Pascal Perrineau

  • Souvent confondu avec la démagogie, le populisme n'a pas bonne presse. De fait, si le mot renvoie à l'origine à un mouvement politico-social russe de la seconde moitié du XIX siècle, qui s'était donné pour objectif de soulever la paysannerie contre le pouvoir tsariste, il désigne aujourd'hui, dans le débat, les discours et les doctrines qui en appellent au « peuple » comme s'il était un corps politique indifférencié. Le populiste, c'est celui qui flatte les masses dans ses aspirations les moins louables.
    Or, les crises multiples que traversent nos démocraties libérales (crises économiques, mondialisation, crises migratoires, crise de la représentation) réactivent un spectre qu'on a cru disparu avec les idéologies du XX siècle. Le populisme est-il une dérive inévitable de la démocratie ? En quoi n'est-il justement pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? Quel en est le moteur ?
    Pascal Perrineau tente de circonscrire un concept flou, fait le point sur les études les plus récentes et montre quelles sont les formes nouvelles du populisme à l'heure des réseaux sociaux et des fake news .

  • Le grand écart

    Pascal Perrineau

    • Plon
    • 21 November 2019

    Au cours des trois dernières années, les vieux partis politiques ont presque disparu, le clivage entre la gauche et la droite s'est étiolé, de nouvelles forces et organisations ont émergé.
    L'année 2019 a vu trois registres de la démocratie opérer et tenter de dialoguer : la démocratie directe des Gilets jaunes, la démocratie participative du grand débat national et la démocratie représentative issue des urnes lors des élections européennes. Or tout laisse penser que leur complémentarité se fait de façon plus conflictuelle et fragmentée qu'auparavant.
    Fort de son expérience de garant du grand débat national - qui lui a permis d'entendre directement la parole de nombreux Français, leurs préoccupations comme leurs revendications, mais aussi d'être au coeur de l'expérience du pouvoir politique et d'en approcher les intentions et les doutes -, Pascal Perrineau prend ici la mesure de l'état de santé démocratique du pays.
    Et c'est le portrait d'une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, qui s'impose.

  • Un processus de destruction créatrice d'une rare intensité s'est emparé du système politique français lors des élections de 2017. Ouvert par une série de déchéances fulgurantes, il s'est poursuivi par une campagne incapable de se fixer sur de véritables enjeux puis par une explosion de la mobilité électorale pour s'achever par un après-élection comparable à un champ de ruines.Après la tempête, voici venu le temps de l'analyse et des premiers résultats issus de la recherche.La vingtaine de contributions inédites réunies ici, complétée d'une chronologie et d'une synthèse des votes sous forme de cartes et de tableaux, signale la fin du cycle politique né après la seconde guerre mondiale. Elle montre la façon dont s'évanouit le système des partis et dont sont remises en question les institutions représentatives pour faire place aux organisations en réseau et à une demande de démocratie horizontale.

  • Cet ouvrage propose un retour méthodique sur les significations des élections de 2012 et la perception des 100 jours. Les meilleurs spécialistes s'interrogent sur les moments clés du vote : quand Hollande a-t-il conforté son avance initiale ? Qu'ont voulu dire les Français le 6 mai 2012 ? Quels regards portent-ils sur les 100 premiers jours et quelles sont leurs attentes ?

  • La France au front

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 12 February 2014

    Le Front national est-il en passe d'accéder au statut de « grand parti » ?
    Après avoir prospéré pendant près de trente ans sur les désillusions, les rejets et les inquiétudes, il aspire aujourd'hui à sortir de cette enclave. Le moment est propice : plus que jamais, la crise économique et sociale accentue le discrédit qui touche les deux grandes forces de gouvernement autour desquelles s'organisent les alternances depuis des décennies. Pascal Perrineau propose une analyse de la stratégie du FN depuis sa création et de son évolution sur la longue durée. Décryptant les ressorts de sa dynamique actuelle, il montre comment l'appropriation des thèmes de la République et de la laïcité, le renouveau générationnel en son sein ou encore l'effort de « respectabilisation » lui confèrent une influence électorale croissante. Soigneusement lissée, l'image de son leader, Marine Le Pen, ne cesse de s'améliorer, et nombre d'idées véhiculées par le parti attirent une audience de plus en plus large.
    Alors, la France va-t-elle au Front ? Quels que soient les scénarios pour l'avenir, le FN est désormais une force avec laquelle le pays doit compter. Avec une certitude : la grande échéance présidentielle de 2017 rebattra les cartes du pouvoir.

