Entreprise, économie & droit

  • En 1929, une crise économique inédite ébranle le monde. Face à l'interventionnisme de l'État et au chomâge massif, des voix s'élèvent. Bernard Landon propose une "solution miracle" : soutenir l'industrie en renouvelant fréquemment les biens d'usage. Selon lui, la crise entraîne une baisse de consommation et donc de production, menant à la fermeture des entreprises et au maintien de la situation économique critique. Seule une sortie de ce cercle vicieux pourra sauver le pays. Et si les usagers ne consomment pas d'eux-mêmes, il faut les y pousser voire les y obliger. Mais en utilisant dans cet essai autodité de 1932 le terme d'"obsolescence programmée", il ne se doutait pas qu'il désignerait quelques décennies après l'introduction volontaire de défaillances techniques dans les produits.

    Juif originaire de Russie, Bernard Landon est un agent immobilier et un courtier arrivé à New-York au début du XXe siècle. Fervent défenseur du progrès et poussé par le succès de ses investissements, il s'intéresse de près à l'économie américaine et propose des solutions innovantes pour sortir son pays de la crise et relancer la croissance. La plus connue reste l'"obsolescence programmée", qui sera transformée après-guerre par les industries en "culte de la nouveauté".

  • L'expression « droits de l'homme » reste un symbole fort de la société patriarcale, là où d'autres pays ont corrigé leurs textes en adoptant « droits humains », terme qui place les hommes et les femmes sur le même plan. La légitimité dont bénéficient les termes employés par les pouvoirs publics leur confèrent un poids tout particulier. Il est temps pour la communauté francophone dans son ensemble de prendre acte de la réalité des discriminations qui s'exercent contre les femmes et de modifier la langue française en conséquence pour éviter qu'elle y contribue.

    Ce livre manifeste rassemble écrits et dessins de personnes d'horizons divers (universitaires, comédiennes, avocates), connues ou méconnues, qui apportent un éclairage historique, linguistique et politique à cette requête.

    Géraldine Franck est la coordinatrice du livre et la préfacière.
    C'est une militante égalitariste active dans plusieurs collectifs. Côté féminisme, elle est passée par La Barbe, Genre et ville, Georgette Sand et Droits humains pour tou·te·s.

  • Entre le débat au Parlement sur le rôle social et la raison d'être de l'entreprise dans le cadre de la loi PACTE et les manifestations des « gilets jaunes », quel rôle peut jouer l'entreprise ? Ces dernières années, certaines d'entre elles ont lancé des actions en faveur des populations les plus modestes. Ce livre appelle à réinventer le rôle social de l'entreprise, à développer l'innovation sociale dans les territoires, à rechercher de nouvelles alliances avec l'entrepreneuriat social et le monde associatif, bref à retrouver le lien avec la société en étant acteur de la lutte contre les inégalités.

    Alexandre Collinet est directeur général adjoint de Leboncoin.
    David Ménascé dirige le cabinet Azao et enseigne à HEC.
    Éric Soubeiran est directeur Nature et Eau de Danone et du fonds Ecosystème.
    Pierre Victoria est directeur du développement durable de Veolia et animateur du groupe de travail sur l'entreprise à la Fondation Jean-Jaurès.

  • C'est la première fois qu'un ancien directeur de banque dit la vérité sur le système bancaire tel qu'il fonctionne aujourd'hui, en Italie et dans le monde. Vincenzo Imperatore a été pendant vingt ans à la tête de la cellule opérationnelle de l'un des plus prestigieux établissements de crédit italiens, la banque Unicredit. Avant et après la crise économique. Son témoignage, d'une sincérité remarquable, met au jour les secrets, les stratégies et les manèges que les banques mettent en oeuvre pour engranger des profits aux dépens des clients.

    Après des études d'économie et de commerce à Rome, Vincenzo Imperatore (Naples, 1963), est entré chez Unicredit, une des plus grandes banques italiennes, où il est devenu directeur de filiale, en charge des petites et moyennes entreprises, couvrant un secteur important de l'Italie méridionale. En 2012, il crée sa propre entreprise de conseil, dans laquelle il assiste ses clients dans la restructuration des dettes.

