dans les deux dernières décennies, la faillite des institutions extractives héritées de la colonisation, puis la vague de démocratisation ont contraint les nations africaines à affronter ces inégalités. la fragmentation de l'espace et le dualisme des sociétés ont conduit à une ethnicisation clientéliste du jeu politique et aux conflits que l'on observe aujourd'hui.
    étudiant l'histoire de la construction de ces inégalités et plusieurs exemples contemporains, d.
    cogneau souligne le poids de l'héritage inégalitaire, tout en montrant qu'il ne constitue pas une fatalité.

  • Le commerce international n'est pas toujours un facteur de pacification des relations entre Les pays.
    Certes, si deux pays commercent davantage de manière bilatérale, ils sont plus fortement incités à résoudre pacifiquement le conflit qui peut les opposer. Mais s'ils commercent davantage avec le reste du monde, la diversification des partenaires agit comme une assurance contre les coûts économiques d'un conflit militaire, et elle peut en augmenter La probabilité. La mondialisation, en affaiblissant les dépendances économiques locales, a donc une influence ambiguë sur la paix.
    Etudiant l'équilibre entre commerce régional et multilatéral et le rôle des accords commerciaux, les auteurs montrent comment l'architecture des échanges internationaux, si elle est structurée de manière cohérente, permet de réduire la conflictualité. Cette réflexion est illustrée par quelques cas concrets (Turquie-Grèce et Inde-Pakistan).

  • Obésité

    Fabrice Etilé

    L´obésité n´est pas seulement un enjeu de santé publique. Son développement questionne notre modèle alimentaire et, au-delà, notre modèle de production agroalimentaire.
    Les industriels ne s´y sont pas trompés, cachant une défense de ce modèle productif sous les habits de la gastronomie et du plaisir gustatif. De fait, ce sont bien les arbitrages des consommateurs entre santé et plaisir qui, in fine, déterminent le succès ou l´échec des politiques d´alimentation et de santé nutritionnelle. Mais font-ils ces arbitrages de manière souveraine et pleinement responsable ?
    À cette question, centrale pour la construction d´une politique alimentaire cohérente, Fabrice Étilé répond par la négative.
    C´est bien l´environnement et l´offre alimentaire qu´il faut changer, et les comportements suivront. Dans cette perspective, il propose un ensemble de pistes d´action combinant étiquetage, fiscalité, régulation de l´environnement alimentaire et réforme des filières agroalimentaires.

  • D'ordre politique empêcheraient l'adoption de mesures économiques d'inspiration néolibérale qui seraient "indispensables", ce livre analyse la mise en oeuvre d'un programme économique néolibéral en France et en Italie comme une réponse aux crises politiques que connaissent les deux pays depuis plus de deux décennies.
    La dissolution des anciennes alliances sociales y a rendu nécessaire la reconstitution d'un bloc social dominant. Mais le "noyau dur" du bloc néolibéral constituant une minorité politique, la stratégie consiste à s'appuyer sur une coalition sociale élargie. En France, le programme de "rupture" de Sarkozy a été conçu comme une médiation entre d'une part les attentes du "noyau dur", et d'autre part celles de la majeure partie des salariés du secteur privé.
    En Italie, la stratégie de Berlusconi a été de former une alliance entre le "noyau dur" et les classes précaires et assistées. Quant à la participation à l'Union européenne, elle implique dans les deux pays une pression politique forte qui est favorable à la mise en place d'une stratégie néolibérale sous des formes politiques variées.

  • Cet opuscule présente un aperçu des enjeux des systèmes de protection sociale dans les pays en développement, à travers l'exemple du programme national d'emploi garanti indien (le NREGS).
    Depuis 2005, la loi indienne garantit à chaque ménage rural le droit à 100 jours de travail par an sur les chantiers publics ; en 2012, on comptait plus de 50 millions de ménages bénéficiaires.
    Ce choix d'obliger les pauvres à travailler pour recevoir l'aide sociale a fait débat. Le principal argument en faveur de l'obligation de travail était un meilleur ciblage de l'aide vers les ménages les plus pauvres, dans une économie informelle où l'État ne connaît pas leur revenu. Mais cette obligation est coûteuse, à la fois pour les ménages, qui renoncent à d'autres possibilités d'emploi, et pour l'administration, qui doit constamment créer du travail sur les chantiers publics.
    Le second objectif du programme était d'augmenter salaires et productivité dans les zones rurales. En faisant concurrence à l'emploi privé, il semble bien avoir contribué à l'augmentation des salaires des travailleurs non qualifiés (et des femmes), et donc à la réduction des inégalités - mais les infrastructures construites, de mauvaise qualité, n'ont pas eu l'effet d'entraînement attendu sur l'économie rurale.
    Ainsi, l'emploi garanti semble être en Inde une forme intermédiaire de protection sociale, qui sera remplacée à terme par des transferts sous condition de ressources mais sans obligation de travail.

  • La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu?ici plus qu?ailleurs, on se méfie de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance allant de pair avec un incivisme plus fréquent?Or la défiance et l?incivisme, loin d?être des traits culturels immuables, sont alimentés par le corporatisme et l?étatisme du modèle social français. En retour, le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l?État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social. En comparant les relations entre les performances économiques et les attitudes sociales dans une trentaine de pays du début des années 1950 à nos jours, Yann Algan et Pierre Cahuc montrent comment ce déficit de confiance réduit significativement l?emploi, la croissance et, surtout, l?aptitude des Français au bonheur.

  • Le vieillissement des populations, que l'on observe dans tous les pays industrialisés, déstabilise leur système de retraite.
    De nombreuses réformes sont en cours de discussion ou de mise en oeuvre. Leur but est de redéfinir les modalités des solidarités intergénérationnelles. Jean-Pierre Laffargue montre ici que l'abandon d'un système de répartition à la française en faveur d'un système par capitalisation ne peut résoudre les difficultés nées du vieillissement. Il y aura toujours un sacrifice à répartir entre toutes les générations, vivantes et à naître.
    Deux choix politiques (et électoraux) sont alors possibles, l'un clairement en faveur des générations de seniors et d'actifs et en défaveur des générations futures, l'autre équilibré. Si l'on en juge par l'évolution des endettements publics, c'est la première voie que des pays comme les États-Unis, l'Italie, le Royaume-Uni ou la France ont d'ores et déjà choisie.

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