• Polices !

    Sonia Chiambretto

    De la police de proximité dans les quartiers aux émeutes dans les grandes villes du monde, de la manifestation pacifique des Algériens à Paris en octobre 1961 au survol des drones sur les zones dîtes sensibles « grises », POLICES ! de Sonia Chiambretto multiplie les points de vue et mixe textes de création et documents (archives, témoignages.) Ce montage hétérogène invente dans une chronologie syncopée, dans le désordre apparent de ses fragments, une forme poétique d'une force singulière. Rejetant la linéarité d'une histoire ou d'une démonstration, il révèle de façon saisissante, par le simple jeu de rapprochements d'éléments initialement étrangers, toute l'ambiguïté de notre rapport à l'autorité.

  • Au-delà ici même D'abord, il y a longtemps, les dieux sont partis. Plus tard, Dieu est mort. « Nous », athées, le saurions. Notre athéisme s'abreuverait tout entier à ce savoir. Forts de cet adieu aux dieux et à Dieu, le désir qui anime ce numéro n'est pourtant pas de retourner sur les lieux de la vacance ou du crime pour y retrouver la trace de ce que nous aurions perdu. L'idée était plutôt de mener une enquête. À savoir : pour « nous », qui sommes par « principe » athées, que reste-t-il aujourd'hui de la foi ? Avec la participation de Jean-Christophe Bailly, Jan Barcentewicz, Michel Deguy, Miroslav Farkas, Maïder Fortuné, Isabelle Lassignardie, Boyan Manchev, Jean-Luc Nancy et George Oppen.

  • La mélancolie du pongiste est une monographie sur le travail récent (2008-2014) de Jérémy Laffon.

    « Cette manière de se livrer corps et âme à la cause incertaine de l'art, est avant tout employée à ne rien faire, ou à en faire le moins possible (ce qui souvent demande un grand effort d'organisation). La Collection d'assistants potentiels (2006) pouvait être le préambule à un postulat : la série de photographies réalisée en Chine montre des individus assoupis dans des lieux publics ou sur leur lieu de travail. Et cette torpeur collective ressemble bien à un acte de dissidence, sous un régime autoritaire reposant sur la docilité du travailleur. Pendant ce temps, non loin des dormeurs, Jérémy Laffon dribblait, ce qui est aussi une manière active de ne rien faire, de combler le temps mais aussi de signifier qu'en ce temps-là, il n'y a rien à faire, et de le faire savoir largement, dans une fausse discrétion.
    D'ailleurs, l'adolescent n'est-il pas le meilleur des dribbleurs, tous sports confondus ? Ainsi, Jérémy Laffon, s'est-il engagé dans l'art avec une haute conscience qu'il n'y a théoriquement « rien à faire », et cela depuis bien longtemps.
    C'était déjà le cas pour le copiste d'Herman Melville qui a eu la sagesse de « préférer ne pas » faire, annonçant un siècle plus tôt, l'attitude d'une frange entière des artistes de l'ère postmoderne qui renoncèrent raisonnablement à l'exigence de la nouveauté à l'heure où tout a déjà été fait. Et dans ces conditions, il ne reste plus qu'à occuper le temps, ce que Duchamp aurait fait de mieux en tant qu'artiste, c'est-à-dire en faisant autre chose, comme jouer aux échecs. Pendant qu'il dribble inlassablement, Jérémy Laffon ne fait rien, sans cesse. » Julie Portier

  • Enkel

    Katrin Kamrau

    • La houle
    • 4 December 2020

    Un livre à spirales, cahier de tirages, carnet d'épreuves qui oscille entre pratique photographique et archivistique.

  • Diplômé de l'Institut supérieur d'architecture Saint-Luc à Liège et de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne où il dirige aujourd'hui la chaire de construction en bois (IBOIS), Yves Weinand s'attache à dépasser, pour en traduire le synthèse, les limites traditionnellement établies entre l'ingénierie et l'architecture. A Liège où il a installé son bureau d'études, il a participé à la construction de la rampe de la Passerelle en rive droite de la Meuse, et prépare le projet de la future patinoire communale (en association avec l'atelier d'architecture L'Escaut).

    Damien Darcis développe quant à lui un travail d'investigation sur les notions d'authenticité en architecture, particulièrement dans le champ du patrimoine, en droite ligne de ses études à l'Université de Liège où il effectue un doctorat sur la spatialité. Tous deux développent, dans des registres réflexifs distincts, un même engagement pour la recherche, agissant en véritables défricheurs d'horizons.

    Tous deux développent, dans des registres réflexifs distincts, un même engagement pour la recherche, agissant en véritables défricheurs d'horizons.