  • En 2011, dans Ma petite entreprise a connu la crise, Nicolas Doucerain, jeune président de Solic, entreprise au bord de la faillite, racontait son combat pour permettre à sa société de survivre.
    Très bien reçu par la presse et les médias, le livre a fait l'objet d'une édition augmentée en 2012. Alors que la crise sanitaire de 2020 menace de nombreuses entreprises, Nicolas Doucerain reprend la plume pour compléter son ouvrage et le mettre à jour. Il raconte notamment comment il a rebondi après la faillite de son entreprise Solic en créant une structure d'accompagnement des entrepreneurs confrontés à des difficultés, analyse la crise sanitaire actuelle et ses conséquences pour les entreprises, et propose des solutions pour changer nos paradigmes entrepreneuriaux et nos façons de travailler.

    Né en 1976, Nicolas Doucerain est un entrepreneur autodidacte. Après la faillite de son cabinet de recrutement Solic à la suite de la crise financière de 2008, il a partagé son expérience dans son livre, Ma petite entreprise a connu la crise, et lors de conférences auprès d'entreprises, de grandes écoles, d'associations, etc. En 2019, il crée Valumen, un cabinet spécialisé dans le management de transition premium. Il est également chroniqueur sur BFM Business.

  • En quelques années, le marché du cachemire a explosé. De matière de luxe, réservée à une élite, le cachemire est devenu un produit de grande consommation. Or, de la chèvre des steppes mongoles qui produit cette fibre pour se protéger du froid, jusquaux boutiques de luxe de Paris ou New-York, cest toute une filière industrielle et commerciale qui sest organisée, largement inconnue du grand public.

    Le cachemire illustre parfaitement les problématiques actuelles de la mode et du textile, stigmatisés pour leur impact écologique, les maltraitances animales et leur manque de transparence.

    Cette enquête au cur de lindustrie du cachemire fait la lumière sur la façon dont celle-ci est organisée, sur les grands acteurs qui la dirigent, sur les problèmes auxquelles elle fait face.

    Jeune entrepreneur et voyageur, Victor Chevrillon, diplômé de HEC, appartient à cette jeune génération sensibilisée aux enjeux liés à la mondialisation. Sur la route du cachemire est son premier livre.

  • Ce livre est une plaidoirie?: la «?radicalisation des esprits?» oxyde la société française, l'«?hyper?» - puritanisme, aseptisation, uniformisation, conformisme, hygiénisme, sécurité, transparence, contrôle - infecte les consciences, et le contexte technologique, communicationnel, médiatique, marchand bouleverse les comportements. Éric Dupond-Moretti nous prévient?: la société contemporaine et la civilisation en devenir se soumettent à des diktats et acceptent des compromis qui menacent les libertés. Ce dialogue avec Denis Lafay doit être lu comme un combat, un manifeste pour la Liberté qui interpelle le lecteur au plus loin dans son intimité, son humanité. Et ses responsabilités. Car il n'y a pas de droit d'être libre sans devoirs à l'égard de la liberté.

    Éric Dupond-Moretti est un avocat pénaliste français, réputé pour le nombre record d'acquittements qu'il a obtenus. Il a récemment publié Le Dictionnaire de ma vie (Kéro, 2018).

  • Avant-propos C'est ici que ça va se passer ; chapitre 1 Éthiopie - Turbulent paradis de la bière ; chapitre 2 L'histoire - La conquête de l'Afrique ; chapitre 3 Nigeria - Intégration à tous égards ; chapitre 4 Vente et marketing - Guerres de la bière ; chapitre 5 Sierra Leone - Le mystérieux ange gardien ; chapitre 6 Impact - Créativité comptable ; chapitre 7 Afrique du Sud - Bataille pour les townships ; chapitre 8 Commerce socialement responsable - Alcool et philanthropie ; chapitre 9 Burundi - Les dictateurs vont et viennent, Heineken reste ; chapitre 10 Travailler chez Heineken - On violait ces femmes ; chapitre 11 Congo - C'est ici qu'on apprend les ficelles du métier ; chapitre 12 Zones de conflit - Éthique en temps de guerre et de dictature ; chapitre 13 Rwanda - Brasser de la bière pour des génocidaires ; chapitre 14 Et Heineken ? - Réactions et stratégie ; chapitre 15 Mozambique - Avantages fiscaux en échange de propagande ; Conclusion Une île de perfection dans un océan de misère ; Épilogue de la version française le patron et la promotrice

