Religion & Esotérisme

  • Le monothéisme inauguré par la Bible hébraïque est étrange : jamais le texte n'emploie l'expression « dieu unique » ; le nom de la divinité n'est pas prononçable ; tous les vocables utilisés par défaut pour l'évoquer sont des pluriels. Cette absence parfaitement assumée invente un divin inattendu : invisible, inaccessible, indicible. Comment interpréter cet effacement complet ? La Bible proposerait-elle un monothéisme sans dieu ? Ces interrogations forment la trame d'une enquête qui explore le texte biblique dans ses difficultés comme dans ses infinies richesses.

  • Les textes traduits ici proviennent tous des Journaux et notes de jeunesse de Gershom Scholem. Ils ont été écrits entre 1917 et 1919. Réformé pour raisons « psychiatriques », Scholem rend souvent visite à Benjamin à Berne, et, à son contact, cherche à développer une conception du langage, et, notamment, du langage biblique, à l´occasion des traductions qu´il fait de certains cantiques de lamentation. On trouve ainsi un écho direct de ses discussions avec Benjamin, sur la « justice divine » comme sur la notion d´« expérience vécue » dont Buber est, du côté juif, avec Rosenzweig, le principal représentant. À cette « expérience », Scholem veut opposer la position qu´il adoptera définitivement, celle du philologue-historien. Dans cette perspective, il esquisse une conception du temps où le prophétisme et le messianisme jouent un rôle de premier plan, ce que montre son commentaire du prophète Jonas.

  • La loi intérieure

    François Rachline

    • Hermann
    • 25 August 2010

    La Bible hébraïque n´est pas seulement le texte fondateur des plus grandes religions monothéistes, c´est aussi un ouvrage qui se laisse lire indépendamment de toute croyance et de toute piété. Telle est l´approche développée ici par François Rachline. Une lecture fidèle de ce qu´il est convenu d´appeler l´Ancien Testament conduit l´auteur à identifier dans ce chef-d´oeuvre la construction d´une éthique de l´intériorité. Dans cette perspective, plutôt que de prescrire un modèle d´organisation sociale requérant une divinité transcendante et régulatrice, le texte biblique met en scène un débat interne, propre à chaque femme et à chaque homme. Cet essai invite à découvrir la Bible autrement, comme un ouvrage de philosophie morale.

  • Quelle est la place d'Eretz Israël dans la conscience et l'imaginaire juifs ? C'est à cette question principale que tente de répondre le dossier présenté ici. Par-delà la question politique qui agite l'actualité, quels sont les référents religieux et spirituels qui traversent la tradition juive lorsque l'on parle de la terre d'Israël ? La Terre d'Israël a-t-elle été promise ou donnée ? Comment le pays de Canaan est-il devenu Eretz Israël ? Quels sont les arguments de la légitimation théologique de la conquête ? Une fois installés, à quelles règles éthiques les Juifs doivent-ils obéir ? Pourquoi la dispersion ? Mais après l'exil vinrent le sionisme et le retour. Se posent alors d'autres questions, là encore traitées sous l'angle de la tradition. Les lois bibliques relatives à la terre sont-elles encore valables ? L'aventure sioniste a-t-elle donné naissance à un État normal ? L'impératif éthique d'Israël est-il soluble dans la politique ? En quoi la coexistence avec les Palestiniens, au-delà du politique, est-elle aussi un enjeu éthique et spirituel ? Les auteurs de ce dossier éclairent toutes ces questions, chacun à leur manière.

  • Prenant comme point de départ la carte des confréries établie en 1884 par Louis Rinn, chef du service des Affaires indigènes en Algérie, cet ouvrage retrace l'histoire des confréries, leur rôle politique et militaire. Il présente une analyse sur la place qu'elles sont amenées à jouer encore aujourd'hui dans des sociétés musulmanes toujours à la recherche du point d'équilibre entre l'islam mystique et l'islam de la norme, et fournit des clés de compréhension sur la relation toujours en construction entre la République française et l'islam. Le phénomène confrérique ou soufi a en effet joué un rôle primordial dans les résistances populaires à l'expansion coloniale en Algérie durant le XIXe siècle. Il a constitué, même après la reddition d'Abdelkader et l'affaiblissement des grandes confédérations tribales, l'ennemi principal des autorités coloniales. Louis Rinn, officier des bureaux arabes et érudit arabophone, est l'un des principaux acteurs de cette rencontre inaugurale entre l'islam et la République française.

