Sciences humaines & sociales

  • Considéré par Romain Rolland comme «  le plus grand penseur de l'Inde d'aujourd'hui  », Sri Aurobindo a laissé en héritage une oeuvre colossale et complexe, témoignant d'une pénétration d'esprit telle, que certains ont pu le comparer à Platon. Sa perspective, à la fois radicale et ouverte, se nourrit des enseignements de grandes figures de l'Inde traditionnelle et s'appuie sur les Ecritures sacrées, le Vêdânta, le Sâmkhya et le vishnouisme. Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Béchu relève magistralement le défi de proposer une lecture à la fois rigoureuse et accessible de la pensée d'Aurobindo, en particulier de deux dimensions essentielles  : la Métaphysique et la Psychologie. Par là, il met superbement en lumière la façon dont Sri Aurobindo pénètre non seulement les lois de la Nature, de la Vie, de la Matière et ce qui se dissimule derrière le monde phénoménal, mais nous révèle aussi combien notre réalité intérieure est infiniment plus vaste et plus profonde que ce que nous pensons...

  • Le commun délimite la ligne d'opposition entre le populisme, dans ses errements d'une identité factice, et les espérances du social-humanisme. La démocratie n'est respectée que par sa promesse d'un enrichissement qualitatif de tous. Ce que l'on nomme de manière rapide « le progrès » ! Lorsque ce progrès n'est plus partagé, qu'il s'avère particulièrement inégalitaire et va jusqu'à saper le bien commun le plus fondamental qu'est la Nature, la voie est libérée pour le populisme par cette impuissance de la démocratie à être désirée. Le commun populiste peut alors rassembler autour d'une autorité, d'un autoritarisme, dans lequel chacun abandonne sa singularité dans une uniformisation. Le commun social-humaniste repose, au contraire, sur la sublimation individuelle d'une espérance collective qui se nourrit des singularités. C'est le sens même du progressisme. A l'heure où la démocratie représentative risque de basculer dans le populisme (en raison des excès de l'individualisme de l'homme libéral) et que se révèle le besoin d'une démocratie de la responsabilité qui réponde aux angoisses devant l'avenir (dégâts écologiques et climatiques, inquiétudes liées à la bioéthique ou à l'intelligence artificielle, crise identitaire...), le commun est le seul chemin pour réconcilier désirs individuels et intérêt collectif. Lui seul permet de répondre à la fracture de confiance, lui seul permet de faire communauté sans céder aux périls d'une dictature. Sans doute la survie de l'espèce humaine, mise en cause par le pillage de la planète par la techno-finance, constitue-t-elle un enjeu suffisamment fédérateur pour réconcilier l'ambition d'émancipation individuelle, qui n'est plus suffisante à elle seule, avec une espérance collective responsable qui en permet le dépassement.

  • Après.

    Pierre Larrouy

    « Le pire n'est pas toujours sûr. » Pour un esprit raisonnablement optimiste, de surcroît de fibre républicaine et sociale, cette profession de foi de Paul Claudel aura cruellement sonné en ce début d'année 2019. Séismes. Entre l'angoisse de la fin de mois révélée par « les gilets jaunes » et l'effroi de la fin du monde, entre la vague grandissante des régimes autoritaires partout dans le monde, y compris en Europe, et l'impuissance des politiques réformistes à proposer un autre modèle, les branches sont rares auxquelles s'accrocher. Si l'on ajoute la place grandissante des algorithmes dans les objets de notre vie quotidienne et une course folle vers un isolement des individus dans le grand tout digitalisé d'une époque sans conscience, c'est vers un sentiment d'étouffement que nous conduit la description de Pierre Larrouy.
    Mais ce livre, Après., est d'abord un appel à la mobilisation. Au grand large des idées nouvelles. Oui, un acte de foi. La réforme comme projet politique est possible dans le cadre de l'économie de marché. Séismes, certes, mais nouveau contrat social en vue aussi, pour peu que le pouvoir politique reprenne les choses en main à bonne distance du territoire, que les entreprises et « les forces vives » comprennent que l'économie cohésive est le seul modèle durable et que les individus se lient pour faire société. Pas d'incantation ni de voeux pieux. Après. se veut une réponse concrète aux dérèglements du monde...et à tous les partisans du tout ou rien.
    Gérard Desportes.
    Journaliste et écrivain, ancien rédacteur en chef de Libération et co-fondateur de Mediapart.

