Arts et spectacles

  • Née en 1917 dans le sud des États-Unis, orpheline arpentant les rues de Harlem, hantée par ses secrets d'enfance, Ella Fitzgerald a sacrifié sa vie au public et à la musique jusqu'à se fondre en elle. En témoignent ses scats endiablés, ses interprétations lumineuses et son art de l'improvisation. Elle est tout à la fois le swing des big bands, le bebop des clubs embrumés et les comédies musicales de Broadway. Elle a chanté en égale avec Louis Armstrong et Frank Sinatra, a donné leurs lettres de noblesse à des compositeurs comme Gershwin, Duke Ellington et même à la pop des Beatles. Dans une Amérique dévorée par le racisme, elle a fait entrer le jazz et les artistes noirs dans les lieux qui leur étaient interdits. L'importance de son oeuvre est à la fois musicale, patrimoniale et culturelle.

    Steven Jezo-Vannier, né en 1984, est un spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il a écrit plus d'une dizaine de livres publiés aux éditions Le mot et le reste, dont des essais (Respect, le rock au féminin, Contre-Culture(s)) et les biographies de Frank Sinatra, Grateful Dead, The Byrds ou Creedence Clearwater Revival.

  • C'etait Kubrick

    Michael Herr

    Le réalisateur culte, le reclus le plus célèbre et secret du 7e art, l'autodidacte de génie : rarement réalisateur se sera autant dérobé derrière sa légende que Stanley Kubrick. Manquait donc un portrait à hauteur d'homme, réalisé par l'un des rares privilégiés ayant eu accès au saint des saints de l'artiste : Michael Herr, qui fut son ami, confident et collaborateur pendant près de 20 ans (il contribua notamment au scénario de Full Metal Jacket), était sans doute l'un des seuls à pouvoir s'acquitter de cette tâche délicate. Mêlant témoignage à la première personne, anecdotes, souvenirs de conversation, humour et analyse, il livre une biographie personnelle et saisissante du cinéaste tel qu'il l'a côtoyé.

    Reporter, écrivain et scénariste américain, Michael Herr (1940-2016) est l'auteur du best-seller Dispatches (1977), récit halluciné de son expérience de correspondant pour le magazine Esquire pendant la guerre du Vietnam, qui fit de lui une star du journalisme gonzo. Il rencontra Stanley Kubrick en 1980, et collabora avec lui au scénario de Full Metal Jacket (1987). Il travailla aussi avec Francis Ford Coppola, notamment sur Apocalypse Now, dont il écrivit la mythique narration en voix off.

  • En 1990, Kathleen Hanna a 22 ans et l'envie d'en découdre. On lui dit que le punk est une affaire d'hommes ? Que les artistes au féminin ne valent rien ? Qu'à cela ne tienne, Hanna et ses consoeurs fomentent une révolution culturelle et politique. De Seattle à Washington, d'expos en concerts, de festivals en fanzines, les Riot Grrrls fédèrent les laissées-pour-compte et inventent une nouvelle voie, créant un espace où les filles sont enfin entendues et légitimes. Trente ans plus tard, alors que les groupes phare Bikini Kill et Bratmobile remontent sur scène, Mathilde Carton montre que ces figures furieuses et touchantes ont mené, dans le giron de l'underground, un combat dont l'écho a ouvert la voie aux Spice Girls, à Alanis Morissette, Fiona Apple et même Beyoncé ou Lizzo.

    Née en 1989, Mathilde Carton est journaliste. Ancienne rédactrice en chef de Grazia, elle a aussi travaillé à la télévision pour Arte et France 2. Diplômée de l'ESJ Lille, elle aime particulièrement les sujets qui croisent culture et politique.

  • La mondialisation a radicalement modifié l'industrie de l'habillement et le rapport au corps. Le contenu de nos garde-robes révèle les conséquences environnementales et sociales du capitalisme de séduction. Pour assouvir les désirs, les corps des travailleurs sont consommés par le vêtement, parfois jusqu'à la mort, dans une forme d'esclavage moderne.Sur le banc des accusés, les marques et les industriels cherchent à mettre en place un code de conduite basé sur les droits de l'homme et la durabilité, tandis que les acheteurs sont invités à être plus « responsables ».Mais pour Audrey Millet, qui refuse de culpabiliser les consommateurs, c'est tout le modèle économique qui doit être repensé pour aller vers un système global de production plus éthique et respectueux de l'environnement.