  • Tyndo de Thouars

    Simon Boudvin

    À l' est de la ville de Thouars, proche de la tour du prince de Galles, le sénéchal Louis Tyndo construit le premier corps de son hôtel particulier. Chaque siècle, s'ajoute à la grande maison de la Renaissance une aile nouvelle pour accueillir un nouvel usage : habitation, caserne, prison, école, centre socioculturel. L'ensemble est aujourd'hui rénové pour loger le Conservatoire de musiques et de danses.
    Le temps de cette reconversion est une occasion pour inventorier ce qui va disparaître : les traces laissées par les écolières, les ouvriers, les prisonniers, les soldats, les passants. Des bribes de phrases, des notes de chantier, des noms, des initiales, des signes inintelligibles, des figures muettes ; voilà ce que consigne ce livre.
    /> Ces traces, Simon Boudvin les photographie et les retranscrit selon les conventions épigraphiques pour composer une poésie concrète, un récit chaotique, synthèse des écrits de l'édifice. Le texte assemble ce que les usagers ont voulu laisser dans le dur. Les marques de leur passage expriment leurs humeurs, leur malaise et leur nécessité, mais aussi une part de liberté. Ils fabriquent l'esprit des lieux.

  • Avec Les Corps culinaires, Isabelle Rozenbaum retrace son parcours de photographe depuis plus de vingt ans. Considérée comme photographe ethno-culinaire, elle a introduit en France - au début des années 2000 - le reportage " en cuisine ", c'est-à-dire les prises de vue favorisant la pratique et le savoir-faire des chefs dans leur propre lieu de travail, concept inauguré par les anglo-saxons et qui, en une décennie, est venu bouleverser la représentation culturelle de la cuisine illustrée jusqu'alors par les sempiternelles " natures mortes ". L'auteur nous expose, ici, ses choix de photographe indépendant, sa conception de la photographie culinaire ainsi que les enjeux, pour elle, de l'utilisation d'un nouveau médium : la vidéo. De l'univers gastronomique au monde du vin en passant par les milieux littéraire et artistique, Isabelle Rozenbaum évoque ce métier de photographe et de vidéaste, complexe, ambitieux et passionnant qui ne cesse d'évoluer avec les développements des nouvelles technologies et nous explique comment l'image, souvent par des voies détournées, peut nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes et sur le monde que nous traversons.

  • La Tribune du Jelly Rodger est un journal de propagande poétique. C'est un journal saisonnier et participatif de 24 pages, en deux couleurs, qui aime et se joue des secrets, exceptions et règles inconnues de la langue française.

    Sans pub !
    Sans sub !
    Sans tunes !
    Sans turlutte !
    Sans promesses !
    Sans pipeau !
    Cent pour cent poétique !


    Rédacteurs de mêche : BéaMo, Carmiquel, Dédel, Hugo Fontaine, Blanche Laviale, Rémy Leboissetier, Barbara Mawhin, Georges-Éric Moatti, Blonde Nijinski, Élie Rodgeronimo, Seream, Francis Tabouret, Qad Yougal.

    Illustrateurs peinturlureurs : Amina Bouajila, Hélène Bléhaut, Mathieu Demore, Rémy Leboissetier, Juliette Léveillé, Peter Panzer, Éloïse Rey, Julie Staebler, Sylviane Tondine, Mathieu Zanellato

  • Visage ; mis à nu

    Olivier Roller

    Visage. mis à nu est un livre sur le travail photographique d'Olivier Roller, considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs portraitistes hexagonaux.
    Depuis 20 ans, il « rollerise » - terme inventé par la presse pour définir son travail de portrait - des personnalités du monde de la culture, de la mode et des médias, de Juliette Binoche à Sofia Coppola, de Jean-Luc Godard à Xavier Dolan, de Jean Paul Gaultier à Karl Lagerfeld.
    Ce livre réunit 200 portraits sur plus de 300 pages, mais aussi des commentaires d'Olivier Roller et de personnalités qu'il a photographiées. Il propose ainsi une série de regards sur ces images singulières et étranges, et plus largement sur ce travail particulier qu'est le portrait qui, ici, ne met pas en scène le visage mais le présente tel qu'il est, qui met à nu ceux qui s'y soumettent.

    Olivier Roller est l'un des portraitistes hexagonaux les plus reconnus, y compris par ses modèles, politiques, écrivains et artistes. Qu'ils aient apprécié le résultat ou pas, ils s'accordent tous à dire qu'ils ont vécu dans son studio une expérience qui les a confrontés à leur image. Parfois malgré eux, sans échappatoire possible.
    Olivier Roller a sa manière singulière de restituer la réalité d'un visage - certains diraient plus «vrai» - avec ses reliefs, ses particularités, voire même ses imperfections. Bref, le visage, rien que le visage, dans ce qu'il révèle de nous.

    « Mon travail part d'un constat : je suis frappé par la manière dont on regarde l'autre ou, pour être plus exact, dont on ne le regarde pas. [.] Ce qui m'intéresse c'est d'enlever les couches successives de masques que l'on se crée pour révéler l'identité et l'intime. » Olivier Roller.
    Sous la direction de Bruno Chibane.
    Ont participé au livre, à travers des contributions ou des interviews :
    Rodolphe Burger, Jean-Claude Brisseau, Daniel Cohn-Bendit, Christophe Donner, Clara Dupont-Monod, Mike Hodges, Julia Kerninon, André S. Labarthe, Jean-Luc Nancy, Nathalie Quintane.

