Julia Cagé

  • Fondé sur une étude historique inédite des financements privés et publics de la démocratie dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, ce livre passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux et démontre l'ampleur du malaise. Il propose aussi des pistes pour repenser de fond en comble la politique. Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d'égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l'argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. Aux États-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu'aux préférences des plus favorisés. En France, l'État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d'un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d'implication. La question du financement de la démocratie n'a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l'être sur un mode plus radical. Pour sortir de l'impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.

  • Libres et égaux en voix

    Julia Cagé

    • Fayard
    • 30 September 2020

    Seule une démocratie accomplie pourra nous permettre de traverser les épreuves en cours et à venir. Cet essai décapant propose des solutions pour refonder notre système de représentation politique, pour enfin faire advenir une démocratie où la voix de tout le monde comptera.
    La démocratie n'existe pas. Elle reste à inventer.

    Loin d'être un refus de la politique, la crise actuelle de la démocratie représentative se manifeste par le combat de citoyens demandant davantage de démocratie, de participation et d'égalité.
    Libres et égaux en voix propose ainsi de donner une voix et des places à celles et ceux qui en ont été trop longtemps privés : les femmes, les classes populaires, les minorités. D'abord en repensant notre système électoral et en garantissant la représentation parmi les parlementaires de la réalité de la société. Ensuite en proposant un nouvel équilibre entre la démocratie représentative et un usage raisonné du référendum. Enfin en donnant aux citoyens les moyens de reprendre le contrôle des partis, des médias et de la philanthropie, afin de dessiner un nouvel horizon politique égalitaire.
    En tant que chercheuse et citoyenne, Julia Cagé renouvelle en profondeur la réflexion sur l'égalité politique dans un plaidoyer armé de propositions concrètes pour changer les règles du jeu politique. Nous pouvons faire mieux que le monde dans lequel nous vivons ; fini de rêver, voici venu le temps d'agir !

  • Les médias sont en crise. Pas seulement la presse écrite, dont les soubresauts font chaque jour l'actualité, mais toute la chaîne de production de l'information. Journaux, radios, télévisions, pure players sont tous à la recherche d'un nouveau modèle économique. Ce livre, qui repose sur une étude approfondie du fonctionnement des médias en Europe et aux États-Unis, propose de créer un statut de « société de presse à but non lucratif » sur le modèle des grandes universités internationales, conciliant activité commerciale et non-lucrativité. Ce modèle permet d'une part de sécuriser le financement des acteurs médiatiques, d'autre part d'encadrer le pouvoir des actionnaires par des statuts contraignants. Il offre une place nouvelle aux sociétés de lecteurs et de rédacteurs, et un cadre juridique favorable au développement du crowdfunding.
    Il en va de notre démocratie : oeuvrer pour des médias indépendants de leurs actionnaires, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs. En d'autres termes, il s'agit d'inventer un modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIe siècle.

  • La crise des médias et la défiance des citoyens envers l'information grandissent chaque jour et notre conviction est que cette situation n'a rien d'inéluctable. La confiance peut être regagnée en traitant le problème à la racine : la propriété des médias.
    Comment les citoyens peuvent-ils accorder leur confiance aux médias si aucune règle claire n'empêche un actionnaire d'interférer dans le fonctionnement des rédactions ou de faire licencier un journaliste qui lui déplaît ? Doit-on se satisfaire d'une situation dans laquelle une poignée d'industriels possèdent la quasi-totalité des médias, limitant le pluralisme d'opinions et appauvrissant d'autant le débat public ? Est-il acceptable que les journalistes ne soient pas consultés lorsque leur titre est vendu à tel ou tel « mécène » ?
    Il n'existe pas de fatalité à ce que les médias se vident de leurs journalistes au fil de leurs rachats successifs par des industriels. L'information est un bien public dont la production doit être confiée à des journalistes disposant d'une véritable indépendance éditoriale, et nous pensons que cette indépendance est possible en adoptant de nouvelles règles.
    Ce livre vise à armer les citoyens, les journalistes et les régulateurs en faisant toute la lumière sur les différentes formes de propriété des médias et les limites des régulations existantes. Il ne s'agit pas de questions techniques, mais des fondamentaux d'un débat démocratique éclairé.
    Pour cela, nous proposons une loi de démocratisation de l'information permettant aux journalistes et aux citoyens de reprendre enfin le contrôle des médias. Des médias indépendants gouvernés de manière démocratique et tournés vers la production d'une information de qualité. Rejoignez-nous dans ce combat !

