Collectif, Anne Cheng

  • Que se passe-t-il en Chine ? Les publications se multiplient à foison sur la dictature du Parti communiste, ses ambitions, sa volonté de contrôler la pensée et d'exercer la plus sourcilleuse des censures. Mais que se pense-t-il en Chine ? L'originalité profonde de cet ouvrage collectif, qui rassemble les meilleurs spécialistes des différentes questions traitées, est de présenter au lecteur occidental les débats, enjeux, directives et chemins de traverse qui constituent la vie intellectuelle et politique. Quatre parties permettent de découvrir au plus près la circulation des idées, officielles comme alternatives, dans leur volonté de penser et dire autrement. Projections de la Chine-monde : le débat essentiel est celui qui se conduit sur la différence de nature entre la philosophie chinoise et les valeurs universelles, et qui est au fondement du fantasme d'un Empire-monde et de la propagande du parti à travers la multiplication dans le monde des Instituts Confucius. Récit national et réécritures de l'histoire : face au grand récit unique que le Parti veut imposer, nombre d'historiens soulignent la pluralité d'approches, la difficile application à l'histoire de la Chine des grandes étapes historiques imaginées par Marx et Engels, sachant que des contre-récits au discours officiel sont portés par le cinéma. Modes de contrôle de la société civile : la vie intellectuelle se déploie sur fond des rapports de force entre le Parti et la société civile. Elle passe depuis 1989 par l'essor d'intellectuels noninstitutionnels, de groupes plus ou moins formels de parole où chacun dit la réalité de sa vie, loin des récits officiels ; mais aussi par le système du crédit social, plus complexe que la simple vidéo-surveillance des populations, et la vitalité d'une religion bouddhiste qui doit à chaque instant négocier sa place et son rôle avec le Parti. Points de tensions : la réalité résiste à son enfermement dans les grilles de la pensée officielle : le socialisme aux caractéristiques chinoises est ni plus ni moins qu'un capitalisme d'État ; l'intégration harmonieuse des peuples a le visage du génocide des Musulmans au Xinjiang, « nouvelle frontière » de la purification nationale ; les conflits de l'eau au Tibet font rage au détriment de la population ethnique locale. Enfin, l'image que la Chine entend donner d'elle est fortement fissurée par les crises sanitaires et environnementales, dont la dernière en date sévit encore partout dans le monde.

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  • Depuis quatre mille ans, la culture chinoise offre l'image d'une remarquable continuité. Pourtant, c'est à travers une histoire faite de ruptures radicales, de profondes mutations mais aussi d'échanges, que la Chine a vu naître des pensées aussi originales que celles de Confucius et du taoïsme, et assimilé le bouddhisme avant d'engager à l'ère moderne un dialogue, décisif pour le temps présent et à venir, avec l'Occident. Force est de constater cependant que la plupart des Occidentaux demeurent dans l'ignorance de cette tradition intellectuelle qui n'a fait l'objet que de présentations partielles ou partiales.

  • depuis l'europe des lumières, on s'est beaucoup occupé de « penser la chine », quitte à fabriquer les représentations les plus contradictoires, entre la « chine philosophique » et le « despotisme oriental », entre la chine éternelle, esthétique et consensuelle et une autre, imprévisible et inquiétante. pour sortir de ces clichés tenaces, anne cheng nous propose d'exercer notre oreille à capter ce que les auteurs chinois nous donnent à entendre. la chine ne serait-elle pas capable, après tout, de penser et de se penser par elle-même ?
    née en 1955, anne cheng a mené ses travaux de recherche et d'enseignement sur les sources de la tradition et de la modernité chinoises, d'abord au cnrs, puis à l'inalco, avant d'être élue au collège de france en 2008 à la chaire d'histoire intellectuelle de la chine.
    elle est l'auteur notamment d'une traduction en français des entretiens de confucius (1981) et d'une histoire de la pensée chinoise (1997, rééd. 2002 et traduite en de nombreuses langues). elle a également dirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont la pensée en chine aujourd'hui
    (2007).

  • Le traite des rites : canonisation du rituel et ritualisation de la societe - all about the rites: f Nouv.

    Prenant pour point de départ l'antique Traité des rites, reconstruit sous la dynastie des Han antérieurs à partir de textes épars dont les plus anciens remontent sans doute au IVe siècle avant notre ère, cet ouvrage se propose de dégager une histoire du canon ritualiste chinois et des théories du rituel qui conjoignent pratiques et textes, distorsions entre histoire et discours, présence et effacement du paradigme ritualiste. Les meilleurs spécialistes de disciplines très diversifiées élaborent une image complexe, battent en brèche de prétendues évidences sur le ritualisme chinois, confrontent sacré et politique, remettent en question le statut des normes rituelles et s'interrogent sur la source même de telles pratiques. Tous décrivent son importance pour les sociétés anciennes, comme le rôle que le Traité des rites a pu jouer dans la modernité chinoise depuis la fin du XIXe siècle et la manière dont il pourrait légitimer la fondation de sociétés ritualisées contemporaines.

