Presses de Sciences Po

  • 2e édition actualisée
    Hier Gisèle Halimi défendant la légalisation de l'avortement, aujourd'hui des ONG intentant un recours contre l'État français pour inaction face au changement climatique : le droit ne fait pas que réguler ou réprimer, dans sa prétendue neutralité, au nom du pouvoir en place. Sous certaines conditions, il est une arme au service de causes.
    L'usage politique du droit s'intensifie et se diversifie, comme le montre cet ouvrage, synthèse des travaux français et internationaux les plus récents. Sans doute doit-il ce regain de faveur à la place grandissante reconnue aux victimes dans l'opinion et la justice, à l'internationalisation de certaines poursuites comme on l'a vu dans le cas du génocide des Tutsi au Rwanda, à la médiatisation des procès qui deviennent des arènes publiques. Mais cela reste une arme à double tranchant : la criminalisation des mouvements sociaux et des mobilisations, parfois même des avocats qui les défendent, l'atteste.
    Liora Israël est directrice d'études en sociologie à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), membre du centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS).

    Liora Israël est directrice d'études à l'EHESS et membre du Centre Maurice Halbwachs (UMR 8097, CNRS/EHESS/ENS). Elle est notamment l'auteure de Robes noires, années sombres. La Résistance dans les milieux judiciaires (Fayard, 2005).

  • Qu'il exalte l'imagination du spectateur en lui permettant de rire des autorités en place ou qu'il provoque une remise en question de son attitude passive au sein de la société, le théâtre contestataire cherche à mobiliser et à bousculer l'ordre établi. Le lien soutenu entre l'auditoire et la scène entretient la force subversive de cette forme de théâtre.Quel rôle les dramaturges jouent-ils dans un régime autoritaire ? Quel sens donner au théâtre contestataire quand il se déploie dans un contexte démocratique ? De la France aux États-Unis en passant par le Brésil et l'Argentine, Mathilde Arrigoni interroge les logiques militantes, artistiques et professionnelles à l'oeuvre dans cet art théâtral, devenu arme politique. À travers les manifestations en faveur du statut d'intermittent, elle questionne aussi la façon dont la lutte sociale s'enrichit de la pratique artistique. En croisant les outils classiques de la sociologie avec l'analyse d'oeuvres, d'auteurs et de troupes contestataires, elle explore les liens, parfois complices, souvent tourmentés, entre le théâtre et le pouvoir.

  • Révolutions, rébellions, insurrections... Contrairement aux guerres interétatiques, qui se sont raréfiées, les guerres civiles ont beaucoup augmenté depuis le début de la Guerre froide. Elles représentent aujourd'hui la forme la plus importante de conflictualité violente, en fréquence, en durée comme en nombre de victimes.
    Comment expliquer la forte résurgence des conflits internes ? Certaines périodes, certains environnements sociaux, institutionnels ou économiques lui sont-ils propices ? De nouvelles approches, fondées notamment sur l'exploitation de données quantitatives, ont tenté de répondre à ces questions. La synthèse qu'en présente cet ouvrage aide à mieux cerner les causes profondes du phénomène.

    Raul Magni-Berton est professeur de science politique à Sciences Po Grenoble.

    Docteur en science politique, Sophie Panel est postdoctorante à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire.

  • Bons squatters ou fauteurs de troubles ? L'image des squatters est contrastée, autant que le sont leurs actions, qu'il s'agisse d'occupations de locaux par des sans-logis, ou sans-papiers, de centres sociaux autogérés, de « squarts » d'artistes ou de modes de vie alternatifs. Les mouvements sont multiformes, et leurs motivations nombreuses...L'intérêt de cet ouvrage est de retracer les étapes de l'invention du squat comme mode d'action collectif, de la fin du xixe siècle jusqu'à nos jours et dans différents pays. Il met en lumière deux grandes typologies, le squat « classiste » qui revendique un droit au logement et le squat « contre-culturel » qui met en avant le droit à un espace pour vivre autrement.Dans tous les cas de figure, le squat, en tant que mode d'action collectif, a ceci de remarquable qu'il constitue ipso facto la réponse à la demande dont il est porteur.

  • Achats bio, boycott, refus de la publicité, éco-villages, véganisme... Multiforme, la consommation engagée fait du marché un lieu de contestation politique contre les excès du capitalisme et de la société d'accumulation.Dès le XVIIIe siècle apparaît l'idée que les citoyens peuvent, en unissant leurs efforts individuels, infléchir les tendances délétères de la société. Depuis, ce mouvement n'a cessé de grandir et d'étendre ses prérogatives. Aux causes de justice sociale se sont désormais ajoutées les luttes contre la dégradation de l'environnement, pour les circuits courts, contre la souffrance animale, pour l'éthique dans les échanges, etc.Critique à la fois contre et dans le marché, avec lequel elle entretient une relation ambiguë, la consommation engagée s'impose aujourd'hui comme un mouvement puissant, capable d'influencer les gouvernements, les législateurs et les acteurs économiques.