  • Le thème de la religion occupe une place importante dans la philosophie politique de John Rawls, qui veut montrer comment des personnes aux croyances inconciliables peuvent néanmoins vivre ensemble dans une société juste.
    Deux textes découverts après la mort du philosophe (introduits ici par Robert Adams, Joshua Cohen et Thomas Nagel) apportent un éclairage nouveau sur cet aspect de son oeuvre. Le premier, Une brève enquête sur la signification du péché et de la foi, est un essai de théologie morale, rédigé en 1942, alors que le jeune Rawls envisageait la prêtrise. Affirmant la nature communautaire des personnes, il y définit le péché comme le rejet de la communauté et récuse toute vision de la société comme contrat.
    Le second, Sur ma religion, est un court texte personnel rédigé cinquante ans plus tard, qui retrace l'évolution religieuse de Rawls et son éloignement du christianisme suite à sa participation à la Deuxième Guerre mondiale. Dans sa postface, Jürgen Habermas analyse la signification de l'éthique religieuse du jeune Rawls pour sa théorie politique.

  • Evidente ou insidieuse, la pollution porte atteinte à la qualité de l'air et de l'eau que nous assimilons. Peut-on vivre sereinement sans le nucléaire et sans la bougie ? Quelle puissance chacun d'entre nous doit-il consommer pour son bien-être ? Quelles sont les mesures susceptibles de maintenir le développement économique tout en préservant les écosystèmes et en réduisant les désordres ? C'est à ces questions que Philippe Arquès tente de répondre dans ce livre. Grâce à une analyse des phénomènes qui se développent sur notre planète, à la présentation de leurs conséquences et des solutions actuelles ou prévisibles, cet ouvrage intéressera les étudiants, techniciens et ingénieurs qui travaillent dans ces domaines, le responsable économique ou l'homme politique qui doit prendre des décisions déterminantes pour la communauté, mais aussi le lecteur curieux d'approfondir sa connaissance du monde.

  • Le futur naît avec la Bible hébraïque : telle est l'idée maîtresse développée ici. Dans la pensée, il s'agit d'une relation au temps radicalement nouvelle. Un véritable coup de tonnerre. Le présent ouvrage lit la Torah comme une invitation à ne jamais nous abîmer dans l'oubli du futur. Non par fascination de ce dernier, mais parce que lui seul permet de sanctionner l'effort. À partir d'exemples précis, tirés directement du texte originel, l'auteur montre que celui-ci est une magistrale promotion du devenir, un ardent appel à chaque femme et à chaque homme de se projeter au-delà du présent et de ses pesanteurs, sans jamais pourtant mépriser le quotidien. Après La Loi intérieure, François Rachline poursuit son exploration originale d'une grande aventure à dimension philosophique : la Bible.

  • Les sentiments religieux des Japonais ont beaucoup questionné les observateurs étrangers. Lafcadio Hearn, par exemple, leur prêtait au siècle dernier deux convictions profondes : tous les phénomènes (y compris les catastrophes naturelles) sont l'oeuvre des morts ; toutes les actions humaines, bonnes ou mauvaises, sont contrôlées par les morts. La place des morts dans les croyances japonaises interpelle. Grand investigateur des religions de son pays, Tokutarô Sakurai a su analyser avec rigueur et perspicacité le rôle des kami, ces esprits grâce auxquels le peuple espérait se prémunir des souffrances et des aléas, voire utiliser des forces invisibles à leur avantage. Cette étude, traduite ici pour la première fois, sert d'excellente introduction à la compréhension des religions japonaises et ouvre la réflexion sur la place occupée par les morts dans les croyances humaines.