  • Depuis nombre d'années, un débat agite les historiens sur l'origine et la nature des rapports qu'ont entretenu la Révolution française et la Terreur. De nombreux amalgames et approximations historiques, du reste, vont jusqu'à confondre la "terreur" et les terrorismes actuels. Peut-on réduire la période à ses violences ? Y aurait-il une "politique" et donc un "système" organisé dite "de la Terreur" ? Et quel fut alors le rôle des émotions collectives ? A l'occasion d'analyses particulièrement fines et de rappels historiques précis, Michel Biard développe une réflexion ambitieuse pour faire le point sur ces questions, au-delà de tout parti pris idéologique : à cette condition seulement peut-on essayer de comprendre comment, à une époque, la France a pu être en même temps fraternelle et fratricide.
    Un ouvrage magistral et décisif sur un thème fondamental de notre histoire et propre à éclairer notre tragique actualité.

  • Comme l'ont montré l'affaire Zemmour en 2014 et la campagne électorale de 2017, pas une année ne passe sans que le souvenir de Vichy ne fasse irruption dans le débat public et politique. Les éditorialistes comme les politiques utilisent souvent le souvenir de ces quatre années si importantes et mal connues comme marqueur idéologique, ou simplement objet de polémique voire de pouvoir. Il s'agit donc ici de comprendre ce que fut le régime du Maréchal Pétain, ses singularités, ses continuités et ruptures, son absence de démocratie, mais aussi les causes profondes de son succès initial auprès de Français épuisés par la débâcle. Ainsi pourrons-nous comprendre les fluctuations de sa mémoire, la fabrique de son histoire et son omniprésence actuelle, même à travers le déni ou les relectures commodes. Car son déroulement comme sa mémoire sont révélateurs des ambivalences du rapport du pays à son histoire et, surtout, de son incapacité à affronter pleinement les brûlures et tragédies de son passé, à l'heure du retour du « roman national ». En cela, Vichy comme sa mémoire fluctuante sont une histoire très française entre dénis, résilience, amnisties, relectures, instrumentalisation et mythes concurrents. En ces temps de crise identitaire, alors que toutes les certitudes sont remises en cause par la mondialisation et la crise sociale, il importe plus que jamais d'affronter lucidement ce « passé qui ne passe pas », ses heures honteuses longtemps tues (la collaboration, la dictature, les compromissions, la Shoah) au profit de réalités minoritaires mais surévaluées (la Résistance) et ainsi mieux affronter les défis du siècle nouveau.

  • Souvent, la philosophie est perçue comme une activité purement cérébrale, sans lien réel avec la vie. Pur jeu conceptuel, échafaudage peut-être génial, mais vain, d'idées abstraites, technique intellectuelle au service d'une névrose de domination... Que n'a-t-on pas dit de la philosophie ? Pourtant, les premiers philosophes, déjà, mettaient en garde contre la fascination de l'abstrait et l'utilisation stérile du langage. Or, dans cet ouvrage nous est proposé un retour aux sources - ou plutôt à la source : celle, bouleversante, de la prise de conscience du mystère de l'existence, d'où éclot l'étonnement philosophique. Par là, Sophie Geoffrion nous initie à l'aventure philosophique. Elle nous rappelle que la pensée n'est pas la négation de l'action et que la philosophie est avant tout une pratique, un mouvement qui s'enracine dans le mouvement même de la vie. Loin d'être une fuite dans l'abstraction ou une complaisance vis-à-vis de la complication, elle est plutôt accueil de l'énigme, retour à soi, ouverture à l'autre, effort de simplicité. Bref, cet éloge de la pratique philosophique est aussi l'éloge d'une façon de vivre intensément sa vie.