    Chercheuse associée au CNRS et docteure en histoire, Audrey Millet est spécialiste de l'histoire de l'habillement. Elle a fréquenté le milieu de la mode de l'intérieur puisqu'elle a exercé comme styliste, avant de se réorienter. Elle est l'autrice aux éditions Belin de Fabriquer le désir. Histoire de la mode de l'Antiquité à nos jours.

  • Mémoires

    David Niven

    Près de 100 films, cinquante ans de carrière et un Oscar : la vie de David Niven pourrait rivaliser avec le plus extraordinaire des scénarios. Dans ses Mémoires, celui qui fut l'incarnation du gentleman british à Hollywood nous emmène dans les coulisses de la machine à rêves, à la rencontre de ses plus grandes stars : Garbo, Gable, Astaire, Cooper, Dietrich, Grant, Chaplin, Bogart, Garland, Hepburn, Flynn, Davis... Enjoués, vifs, les portraits et les anecdotes irrésistibles s'enchaînent à un rythme trépidant, comme dans ces classiques de la comédie américaine dont il fut l'une des légendes. Parus et traduits en deux volumes dans les années 1970, introuvables en français depuis, ses souvenirs sont ici republiés pour la première fois dans un format condensé.

    Né en Grande-Bretagne, David Niven (1910-1983) s'oriente d'abord vers une carrière militaire, avant de partir tenter sa chance à Hollywood. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux combats au sein de l'armée britannique. Il accède à une célébrité mondiale avec ses rôles de Phileas Fogg dans Le Tour du monde en 80 jours (1956), de James Bond dans le film parodique Casino Royale (1967), dans Le Cerveau de Gérard Oury (1969), ou encore dans la série de films La Panthère rose.

  • L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

  • Né pauvre dans le Mississippi du début du XXe siècle et mort à seulement 27 ans, Robert Johnson fait figure de météore dans l'univers de la musique américaine. Au cours de sa carrière chaotique, il n'a enregistré que vingt-neuf chansons qui l'installèrent pourtant comme l'un des plus grands bluesmen de tous les temps. En vingt-neuf chapitres habilement agencés, Jonathan Gaudet imagine la brève existence d'un homme dont la légende dit qu'il aurait vendu son âme au diable en échange de la renommée. Vingt-neuf morceaux devenus des références ; vingt-neuf routes qui se rejoignent dans la nuit ; vingt-neuf âmes patientant à la croisée des chemins.

    Né au Québec à Joliette en 1977, Jonathan Gaudet a fait des études de littérature, puis a enseigné le français en Argentine, en Louisiane, à Prague et à Athènes. Installé en Grande-Bretagne, il partage son temps entre l'enseignement, la musique et l'écriture. Il est l'auteur de plusieurs romans dont La Piscine (Héliotrope, 2016).

  • Des vitrines vides et sombres, des façades aveugles, des stores métalliques baissés. Calais, Agen, Landerneau, Avignon, Lunéville... La crise urbaine ronge les préfectures et sous-préfectures, les détruit de l'intérieur. Les boutiques abandonnées ne constituent que le symptôme le plus fl agrant d'un phénomène plus large : la population stagne, les logements sont vacants, le niveau de vie baisse. Alors que se passe-t-il ? L'offensive délibérée de la grande distribution, en périphérie, tue les commerces du centre-ville et des quartiers anciens, et sacrifi e les emplois de proximité. En outre, les modes de vie sont fortement liés aux modes de déplacement. Partout, la voiture individuelle reste considérée comme une obligation, un dû. Or, parce qu'elle occupe de l'espace et génère bruit et pollution, la motorisation contribue largement à l'asphyxie des villes. Comment la France peut-elle sauver ses villes ? Aucune solution miraculeuse, mais une série de petits pas, de décisions empreintes de sobriété.

    Nouvelle édition revue et enrichie avec une introduction inédite de l'auteur et 40 recommandations pour comprendre la crise urbaine et y remédier.