  • In this groundbreaking, interdisciplinary study Anne Anlin Cheng argues that we have to understand racial grief not only as the result of racism but also as a foundation for racial identity. The Melancholy of Race proposes that racial identification is itself already a melancholic act--a social category that is imaginatively supported through a dynamic of loss and compensation, by which the racial other is at once rejected and retained. Using psychoanalytic theories on mourning and melancholia as inroads into her subject, Cheng offers a closely observed and carefully reasoned account of the minority experience as expressed in works of art by, and about, Asian-Americans and African-Americans. She argues that the racial minority and dominant American culture both suffer from racial melancholia and that this insight is crucial to a productive reimagining of progressive politics. Her discussion ranges from "Flower Drum Song" to "M. Butterfly," Brown v. Board of Education to Anna Deavere Smith's "Twilight," and Invisible Man to The Woman Warrior, in the process demonstrating that racial melancholia permeates our fantasies of citizenship, assimilation, and social health. Her investigations reveal the common interests that social, legal, and literary histories of race have always shared with psychoanalysis, and situates Asian-American and African-American identities in relation to one another within the larger process of American racialization. A provocative look at a timely subject, this study is essential reading for anyone interested in race studies, critical theory, or psychoanalysis.

  • Through the figure of Josephine Baker, Second Skin tells the story of an unexpected yet enduring intimacy between the invention of a modernist style and the theatricalization of black skin at the turn of the twentieth century. Stepping outside of the platitudes surrounding this iconic figure, Anne A. Cheng argues that Baker's famous nakedness must be understood within larger philosophic and aesthetic debates about, and desire for, 'pure surface' that crystallized at the convergence of modern art, architecture, machinery, and philosophy. Through Cheng's analysis, Baker emerges as a central artist whose work engages with and impacts various modes of modernist display such as film, photography, art, and even the modern house.

  • Through the figure of Josephine Baker, Second Skin tells the story of an unexpected yet enduring intimacy between the invention of a modernist style and the theatricalization of black skin at the turn of the twentieth century. Stepping outside of the platitudes surrounding this iconic figure, Anne A. Cheng argues that Baker's famous nakedness must be understood within larger philosophic and aesthetic debates about, and desire for, 'pure surface' that crystallized at the convergence of modern art, architecture, machinery, and philosophy. Through Cheng's analysis, Baker emerges as a central artist whose work engages with and impacts various modes of modernist display such as film, photography, art, and even the modern house.

  • In this groundbreaking, interdisciplinary study Anne Anlin Cheng argues that we have to understand racial grief not only as the result of racism but also as a foundation for racial identity. The Melancholy of Race proposes that racial identification is itself already a melancholic act--a social category that is imaginatively supported through a dynamic of loss and compensation, by which the racial other is at once rejected and retained. Using psychoanalytic theories on mourning and melancholia as inroads into her subject, Cheng offers a closely observed and carefully reasoned account of the minority experience as expressed in works of art by, and about, Asian-Americans and African-Americans. She argues that the racial minority and dominant American culture both suffer from racial melancholia and that this insight is crucial to a productive reimagining of progressive politics. Her discussion ranges from Flower Drum Song to M. Butterfly, Brown v. Board of Education to Anna Deavere Smiths Twilight, and Invisible Man to The Woman Warrior, in the process demonstrating that racial melancholia permeates our fantasies of citizenship, assimilation, and social health. Her investigations reveal the common interests that social, legal, and literary histories of race have always shared with psychoanalysis, and situates Asian-American and African-American identities in relation to one another within the larger process of American racialization. A provocative look at a timely subject, this study is essential reading for anyone interested in race studies, critical theory, or psychoanalysis.

  • Since the Age of Enlightenment in Europe, much scholarly work has been done on "thinking China". A result has been the most contradictory representations which attempt to reconcile "philosophical China" with "Oriental despotism", or an eternal aesthetic and consensual China with a more unpredictable and disturbing vision of the country. To break free of these tenacious clichés, Anne Cheng proposes that we listen carefully to what Chinese authors actually have to say. After all, is China not herself able to think and conceive of her own reality?

  • """ Y a-t-il une philosophie chinoise ? "". Cette question, issue de l'institution philosophique européenne du XIXe siècle, revient encore de manière plus ou moins implicite près de deux siècles plus tard dans ce qui se dit et se lit actuellement sur la Chine. Il est donc temps, ne serait-ce que pour la déclarer une fois pour toutes obsolète, d'en dresser un état des lieux. C'est elle qui a servi de fil rouge aux travaux, menés de manière collégiale et internationale depuis plusieurs années, qui constituent la matière de ce volume.
    Il s'agit ici d'un chantier qui s'est constitué dans un échange continu et vivant entre des auteurs français, mais aussi européens et chinois, qui leur a permis au fur et à mesure d'affiner leurs réflexions respectives. Le volume qui en résulte se présente donc sous la forme originale d'un réseau de renvois internes entre les différents textes. On obtient ainsi un effet de prisme qui a l'avantage de démultiplier les points de vue, sans jamais se départir d'une perspective critique ni verser dans des réponses dogmatiques ou réductrices qui sont encore trop souvent monnaie courante en la matière."

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