  • La connaissance de soi

    Anne Devarieux

    • Uppr
    • 26 December 2016

    Le thème de la connaissance de soi thème privilégié de la philosophie et de la spiritualité pose question à de nombreux égards. Par exemple : quel est le « soi » à connaître ? Est-ce l'âme, le moi, l'individu, la personne ? Comment, d'ailleurs, les Anciens comprenaient-ils cette exigence, alors même qu'ils ignoraient notre conception moderne du « moi », du « sujet » ? On demandera également : quelle peut être la nature d'une telle connaissance et comment un « sujet » (moi) pourrait-il être en même temps « objet » de connaissance ? Et puis, se connaître soi-même, à supposer que cela soit possible, est-ce vraiment souhaitable ? Dans cet ouvrage, la philosophe Anne Devarieux démêle minutieusement la pelote de ces diverses questions et nous entraîne avec elle dans l'exploration passionnante de notre histoire philosophique et spirituelle.

  • L'imagination creatrice

    Wunenburger J-J.

    • Uppr
    • 12 December 2016

    Comment comprendre le dynamisme général de l'imagination, cette force des imaginaires chez chacun et surtout la capacité de l'imagination à se répandre dans une collectivité à travers mythes, rêves, oeuvres d'art, imaginaires religieux, rêves politiques, prescience de l'avenir et inventions de techniques ? Jean-Jacques Wunenburger rassemble ici les théories et observations qui permettent de reconnaître à l'imagination un rôle positif et dynamique et qui nous aident à mieux comprendre les processus qui favorisent la créativité. Plongeant dans d'antiques traditions philosophiques et psychologiques, Jean-Jacques Wunenburger met magistralement en lumière ce libre-jeu psychique de la créativité féconde et nous rappelle que nous sommes tous porteurs d'une puissance, d'une force psychique de transformation de nos représentations. Et, par-delà son analyse des structures les plus subtiles de l'imagination créatrice, il nous invite à méditer sur l'inspiration ou la "grâce" imprévisible dont elle dépend, qui en font la forme la plus haute de la vie de l'esprit, tout en étant toujours une menace pour sa liberté.

  • L'integrite dans le sport

    Gomez Carole

    • Uppr
    • 15 February 2017

    A l'heure où le sport prend une place croissante dans nos sociétés, force est de constater qu'il est pourtant menacé. Scandale de corruption dans les fédérations sportives, révélation d'affaires de dopage, découverte de matchs truqués impliquant des organisations criminelles transnationales sont autant de menaces réelles qui pèsent sur lui. En effet, par leur nature, mais aussi par leurs conséquences, elles mettent en péril l'intégrité des compétitions, des sportifs et, même au-delà, du système sportif lui-même. Qui de nous veut regarder ou participer à des compétitions dont on sait qu'elles sont truquées ou achetées ? Où est donc passée la "glorieuse incertitude du sport" chère au Baron de Coubertin ? Le défi est de taille pour protéger l'intégrité du sport. Carole Gomez montre que, pour le relever, une approche globale, faite tout à la fois d'information, de prévention et de répression, tant au niveau local qu'international, est nécessaire. Elle estime que la première étape doit passer par une remise en question du système de protection du sport et ainsi faire face à la réalité des faits, aussi peu valorisante que soit la vérité...

  • Disposition naturelle qui tend librement vers le bien, la bienveillance est aussi cette vertu politiquement hyper-correcte que notre société convoque pour justifier les injonctions les plus nauséeuses : « sois bienveillant », « agis avec bienveillance », « adopte un management bienveillant », jusqu'au fameux impératif indigeste : l'incontournable « regard bienveillant ». Or, nous dit Elsa Godart, le sentiment d'humanité ne se décrète pas et le danger des injonctions, c'est que, bien souvent, on les applique sans les penser. Aussi demande-t-elle : que vaut la bienveillance quand elle est expression d'une injonction derrière laquelle il est facile de se cacher pour agir sans réfléchir ? Loin de renoncer à la bienveillance, Elsa Godart propose ici de penser l'impensé de la bienveillance, ce dernier bastion de notre humaine condition dans un monde où les valeurs ont chuté dans l'innommable. Aussi nous invite-t-elle à faire tomber le masque de notre conscience morale hypocrite et mielleuse pour agir en amitié avec les autres et avec soi-même, le renoncement aux « devoirs-être » nous engageant finalement à « être » vraiment. La bienveillance envers soi-même devient par là le chemin d'une ouverture à soi et au monde ouverture qui prend la forme tendre d'une authentique rencontre.