  • Comme toutes les autres, elle a modifié son physique pour plaire à Hollywood et joué le jeu des prétendues rivalités entre actrices. Comme toutes les autres, elle avait des jambes magnifiques et un regard de vamp à faire fondre les coeurs. Comme les autres, sa vie sentimentale était aussi incroyable que dissolue.Pourtant, Marlene demeure unique. La parfaite création cinématographique. Un mythe, dira-t-on. Car le secret de Dietrich, ce qui la différencie des autres, c'est sa voix grave inimitable. Suave et cajoleuse. Celle-ci n'est pas la plus belle ni la plus puissante. Mais la star saura l'utiliser mieux que quiconque pour envoûter le public, se construire une carrière à l'épreuve du temps et vivre quelques aventures rocambolesques.

    Journaliste et intervenant cinéma dans les lycées, Camille Larbey est également l'auteur de Berlin mis en scène (éditions Espaces & Signes, 2017).

  • En 1967, Aretha Franklin reprend « Respect » d'Otis Redding en inversant le sens des paroles pour dénoncer le règne de la misogynie. Elle n'est pas seule dans ce combat. Dans la société comme en musique, les femmes doivent gagner leur place. C'est une histoire méconnue du rock au féminin qui se dessine ici, mettant en avant les voix de la rébellion, à travers une galerie de portraits, d'attitudes et de paroles, des pionnières du blues comme Bessie Smith ou Ma Rainey, aux plus récentes et dissemblables Beyoncé et Beth Ditto de Gossip, sans oublier la résistance de Wanda Jackson, l'insoumission de Nina Simone, les transgressions de Janis Joplin, l'irrévérence de Donna Summer, la radicalité du Riot Grrrl et l'ambiguïté du Girl power, ou l'engagement de Françaises comme Colette Magny ou Brigitte Fontaine.

    Steven Jezo-Vannier, né en 1984, est un spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il a écrit plus d'une dizaine de livres publiés aux éditions Le mot et le reste, dont des essais (Respect, le rock au féminin, Contre-Culture(s)) et les biographies de Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Grateful Dead, The Byrds ou Creedence Clearwater Revival.

  • Je suis le frère d'un génie de la musique aléatoire, le père d'une belle astronome qui choisit sa voie à 5 ans, le cousin au 11e degré d'un mec qui tua le maire, la mairesse et le garde champêtre (lequel avait déplacé sa chèvre de 8 mètres) de son village, le mari d'une femme équilibrée et séduisante qui me supporte depuis 52 ans. Je suis un highbrow et un Lenny (Des souris et des hommes). Grâce à Truffaut, j'ai écrit sur le cinéma pendant 65 ans, et, lancé par Godard, j'ai fait durant 54 ans des films qui font rire sur des sujets sérieux, marxisme et taylorisme, vagin et clitoris. J'ai bossé dans tous les genres filmiques. Ce qui restera de moi, c'est une formule : LA MORALE EST AFFAIRE DE TRA¬VELLINGS. On me situe entre Brecht et Courteline, entre Buñuel et Tati. Je suis un maverick issu de ploucs préalpins, un marathonien capable de monter en vélo à 5390 mètres, mais qui ne sait pas skier, ni danser, ni nager, ni conduire. Puisse ce livre m'aider à me définir. Connais-toi toi-même, disait Socrate.Luc Moullet

    Né en 1937, Luc Moullet débute comme critique aux Cahiers du cinéma. En 1960, Jean-Luc Godard lui propose de réaliser son premier court métrage, Un steak trop cuit, qu'il tourne chez lui dans une économie de contrebande. Il ne cessera ensuite d'alterner une activité de réalisateur, de producteur et de critique. Son oeuvre insolite est composée d'une quarantaine de courts et longs métrages parmi lesquels Anatomie d'un rapport, Genèse d'un repas ou La Comédie du travail.

  • Nul doute pour John Cage, il serait un artiste. Mais, de là à choisir une seule et unique forme d'expression artistique, il y a toute une vie : architecture, peinture, composition de musique, théâtre, art du cirque, Cage touche à tout, laisse de côté, puis revient, et décide finalement que c'est la musique qui l'anime. Cette musique, cependant, il l'expérimente : Cage repousse les règles académiques et base ses oeuvres sur le silence et le hasard. Par ces fragments de 1989, d'une écriture fluide et ramassée, le compositeur dresse un tableau à la fois succinct et complet des moments forts et charnières de sa vie pourtant extrêmement riche, tout en va-et-vient, recherches et changements d'avis. Le tout, sans jamais se défaire de son humour et de son esprit de dérision inimitables.