  • Cet ouvrage est issu du travail d'une juriste passionnée de littérature et de création.Il s'adresse aussi bien aux auteurs qu'aux éditeurs et compile les 100 questions juridiques principales qui sont fréquemment posées durant le processus d'écriture, la publication et la post-publication d'un livre.Le guide balaye des sujets aussi divers que le droit d'auteur, le domaine public, le droit de citation, l'auto-édition... Il fait le point sur les obligations légales qui entourent la publication d'un ouvrage, sur les régimes fiscaux et sociaux des auteurs, et sur les recours juridiques dont ils disposent. Il sera le compagnon idéal tout au long de l'écriture et de la publication de tout projet éditorial.

    Elvire Bochaton est juriste en droit de la propriété intellectuelle (droit d'auteur, droit des marques, droit des brevets...). Elle a eu l'opportunité de travailler au sein d'une grande maison d'édition, pour la télévision et la radio et auprès d'inventeurs et porteurs de projets divers. Dans la pratique de son métier, rendre le droit accessible pour tout public est une de ses priorités et la « vulgarisation » juridique lui tient particulièrement à coeur.

  • Avec les premiers coups de canon daoût 1914 se termine le XIXe siècle. Ses dernières décennies avaient été le théâtre dune première « mondialisation », marquée par une liberté à peu près complète de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux.
    Au tournant du XXIe siècle, en 2001, ladhésion de la Chine à lOrganisation mondiale du commerce symbolise un temps nouveau de mondialisation, plus limité et peut-être tout aussi fragile.
    Entre ces deux temps forts, le monde a connu des guerres et des crises, la tentation du repli sur soi et lillusion communiste, mais aussi des avancées majeures permettant de répondre au choc démographique de la deuxième partie du siècle.
    Dune mondialisation à lautre, lhistoire économique de ce long XXe siècle est surtout celle de la recherche, jamais achevée, de léquilibre entre croissance et justice sociale.

  • Le grand plan de développement de lénergie éolienne en France va-t-il tourner au naufrage?? Tout semble lannoncer. Des doutes de plus en plus forts et justifiés entourent ce choix énergétique qui répond essentiellement à des considérations politiques. Dans toutes les régions de France se manifeste une opposition croissante de la part des riverains contre les éoliennes qui menacent leur environnement et leur santé, mais aussi des Français en général, révoltés par le saccage de leurs paysages et le gaspillage des denier publics.
    Trompeusement paré de toutes les vertus écologiques, le développement en France des éoliennes, destructrices du patrimoine et de notre potentiel touristique, nobéit à aucune logique climatique ou économique. Il donne lieu à des montages financiers souvent opaques qui ne profitent quà un petit nombre dinitiés, alors que cest lensemble des Français qui, par leurs impôts et les taxes perçues sur les factures délectricité, supportent le coût insensé de cette politique irresponsable.
    Il est plus que temps de renoncer à cette utopie écologique qui ne correspond ni aux spécificités de la France en matière de paysages, ni à son modèle énergétique, et qui nous conduit collectivement vers un désastre culturel, environnemental, sanitaire et financier sans précédent.