  • Les élections présidentielle et législatives d'avril-mai-juin 2012 ont abouti à l'expression d'un " vote normal ". Normal, au sens indiqué dès les années 1960 par le politiste américain Philip Converse, quand aucune force politique de circonstance ne parvient à détourner le vote d'une victoire annoncée depuis plusieurs années, en l'occurrence celle de la gauche. Normal, parce que l'un des candidats à la présidentielle, François Hollande, a opposé cette posture politique au comportement " anormal " ou " hors normes " de ses challengers successifs : Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy. Normal, enfin, parce que le vote sanction de 2012 a frappé de plein fouet le législatif et l'exécutif sortants, comme dans tous les pays européens en crise. Une telle " normalité " politique sera-t-elle tenable sur la durée de l'exercice présidentiel ? Une " présidence normale " est-elle une erreur de tempo dès lors que le pouvoir et sa majorité sont confrontés à des difficultés majeures et à une conjoncture hors du commun ?

    Pascal Perrineau est directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF-CNRS). Ont également contribué à cet ouvrage : Marilyn Augé ; Pierre Avril ; Daniel Boy ; Frédérik Cassor ; Bruno Cautrès ; Flora Chanvril ; Jean Chiche ; Élisabeth Dupoirier ; Odile Gaultier-Voituriez ; Christine Gire ; Gérard Grunberg ; Jérôme Jaffré ; Karolina Koc Michalska ; Laurence Morel ; Anne Muxel ; Christophe Piar ; Luc Rouban ; Sylvie Strudel ; Gauthier Vaillant ; Thierry Vedel

  • Parti d'à peine 1 % en 1981 et totalisant 15 % des voix en 1997, le Front national s'enracine scrutin après scrutin.
    Il gagne des couches sociales et des régions qui normalement devraient lui résister et se trouve en mesure de mettre en échec la droite classique. Pourtant, ni les idées, ni le discours, ni les méthodes de l'extrême droite n'ont changé depuis les temps anciens de la Révolution nationale, de la vague poujadiste et de l'Algérie française. D'où vient alors qu'elle séduise aujourd'hui ? A-t-on tout dit quand on a dénoncé certaines compromissions passées de la droite ou certaines tentatives d'instrumentalisation par François Mitterrand ? À vouloir faire l'économie d'une analyse minutieuse des suffrages sur le terrain, à refuser de voir que le Front national est désormais un parti attrape-tout drainant une clientèle hétéroclite aux profils très contrastés, bref à méconnaître et à sous-estimer l'adversaire en répétant inlassablement les mêmes stéréotypes sur le mode incantatoire, les partis démocratiques - et la nation avec eux - s'exposent à de très durs réveils : les scénarios les plus probables ne sont en effet pas ceux qui prévoient une décrue de l'extrême droite.
    Donnant ici la première synthèse des recherches et des dossiers qu'il accumule depuis plus de quinze ans, Pascal Perrineau replace le " symptôme Le Pen " dans l'histoire politique des vingt dernières années. Proposant un certain nombre d'explications (car il y en a de multiples) et esquissant le portrait de catégories types (il y en a de multiples également) d'électeurs du Front national, il éclaire d'une science très sûre un débat presque toujours faussé par les enjeux politiciens.

  • Un enregistrement pour resituer dans le temps long l'élection du président de la République française au suffrage universel et en saisir tous les enjeux à la veille du scrutin décisif d'avril-mai 2012.