  • L'historiographie sur les Juifs d'Afrique du Nord est encore loin d'être aussi riche que celles sur les autres communautés juives ; cet essai a donc été en partie conçu pour combler cette lacune.
    À partir du dépouillement systématique des documents littéraires et rabbiniques de la famille Cohen-Tanoudji, l'auteur brosse un tableau historique des Juifs maghrébins du Moyen Âge à nos jours. Ainsi, non content de mettre en lumière l'unité spatio-temporelle du monde séfarade, il modifie, grâce à ses recherches dans des archives anonymes, nos perceptions mémorielles collectives. De la persécution des Juifs par les Almohades (en 1147) au traumatisme de la décolonisation (en 1962), en passant par l'expulsion d'Isabelle-la-Catholique (en 1492) et l'onde de choc de la colonisation (à partir des années 1830), il présente l'Histoire des Juifs séfarades maghrébins de façon vivante : du fait de la longévité du marqueur patronymique à travers le temps, son travail donne une profondeur historique relativement inédite.

  • « Mort de Dieu », « fin de l'histoire », « désenchantement du monde », la pensée du vingtième siècle est née sur un terrain particulièrement favorable au nihilisme et rares sont les philosophes qui se sont risqués à penser le futur. Quelques-uns pourtant l'ont fait, en mobilisant de différentes manières l'idée la mieux attachée à cette dimension de l'expérience du temps : celle du messianisme juif. Pierre Bouretz retrouve ici quelques-uns de ceux qu'il avait nommé « témoins du futur » : Hermann Cohen, Franz Rosenzweig, Gershom Scholem, Ernst Bloch, Walter Benjamin, mais aussi Emmanuel Levinas, Jacques Derrida et Georges Steiner. Avec eux, il s'attache aux problèmes des rapports entre Jérusalem et Athènes ou du destin d'Israël en Europe, ainsi qu'aux questions de l'histoire, du langage ou du cosmopolitisme.

  • Sholem Aleykhem est le plus populaire des auteurs yiddish. Dans ses romans, nouvelles et pièces de théâtre qui ont eu un immense succès, il décrit avec verve et humour le monde traditionnel du shtetl (bourgade à majorité juive d'Europe de l'Est), avec ses juifs misérables, vivant d'expédients, mais qui ne perdent jamais confiance en Dieu. Au-delà d'une description réaliste, il fait de ses personnages des héros, des héros humbles, subissant la misère et l'antisémitisme ; il leur donne la parole, dans une langue qui paraît populaire, mais qui est le résultat d'un processus artistique complexe. Les dix récits de ce recueil portent sur le cycle annuel des fêtes juives, fêtes qui sont encore célébrées aujourd'hui et s'accompagnent de prières particulières, de rites et de plats spéciaux. Le lecteur les découvrira telles qu'elles étaient commémorées à l'époque de Sholem Aleykhem, souvent à travers le regard d'un enfant-narrateur. Des récits émouvants, savoureux, pleins de vie, parfois même d'une fantaisie débridée, qui font revivre un monde qui paraissait immuable, et a été balayé par l'Histoire.

  • Considéré trop souvent comme un instrument technique destiné à recenser et à définir le statut juridique des biens culturels, l'inventaire est aussi une forme culturelle qui a une portée symbolique : il liste les patrimoines qu'un État reconnaît comme siens pour leur intérêt historique, scientifique ou esthétique. Par ailleurs, l'inventaire reflète les réévaluations au cours de l'histoire ; du fait de l'absence de continuité de l'État notamment en Algérie, celles-ci affectent particulièrement les patrimoines du Maghreb : l'inventaire fait la liste de patrimoines oubliés du temps de la colonisation. Ainsi, à travers les inventaires, ce sont les cultures du Maghreb et les conditions de leur exploration que l'on peut appréhender. La pensée même de l'inventaire évoluant du fait des possibilités ouvertes par le numérique (du fait du stockage et de la création de nouveaux corpus), le questionnement s'étend aussi aux nouveaux modes de saisie des patrimoines. Cet ouvrage est issu des deuxièmes Rencontres du numérique d'Alger qui ont réuni, à la Bibliothèque nationale d'Algérie, une quarantaine de chercheurs venus du Maghreb et d'Europe.

