Littérature traduite

  • La Ferme des Animaux [Animal Farm], publiée en langue anglaise en 1945, est l'un des livres les plus célèbres de George Orwell. Dans cette fable, Orwell décrit une révolte qui aboutit au renversement du fermier et à la prise du pouvoir par les animaux. Rapidement, le rêve égalitaire d'harmonie et de justice cède la place au doute puis au désarroi à mesure que se recrée une autocratie dirigée par les cochons, lesquels vont rapidement s'entretuer pour la place de chef et tyran.

    George Orwell (1903-1950) est l'un des plus grands auteurs d'expression anglaise. Il a notamment écrit 1984et Hommage à la Catalogne. Toute son oeuvre traduit son aspiration au socialisme libertaire.

  • Vendu à 60 millions d'exemplaires à travers le monde, adapté des dizaines de fois (récemment sur Netflix), aimé par des générations de lecteurs, Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery est un hymne à la joie et au pouvoir de l'imagination. Magnifiquement écrit, construit autour d'une héroïne parfaitement imparfaite, féministe involontaire et romantique impénitente, ce roman empreint de poésie et d'humour est bien plus que la vie d'une orpheline qui va bousculer le calme de son nouveau foyer. C'est un autre monde, fait d'une nature enchanteresse et d'idées saugrenues qui se déploie à travers les yeux de l'incroyable Anne. Littérature solaire et intemporelle, ce roman unique est une parenthèse magique, un souffle chargé d'énergie, un élan à vivre pleinement nos amitiés et nos passions.
    « L'écriture a toujours été ma raison d'être. » Lucy Maud Montgomery [1874-1942] fait partie de ces auteurs qui, par-delà les embûches de la vie ont, en un seul livre, conquis des millions de lecteurs. Autrice canadienne la plus lue au monde grâce à Anne de Green Gables, elle a irrigué son oeuvre immense - plus d'une vingtaine de romans, 500 nouvelles et autant de poèmes - d'une énergie créatrice exceptionnelle qui continue d'inspirer des générations d'artistes et d'écrivains.

    « L'écriture a toujours été ma raison d'être. » Lucy Maud Montgomery [1874-1942] fait partie de ces auteurs qui, par-delà les embûches de la vie ont, en un seul livre, conquis des millions de lecteurs. Autrice canadienne la plus lue au monde grâce à Anne de Green Gables, elle a irrigué son oeuvre immense - plus d'une vingtaine de romans, 500 nouvelles et autant de poèmes - d'une énergie créatrice exceptionnelle qui continue d'inspirer des générations d'artistes et d'écrivains.

  • Avec ce deuxième roman, Lucy Maud Montgomery continue de déployer sous nos yeux fascinés l'univers enchanteur qu'elle a créé autour d'Anne Shirley, l'orpheline idéaliste aux yeux clairs et aux cheveux roux adoptée par erreur. Entre les amis de toujours, qu'on aime retrouver, et les nouveaux venus, si intéressants, entre les idées saugrenues qu'on ne peut museler, et le bon sens qui, désormais, pointe son nez, Anne nous entraîne dans les aléas de la vie douce et enchanteresse d'un village un peu hors du temps. À travers les joies et les peines qui font la trame du quotidien, le style si frais et poétique de Lucy Maud Montgomery porte la voix d'Anne dans les péripéties, les rêveries et les moments de tendresse. Après Green Gables, quel plaisir d'enfin découvrir Avonlea !
    « L'écriture a toujours été ma raison d'être. » Lucy Maud Montgomery [1874-1942] fait partie de ces auteurs qui, par-delà les embûches de la vie ont, en un seul livre, conquis des millions de lecteurs. Autrice canadienne la plus lue au monde grâce à Anne de Green Gables, elle a irrigué son oeuvre immense - plus d'une vingtaine de romans, 500 nouvelles et autant de poèmes - d'une énergie créatrice exceptionnelle qui continue d'inspirer des générations d'artistes et d'écrivains.

    « L'écriture a toujours été ma raison d'être. » Lucy Maud Montgomery [1874-1942] fait partie de ces auteurs qui, par-delà les embûches de la vie ont, en un seul livre, conquis des millions de lecteurs. Autrice canadienne la plus lue au monde grâce à Anne de Green Gables, elle a irrigué son oeuvre immense - plus d'une vingtaine de romans, 500 nouvelles et autant de poèmes - d'une énergie créatrice exceptionnelle qui continue d'inspirer des générations d'artistes et d'écrivains.

  • Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.
    Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
    Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour.

  • Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de voeux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin. Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre des réconciliations inattendues.

    Née en 1973, Ogawa Ito a écrit des livres pour enfants, des chansons pour le groupe de musique Fairlife, des textes pour des magazines de cuisine et de voyage, et des romans tous devenus immédiatement des bestsellers au Japon et en passe de le devenir en France.
    A découvrir également aux Editions Philippe Picquier Le Restaurant de L'Amour Retrouvé, Le Ruban et Le Jardin Arc-en-Ciel.

  • Quand Starlight ne s'occupe pas de la ferme avec son meilleur ami Eugene, il part photographier la vie sauvage au coeur des forêts canadiennes. Mais son existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une vie sinistrée. Pour redonner confiance aux deux fugitives, Starlight les emmène dans la nature, leur apprend à s'en faire une amie. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement, et à l'amour. Mais c'est sans compter Cadotte, l'ex brutal et alcoolique d'Emmy, qui sillonne l'Ouest canadien en quête de vengeance.

    Roman laissé inachevé à la mort de son auteur, Starlight déploie la poésie lumineuse et l'exceptionnel don de conteur de Richard Wagamese.

    Richard Wagamese (1955-2017) est l'un des principaux écrivains canadiens. Appartenant à la Nation des Ojibwés, il a été régulièrement récompensé pour ses travaux journalistiques et littéraires. En français, des milliers de lecteurs ont découvert ce conteur génial à travers Les Étoiles s'éteignent à l'aube (2016) et Jeu blanc (2017). Wagamese est mort en mars 2017 sans avoir eu le temps d'achever son ultime roman, Starlight. Le voici traduit en français.

  • Anna, petite orpheline solitaire envoyée sur la côte est de l'Angleterre pour profiter du climat, va, entre deux rêveries à travers les dunes s'avançant dans la mer, rencontrer la fantasque Marnie et la paix intérieure qu'il y a à s'ouvrir au monde. Mais à peine découvre-t-elle le bonheur de l'amitié que Marnie disparaît... D'une écriture délicate et pudique, construit autour d'une relation aussi intemporelle que mystérieuse, ce roman empreint de poésie et de douceur est bien plus que la parenthèse magique d'une jeune fille en quête d'elle-même, Souvenirs de Marnie, de Joan G. Robinson est une évocation de la jeunesse où le besoin d'être et d'être accepté semble si vital qu'il en devient douloureux, c'est une oeuvre captivante, un classique chargé d'émotion.

    Né en 1910 à Londres, Joan G. Robinson passera une enfance aisée mais solitaire. Illustratrice autodidacte, elle connaît le succès en 1953 avec ses albums jeunesse. Tout au long de sa carrière les failles de son enfance seront au coeur de ses ouvrages, et en 1967 elle publie son oeuvre la plus personnelle et populaire, Souvenirs de Marnie. Elle écrira jusqu'à sa mort en 1988. En 2014, sous l'impulsion de Miyazaki, le roman est adapté par le Studio Ghibli.

  • Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu'Eldon, son père ravagé par l'alcool, le convoque à son chevet et lui demande de l'emmener au coeur de la montagne, là où, traditionnellement, on enterre les guerriers.Au cours de leur voyage, le fils affronte un jeune grizzly, ramène poisson ou gibier et construit des abris contre la pluie, tandis qu'Eldon lui raconte comment il a rencontré l'amour de sa vie, pourquoi il a sombré dans l'alcool et d'où vient leur patronyme qui évoque les temps indiens immémoriaux. Pendant ce périple, père et fils répondent, chacun à sa manière, à leur besoin d'apaisement identitaire.Ce roman au style brut et aux dialogues taiseux est un allé simple pour les terres sauvages du centre du Canada. Richard Wagamese appartient à la nation ojibwé. Il est le premier lauréat indigène d'un prix de journalisme national canadien et est régulièrement récompensé pour ses travaux. Il vit actuellement à Kamloops, en Colombie britannique. Les Étoiles s'éteignent le matin est son premier roman traduit en français.