    Voulue par De Gaulle et adoptée par voie de référendum en 1962, l'élection du président de la République au suffrage universel a longtemps été combattue par la gauche qui voyait là un risque de populisme et de dérive autoritaire. Elle est aujourd'hui accepté par l'ensemble des forces politiques et est devenue le temps fort de la vie politique française et la clé de voute de nos institutions.
    Cet enregistrement propose une histoire de tous les scrutins présidentiels sous la Ve République et une mise en perspective détaillée de l'échéance de 2012 qui se déroulera dans un contexte de crise économique et financière majeure et de remise en cause de la construction européenne.

  • En se qualifiant pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen a conforté la position du Front national au tout premier rang des forces politiques en France.

    Or, ce que Pascal Perrineau établit avec éclat dans ce livre choc, c'est que ce sont aussi les électeurs de gauche qui ont contribué à installer le FN en position dominante et que, ce faisant, ces derniers ont le sentiment de ne rien renier de leurs convictions profondes. Les motifs de leur vote (défense de l'État-providence, du rôle de l'État dans un monde globalisé, de la laïcité, d'une certaine idée de la République) sont au contraire demeurés les mêmes quand la gauche, disent-ils, aurait trahi ses idéaux et abandonné le peuple.

    C'est ainsi que l'enquête témoigne autant des raisons pour lesquelles la gauche a perdu son électorat populaire qu'elle éclaire l'impressionnante progression du parti de Marine Le Pen.

    Des leçons à tirer pour une gauche d'opposition.

  • This edited volume is based on a highly original survey carried out between November 2011 and June 2012 among a panel of 6,000 voters. The panel was interviewed on 12 separate occasions about how and why they made their voting choices. The book focuses on how electoral choices are made and how these choices evolve during the short time-span of an election campaign. The analysis of the 2012 electoral result shows more than ever that voting choices are the fruit of interweaving timelines: the long term period that characterizes voters' predispositions and their predictions of a possible scenario; the shorter period of time during which the campaign unfolds where those predispositions are either confirmed, called into question, or undone; and the moment when the final choice is made. This is the first time the electoral decision-making process during a French Presidential election has been systematically studied. 

  • Le choix de Marianne

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 8 February 2012

    Les Français vont bientôt se rendre aux urnes pour élire le président de la République. Leur choix sera l'expression de plusieurs fractures (ou "clivages") qui traversent la société française. Certaines sont anciennes et ne mettent plus toujours aujourd'hui en scène un affrontement politique lisible et fort : l'affrontement biséculaire de la droite et de la gauche, le conflit des classes sociales ou encore la partition politique des territoires. D'autres sont plus neuves mais ne parviennent pas encore à faire naître des oppositions politiques claires : les conceptions antagonistes de l'Europe et de son avenir, les lectures divergentes de la crise économique et de la mondialisation, le choc des valeurs ou des cultures.
    C'est à partir de ces fractures anciennes et nouvelles qui donnent sens au combat politique que nous construirons nos choix électoraux. Mais aussi, ceux-ci seront autant de réponses à une conjoncture, celle d'une année 2011-2012 marquée par trois inquiétudes aux allures de véritables défiances : celle vis-à-vis de la politique, celle vis-à-vis de l'avenir même du pays et celle vis-à-vis du président sortant. La politique vaut-elle encore une messe? La France est-elle encore capable d'aimer son avenir ou la "haine de soi" va-t-elle l'emporter? Dans un langage clair, débarrassé des lourdeurs universitaires, Pascal Perrineau éclaire le terrain politique sur lequel se formera notre décision électorale pour 2012.