    Compositeur de musique contemporaine expérimentale de génie, sans doute le plus stimulant du XXe siècle, mais aussi poète et plasticien, John Cage (1912-1992) est l'nventeur du piano préparé. Celui-ci consiste à placer divers objets entre les cordes de l'instrument afin d'en modifier le timbre, Il est aussi l'initiateur de la musique électronique. L'une de ses oeuvres les plus célèbres est sans doute 4'33'', un morceau joué en silence.

  • Apparu dans les 80's, en partie sous l'impulsion de la rencontre entre les pionniers du hip-hop Run-D.M.C. et le groupe de hard-rock, Aerosmith, le rock fusion regroupe les musiciens désireux de s'affranchir des frontières par le rap-metal et le funk-metal. Cette scène aussi déjantée qu'audacieuse devient populaire dès le début des 90's avec les Red Hot Chili Peppers, Faith No More ou Rage Against The Machine. Leur succédera une nouvelle génération de groupes - Korn, Deftones ou Slipknot - qui redéfinissent, à l'approche de l'An 2000, les contours d'un metal en cours d'essouflement.Des Beastie Boys à The Mars Volta, en passant Linkin Park ou Body Count, cette anthologie dresse le portrait haut en couleur d'un vaste univers et en scrute cent de ses oeuvres les plus représentatives.

    Jean-Charles Desgroux, né en 1975 à Biarritz, est un spécialiste du hard rock et du heavy metal. Ayant oeuvré pour Rock Sound, Crossroads ou Rock&Folk, il reste aujourd'hui très actif sur le site Hard Force et sa radio Heavy1. Aux éditions Le mot et le reste, il a déjà publié les biographies d'Alice Cooper et d'Iggy Pop, ou encore des anthologies sur le stoner et le hair metal

  • Le 3 juin 1959, Yves Klein donne une conférence à la Sorbonne : "L'évolution de l'art vers l'immatériel". Porte d'entrée idéale vers son oeuvre et sa biographie, ce texte révèle les motifs constitutifs de son oeuvre: le rituel, la couleur, le vide, le judo, le ciel et le feu... Au-delà de la provocation et la performance, il élabore une théorie autant poétique que spirituelle d'un art sans limites, à l'instar du travail d'un John Cage sur le silence.
    Nombre des pistes esquissées ici aboutiront dans les années suivantes. Yves Klein élaborera par exemple une Architecture de l'air, ou encore délivrera des reçus aux acquéreurs d'oeuvres immatérielles. Avant de mourir, il confie à un ami : "Je vais entrer dans le plus grand atelier du monde. Et je n'y ferai que des oeuvres immatérielles."

    Yves Klein (1928-1962) est un artiste français. En 1957, il met au point le "bleu Klein", signature de ses monochromes. En 1958, il expérimente sa technique emblématique du "pinceau vivant" : une femme au corps enduit de peinture qu'elle applique sur la toile. Dès lors, Klein s'évertue à s'affranchir de la ligne et du dessin. Il a une première crise cardiaque en 1962, après avoir assisté à la projection de Mondo Cane, dans lequel son travail est tourné en dérision. Il meurt le 6 juin 1962.

  • Comment débusquer, mettre à nu la vie et l'oeuvre de Jimi Hendrix, si pleine de ces clichés qui font partie intégrante de sa légende? Comment une femme peut-elle déchiffrer cet homme? Comment, elle, Blanche, peut-elle ressentir son noir? Face à toutes ces questions, elle ne possède qu'une fragile certitude, le partage de la seule chose qui leur soit résolument commune : la musique. C'est de sa musique que naît la fiction, une musique dont le propos sert de fil conducteur et permet de scruter son auteur à l'aune d'une histoire qui va bien au-delà de celle du rock. En découlent ces variations biographiques et poétiques qui s'emparent de la vie d'Hendrix la moins connue, celle qui va de l'enfance aux premiers succès et tentent de mettre en lumière les lignes de force de ses univers.

    Jeanne-Martine Vacher est productrice éditoriale, journaliste, auteure et musicographe. Elle a été également l'une des voix de France Culture pendant plus de vingt-cinq ans et en charge du développement culturel à l'Opéra de Paris.