  • Vous consultez votre smartphone toutes les trois minutes dans l'attente fébrile d'une notification, d'un like, d'un match, tout en scrollant une quantité invraisemblable de contenus et en méditant sur le vide de l'existence ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul. À grand renfort de chauffeurs privés, de cuisiniers personnels et de livraisons à la demande, nous devenons esclaves du « maintenant, tout de suite ». En « facilitant » nos vies, des entreprises ont entièrement remodelé notre quotidien à leur image : hypertravail, optimisation de soi, culte de la réussite. Le tout emballé dans le mythe d'un soi-disant « monde meilleur », leitmotiv d'un nouveau genre de culte qui nous promet bonheur, paix, justice et vie éternelle... Vive la connectivité infinie ! À moins que ?
    Bonne nouvelle : ceci n'est pas une énième « ode à la déconnexion », mais un joyeux coup de pied dans le derrière, guide de survie pour vos interminables soirées de swipe. Alors, prêts à rester au pays des merveilles et à descendre avec le lapin blanc au fond du terrier ?

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    Diplômée en économie, Lauren Boudard a travaillé pour la French Tech. Dan Geiselhart est journaliste et a dirigé le magazine Silex-ID. Ils ont fondé Tech Trash, un collectif qui décrypte avec sarcasme la façon dont la technologie affecte notre quotidien.

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  • Lorsque Fabrice Zerah crée son entreprise en 2008, en pleine crise financière, il na pour atout quune seule conviction : les objets connectés, encore inconnus à lépoque, révolutionneront le monde. Il se lance alors dans laventure sans capital, sans diplôme, et sans la moindre relation dans le domaine de la finance ou de la technologie. Il na quun seul client ou presque, Decathlon. Dix ans plus tard, son entreprise est entrée dans le cercle très fermé de la « French Tech » et travaille avec les plus grands groupes.
    Pourtant, rien ne prédestinait ce jeune entrepreneur au succès. Ex-chômeur au CV terne, il aurait dû finir sa course contre le mur de léchec. Mais pour cet optimiste infatigable, léchec nest quune péripétie Cest même une réussite qui signore ! Il en fera lun des combustibles de son ascension.
    Avec franchise et humour, il raconte son histoire, celle dun entrepreneur pas comme les autres, ponctuée danecdotes, de retournements et de nuits sans sommeil.
    Nallez pas lui dire que la France est un pays où lon ne peut rien faire Pour lui, lhexagone est un paradis pour les entrepreneurs. Mieux, il veut adresser aux jeunes qui, eux non plus, nont ni diplôme, ni argent, ni réseau, un message despoir : on peut réussir en France, même si lon nappartient pas à lélite sociale de ce pays.

  • Quand et où le capitalisme est-il né ? Est-il le fruit de circonstances favorables ou a-t-il émergé grâce à la volonté des hommes ? Relève-t-il de la marche inéluctable vers un progrès inévitable ? Est-il forcément lié à l'Occident et à la démocratie ou peut-il s'épanouir ailleurs et sous d'autres formes ? De l'Angleterre du xviie siècle à la Chine du XXIe siècle, Joyce Appleby retrace, loin des idées reçues et des querelles idéologiques, l'histoire de ce modèle devenu le fondement de nos sociétés modernes, source de changements et de renouvellements permanents, parfois restreints et prévisibles, parfois profonds et incontrôlés. Elle s'attache à démontrer que le capitalisme est avant tout un phénomène culturel quand les économistes, avec leurs modèles mathématiques, l'entourent de l'aura mystique d'un mécanisme autonome. Il nous serait donc possible de modeler ce formidable système de production de richesse pour qu'il soit au service des hommes et non au service de l'argent.

  • Véritable manuel anticrise (de morosité), L'économie, pour quoi faire ? propose douze leçons d'économie aussi loufoques que mordantes du professeur Benchley, docteur ès nonsense, témoin du krach de 1929 aux États-Unis et de ses conséquences en Europe.