  • Des siècles de civilisation occidentale nous ont habitués à dissocier l'âme et le corps, le pur et l'impur, l'esprit et la matière, la religion et le sexe. L'histoire est pourtant traversée de cultures qui ont entretenu un rapport beaucoup moins conflictuel entre ces réalités. Certaines sont même allées jusqu'à faire du corps et de ses passions l'un des chemins privilégiés vers le divin. Voilà ce qu'on explorera ici. On le fera d'abord en observant comment les religions, à travers le temps et l'espace, ont tenté de réguler la sexualité humaine. Mais on verra aussi comment elles l'ont utilisée pour expliciter leurs croyances et leurs dogmes, nourrir leurs symboles et leurs rituels, décrire leur expérience du sacré.
    Un tel parcours ne nous confine pas aux ombres disparues du passé  ; il permet de dégager des façons de penser et des types de comportements encore repérables dans le vécu de notre propre temps, fût-ce le plus souvent à notre insu. Il se pourrait d'ailleurs que la quête des sens caractéristique de notre époque puisse à maints égards se lire comme une véritable quête de sens, et que celle-ci s'apparente plus qu'on le croit à la quête religieuse d'une humanité plusieurs fois millénaire.

  • C'est le plus célèbre ouvrage de Leopold Zunz, le texte fondateur du courant de la « science du judaïsme », formule qui dévoile l'ambition de tous les savants participant à cette entreprise : reconstruire, dans l'optique des Lumières, l'histoire d'un passé culturel dans toutes ses dimensions, archéologiques, scripturaires, politiques, spirituelles, sans s'inscrire dans la reconduite pure et simple de la tradition juive. Le courant moderniste s'appuie sur le formidable essor de l'histoire dans l'Allemagne du XIXe siècle, et fait sienne l'ambition de débarrasser le judaïsme de toutes ses adhérences jugées mythiques ou irrationnelles. En procédant ainsi à une objectivation radicale du passé juif, Zunz et ses partisans ont introduit une profonde coupure avec maints aspects de l'histoire juive qui restaient rebelles à cette représentation moderniste, et la « science du judaïsme » va ainsi livrer l'image, abondamment reprise par la suite, d'une culture juive commandée par la raison éclairée, parfaitement à l'aise dans la modernité à laquelle il s'agit aussi de l'adapter le plus rapidement possible. Zunz peut être considéré comme le premier « sociologue » du judaïsme.

  • Attraction universelle et religion naturelle chez quelques commentateurs anglais de Newton d'Hélène Metzger (1899-1944), publié pour la première fois en 1938, fut l'une des premières grandes études consacrées à la religion et à la théologie implicites et explicites d'Isaac Newton (1642-1727).
    Au-delà son importance historique, ce texte d'Hélène Metzger est fondamental pour une compréhension conceptuelle et philosophique du travail de Newton. Il est unique dans sa présentation des conséquences de la théorie de la gravitation universelle dans l'histoire générale de la culture, et dans l'histoire de la religion du XVIIIe siècle en Angleterre.

  • Affirmer que nous sommes au seuil d'une nouvelle époque dans l'étude scientifique du religieux au Québec serait sans doute exagéré. Quelques observations le suggèrent néanmoins : reconfigurations institutionnelles dont les effets demeurent difficiles à évaluer (fermetures de facultés et ouvertures de centres, écoles ou instituts), intérêt renouvelé pour l'objet religieux chez les universitaires qui n'identifient pourtant pas leurs travaux comme relevant des sciences des religions ou de la théologie, entrée en scène d'une génération de chercheurs ayant intégré un nouvel habitus professionnel (internationalisation des parcours, multiplication des publications, financiarisation de la recherche, etc.), actualité qui place certaines expressions du religieux au coeur des débats de société.Il y a là une situation à saisir et à comprendre. C'est cet objectif ambitieux que se sont fixé trente-neuf universitaires du Québec et d'ailleurs, en autant de thèmes qui tentent de circonscrire les transformations québécoises d'un champ d'études et de son objet religieux : évolution des institutions et des associations savantes, nouveaux enjeux épistémologiques, expressions socioreligieuses contemporaines, mises en comparaison internationales. Au terme de cet exercice en forme de bilan persiste une lancinante question : et si la fondation québécoise des sciences des religions demeurait inachevée ?