  • L'engagement politique dans ses formes traditionnelles (électorale, militante...) est en crise. Ce déclin est-il inéluctable ? Les Français, déçus de la politique, sont-ils en train de se retirer de tout investissement dans la sphère politique ? Cet ouvrage dresse, pour la première fois, un état des lieux. Où en est-on dans les partis, les syndicats, les associations ? Comment évoluent les formes les plus protestataires de l'engagement ? Au-delà du déclin et de la recomposition des formes traditionnelles d'engagement, n'assiste-t-on pas à des mutations profondes des attentes que les Français ont vis-à-vis de l'action politique ? Derrière une apparente lassitude politique se découvre une forte demande de faire de la politique autrement. Déjà, de nouveaux lieux d'engagement et de nouveaux enjeux se dessinent et montrent que la crise de l'engagement est une crise où de vieux modes d'insertion en politique déclinent et où de nouveaux hésitent à naître.

  • La notion de « rupture », politique, économique, culturelle, a été introduite dans la campagne par Nicolas Sarkozy. Au-delà de la rhétorique, on pouvait s'interroger sur la capacité des électeurs à se retrouver dans cette « rupture » et à l'assumer. Une fois la campagne développée, le verdict des urnes exprimé et le nouveau cours de la politique sarkozyenne inscrit dans des actes de gouvernement, cet ouvrage prend la mesure des différences et des continuités propres aux élections présidentielle et législatives de 2007.

    La « bataille des images » pendant la campagne électorale, la forte participation les 22 avril et 6 mai, les résultats électoraux - du succès massif de Nicolas Sarkozy à l'usure de la gauche, de la dynamique autour de François Bayrou à l'effondrement du vote lepéniste -, la bipartisanisation et la présidentialisation du système politique sont décryptés et illustrés de nombreuses cartes, graphiques et tableaux.

  • Les élections présidentielle et législatives de 2002 ont été les élections de tous les refus : refus d'une campagne considérée comme ennuyeuse, refus d'un scénario de second tour présenté comme bouclé, refus du vote avec toute une série de records d'abstention battus en quelques semaines, refus des "grands" candidats avec les faibles niveaux atteints par Lionel Jospin et Jacques Chirac au premier tour de la présidentielle, refus de la cohabitation, enfin, lors des législatives.
    Ce livre s'efforce de prendre la mesure et de saisir les logiques de tous ces refus. Au-delà, il tente de déceler ce qui s'invente entre les citoyens et le système politique aussi bien en ce qui concerne la consommation de politique dans les médias, les alternances entre participation et retrait de la scène politique, les logiques d'un vote plus labile et moins investi, les recompositions des clivages fondateurs des choix politiques et les attentes vis-à-vis des institutions.

  • On ne peut plus aujourd'hui parler de " déficit démocratique " de l'Europe.
    Sa construction politique est prise en charge par les électeurs. Pour la sixième fois, le Parlement européen est issu d'une élection au suffrage universel direct, tandis que les référendums se succèdent. Un vote européen se fait jour, plus abstentionniste, plus conservateur, moins régionaliste. Mettre en lumière les tendances issues des dernières élections au Parlement européen des vingt-cinq pays de l'Union en juin 2004, mesurer l'impact des nouveaux entrants, le nouvel équilibre des forces et des alliances au sein du Parlement européen paraît d'autant plus essentiel que les conséquences des " non " français et néerlandais semblent impossibles à prévoir.
    Enfin, Pascal Perrineau livre ses premières analyses du " non " français. Trois variables nationales annonçaient ce " non " : un gouvernement national impopulaire, un pessimisme économique et social et un sentiment avéré de craintes vis-à-vis de l'autre. L'issue du 29 mai 2005 ne pouvait qu'être négative. Sur aucun de ces trois " fondamentaux ", la France ou les Pays-Bas n'étaient en position pour que le " oui " l'emporte, à la différence de l'Espagne dont le vote est resté européen, hors des considérations purement nationales et des inquiétudes qui taraudent le corps électoral français.