  • Face à la défiance de l'opinion, discours politique et communication publique s'interrogent sur un manque. Ce manque prend souvent le nom de Jacques Pilhan, conseiller de François Mitterrand puis de Jacques Chirac. Tantôt pour se demander ce qu'il aurait fait et dit, tantôt pour juger que le terreau d'analyse qui était le sien se voit aujourd'hui dépassé par les réseaux sociaux, lesquels ont radicalement changé la donne. Alors, de quoi cette référence est-elle le nom ? Répondre à cette question implique une explication, une mise au jour de l'impensé et, pourquoi pas, une stratégie pour les temps actuels. A moins que persiste un point d'interrogation peu rassurant ? Car, en arrière-plan, c'est bien de la recherche d'explications et de réponses que ces approches participent, face à ce que Freud, à son époque, nommait "le malaise dans la civilisation". Or, c'est dans la place du symbolique, de la sublimation ou du ressentiment que Pierre Larrouy propose de trouver des pistes de réflexion et de propositions, concluant son analyse par trois portraits-robots qui correspondent à des réponses possibles à la crise de confiance de l'opinion, au ressentiment et au sentiment de déclassement...

  • De nos jours, le citoyen se sent privé des vrais pouvoirs - finance, économie, techno-sciences, communication : tous ces pouvoirs sont aujourd'hui mondialisés, de sorte que même la politique nationale et la démocratie représentative semblent menottés. Que reste-t-il donc à l'humanité pour accomplir librement son destin ? Peut-elle seulement reprendre la main ? Comment mobiliser une communauté d'intention et l'organiser pour imposer une direction nouvelle ? Sans doute l'Humanité est-elle à la croisée des chemins. C'est pourquoi, en ces moments décisifs, les Hauts Grades Maçonniques du Rite français ont décidé, exceptionnellement, de rendre public leur travail collectif. Non pas pour ajouter de nouvelles abstractions au débat intellectuel commun, mais pour proposer une analyse sans complaisance de la situation et surtout des solutions concrètes à chacun d'entre nous. Dans ce premier ouvrage, ils brossent le portrait lucide d'un possible nouveau monde fidèle aux valeurs humanistes...

  • Daniel Innerarity est professeur d'histoire de la philosophie à l'Université de Saragosse et Directeur de l'Institut de gouvernance démocratique. Après des travaux sur l'idéalisme allemand, ses nombreux essais se sont focalisés sur la relation entre l'éthique, la société et la politique dans le monde contemporain. Les lignes d'orientation philosophiques proposées ici permettent de décrypter la complexité croissante d'un monde social en devenir, à la temporalité multiple, dénué de centre, à l'idéologie indéfinissable et confronté à une technocratie en crise. Ces orientations ont pour objectif, d'une part, la détermination de la spécificité du politique et du soubassement éthique qu'elle implique, ainsi que la reconnaissance de l'héritage qu'elle présuppose ; ce dernier correspond à celui des sciences ayant abandonné au XXe siècle dans leur représentation du monde le postulat métaphysique d'un déterminisme systématique pour s'ouvrir aux catégories épistémologiques de la contingence, du chaos, de l'indétermination et du désordre qui ne manqueront pas d'affecter notre image du social. D'autre part, la recherche du sens de ce que nous sommes politiquement s'accompagne de la reconnaissance dans la réalité sociale d'une mouvance et d'une plasticité non immédiatement perceptibles, par-delà des catégories dominantes et apparemment invariables (l'État national, la civilisation occidentale, la temporalité unifiée ou les espaces délimités) ; elle implique également de prendre acte de la diversification contemporaine des contextes (à travers les risques partagés, l'interdépendance, la vulnérabilité, la mobilité et la communication dans une ère de la globalisation). La complexification croissante de nos sociétés, ainsi que des interactions internes et externes qui en résultent dans le processus de la mondialisation, accroît l'étrangeté de l'expérience de la différence synthétisée par les dualités proche/lointain, familier/étrange, privé/public, ami/ennemi. Ce qui, initialement à travers ces catégories, constituait une ligne directrice, notamment pour la pensée politique moderne, exige désormais, pour Innerarity, une reconfiguration afin d'être en mesure de rendre compte de la pertinence de la distinction entre « nous » et « les autres », présente dans tout vivre-ensemble. Face aux contradictions du monde contemporain et, notamment, des démocraties de masse et de marché minées dans leur fondement même par la loi d'airain de la mondialisation, il devient impératif de se donner les moyens d'en produire une interprétation critique et cohérente. C'est ce défi que relève Daniel Innerarity. Le philosophe Jean-Paul Coujou signe ici la première étude française consacrée à la philosophie de Daniel Innerarity, lequel est sans doute l'un des plus grands penseurs de notre temps.