  • Voici l'histoire de Saul Indian Horse, un jeune Ojibwé qui a grandi en symbiose avec la nature, au coeur du Canada. Lorsqu'à huit ans il se retrouve séparé de sa famille, le garçon est placé dans un internat par des Blancs. Dans cet enfer voué à arracher aux enfants toute leur indianité, Saul trouve son salut dans le hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c'est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des 70's, jusque sur la patinoire.

    On retrouve dans Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese : puisant dans le nature writing et sublimant le sport national canadien, il raconte l'identité indienne dans toute sa complexité, riche de légendes, mais profondément meurtrie.

  • Des côtes de l'Oregon à Portland, en passant par des torrents bouillonnants ou des cascades à-pic, qu'il y croise une sirène, un cadavre ou un chien philosophe, Gus Orviston est un prodige de la pêche. Oscillant entre désespoir et euphorie, une prise après l'autre, il nous entraîne avec drôlerie, sagesse et poésie dans sa quête du cours d'eau parfait, celui qui répondra à toutes ses questions. La Rivière pourquoi est un hymne à une existence réconciliée avec nos passions et nos obsessions. C'est libre, c'est foisonnant, c'est profondément tendre. David James Duncan est un conteur hors pair qui nous offre une odyssée spirituelle en forme de roman un peu fou, lyrique et surtout très drôle. C'est du Ken Kesey, c'est du Jim Harrison, c'est du Richard Brautigan.

    Les rivières ont toujours fasciné David James Duncan, né à Portland dans l'Oregon en 1952. Alors qu'il enchaîne les petits boulots, il écrit son premier roman, La Rivière Pourquoi, sur les rives de la Johnson Creek. Après une vingtaine de refus, son manuscrit est enfin publié en 1983. Ce roman d'apprentissage, qui apporte dès sa publication une immense renommée à son auteur, est une véritable quête philosophique durant laquelle Gus Orviston part à la pêche de son destin.

  • Trois États de la côte ouest des États-Unis - la Californie, l'Oregon et l'État de Washington - décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale, baptisée Écotopia. Vingt ans après, l'heure est à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, l'Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain, William Weston. Au fil de ses articles envoyés au Times-Post, Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l'autogestion, la décentralisation, les 20 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, la relation passionnée à la nature, etc. Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien ; d'abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d'amour intense avec une Écotopienne va le contraindre à choisir entre deux mondes.

  • C'est parfois dans les collines verdoyantes et idylliques que se terrent les plus terrifiantes menaces. C'est là aussi que va se dérouler cette vibrante épopée de courage, de loyauté et de survie. Menés par le valeureux Hazel, une poignée de braves choisit de fuir l'inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, ruses, légendes vont aider ces héros face à mille ennemis et les guider jusqu'à leur terre promise, Watership Down. Mais l'aventure s'arrêtera-t-elle là ? Aimé par des millions de lecteurs, l'envoûtant roman de Richard Adams fait partie de ces odyssées sombres néanmoins parcourues d'espoir et de poésie. Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et plus que tout, vous ressentirez l'irrépressible désir de savoir ce qui va se passer.

  • La mélancolie de celui qui vise juste Nouv.

