Sciences humaines & sociales

  • L´anarchisme, une chimère ? En 1894, Paris vient de connaître une vague d´attentats, la répression est forte. Élisée Reclus est invité à faire une conférence devant une loge maçonnique de Bruxelles. Le géographe épris de paysages et de liberté, le communard qui fut banni dix années, calme les esprits échauffés en inscrivant l´anarchisme dans une tradition de contestation aussi longue que l´histoire des pouvoirs. Les temps changent : « si Dieu s´évanouit », les hiérarchies tombent, et la liberté de penser fait de tous les hommes « des anarchistes sans le savoir ».

  • Ierre Kropotkine (1842-1921), est l'un des trois théoriciens les plus connus de l'anarchisme avec Max Stirner et Michel Bakounine.
    Issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l'armée à partir de 1857 et est affecté, comme officier des Cosaques, en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l'armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l'université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l'Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Dès 1872, il fait partie de la fédération jurassienne de la Première Internationale. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s'évade deux ans plus tard. Il se réfugie alors en Grande-Bretagne puis revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté et est arrêté à nouveau en 1883 à la suite des grèves des soieries lyonnaises. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l'intervention, en particulier, de plusieurs personnalités dont Victor Hugo. Il s'installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Son ouvrage L'entraide, un facteur d'évolution en fait un scientifique internationalement respecté. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d'Élisée Reclus ainsi qu'à la Chambers Encyclopædia et à l'Encyclopædia Britannica. En 1916, la signature du « manifeste des 16 » lui vaut de la part de ses anciens amis le petit nom d'« anarchiste de gouvernement ». Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksander Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique notamment de la personnalité de Lénine et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.
    Son enterrement constitue la dernière manifestation publique anarchiste en URSS, le 13 février 1921.
    Le thème central de ses nombreux travaux est l'abolition de toute forme de gouvernement en faveur d'une société qui puisse être exclusivement régie par les principes d'entraide et de coopération, sans avoir recours à des institutions étatiques. Cette société idéale (cf. communisme anarchiste ou anarcho-communisme) serait alors le dernier pas d'un processus révolutionnaire qui passerait avant par une phase de collectivisme (le collectivisme libertaire).
    En ce qui concerne L'esprit de Révolte, petit texte publié en 1881, Kropotkine développe une théorie de l'Histoire en rupture avec les thèses hégélienne et marxiste. En s'appuyant sur l'analyse de la Révolution française de 1789, il considère que les acteurs majeurs et décisifs de cet événement sont les « petites gens ». Ainsi, ce ne sont pas les élites bourgeoises et cultivées qui bouleversent le cours ordinaire des choses mais bien les gens du peuple, qui, par esprit de révolte, développe sans stratégie établie un activisme révolutionnaire qui conduit aux changements profonds. L'agitation préalable et nécessaire avant que les conditions de la révolution soient arrivées à maturité est initiée et entretenue par les grandes masses. Les années qui précédèrent 1789 virent une multiplication des pamphlets, libelles, brochures ou plus simplement encore, afin que tous comprennent, de dessins caricaturant les moeurs de la cour de Louis XVI, ceux-ci se révélèrent être des armes de propagande extrêmement efficaces qui « contaminèrent » la plus grande partie de la population, alimentant ainsi la colère sourde des gens maltraitées.
    En quelques pages, Kropotkine propose donc un manuel théorique de la révolution, de ses acteurs et des moyens nécessaires à son épanouissement.
    L'ensemble sera précédé d'une préface de Roger Dadoun, philosophe, professeur émérite de l'université de Paris VII, spécialiste des idées libertaires et anarchistes.

  • "L´Anarchie, sa philosophie, son idéal" est un superbe texte de Kropotkine. En moins de quarante pages, Kropotkine nous dépeint une histoire de l´humanité vue et revue à travers les prismes des mécanismes d´exploitation qui permirent aux élites d´affaiblir, de contrôler et de manipuler les masses afin qu´ils exaucent leurs désirs de puissance et de possession. Alors, le prince russe jette les bases d´une philosophie, qui fait plus que tout expliquer : il redonne l´espoir. Aux Editions de Londres, nous allons même jusqu´à prétendre que l´Internet a redonné à l´Anarchie une nouvelle jeunesse.