  • Au coeur du secret defense

    Caron Cyrille

    • Uppr
    • 9 October 2017

    Fondamentalement lié au pouvoir - car le savoir est un attribut du pouvoir -, le secret est une arme paradoxale dans nos sociétés qui reposent pour beaucoup sur l'exigence de transparence, laquelle garantit les libertés publiques. Selon quels critères l'Etat, dont la vocation est d'être au service du bien commun, estime-t-il nécessaire de soustraire une information ? Et comment s'assurer que les moyens utilisés par les services spécialisés, dont la mission est d'assurer la sécurité des citoyens, restent conformes à leur emploi premier ? Dans cet ouvrage, Cyrille Caron nous propulse au coeur du secret défense : d'abord en explorant son histoire et l'évolution de son cadre juridique ; ensuite en révélant les modalités de classification des informations et les mesures de leur protection ; enfin, en engageant une réflexion de fond sur les problèmes de légitimité que pose le secret défense dans le contexte d'un Etat de droit, et sur le rapport de force qui peut s'instaurer alors entre le pouvoir politique et celui des autorités administratives... Un livre indispensable pour prendre la mesure du défi que représente le secret, cet enfant bâtard de la morale et de la politique.

  • Le devoir de mémoire et l'approche purement fonctionnaliste de la Shoah escamotent le fait qu'une connaissance de la Shoah dans ses structures constitue un véritable réquisitoire de la modernité, dans son rapport à la raison comme rationalité pure, indépendamment du raisonnable, de la question du sens, et de l'autre sens du rationnel comme relationnel. Les approches les plus aiguës de la Shoah ont profondément modifié la manière d'appréhender, de penser l'événement historique jusqu'à en faire un moment phare, un moment époqual qui résume et condense la modernité. Nous n'en avons pas fini avec la Shoah comme telle, nous avons, à vrai dire, à peine commencé à en dire quelque chose. Non seulement le renversement de la raison qui a rendu possible la Shoah est encore à l'oeuvre aujourd'hui, mais ce renversement s'impose comme un paradigme planétaire. Cette première génération, qui fera face à l'absence de survivants de la Shoah, prendra-t-elle la mesure du danger et de sa planétarisation ? Après la Shoah, qui peut nier que l'homme a la charge de l'homme ? Je suis le gardien de mon prochain.

  • Mythe et nation

    Frédéric Monneyron

    • Uppr
    • 20 November 2017

    Si aucune fondation nationale ne peut se passer de mythes qui assurent le lien social et définissent les formes institutionnelles que celui-ci prendra, ces mythes, bien plus que tous les autres, manifestent une certaine volatilité. Comme les cités de l'Antiquité ou les royaumes du Moyen Age, les nations modernes se font et se défont. Simplement, là où les uns s'étaient faits et défaits au gré des conquêtes militaires et des migrations, c'est plutôt au gré des changements économiques et culturels qui les affectent, que se déferont les autres. L'usure de leurs mythes n'apparaît dès lors que comme le témoignage d'intimations venues du milieu objectif, suscitant tout à la fois la naissance de nouveaux mythes, qui définissent de nouveaux ensembles mieux en accord avec ce dernier. C'est ce que cet ouvrage, qui s'attarde sur les mythes qui ont fondé plusieurs grandes nations européennes et étudie leur actualité contemporaine dans la globalisation économique et la transnationalité culturelle, s'emploie à montrer, dessinant ainsi les enjeux et les défis futurs des sociétés contemporaines. Un ouvrage capital qui éclaire les grands enjeux contemporains.