    À Attrape-Flèche, en plein bayou du Mississippi, au coeur d'une faune sauvage et d'une flore luxuriante, on aime, on flingue, on cherche comment percer dans le show-business... Tout ça, peut-être, pour oublier que sous la surface des eaux sombres où s'égarent parfois des dauphins, il n'y a qu'un grand vide silencieux. Un soir, quand deux « gentils enfants » - en vérité, des tueurs sans pitié venus braquer la station-service du coin - se font abattre, les déflagrations seront perçues bien au-delà, et très vite, c'est la ville entière qui sera sous le choc. Que ce soit Hydro, le jeune amateur de tartes aux pêches, le Prince des Ténèbres et ses envolées théâtrales, le doux shérif Chisholm et sa splendide épouse, ou Morgan l'as de la gâchette, tous vont se demander au fond d'eux-mêmes s'ils ne sont pas responsables du drame, et partir en quête de cette paix intérieure qui leur fait défaut depuis trop longtemps et que seuls des proches peuvent apporter.Par une écriture limpide, presque fluide, tout en rythmes et sonorités, La Mélancolie de celui qui vise juste de Lewis Nordan nous balade d'être en être et de coeur en coeur comme une chanson de blues. Il nous offre un récit onirique marqué d'un optimisme lumineux, et si l'humour affleure, c'est pour mieux révéler l'humanité, dans sa beauté et ses fêlures.En 1995, alors qu'il a une cinquantaine d'années et quatre livres derrière lui, Lewis Nordan, profondément marqué par le suicide de son plus jeune fils l'année précédente, entame l'écriture d'un roman qui, il ne le comprendra que plus tard, lui servira de salut. Si La Mélancolie de celui qui vise juste est, d'après lui, un récit sur la solitude impitoyable chevillée à l'homme, page après page, néanmoins, c'est le contraire qu'il nous prouve, pour finir par faire briller les liens inextinguibles qui nous unissent. Né en 1939 dans l'État du Mississippi qu'il ne quittera jamais vraiment, Lewis Alonzo Nordan fait partie de ces écrivains qui tissent leurs histoires sur la frontière floue entre légendes et mensonges.Docteur en littérature et auteur d'une thèse sur Shakespeare, il devient professeur d'université et, passionné par son travail, ce n'est qu'à quarante-cinq ans qu'il publie son premier recueil de nouvelles, qui l'inscrit instantanément dans la lignée de Faulkner ou O'Connor. Lewis Nordan continue d'enseigner tout au long de sa vie avant de prendre sa retraite. Il meurt des suites d'une pneumonie à soixante-douze ans.

    Lewis Nordan [1939-1995] fait partie de ces rares écrivains capables de tisser leurs histoires à la frontière de la légende et du mensonge. Né en 1939 dans l'État du Mississippi, ce Docteur en Littérature restera marqué par l'esprit du Sud. Accaparé par son poste d'enseignant, c'est seulement à l'âge de quarante-cinq ans qu'est publié son premier recueil de nouvelles qui l'inscrivent directement sur les traces de Faulkner ou O'Connor.

  • Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s'apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l'amour sur la terrasse d'Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d'Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d'une maison d'hôtes, nouvelle en son genre.Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu'un copieux nabe ou des tempuras d'angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l'intolérance et aux préjugés, d'une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l'amour est l'émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.On réserverait bien une chambre à la Maison d'hôtes de l'Arc-en-ciel !

  • Achevé quelques jours avant la mort de Steve Tesich [1942-1996], Karoo est le chant du cygne d'un auteur hors norme.
    Ce roman est l'odyssée d'un riche consultant en scénario dans la cinquantaine, Saul "Doc" Karoo, gros fumeur et alcoolique, écrivaillon sans talent séparé de sa femme et traînant plusieurs tares émotionnelles. En tant que script doctor pour Hollywood, Saul Karoo mutile et "sauve" le travail des autres. En tant qu'homme, il applique le même genre de contrôle sournois à sa vie privée et se délecte de nombreuses névroses très particulières : son incapacité à se saouler quelle que soit la quantité d'alcool absorbée, sa fuite désespérée devant toute forme d'intimité, ou encore son inaptitude à maintenir à flot sa propre subjectivité. Même s'il le voulait, il ne pourrait pas faire les choses correctement, et la plupart du temps, il ne le veut pas. Jusqu'à ce qu'une occasion unique se présente à lui : en visionnant un film, il fait une découverte qui l'incite à prendre des mesures extravagantes pour essayer, une fois pour toutes, de se racheter.
    Si Karoo est bien l'ambitieux portrait d'un homme sans coeur et à l'esprit tordu, c'est aussi un pur joyau qui raconte une chute vertigineuse avec un humour corrosif. C'est cynique. C'est sans pitié. C'est terriblement remuant. C'est à la fois Roth et Easton Ellis, Richard Russo et Saul Bellow.