  • La Mauritanie subit le fleìau du Criquet peÌlerin Schistocerca gregaria (Forskäl, 1775). Si la strateìgie de lutte preìventive est prôneìe depuis de nombreuses anneìes, il n'existait encore aucune syntheÌse nationale sur le cycle biogeìographique du locuste. L'analyse des archives acridiennes mauritaniennes (plus de 51 000 enregistrements et 440 variables pour la peìriode 1962-2007 dont la majeure partie sur les vingt dernieÌres anneìes) et des donneìes climatiques (1972-2008) permettent de comprendre la dynamique saisonnieÌre des populations solitaires du Criquet peÌlerin dans le pays. La chorologie des phases (solitaire, transiens, greìgaire) associeìe aÌ celle des eìtats pheìnologiques (larve, imago) retrace en deìtail la dynamique spatio-temporelle du Criquet peÌlerin en Mauritanie ouÌ il peut accomplir trois ou quatre geìneìrations annuelles. Ce travail permet aussi de deìlimiter les reìgions ouÌ la transformation phasaire a eu lieu au cours des dernieÌres recrudescences. Au final, 7 acrido-reìgions dont les principaux foyers greìgarigeÌnes ont eìteì deìlimiteìs et deìcrits. Par ailleurs, pour comprendre les facteurs environnementaux favorables aÌ la reproduction du Criquet peÌlerin solitaire et aÌ sa greìgarisation, une eìtude a eìteì meneìe entre une zone aÌ haute freìquence et une aÌ basse freìquence de reproduction et de greìgarisation, geìographiquement voisines. Durant cette eìtude eìtaleìe sur plus de deux anneìes, les composantes statiques des biotopes ont eìteì deìcrites : climatologie, geìomorphologie, floristique, acridologie. La teìleìdeìtection a eìteì utiliseìe pour spatialiser et geìneìraliser les observations stationnelles. Au final, certaines structures eìleìmentaires des biotopes ressortent mais surtout la diversiteì aÌ la meìso-eìchelle qui est fondamentale pour offrir au Criquet peÌlerin des conditions de deìveloppements optimales. Les reìsultats obtenus ont de profondes et beìneìfiques reìpercussions sur la strateìgie de surveillance et de lutte preìventive et curative en Mauritanie et dans la sous-reìgion.

  • 1717. Antoine Watteau vient de rendre son morceau de réception à l'Académie royale de Peinture et de Sculpture : le Pèlerinage à l'île de Cythère. L'extraordinaire succès que connaît la représentation de couples en partance pour l'île de l'Amour a contribué à faire de ce thème une véritable métaphore de la culture française du premier XVIIIe siècle. Si quelques auteurs du siècle des Lumières s'empressent de glorifier l'art du peintre de Valenciennes, les pèlerins pour Cythère qui peuplent la littérature française du XVIIIe siècle appartiennent pourtant à une tout autre tradition. Poésies néo-précieuses, romans libertins et voyages allégoriques sont autant de formes littéraires sollicitées par les nombreux écrivains du XVIIIe siècle qui se sont embarqués pour l'île de Vénus. Étrangers tant aux rêveries de Verlaine qu'aux cauchemars de Baudelaire et de Nerval, les textes de cette anthologie plongent au coeur d'une mémoire lettrée qui remonte aux contrées allégoriques chères à Madeleine de Scudéry, au Songe de Poliphile de Francesco Colonna, jusqu'aux pèlerins amoureux du Moyen Âge.

  • Considérée généralement comme étant la plus grande réussite de son règne, la politique mise en avant par Henri IV pour mettre un terme aux conflits civils qui divisent le royaume de France durant la seconde moitié du XVIe siècle n'a pas encore fait l'objet d'une étude d'ensemble. Ce livre veut combler ce vide en proposant une nouvelle lecture des « guerres de Religion » qui, seule, peut permettre de bien comprendre les gestes posés par le premier Bourbon. La guerre civile qui éclate en 1588, les conflits précédents étant davantage des révoltes, se nourrit de multiples tensions apparues au fil des ans. Elle met aux prises les catholiques regroupés au sein de la Ligue et le pouvoir royal. Se relever d'une telle épreuve s'avère excessivement difficile et ne permet pas au gouvernement royal de se lancer dans toutes sortes d'innovations. L'établissement de nouveaux liens contractuels entre le souverain et ses sujets et la réconciliation entre les Français impliquent un retour en arrière, vers les valeurs et pratiques qui avaient fait la grandeur du royaume : une foi, une loi, un roi.

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