  • La multiplication des sources et l'évolution des techniques de transmission permettent aujourd'hui la diffusion massive et en temps réel d'informations de toute nature, qui s'égrènent à un rythme particulièrement élevé. Dans ce contexte, les chaînes d'information continue ont besoin de créer de la « matière » ; c'est pourquoi elles font régulièrement appel à des « spécialistes » pour commenter les images diffusées et créer le débat. Plusieurs questions se posent ici. Quelle place le journaliste a-t-il dans ce monde où chaque citoyen peut s'improviser reporter ? Pourquoi faire appel à un journaliste, s'il a besoin d'un expert pour légitimer son propos ? D'ailleurs, qui sont ces experts souvent autoproclamés, et leur expertise est-elle réellement satisfaisante ?
    Dans cet ouvrage, Nathalie Gourdin explore les multiples facettes des problématiques qui se jouent autour de ces questions et propose des analyses qui invitent chaque journaliste à se réinventer...

  • Souvent vilipendé, actuellement décrié et contesté, le tourisme est un formidable phénomène de société qui permet de mieux comprendre notre monde contemporain comme notre humanité. Dans cet ouvrage, Philippe Duhamel montre ce que met en jeu le tourisme, ce que produisent les touristes et comment tout cela agite le Monde. Cette analyse réflexive propose d'aborder autrement ce fait de société, dans la lignée d'une série de travaux scientifiques conduits en France depuis une vingtaine d'années. Une étude passionnante, qui montre les aspects aussi bien constructifs que contradictoires de cette activité moins superficielle qu'il n'y paraît - car entrer dans le Monde par le tourisme revient peut-être finalement à mieux comprendre le tourisme et le Monde...

  • Dans cet essai, Nicole Dubois et Jean-Léon Beauvois proposent un aperçu de leur discipline, fondé sur les bases théoriques les plus sûres. Parallèlement, ils mettent en relief les apports de la psychologie sociale dans la réflexion sur la « nature humaine » à travers trois grandes questions : peut-on parler d'une personnalité humaine ? Comment les gens expliquent-ils ce qu'ils font et ce qui leur arrive ? L'obéissance est-elle toujours d'actualité ? En montrant l'impact du fonctionnement social dans le déterminisme des événements psychologiques, nos auteurs mettent au jour un enjeu décisif de la psychologie sociale. Par là, ils s'opposent au psychologisme ambiant, qui repose sur une conception parcellaire de la personnalité humaine et du rôle du social dans l'apprentissage des valeurs. C'est au fond la question de notre liberté qui est posée dans cet ouvrage, qui explore la sphère passionnante et énigmatique des déterminations sociales de nos pensées et de nos comportements.

  • Comment celle que son beau-père Louis XV avait affectueusement surnommée "la petite rousse" à son arrivée à Versailles en 1770 est-elle devenue "la rousse royale" sur une caricature diffusée en juin 1791 (fuite à Varennes) ? Est-ce en raison de moeurs, réelles ou fantasmées, puisqu'on traite successivement de "catin", "tribade", "Messaline moderne" une femme qui ne pouvait être qu'une "Nouvelle Médicis", donc, à la fin, une "créature de l'Enfer" ? La légende noire de Marie-Antoinette est fondée sur des raisons politiques, car elle personnifiait un choix diplomatique honni, le traité d'alliance avec l'Autriche de Marie-Thérèse, signé en 1756, lorsqu'elle n'avait qu'un an. Elle est donc une "garce autrichienne, fléau et sangsue des Français", dont on observe sans se lasser tous les faits et gestes. Les critiques les plus virulentes portent sur son appétence pour l'argent, elle devient vite la "Poulle d'Autry/uche" qui dit, sur une autre caricature, « Je digère l'argent avec facilité/ Mais la Constitution je ne puis l'avaler ». La déroute finale de la monarchie et la Révolution française auraient-elles été causées par "Louis le traitre et sa putain", "Madame Déficit", "Madame veto" ? L'opinion publique a joué un rôle crucial dans le déclenchement et le déroulement de la Révolution française, les attaques contre la reine y occupant une place de choix. Elle-même n'est pas dupe puisque, dans une lettre à son frère Léopold, elle écrit qu'elle a perdu la guerre d'opinions qui lui est faite...