  • Ce roman d'Ogawa Ito, il semble qu'une voix nous le murmure à l'oreille, tendre et gourmande. Une voix qui, même aux heures d'ombre, fait le pari de la vie.
    Cela commence comme un conte par une grand-mère, une petite fille et un oiseau.
    Une grand-mère fantasque et passionnée d'oiseaux trouve un oeuf tombé du nid, le met à couver dans son chignon et donne à l'oiseau qui éclot le nom de Ruban. Car cet oiseau, explique-t-elle solennellement à sa petite-fille, « est le ruban qui nous relie pour l'éternité ».
    Un jour, l'oiseau s'envole et pour les personnes qui croisent son chemin, il devient un signe d'espoir, de liberté et de consolation.
    Ce roman grave et lumineux, où l'on fait caraméliser des guimauves à la flamme et où l'on meurt aussi, comme les fleurs se fanent, confie donc à un oiseau le soin de tisser le fil de ses histoires. Un messager céleste pour des histoires de profonds chagrins, de belles rencontres, et de bonheurs saisis au vol.

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    Juin 1988. Préfecture d'Hiroshima.

    Le commandant Ôkami a la réputation d'être l'un des meilleurs enquêteurs du Japon. Mais aussi celle d'un homme trop proche des yakuzas. Sa hiérarchie le trouve ingérable, pourtant elle ne peut se passer de lui. Surtout au moment où une nouvelle guerre des gangs menace, suite à la disparition du comptable d'une officine de prêt dirigée par la pègre.

    Sur la côte nord de la Mer intérieure, l'été est un étouffoir et la tension monte entre les bandits d'honneur et les truands sans foi ni loi. C'est dans ce panier de crabes que débarque le jeune lieutenant Hioka, certes spécialiste des arts martiaux mais sans expérience véritable du terrain, et propulsé adjoint du commandant.
    />
    Hioka va rapidement découvrir qu'Ôkami, le loup en japonais, porte bien son nom. Ses méthodes sont très personnelles voire brutales et il ne lâche jamais sa proie. Le commandant va d'emblée créer une relation de maître à disciple avec sa nouvelle recrue et l'entraîner dans une course contre la montre. Mais n'est-il pas déjà trop tard ? Quand un apprenti-gangster est assassiné, la tension monte d'un cran supplémentaire dans le monde yakuza. Ôkami parviendra-t-il à éviter le bain de sang ? Quel est le secret qui le lie à la belle Akiko, mama-san d'un bar-restaurant de nuit ? La corruption se déploie-t-elle vraiment où on l'imagine ? Hioka, candide aux pays des coups tordus et témoin de tous les instants, s'engage dans un rude voyage initiatique.

    Yûko Yuzuki est née en 1968 dans la préfecture d'Iwate bordée par le Pacifique au nord-est du Japon. Bien que très connue du public japonais et souvent primée grâce à une douzaine de romans policiers, c'est la première fois, avec Le loup d'Hiroshima, qu'elle est traduite. Avec ce roman, elle remporte le prestigieux prix de l'Association japonaise des écrivains de romans policiers 2016 ainsi que le prix des libraires Keibundo 2017 et est adaptée pour la première fois au cinéma (mai 2018).

  • Le mangaka Takehito Moriizumi se lance un défi : croiser les univers de deux auteurs majeurs en adaptant dans un même ouvrage 1984 de George Orwell et La Luciole, une nouvelle de Murakami extraite du recueil Saules aveugles, femme endormie. La Luciole narre les amours contrariées d'un jeune homme séduit par une étudiante marquée par un deuil. 1984, roman-culte, dépeint un univers totalitaire dominé par l'insaisissable dictateur Big Brother et où sévit la Police de la pensée.

    Né en 1975 à Tokyo, Takehito Moriizumi démarre en entreprise, constate que la passion qu'il voue au dessin depuis l'enfance est intacte et recommence à dessiner. Il publie son premier manga à l'âge de 35 ans. Proche de Jun Ishikawa, il admire le travail d'Edmond Baudouin et d'Emmanuel Guibert. Sa technique, proche du lavis, consiste à appliquer l'eau avant l'encre. Serii, son neuvième roman graphique, a été publié en 2019 en France (Atelier Akatombo).

  • Bartleby le scribe (Bartleby the Scrivener : a story of Wall Street) est une nouvelle célébrissime rédigée par Herman Melville en 1853. Le narrateur, un notaire new-yorkais, embauche un clerc singulier afin de faire de la copie d'actes. Au fil du temps, cet être consciencieux se révèle étrange, en refusant d'abord de faire certains travaux demandés par son patron. Puis il cesse de travailler, et refuse enfin de quitter l'étude, fût-ce la nuit. Il répète à l'envi : « J'aimerais autant pas. » (I would prefer not to).