  • De Scorsese à John Woo en passant par Tarantino, Jarmusch ou encore Michael Mann, nombreux sont les cinéastes à se réclamer de Jean-Pierre Melville, tant celui-ci aura renouvelé en profondeur le cinéma de genre. Dans ce livre d'entretien devenu un classique de l'édition de cinéma, le cinéaste revient généreusement sur son parcours et sur la genèse de ses films. Il y aborde notamment ses influences cinématographiques et littéraires, certains points peu connus de sa biographie, les grands thèmes de son oeuvre et son travail de metteur en scène. Peu à peu se profile une personnalité complexe, parfois contradictoire : le portrait d'un homme secret et orgueilleux, réputé pour ses brouilles et ses colères, mais porté par un amour inconditionnel du cinéma.

    Rui Nogueira est un journaliste et critique de cinéma né en 1938 au Portugal. À son arrivée à Paris dans les années 1960, il devient le collaborateur d'Henri Langlois à la Cinémathèque française et écrit pour diverses publications sur le cinéma, françaises ou étrangères, dont la célèbre revue anglaise Sight and Sound.

  • Conçu en 1968 pour la télévision afin de promouvoir l'album Beggars Banquet, The Rock and Roll Circus a connu un destin singulier. Ce film qui juxtapose sets musicaux et numéros de cirque est tourné en live sous un chapiteau reconstitué en studio, dans joyeux chaos. Outre Mick Jagger et consorts, d'autres icônes pop montent sur scène : John Lennon, Yoko Ono, Eric Clapton, Marianne Faithfull, les Who, etc, pour un rassemblement des plus cultes. Pourtant, insatisfaits de leur prestation, les Stones renoncent à diffuser l'émission spéciale. S'ensuit un black-out de 28 ans. Quand le film de Michael Lindsay-Hogg paraît en 1996, il devient le documentaire culte d'une époque révolue. On y voit l'énergie créatrice et l'esprit communautaire prévaloir sur un show business désormais standardisé.

    Édouard Graham est docteur ès lettres (Sorbonne Nouvelle) et chercheur en littérature. Il est notamment l'auteur de Passages d'encre (Gallimard), de Guillaume Apollinaire au centre des avant-gardes (Fata Morgana) et de Joni Mitchell, Songs Are Like Tattoos (Le mot et le reste).

  • Actrice, Gena Rowlands est surtout connue pour ses rôles dans les films de son mari John Cassavetes : il réinventait le cinéma, elle réinventait une façon d'être actrice et femme. Ce livre se fixe pour but de penser Gena Rowlands sous tous les angles possibles : analyse formelle et littéraire, retour sur les pans oubliés de sa carrière, recontextualisation historique. Il s'agit de montrer comment son jeu transfigure par la folie toute une série de destins féminins : la vieille fille, la femme au foyer, l'actrice vieillissante... Comme tout grand artiste, Rowlands a fabriqué un espace à elle et à nous, qui puisse accueillir la nouveauté de ses gestes, la fulgurance de son apparition.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Les Inrockuptibles, Chronic'art, participe régulièrement aux émissions La Dispute sur France Culture et Le Cercle sur Canal+, et présente des entretiens sur le cinéma pour le site Hors-Série.Son premier livre, Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas, est paru aux éditions Capricci en 2018. Elle a également coécrit l'ouvrage Hitchcock, la totale (E/P/A, 2019).

  • Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefs-d'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

    Mathieu Macheret est critique de cinéma au journal Le Monde. Il a écrit aux Cahiers du cinéma entre 2011 et 2014 et collabore actuellement aux revues Trafic et Études, ainsi qu'à l'émission Plan Large sur France Culture. Il a également contribué à des ouvrages collectifs sur les cinéastes Otto Preminger, Francis Ford Coppola, Jacques Tourneur, Manoel de Oliveira, Guy Gilles, Samuel Fuller, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

  • Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci, mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art désormais futile aux yeux de l'auteur. Ortega y Gasset s'attaque en effet à une tendance de l'art de l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du divertissement. Il est désormais élitiste, il exclut les masses. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle. En effet, l'art finit par se vider de tout contenu: "Tout comme dans un système de miroirs qui se réfléchissent indéfiniment les uns dans les autres, aucune forme n'est la dernière. Toutes sont moquées et réduites à pure image."