    Dans ce livre, Robert Benchley se penche donc sur la situation financière internationale, conseille le président Poincaré pour stabiliser le franc et tente d'inculquer le sens de l'humour aux banquiers. S'interrogeant sur l'avenir de certains petits métiers - par exemple fabricant de bateaux en bouteille ou polisseur de canon -, il analyse aussi certains marchés en pleine mutation, comme celui de la brunette parisienne ou du chameau en Australie. Questionnant la notion de réussite, il nous invite enfin à méditer sur cette formule pleine de sagesse : « Le travail est une forme de nervosité. »

    Composé en quasi-totalité de textes inédits, ce recueil comprend le fameux « Rapport du trésorier », hilarant sketch « comptable » qui rendit son auteur célèbre aux États-Unis et lui ouvrit les portes de Hollywood. Animé d'une réjouissante détestation de l'économie, Benchley signe ici certains de ses textes les plus virulents.

  • Depuis l'Histoire du livre et de l'imprimerie en Belgique publiée dans l'entre-deux-guerres par le Musée du Livre, aucun ouvrage de synthèse n'avait remis en perspective les grandes tendances de l'édition belge. L'ouvrage de Pascal Durand et Tanguy Habrand vient combler cette lacune en entrecroisant histoire de l'édition, histoire des idées et histoire des institutions de la vie littéraire et intellectuelle.
    La production du livre belge de langue française correspond à un marché restreint, tributaire de logiques qui lui sont propres - avec un poids particulier des industries graphiques - tout en étant soumis à la force d'attraction exercée par l'édition française sur les genres les plus prestigieux. Quelques-uns, tels Lacroix, éditeur de Hugo et De Coster dans les années 1860, ou Deman, éditeur de Verhaeren et Mallarmé, ont brièvement réussi à tirer leur épingle de ce jeu déséquilibré. Plus nombreux et significatifs sont ceux qui, de Casterman à Marabout, ont dégagé de durables ressources de créativité dans les domaines du livre religieux, de la bande dessinée, du livre pratique et du livre pour la jeunesse.
    En six chapitres de longueur croissante, c'est tout un paysage de livres et d'éditeurs qui se trouve reconstruit sous les yeux du lecteur, allant des premiers imprimeurs dans les territoires qui formeront la Belgique jusqu'aux processus de concentration éditoriale actuels, en passant par les industriels de la contrefaçon, les grands éditeurs de bande dessinée et les pionniers du livre de poche francophone. Sans oublier les maisons de taille souvent modeste qui, vouées au roman, à la poésie, au théâtre, à l'essai lettré, contribuent à la vie du livre comme vecteur de haute culture.

    Pascal DURAND est professeur ordinaire à l'Université de Liège, où il dirige le Centre d'Étude du Livre Contemporain. Spécialiste de Mallarmé et de la poésie moderne, il est aussi l'auteur d'ouvrages sur l'histoire de l'édition, les rapports presse/littérature et les figures contemporaines de l'orthodoxie politico-médiatique.
    Tanguy HABRAND est assistant au département Médias, Culture et Communication de l'Université de Liège et par ailleurs éditeur associé à la collection « Espace Nord »?; ses recherches et publications portent sur les stratégies éditoriales, les politiques du livre et l'édition indépendante.

  • En France, les municipalités produisent aujourd'hui 47 millions de tonnes de déchets par an ; elles consomment environ 6 milliards de mètres cubes d'eau et produisent à peu près la même quantité d'eaux usées. Les villes consomment donc beaucoup et perdent presque autant. Elles constitueraient, selon l'écologue Eugen Odum, des écosystèmes parasites, vivant au détriment des autres tout en affectant le fonctionnement biogéochimique de la biosphère.Déchets et eaux usées sont d'excellents traceurs des relations qu'entretiennent les sociétés et la nature et permettent de s'interroger sur la permanence du parasitisme urbain - question d'importance au regard des enjeux du développement durable. Une première analyse laisserait penser que l'industrialisation et l'urbanisation caractéristiques des deux derniers siècles ont renforcé le rôle destructeur des villes et la production de déchets de toutes natures : le déchet serait en quelque sorte consubstantiel à la ville.Sabine Barles revient ici sur cette hypothèse en montrant que l'invention des déchets urbains est relativement récente. L'analyse et l'exploitation du cycle des matières furent en effet déterminantes au cours de la première révolution industrielle. Leur circulation de la maison à la rue, de la rue et de la fosse d'aisances à l'usine ou au champ contribua au premier essor de la consommation urbaine. Scientifiques, industriels, agriculteurs - parfois confondus - regardèrent la ville comme une mine de matières premières et participèrent, aux côtés des adminstrations municipales, des services techniques et des chiffonniers, à la réalisation d'un projet urbain visant à ne rien laisser perdre, projet garant de la salubrité urbaine, du dynamisme économique et de la survie alimentaire.Ce n'est que lorsque industrie et agriculture purent se passer de la ville qu'elles lui abandonnèrent ses excreta au profit d'autres matières premières plus abondantes, plus rentables, plus commodes. De fait on assiste, à partir des années 1880, à une dévalorisation progressive des excreta urbains qui se feront plus tard déchets et eaux usées, malgré les tentatives faites çà et là pour leur trouver de nouveaux débouchés. Chimistes et agronomes se détournèrent de la ville qui échappa dès lors à leurs compétences.La ville, principal lieu d'une consommation dont elle avait dans un premier temps permis l'essor, rompait ses liens matériels avec l'agriculture et l'industrie et devenait ce que dénonçaient les premiers écologues urbains : un parasite.