    Préfiguration des thèses des écrivains de l'absurde, symbole de la résistance passive à l'époque de la bureaucratie naissante et des balbutiements du capitalisme d'affaires, cette nouvelle inclassable est un bijou.

    /> Herman Melville (1819-1891), romancier états-unien, auteur de Moby Dick et Billy Budd.

  • L'histoire d'une jalousie, l'histoire d'une vie...
    Eszter est une comédienne célèbre.

    Pourtant, les frustrations de son enfance – entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie – renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, l'ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme qu'elle aime, et qui l'aime.

    Le Faon dit la jalousie, plus, la haine, vécue comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n'a pas connu, n'a pas été.

    Son monologue est celui d'une femme qui se donne, se confesse et expie.

    " Construit comme une tragédie antique,
    Le Faon explore les Enfers d'une Médée hongroise dont le monologue tient autant de l'exorcisme que de l'expiation. "
    L'Express

  • Andalousie, 1916. Les tensions se multiplient dans la Vega de Grenade : les journaliers manquent de travail et de pain, tandis que les caciques s'enrichissent en profitant de la guerre pour spéculer sur leur production. C'est dans ce contexte tendu que Lucero, alias Federico García Lorca, va forger sa veine poétique avant de rejoindre Madrid et l'avant-gardisme irrévérencieux de Dalí et Buñuel. Il vivra des échecs retentissants au théâtre, subira la censure et la persécution homophobe de l'époque, mais connaîtra le succès et deviendra pour le peuple espagnol une icône de la liberté.Aníbal Malvar revisite ici une des pages les plus noires de l'Espagne et s'affranchit du devoir du biographe pour réécrire la tragédie d'un des rares auteurs qui fut de son temps un « classique vivant ».Traduit de l'espagnol par Hélène Serrano.

    Aníbal Malvar est né en Galice. Journaliste de profession, il est également romancier, et écrit aussi bien en castillan et qu'en galicien. Ses ouvrages, où il allie son talent de conteur à sa légitimité de reporter, sont publiés en français chez Asphalte : La Ballade des misérables (2014), Comme un blues (2017).

  • L'Analphabète est l'unique texte autobiographique d'Agota Kristof. L'auteur y retrace son étrange parcours : l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », elle parle de l'adolescente qui écrit des poèmes et finalement décrit l'exil qui n'est pas seulement exil hors d'un pays mais surtout hors d'une langue. C'est avec horreur que la narratrice se constate « analphabète » devant la nouvelle langue qu'est pour elle le français. Dans ce texte dense et précis, elle retrace aussi ses premières années de vie en Suisse, le travail d'usine, la passion de l'écriture : « Ce dont je suis sûre, c'est que j'aurais écrit, n'importe où, dans n'importe quelle langue ». Ce sera le français.

  • Le paradis dont il est question est une clinique illégale pour mères porteuses gérée selon un système quasi militaire, qui tient autant du centre de détenues, voire de la maison close.
    Les femmes y sont désignées par des numéros, mais se donnent entre elles des surnoms de fruits, comme autrefois les courtisanes de Shanghai.
    Tout est vu par l'oeil innocent d'une jeune fille un peu simple d'esprit : cet univers calcéral punitif, les histoires de ces femmes marquées par la violence masculine, et la solidarité des jeunes mères face aux gardes et à un directeur obèse tout à son business de prison dorée.

    Sans animosité ni colère, ce roman féministe dénonce le pouvoir patriarcal - viols et sélection génétique - dans la Chine contemporaine. Avec des moments de grande tendresse et d'émotion.

    L'auteure, née en 1973 dans le Hunan est l'une de ces nouvelles romancières chinoises très en vue qu'un premier roman a soudain portée au pinacle et qui contribuent à renouveler la littérature chinoise contemporaine. C'était en 2004 avec Filles du Nord, traduit en anglais et encensé par la critique, qui traite de la condition féminine comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. Elle est l'auteure de nombreuses nouvelles et de six romans. Un Paradis est le premier à paraître en France.

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