  • "On ne peut pas améliorer les prisons" de Kropotkine sont un texte polémique, humain, bouleversant par son actualité. Oui, si depuis Kropotkine, nous nous sommes enfin débarrassés de la peine de mort, les prisons restent les oubliettes de la société. Les Editions de Londres ont mis en parallèle le texte de Kropotkine avec un rapport récent sur les prisons françaises, plein de chiffres et de détails, et avec une seule conclusion : consternant ! Mais, nom de Dieu, cessons d´oublier les criminels ! Si nous constituons une société, alors notre responsabilité collective ne s´arrête pas à la condamnation par un tribunal de justice.

  • "La Loi et l´Autorité" de Kropotkine est un texte politique écrit en 1892. C´est une nouvelle tentative du prince anarchiste pour renverser l´ordre établi. Cette fois-ci, il démonte l´histoire de la société à travers l´étude de la Loi qu´il identifie au mécanisme de justification et de perpétuation de l´exploitation des plus « sans scrupules » sur les plus innocents. Il faut le télécharger et le lire pour comprendre le monde contemporain et désapprendre tout ce que l´on nous a appris.

  • Dans les quatre textes que nous regroupons ici (L'État, son rôle historique, L'Organisation de la vindicte appelée Justice, La Loi et l'Autorité et Les Droits politiques), Pierre Kropotkine entreprend une critique sans appel de l'État et de ses institutions. Dissipant l'illusion selon laquelle les hommes auraient librement consenti à s'en remettre à un pouvoir supérieur, seul moyen pour eux de se préserver d'une inévitable guerre de tous contre tous, l'auteur dénonce la structure étatique comme une organisation sociale fondée dans son essence même sur la domination. Substituant au principe fédératif de la libre initiative et de la libre entente, qui a prévalu pendant des siècles, le principe de la soumission à l'autorité, l'État centralise aux mains d'une minorité richesses et pouvoirs. Dès lors, la loi et les institutions qui la protègent - police, tribunaux, prisons -, prétendant garantir le droit des individus et les protéger de leurs semblables, se révèlent n'être que les instruments par lesquels le pouvoir conserve ses privilèges et maintient son autorité. L'égalité sociale, en ce sens, et l'émancipation des classes dominées ne sauront passer par l'appareil étatique, quelles que soient la forme de son gouvernement et l'idéologie au pouvoir. Ce n'est au contraire qu'en se libérant de l'État, en démantelant cette centralisation hiérarchisée et en renouant avec l'esprit communaliste et libertaire d'auto-organisation et de libre fédération que les hommes parviendront à réaliser une révolution sociale authentique.

  • Bakounine a un avantage : il n'a jamais été canonisé. Pourtant, sa vie et son oeuvre sont indissociables du mouvement révolutionnaire européen. Premier grand théoricien du courant anti-autoritaire, son intransigeance lui valut l'inimitié de Marx et de ses épigones.Dieu et l'État représente une excellente synthèse de la pensée de Bakounine. Le temps est peut-être venu de lire ou de relire ce « penseur agissant ».

  • Max stirner (de son vrai nom johann schmitt) est né à bayreuth en 1806.
    Il suivit à l'université de berlin les cours de hegel et devint professeur dans une institution de jeunes filles. vers 1840-1841, il entre en relation avec le groupe des freien (" hommes libres "), oú il fréquente les jeunes hégéliens bruno et edgar bauer, arnold ruge, friedrich engels. il s'y fit remarquer par sa réserve et son radicalisme. a tel point que engels écrivit : " regardez stirner, regardez-le, le paisible ennemi de toute contrainte.
    / pour le moment, il boit de la bière, bientôt il boira du sang comme su c'était de l'eau. / dès que les autres poussent leur cri sauvage " a bas les rois ! "/ stirner complète aussitôt " a bas aussi les lois ! ". ce radicalisme, stirner l'exposera dans l'unique et sa propriété (1844).
    Présenté souvent comme le bréviaire de l'individualisme anarchiste, ce livre est avant tout une récusation de la société et de ses lois, du christianisme et des autres religions, de l'hégélianisme - de l'esprit (hegel), de l'homme (feuerbach), de la liberté (bruno bauer) et du socialisme (proudhon, hess, weitling).
    Max stirner réfute toute idée morale : tout ce qui se place au-dessus de l'individu est rejeté comme limite du moi, de l'egoïste, de l'unique.
    Lors de sa parution, l'unique et sa propriété ne laissa personne indifférent. bauer, feuerbach, hess. lui répliquèrent. quant à marx et engels, ils consacrèrent la plus grande partie - presque aussi longue que le livre attaqué - de leur idéologie allemande à vitupérer " saint max ".
    Puis l'unique tomba dans l'oubli. stirner termina sa vie, misérable, criblé de dettes, vivant de travaux de librairie (il traduisit jean-baptiste say et adam smith). il mourut en 1856 des suites d'une piqûre de mouche charbonneuse. mais son livre reste, comme l'écrit son traducteur henri lasvignes, " la plus forte expression de dégoût de l'hypocrisie sociale contemporaine ".