  • quelles sont les règles du jeu de l'élection présidentielle ? quels liens les français ont-ils noués avec elle en plus de quarante ans d'histoire ? que sait-on des profils des différents électorats de l'extrême gauche à l'extrême droite et quelles sont les orientations politiques et électorales des différents milieux démographiques et sociaux ? beaucoup d'électeurs s'interrogent aujourd'hui sur la "mise en scène" de l'élection présidentielle au travers des médias,
    des sondages et de grands enjeux qui sont propulsés au premier plan de l'agenda politique.
    en quoi peuvent-ils contribuer à faire pencher l'électorat d'un côté ou de l'autre ? en répondant à toutes ces questions, cet atlas électoral a l'ambition de donner au citoyen quelques clés et repères forts pour comprendre le vote, notre vote.
    un ouvrage réalisé sous la direction de pascal perrineau avec l'équipe des chercheurs du centre de recherches politiques de sciences po (cevipof).

  • La critique de la démocratie représentative souligne l'éloignement croissant entre le peuple et le pouvoir. Cette mise à distance du politique dans la France contemporaine se matérialise de multiples façons :
    ? fracture entre les élites et les citoyens ;
    ? fracture entre les catégories populaires marquées par la précarité et l'exclusion et les catégories supérieures conduisant à la tripartition gauche/droite/FN du paysage politique ;
    ? le brouillage des frontières entre l'espace public de la démocratie et l'espace privé des cultures et des convictions ;
    ? retour en force du nationalisme et du souverainisme ;
    ? référence devenue presque impossible aux grands mythes politiques comme celui de socialisme ou de libéralisme.
    Pascal Perrineau et Luc Rouban ont réuni politistes et sociologues de renom pour comprendre comment s'est construite cette démocratie fermée.

  • Les trois premiers volumes des « Chroniques lectorales », consacrs l'analyse des lections des annes 1992, 1993 et 1994 avaient dbouch sur un mme constat : celui d'un assez profond « dsordre lectoral », marqu par une abstention souvent leve, un vote s'loignant de ses bases sociales, partisanes et idologiques, des reclassements subits de l'lectorat et, enfin, une dispersion croissante du vote sur des forces priphriques. Ces caractristiques se confirment avec le vote de 1995 qui est un vrai vote de crise. L'lection de 1995 a mis nu la crise profonde du systme partisan et le dsarroi stratgique des partis, la crise de la reprsentation et la prise de distance avec les partis de gouvernement. Elle a surtout renvoy l'cho politique de la crise sociale, avec son lot de dsillusions, de protestations et d'absence de dsir politique. L'lection prsidentielle a aussi t celle de mutations lectorales avec l'attnuation sensible de la traditionnelle bipolarisation entre gauche et droite, l'apparition de nouveaux clivages entre les gens « d'en haut » et les gens « d'en bas », et la volatilit qui a affect tous les lectorats et faonn une victoire, certes ample pour Jacques Chirac, mais aussi fragile parce que labile.

  • Les élections législatives du printemps 1997 ont été les plus surprenantes de la Cinquime République. Surprise d'un calendrier précipité qui a pris de court électeurs, observateurs et classe politique. Surprise d'un usage trs tactique de la dissolution qui a souffert de ne jamais pouvoir s'affirmer comme tel. Surprise d'une campagne brve mais confuse, qui n'a jamais su trouver des axes forts autour desquels organiser le débat public. Surprise de citoyens peu intéressés par la campagne et ayant en tte des préoccupations (protection sociale, inégalités, éducation, chômage) assez éloignées des auspices sous lesquels l'exécutif sortant avait engagé le fer électoral (construction de l'Europe, modernisation de l'économie). Surprise enfin des résultats : une gauche plurielle allant des communistes aux Verts renaît autour d'un Parti socialiste remis discrtement en ordre de bataille par Lionel Jospin ; une droite classique passe du succs sans précédent de 1993 un déclin électoral lui-mme sans précédent sous la Cinquime République. Laminée au centre par un Parti socialiste porteur de la demande sociale des Français et droite par un Front national réceptacle de tous les malaises politiques et sociaux de la société française, la droite classique, comme l'avait été la gauche dans les années soixante, est aujourd'hui confrontée au problme de sa reconstruction.