  • La désobéissance civile, à la différence de la lutte armée, sinscrit dans la vie ordinaire des individus, qui lutilisent pour marquer leur opposition à la force de la loi. Au XXe siècle, Gandhi et Martin Luther King en ont fait un instrument privilégié de protestation non violente.À lorigine inspirées par des convictions religieuses ou philosophiques, les attitudes désobéissantes ont pris une dimension plus politique. Vont-elles rester le mode protestataire de minorités ou simposer comme une forme nouvelle dexpression citoyenne ? Des groupes aux intérêts diamétralement opposés peuvent-ils « désobéir » en se réclamant dun même héritage démocratique ?Dans un contexte où féministes, anti-mariage gay, mouvement anti-impôts, indignés, écologistes, altermondialistes, parmi bien dautres mouvements, pratiquent la désobéissance civile, cet ouvrage en retrace lhistoire, les modalités daction et les rapports ambigus avec la violence, le droit et les médias.

  • "Boycott du thé anglais à lépoque de la Révolution américaine, boycott qui a donné son nom à ce mode daction (celuidu capitaine Boycott dans lIrlande du xIxe siècle), boycott des bus dAlabama contre la ségrégation raciale dans les années 1960, boycott mondial de lAfrique du Sud de lApartheid ou des produits israéliens aujourdhui : quil soit un moyen de pression idéologique, une arme des pauvres et des exclus ou parfois même un levier utilisé par les puissants, le boycott fait de longue date partie de larsenal protestataire.Cette forme de contestation connaît aujourdhui un regain de popularité, y compris dans sa variante consumériste.Offrant une réponse au sentiment dimpuissance des individus, des ONG, voire des États face à une économie mondialisée, il sinscrit parfaitement dans les formes contemporaines dengagement militant : distancié, par projet, mobilisantdes individus souvent jeunes, en réseau, à l'échelle locale, nationale, mondiale, etc.Quelles sont les conditions de succès dun boycott ?Comment y réagissent les entreprises ou le législateur ?Certains pays, certaines cultures sont-ils plus ouverts à ce type de militantisme ? Une alliance entre consommateurs,citoyens et travailleurs est-elle possible ?Mode daction dune société civile mondialisée et forte de son pouvoir dachat, le boycott pourrait au xxIe siècle savérer aussi déterminant que le fut la grève pour le mouvement ouvrier."

  • En réaction à la concentration de la production dinformation entre les mains de puissants conglomérats de presse, un « médiactivisme » sest développé tout au long du XXe siècle jusquà nos jours.Dès lorigine, il a pris deux voies parallèles : celle dun combat contre lhégémonie culturelle des médias traditionnels, et celle de la production dun autre type dinformation, sur des bases militantes, locales ou communautaires. Alternatif ou militant, ce médiactivisme na cessé de sadapter aux mutations de lespace journalistique et du répertoire de laction collective.Cette histoire des médias alternatifs depuis les années 1960 met en lumière la grande diversité des expériences, quil sagisse de la création de journaux révolutionnaires, de médias communautaires, de radios libres, dagences de presse dans les pays du Sud, ou, plus récemment, dun activisme qui sexprime sur internet.

  • Mise en concurrence, différenciation sociale, double marché du travail, migrations, tertiarisation, individualisation et flexibilité : le monde du travail a changé. Les bastions combatifs du salariat et les milieux professionnels protégés sont plus isolés et fragilisés qu'hier.

    Pourtant, le conflit au travail est loin d'être absent, comme l'ont rappelé les mobilisations contre la loi Travail en 2016. Il épouse différents contextes et prend de nouvelles formes qui s'apparentent parfois plus à de la résistance qu'à un conflit classique.

    C'est cette diversification des oppressions vécues - de classe, de genre, de sexe et de race - comme leurs traductions politiques qu'Ivan Sainsaulieu invite à comprendre. Il montre ainsi combien la contestation au travail conserve tout son potentiel subversif.

  • La manifestation est sans doute, après le vote, la forme la plus commune dexpression politique dans les pays démocratiques. Dans les pays non démocratiques, elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement des pouvoirs en place, comme lont rappelé avec force les "printemps arabes ". Une analyse sociologique et historique de ce mode daction politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres.