  • Le développement de l'information sur internet conduit-il au règne du copié-collé, au détriment de l'information de qualité ? Peut-on inventer de nouveaux modèles économiques pour les médias permettant de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies ?
    Ce travail de recherche inédit tente d'apporter de nouvelles réponses à ces questions, en conjuguant les outils du « big data », du « machine learning » et de l'économie. Il se base sur la construction et l'analyse d'une base de données unique en son genre : l'intégralité du contenu produit en ligne par les médias d'information en France sur une année (2013), qu'il s'agisse de la presse écrite, de la télévision, de la radio, des pure internet players ou encore de l'AFP.
    /> Nous combinons ainsi pour la première fois plusieurs millions de documents avec d'une part les caractéristiques humaines et économiques des diff érents médias - en particulier la taille de leur rédaction - et d'autre part avec des données d'audience des diff érents sites, permettant d'analyser dans quelle mesure les citoyens adaptent leur consommation sur internet à l'originalité des contenus produits.
    En appliquant notre algorithme de détection de copie, nous montrons que, dans le cas des actualités chaudes, 64 % de l'information publiée en ligne correspond à du copié- collé pur et simple (sans même prendre en compte les reformulations), un niveau d'homogénéité insoupçonné. Les copies ainsi détectées vont souvent au-delà de l'exception de « courte citation » autorisée par la loi et omettent le plus souvent les procédures réglementaires de citations et de crédits.
    Or le recours croissant au copié-collé combiné à une vitesse de propagation extrêmement élevée de l'information en ligne - un quart des événements se propagent en moins de 4 minutes - risque de tuer à termes les incitations des médias à produire de l'information originale. Nous montrons ainsi que les médias n'arrivent plus à monétiser cette information si coûteuse à produire.
    Au-delà de ces constats, le livre souligne et quantifi e les risques pour l'information et la démocratie associés à l'accélération de la baisse de la taille des rédactions. Il passe en revue les diff érentes solutions : une application plus stricte du droit d'auteur sur internet ; la mise en place de murs payants ; la syndication de contenu et la mutualisation des coûts de production de l'information ; le soutien public transmedia à la production d'information ;
    Ou encore de nouvelles formes juridiques pour les médias.
    Surtout, il souligne la nécessité de repenser entièrement les systèmes de régulation existants des médias. Cette régulation se fait aujourd'hui par support ; elle doit être adoptée au XXIe siècle, c'est-à-dire transmedia. Internet est une chance unique de mieux informer les citoyens ; n'en faisons pas le tombeau de l'information.

  • Ce livre présente l'ensemble des concepts et raisonnements fondamentaux de la microéconomie.
    Chaque chapitre s'ouvre sur un rappel complet et méthodique des points clés de l'analyse théorique. Les auteurs exposent ensuite comment cette dernière permet d'éclairer la réalité économique à l'aide d'exemples concrets et d'exercices entièrement corrigés. Parmi les sujets couverts : Le comportement des consommateurs et des producteurs ; L'équilibre du marché en concurrence parfaite ; L'analyse des comportements stratégiques (théorie des jeux) ; La théorie de l'information et des incitations ; Les différentes défaillances du marché : biens publics, monopole, concurrence imparfaite, rôle de l'état dans la régulation marchande, etc.
    La progression pédagogique, les nombreux exemples et illustrations ainsi que les exercices riches et variés font de cet ouvrage une synthèse de cours indispensable pour tout étudiant en microéconomie.

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