  • Nous rêvons la nuit, nous rêvons aussi le jour - quand nous sommes dans la lune ; nous rêvons de transformer le monde, de devenir les héros de nos livres ou de nos films préférés. Nos rêves nocturnes nous inquiètent parfois et nous nous demandons s'ils ont un sens ; nos rêveries cheminent selon d'étranges associations d'idées. Même si nous avons plaisir à les raconter, nos désirs, nos projets peuvent sembler absurdes et irréalistes. Faut-il arrêter de RÊVER ? Ou nos rêves nous apportent-ils espoir, bonheur et réconfort ? Un monde sans rêves serait-il encore un monde humain ? Des stoïciens à Freud, de Descartes à Diderot, de Spinoza à Nietzsche, de nombreux philosophes ont interprété les rêves et étudié ce qu'ils peuvent nous apprendre sur nous-même. L'homme est souvent défini comme un animal raisonnable, un animal rieur ou un animal politique, ne pourrait-on pas aussi le définir comme un animal qui rêve ?

    Agrégée de philosophie, Barbara de Negroni enseigne la philosophie en classes de terminale et d'hypokhâgne. Spécialiste du XVIIIe siècle, elle a édité des oeuvres de Rousseau et de Diderot et elle est l'auteur d'études sur la censure des livres et la tolérance religieuse.

  • Avec l'apparition du numérique, les `créations' se détachent lentement de leurs supports matériels. Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L'exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s'interrogent sur la manière de pouvoir `vendre des idées', une rumeur s'élève laissant entendre qu'elles doivent être « libres comme l'eau, libres comme l'air, libre comme la connaissance». Du logiciel libre au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Philippe Quéau, Florent Latrive, Olivier Blondeau, Bernard Lang, Ram Samudrala, Negativland, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Eric S. Raymond, Critical Art Ensemble, Jean-Michel Cornu, Michel Valensi et Antoine Moreau dessinent les contours d'une communauté hétérodoxe du «Libre».

  • Un petit bijou littéraire tricoté avec du peu. Ou encore, une sorte de Walden ou la vie dans les bois, la magnifique ode d'Henry David Thoreau transposée dans notre forêt urbaine, contemporaine, en proie aux disparités sociales, économiques. Comment être pauvre et gourmet tout à la fois, comment se suffire dans « une misère dorée », être rassasié sans perdre son appétit de vivre ? « Le peu amène une satiété, écrit l'auteur, quand on sait la vivre en conscience. »

  • La Chine est partie sans complexe à la conquête du monde. Assise sur des réserves de change colossales de près de 3?000?milliards de dollars, elle s'est mise à acheter partout sur la planète?: dans l'industrie automobile, les aéroports et le sport, les terres agricoles, les grands vins de Bordeaux, la dette américaine...
    Pierre-Antoine Donnet, spécialiste confirmé de l'Asie et journaliste à l'Agence France-Presse, dresse un état des lieux de ce mouvement qui a pour nom en chinois zouchuqu, c'est-à-dire «?sortir des frontières?». Son enquête s'appuie sur une analyse précise, accessible et prédictive des faits et des chiffres, pour comprendre les mécanismes et les enjeux d'un renversement des forces économiques où la Chine est en passe de devenir la première puissance économique mondiale.