  • Phédon

    Platon

    Le Phédon raconte une mort, celle de Socrate. Mais le récit de ces adieux singuliers est occasion de tenir un discours différent sur la mort. Car Socrate meurt après avoir parlé, après avoir arraché à la mort son «masque» effrayant de sorcière, et en pariant sur l'immortalité de nos âmes.
    Avec lui, la mort fait une entrée remarquée dans la philosophie : la mort et la philosophie se livrent au même travail de Pénélope, défaisant ce que la vie a tissé et délivrant l'âme de son oubli d'elle-même.
    Il est impossible de lire ce dialogue-là tout à fait comme on en lirait un autre. Platon, qui n'assistait ni à ce dernier entretien ni à ces derniers instants, les élève à une vérité plus haute que toute exactitude historique. Et Socrate qui, «demain», ne sera plus là, est présent comme il ne l'a jamais été.

  • Criton

    Platon

    Emprisonné et condamné à mort, Socrate s'oppose à son ami Criton qui le prese de s'évader. Le dialogue a lieu dans un climat d'urgence, car l'exécution est imminente. Mais pour Socrate, peu importe. Il faut prendre le temps de la réflexion : " Il faut examiner s'il est juste ou non d'essayer de m'enfuir d'ici sans que les Athéniens m'autorisent à le faire. Si cela semble juste, nous essaierons de nous enfuir, sinon, nous laisserons tomber ".Oeuvre brève, le Criton pose une alternative qu'il faut résoudre très vite : désobéir ou mourir.Le dossier - L'architecture de l'oeuvre - L'auteur et le contexte - Thèmes et problématiques de l'oeuvre - Glossaire

  • « Du Contrat social » est un ouvrage de philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau publié en 1762. L´idée centrale de l´ouvrage, c´est que les citoyens d´un Etat doivent s´unir pour se protéger et assurer leur liberté. Le contrat social, les liens unissant les citoyens entre eux, n´obéit donc pas à un droit naturel, mais est une convention, que tous doivent respecter pour que la société puisse fonctionner. Le livre fut interdit en France à sa sortie et valut à Rousseau des poursuites. Avec L´esprit des Lois de Montesquieu, Du Contrat social est le plus grand livre de philosophie politique des Lumières. Ce livre sera un ouvrage de référence pendant la Révolution française. Le texte reprend l´édition de Michel Rey de 1762 dont nous avons modernisé l´orthographe.

  • « La Chanson de la Croisade des Albigeois » est une chanson de geste telle que les racontaient dans les châteaux les troubadours du Moyen Âge. Elle a été composée par deux troubadours : la première partie a été faite par un certain Guillaume qui prétendait avoir vécu à l´abbaye de Tulède en Navarre comme il le dit lui-même au début de la chanson. La deuxième partie a été faite par un troubadour anonyme vraisemblablement toulousain. Guillaume de Tulède était favorable aux Croisés, alors que l´auteur anonyme y est hostile et particulièrement admiratif des Toulousains. La chanson a été écrite en langue provençale du Moyen Âge, nous en publions la version originale et la traduction en français moderne des Éditions de Londres. Notre traduction s´appuie sur celles faites par M. C. Fauriel, publiée en 1837 et sur celle de Paul Meyer publiée en 1875.

empty