  • La philanthropie est la pratique contestataire d'une élite qui revendique pour elle-même la compétence à résoudre les problèmes sociaux. Elle s'est affirmée comme telle au XIXe siècle, face à la charité qui soulage et contre la démocratie qui légitime les seuls élus. Aujourd'hui encore, elle est portée par des individus qui valorisent une nouvelle gestion du social sur la base d'expertises acquises dans d'autres domaines d'activités.

    Ce livre offre un très large panorama des travaux portant sur la philanthropie des deux côtés de l'Atlantique. Alliant perspective historique et observation au sein du monde philanthropique contemporain, il propose une analyse de ses normes et de ses règles et montre son évolution vers toujours plus de professionnalisation et de légitimation.

    Un regard iconoclaste sur une activité dont l'aura médiatique n'a jamais été aussi grande qu'en ce début de XXIe siècle.

  • La grève de la faim du député Jean Lassale en 2006, le jeûne mortel de dix prisonniers de l'Armée républicaine irlandaise en 1981, ou encore les grèves de la faim collectives de sans-papiers et réfugiés, montrent la place de la grève de la faim comme forme contemporaine de la protestation.

    Cet ouvrage en propose la première synthèse claire et complète : l'histoire du recours à ce mode d'action mais aussi la diversité de ses formes - grèves individuelles ou collectives, en prison ou hors milieu carcéral, jeûne limité ou jusqu'à la mort, etc. Pourquoi les protestataires sont-ils parfois contraints à ce mode d'action ? Quel sens donner aux grèves de la faim ?

    Quel rôle jouent l'État et l'environnement des protestataires ? Quel est celui des médias ?
    Au-delà, l'ouvrage dresse une étude minutieuse des dimensions concrètes de la grève de la faim : organisation, questions médicales, intervention des forces de l'ordre ou réalimentation de force dans les prisons...

  • Hymnes nationalistes ou révolutionnaires, musiques folks irlandaises, basques ou kabyles, mouvement pour les droits civiques des Noirs rythmé par le gospel, chants pacifistes, aucune révolte, aucune mobilisation sociale ne semble avoir pu se passer de pratiques musicales.

    Cet ouvrage analyse les propriétés qui font de la musique un puissant auxiliaire des mobilisations collectives. Au fil des chapitres, des leaders politiques utilisant des armes musicales croisent des artistes qui embrassent des causes militantes, à l'image de Béranger, Joan Baez, les Zebda, Bob Geldof ou des groupes britanniques de la Red Wedge ou de Rock Against Racism.

    Pour finir, l'auteur rend compte des divers usages sociaux de la musique, et de sa capacité à osciller entre protestation subversive et résignation plus ou moins conformiste.

  • La violence est une forme de contestation d'un ordre politique, économique ou culturel réputé légitime. Ses manifestations, rarement isolées, demandent à être contextualisées historiquement et géographiquement, quelles puisent à une même source dinspiration (anarcho-syndicalisme, marxisme, islamisme radical, etc.) ou quelles empruntent des modalités proches (assassinat politique, complot, terreur, etc.).Fraction armée rouge, Action directe, Brigades rouges, Weather Underground Organization, Armée rouge japonaise : comment expliquer léclosion de groupes choisissant la voie armée au cours des années 1968 en Europe comme aux États-Unis et au Japon ? Quelles références et variables communes permettent alors cette diffusion ?Quarante ans après Mai 68, cet ouvrage interroge la résurgence et l'itinéraire de la violence révolutionnaire dextrême gauche.

  • Le souvenir des grèves de Mai 68 reste vivace en France. Pourtant, ici comme ailleurs, le nombre et les jours de grève baissent depuis vingt ans. Ce recul marque-t-il l'avènement dun monde du travail pacifié et assagi ou n'est-il que leffet de la pression exercée par la menace du chômage et de la précarité sur les salariés ?Fort dune approche historique, théorique et empirique de la grève, en France comme en Europe, cet ouvrage met en évidence l'ambivalence des évolutions actuelles : les mutations de lemploi ont contribué à affaiblir lusage de la grève comme recours pour les salariés, mais les métamorphoses de la grève n'impliquent pas pour autant l'extinction des mobilisations protestataires dans le monde du travail.La grève n'est plus aussi centrale au sein des conflictualités sociales. Elle s'inscrit plus souvent dans un halo de mobilisations qui relèvent d'autres registres contestataires (pétitions, manifestations, etc.) mais qui reprennent à leur manière l'esprit de coalition et de résistance qui la caractérise depuis sa naissance.

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