  • À 32 ans, Glenn Gould décide de ne plus se produire en public en faveur des enregis­tre­ments en studio. Ce revirement dans sa carrière restait à ce jour une énigme. Il s'en explique ici, dans un texte étonnant. Pourtant, il affranchit d'emblée : il ne souhaite pas parler de musique. De quoi, selon lui, favoriser les révélations. Et en effet. Mais la forme même du texte est plus évocatrice encore ; dans ce dialogue avec lui-même, l'auteur met en scène un subtil jeu de thèses-antithèses. L'attraction magnétique que le musicien exerce sur son public ravit ici, au sens propre et figuré, le lecteur.

    Enfant prodige, pianiste de génie, Glenn Gould (1932-1982) est un des rares interprètes qui aient touché le grand public grâce à l'usage de l'audiovisuel. Avec l'enregistrement des Variations Goldberg de Bach en 1955, il devient mondiale­ment célèbre.

  • Dalida, Mythe et mémoire situe le vaste succès commercial de la chanteuse dans son contexte historique, musical et idéologique, et analyse l'ambivalence de ses nombreuses identités, de séductrice exotique à femme tragique, d'Orientale à disco queen. En tant que star de la chanson, elle est un personnage musical et médiatique complexe, dont les accusations de ringardise, fréquentes de son vivant mais rares par la suite, signalent l'évolution des catégories de "variété commerciale" et de "bonne chanson" dans la culture contemporaine. Aux fans de tous âges, ce livre offre un regard neuf sur les raisons d'un succès ; aux curieux, il explique la construction d'un mythe. Pour tous, il célèbre la riche carrière et la mémoire d'une chanteuse-caméléon.

    Barbara Lebrun est maître de conférences en `French Cultural Studies' à l'Université de Manchester depuis 2002, où elle enseigne des cours sur la culture française contemporaine, dont les délices de la chanson. Elle est l'auteure de Protest Music in France (Ashgate 2009 ; prix IASPM 2011), et éditrice ou co-éditrice d'ouvrages collectifs : Chanson et Performance (L'Harmattan 2012), Death and the Rock Star (Ashgate 2015), et le numéro spécial `Music and Magic' de la revue Popular Music (2019).

  • L'architecture mobile est le premier essai de Yona Friedman, paru en 1958 et tiré à une dizaine exemplaires destinés à des architectes, dont Le Corbusier. Il fut réédité ensuite en 1961, 1963, 1968, enrichi à chaque fois de textes et dessins nouveaux jusqu'à l'édition de 1970, paru chez Casterman dont on a pu dire qu'elle constituait "le plus important manifeste de l'architecture moderne depuis la Chartre d'Athènes de Le Corbusier" (Michel Ragon). Notre édition rassemble tous les textes des différentes éditions et permet d'en suivre l'évolution et d'en identifier les strates. Yona Friedman, qui a fêté ses 96 ans en juin 2019, souhaite apporter quelques commentaires du XXIe siècle, à ce livre ancien, mais dont la richesse conceptuelle n'a pas encore été comprise à sa juste mesure.

    Architecte, artiste, penseur, Yona Friedman est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages consacrés à l'architecture, l'écologie, le langage, diffusant une pensée à la croisée des chemins. À une époque où les questions d'urbanisme, de mobilité, de mondialisation et de migration deviennent prépondérantes, il a inventé plusieurs concepts visionnaires, de plus en plus actuels aujourd'hui: la ville spatiale, l'architecture mobile, l'utopie réalisable, l'autoplanification. En juin 2018 il a eu 96 ans

  • Comment choisit-on un scénario? Qu'est-ce qui détermine le style d'un film? Comment gérer un tournage en extérieur avec une centaine de figurants ? Que faire pour maintenir la concentration d'un acteur au bout de la dixième prise ?Étape par étape, Sidney Lumet aborde tous les aspects de la création cinématographique, de l'écriture à la post-production : le casting, les répétitions, le choix des décors et des costumes, le tournage et le montage, la conception de la bande-son..., jusqu'au moment fatidique de la première projection. Auteur de nombreux classiques (Serpico, Un après-midi de chien, 12 hommes en colère), Lumet offre avec ce livre le point de vue rare d'un cinéaste sur son propre travail et sur son art, nourri d'une longue expérience à Hollywood où il a tourné avec les plus grandes stars (de Katharine Hepburn à Al Pacino). À la fois mémoires professionnelles fourmillant d'anecdotes et guide pour apprenti réalisateur, Faire un film est une plongée saisissante dans les coulisses du cinéma.

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