    Pierre-Antoine Donnet, journaliste, diplômé en sciences politiques et en chinois, a été correspondant de l'Agence France-Presse à Pékin puis à Tokyo ; nommé rédacteur en chef central de l'AFP en 2005 ; correspondant à l'ONU à New York. Il est rédacteur au Desk France et coordinateur de la revue intranet de l'AFP Repères. Il a publié Tibet mort ou vif qui a reçu le prix Alexandra-David-Néel/Lama-Yongden en 1990, et aux Editions Picquier, Chine, 30 ans de photographies de l'Agence France-Presse.

  • Nous entretenons un lien particulier avec le miel. Il est paré de toutes les vertus, il contribue à notre santé, il évoque les senteurs dété, le soleil, les fleurs, les fruits. Nous aimerions quil demeure un produit de proximité, loin des lois impérieuses de léconomie, et quil reste authentique, naturel, une source de douceur dans un monde en bouleversement.
    Hélas, il nen est rien. Le miel est devenu une « commodité », comme disent les économistes, cest-à-dire une matière première comme une autre. Plus de 50 % du miel importé en Europe est dorigine chinoise. Cette matière na souvent quun lointain rapport avec ce produit naturel que nous aimons tant, incorporant parfois autant de sucres ajoutés que de miel authentique. Face à la baisse des populations dabeilles, la pollinisation de certains arbres fruitiers prend des allures de procédé industriel, mobilisant en Chine des milliers de travailleurs agricoles. En Californie, qui produit 80 % des amandes vendues dans le monde, on importe des abeilles de la côte Est et même dAustralie pour polliniser les arbres.
    Ce sont ces nouvelles routes du miel quexplore ce livre, qui révèle une réalité bien éloignée de limage que nous avons de ce produit afin que le travail des authentiques apiculteurs soit préservé et valorisé.

  • Comment se faire entendre dans le fracas des informations, opinions, commentaires et fake news qui interpellent chaque jour le public, lorsquon est un gouvernement, une institution, une entreprise ? Comment susciter ladhésion et lengagement des citoyens et des consommateurs dans un monde où les institutions et les entreprises font face à une crise de confiance et à une perte de crédibilité ? Comment asseoir, renforcer et défendre sa réputation et son image au sein dun univers de la communication marqué par la domination croissante des réseaux sociaux ?
    Telles sont quelques-unes des questions brûlantes auxquelles les auteurs de ce livre tentent dapporter des réponses. Experts et praticiens reconnus de la communication institutionnelle, ils dressent une feuille de route fondée sur un principe simple à énoncer, mais difficile à mettre en oeuvre : à une époque où le discours formaté et la communication verticale ne séduisent plus ni les citoyens ni les consommateurs, le mieux est encore de faire dire du bien de soi par les autres.

  • Elle est l'outil privilégié de la contestation, l'incarnation de la contre-culture qui a vu le jour, en France, dans le sillage de Mai 68. Elle donne à entendre une parole libérée qui se répand dans tous les domaines de la société et génère autant de mouvements d'émancipation et de remise en cause du système dominant. En s'appuyant sur les titres emblématiques, ce livre dresse le portrait d'une nouvelle presse et d'une génération qui a conquis sa liberté à la force des idées et des mots. Il fait le portrait des années 70 pleines d'effervescence qui ont vu jaillir le mouvement écologiste, la libération des femmes, les revendications des homosexuels, les mouvements communautaires, les réflexions en matière de santé, d'éducation, de justice, et de rapport à l'autre et à la différence.

    Né en 1984, Steven Jezo-Vannier est spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il est l'auteur de San Francisco, l'utopie libertaire des sixties, aux Éditions Le Mot et le Reste.

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