  • En dépit du maintien à droite de la majorité des régions, les élections régionales de mars 1998 ont été perçues comme une victoire de la gauche.
    Il est vrai que, par rapport à 992, la gauche s'est ressaisie. Pourtant, force est de constater que la majorité plurielle a subi, depuis les législatives de 1997, une érosion sensible de son influence électorale. De son côté, la droite parlementaire, soumise à la violente concurrence du Front national, s'est trouvée confrontée à une crise inédite sous la Cinquième République. Elle a montré qu'elle demeurait incapable de surmonter ses profondes divergences à propos du leadership, de l'organisation ou de la stratégie à suivre.
    Ainsi, un vote incertain a débouché sur des élections sans véritable lendemain.
    Une fois de plus, les élections régionales ont traduit l'éclatement du paysage politique français. Pour autant, elles n'ont cependant pas permis l'émergence de forces politiques nouvelles, comme en témoigne le repli des écologistes par rapport aux régionales de 1992. Le poids de l'abstention, la fragilité des forces politiques traditionnelles, l'extrême faiblesse des forces émergentes et l'extraordinaire capacité de nuisance du Front national ont débouché sur une déstabilisation inédite de l'institution régionale.
    Le point d'orgue de cette déstabilisation a été atteint lors de l'élection des présidents de région, souvent obtenue à la suite de tractations et de calculs politiques aux effets durables, non seulement sur l'institution régionale mais aussi sur l'ensemble du système politique français.

  • A partir d'une enquête électorale menée à l'occasion des élections législatives de 1997, cet ouvrage fait le point sur l'état des cultures politiques des Français.
    Face à un système politique qui entretient une relative pérennité des cultures de droite et de gauche, transmises essentiellement par la filiation et encore articulées sur des milieux sociaux et culturels différents, on voit apparaître, à la fin de la décennie 1990, un fort mouvement de recomposition des cultures politiques. Celui-ci est sensible dans le mouvement d'individuation et de prise de distance des citoyens par rapport aux cultures politiques traditionnelles.
    Cultures qui sont elles-mêmes marquées par un éclatement interne dû aux nouveaux défis de la " société ouverte " (mondialisation, Europe, migration) qui mettent à mal la cohérence des vieilles cultures de droite et de gauche. Ce descellement des anciens clivages culturels laisse apparaître des cultures émergentes : choix post-matérialistes des milieux éduqués s'opposant aux choix rigoristes des milieux plus défavorisés culturellement, retrait protestataire de ceux qui se mettent en marge du système politique tout en voulant dire leur mot par d'autres moyens que celui du vote, invention d'une politique plus " modeste " et dépassionnée autour de la population féminine...
    C'est autour de cette tension entre une " demande " sociale de diversification des cultures politiques et une " offre " politique qui a tendance à entretenir " l'éternel hier " que doivent se lire aujourd'hui la crise et la recomposition des cultures politiques en France.

  • la politique est-elle différente en france ? la critique aiguë des élites politiques et la montée en force du vote protestataire depuis quelques années mettent en évidence une grave crise de la représentation.
    signe d'un déclin ou inadaptation à la mondialisation, elle semble indiquer que rien ne se fait en france comme dans les autres pays européens. mais l'europe elle-même n'est-elle pas un assemblage de singularités nationales ? on peut s'interroger sur l'existence d'un socle commun de valeurs et de représentations, mais aussi sur la possibilité d'aller plus loin dans l'intégration européenne quand les cultures et les pratiques politiques nationales semblent divergentes.
    a partir des résultats de l'enquête european social survey (prix descartes 2005), une équipe de politistes a cherché à évaluer quelle est la spécificité française et à savoir dans quelle mesure il est possible de parler d'une europe politique. issu d'un cours du centre de recherches politiques de sciences po (cevipof), cet ouvrage propose aux étudiants, mais également à tous ceux que la politique intéresse, des analyses rigoureuses de la vie politique en france et en europe, telle qu'elle est structurée par les valeurs et les attitudes, par les catégories démographiques et sociales ainsi que par les familles partisanes.

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