  • L'auteur de ce texte est un vieux-con. Le système éducatif au centre duquel il établit son site n'a rien d'un système compétitif clairement référencé. Il ne fait partie d'aucune bande, il est terré dans sa banlieue plutôt qu'il n'y circule. Ni sa poétique ni sa pédagogie ne relèvent d'une technologie qu'on pourrait qualifier d'interactive et de véritablement performante. Il est seulement le porte-parole vieillissant de sa vieillesse et de son vieillissement. L'auteur de ce livre est assis sur son tabouret. Il attend. Il n'est pas très sûr d'exister. Prend seulement conscience de cette évidence, purement grammaticale : toute phrase négative inclut nécessairement l'affirmation qu'elle a pour fonction d'écarter. Il semble que la photographe, mieux que le poète qui lui sert de modèle, parvient à véritablement voir le paysage. La confrontation de ces deux postures, celle de l'écrivain et celle de la photographe, génère le livre, où deux discours se poursuivent en toute indépendance et s'entrelacent sans se confondre.

  • Pop Art, expressionnisme, comics, médias, graffiti, jeux vidéos et club culture, les influences de Jim Avignon ratissent large, ancrant directement sa peinture dans notre quotidien. Et cela tombe plutôt bien, car cette figure incontournable de la scène berlinoise des années 90 a toujours souhaité que ses oeuvres puissent être accessibles au plus grand nombre. Improbable Robin des Bois du marché de l'art, Jim Avignon obéit à une logique économique qui lui est très personnelle. «Pour une peinture qu'un particulier m'achète 500 euro, je fais payer une société 20 000 euro pour la même oeuvre. Chacun paie selon ses moyens ! «. Ses nombreuses collaborations avec des entreprises comme British Airways, Arte, Rover ou Swatch assurent pour une grande part la viabilité de sa démarche. Une stratégie qui lui permet de diffuser sont travail à grande échelle - plus de 10 000 oeuvres vendues depuis le début des 90's - mais aussi de financer ses nombreuses activités, et notamment celle de musicien.

  • Entrer: exposition au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris (novembre 2015 - janvier 2016), et son catalogue invitent visiteurs et lecteurs à se laisser prendre au jeu d'une déambulation à travers les traces de cinq projets d'architectures engagés qui ponctuent depuis peu le paysage belge. S'y retrouvent : une ancienne chapelle accueillant les réserves des musées de Mons, un équipement sportif recomposant un paysage à Spa, une reconversion industrielle renforçant le centre de Dison, une passerelle métamorphosant un espace public à Bruxelles, et un pavillon de jardin à Renaix articulant cuisine professionnelle et collection d'oeuvres d'art.

    Cinq critiques internationaux - Pierre Chabard, Asli Çiçek, Francesco Della Casa, Phineas Harper et Sebastian Redecke - se sont également prêtés au jeu de la déambulation en l'utilisant comme outil d'appréhension et méthode d'analyse de ces projets.

    Parallèlement à ces essais, des interviews approfondies avec les architectes - Atelier Gigogne + L'Escaut, Baukunst, Baumans-Deffet, MSA + Ney & Partners et Vers.A - ouvrent sur leur positionnement, leur démarche et leur pratique spécifique.

    Chaque projet est illustré par une succession de photographies en pleine page, telles des séquences architecturales pointées et réalisées par Maxime Delvaux Essais critiques, interviews et flip-books forment cinq triptyques pour comprendre autrement ces architectures.

  • Depuis son ranch californien, dans le canyon de Topanga, Chris Burden décrit ses rencontres plus ou moins heureuses avec les coyotes qui rôdent autour de chez lui ; des histoires où la proximité entre les hommes et les bêtes sauvages déplace sans cesse des frontières qu'on croyait établies.
    Les coyotes écoutent de la musique, volent des couteaux, mangent du raisin, pissent sur un portefeuille, se font aguicher par une rousse, se font défoncer la tête à coup de marteau et bien d'autres mésaventures ; le tout écrit et illustré de la main du plus célèbre des artistes performers des années 70.
    Coyote Stories est, à l'origine, un portfolio de l'artiste édité à 18 exemplaires par Jacob Samuel en 2005. Ce livre en présente une adaptation suivie d'une transcription française par Marcel Cohen et Céline Flécheux.

  • Inauguré à l'occasion de Mons 2015, Capitale Européenne de la Culture, cet équipement est « né d'un grand rêve sonore tramé en Jean-Paul Dessy, de son amour des sons et du silence » poursuit Sylvie Germain, l'aboutissement de trois décennies d'engagement du compositeur, chef d'orchestre et violoncelliste belge.

    Plongez dans cette Maison de l'Écoute avec les titres inédits qui y ont été enregistrés - et partez à la découverte du lieu, capturé par le photographe Michel Mazzoni ? dans son étrangeté et par Pierre Mertens, Sylvie Germain, Albane Amoros (entretien croisé d'Étienne Holoffe, Jean-Paul Dessy et l'acousticien Eckhard Kahle), Marie-Cécile Guyaux (marché d'architecture), Richard Scoffier (critique architecturale) et Denis Laurent - pour un portrait de l'intégration d'oeuvre d'art, La Rumeur, intrigante sphère sonore du créateur français Mathieu Lehanneur.

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