  • Qu'elle est donc jeune, belle et enjouée l'archiduchesse d'Autriche, Maria-Antonia de Habsbourg-Lorraine, qui arrive à Versailles en 1770 épouser Louis-Auguste, duc de Berry, dauphin de France et devenir, au décès de Louis XV en 1774, reine de la plus brillante monarchie d'Europe. Ravie d'échapper aux pesanteurs de Vienne et au regard soupçonneux de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, la jeune fille ensorcelle la cour de Versailles, privée de reine depuis le décès de Marie Leszczynska en 1768. Amoureuse de la mode, coquette autant que séductrice, passionnée par les arts et les jeux, elle fascine par son élégance et son audace, qui fait jaser autant que ses coiffures sont hautes ! Au XVIIIe siècle naît un "style Versailles", qui est un style Marie-Antoinette aux yeux de toute l'Europe. Pourtant, elle n'oublie pas de jouer son rôle de reine, se rend dans les hôpitaux auprès des pauvres - et va même jusqu'à adopter et soigner l'éducation de plusieurs d'entre eux. Son goût pour les bijoux a crédibilisé le piège organisé par une aventurière au nom de l'un de ses soupirants, le cardinal de Rohan et, lorsque le scandale de l'affaire dite du « collier de la reine » éclate, elle trouve refuge dans son cher petit Trianon, ouvert aux seuls intimes, met des rubans au cou de moutons bien propres venus de la Bergerie royale de Rambouillet, lit Rousseau et joue du Beaumarchais au théâtre sans se soucier des remontrances de son royal mari ni mesurer la puissance des critiques formulées dans ces oeuvres. Chassée de Versailles en octobre 1789, elle devient grave aux Tuileries, tente d'arrêter le cours de l'Histoire en aidant la contre-révolution avant d'être recluse au Temple et guillotinée le 16 octobre 1793.

  • En 2006, Alcatel fusionnait avec Lucent, avec la bénédiction de l'Etat. Telle qu'elle fut présentée aux salariés d'Alcatel, cette fusion avait du sens. Il s'agissait pour Alcatel d'acquérir un groupe Américain dont le portefeuille de produits permettrait au conglomérat nouvellement créé de couvrir l'ensemble des marchés mondiaux. Pourtant, cette fusion fut en réalité le moyen pour les Etats-Unis de mettre la main sur Alcatel, l'un des trois plus gros équipementiers télécom au monde, riche de ses milliers de brevets et en quête de débouchés aux Etats-Unis... Conséquences : des années de désindustrialisation, des dizaines de milliers de postes supprimés, le pillage de technologies clés, de lourdes pertes financières. Dans cette enquête édifiante, Sébastien Brouiller nous plonge au coeur d'une bataille économique et montre que, au-delà du discours libéral de façade, les Etats sont prêts à tout pour maintenir les conditions de leur puissance économique. Que ce soit par des actions défensives et offensives, internes et externes, calculées et opportunistes, tout doit contribuer à préserver un avantage concurrentiel, des technologies vitales - et in extenso - la prééminence américaine par la projection du droit américain dans l'économie mondiale... Effrayant et fascinant.

  • Diverses histoires, fables et épopées célèbrent les dieux et les déesses en Inde. Parmi elles, les enfances extraordinaires de dieux ou de héros ont pris une place particulière dans le coeur des Indiens, notamment la plus célèbre : celle de Krishna, aux multiples variantes. Ce type de récit, qui fascine toujours les Indiens, met en scène un enfant plus grand que nature, un être capable d'accomplir les plus grands prodiges. Cet enfant joue comme tous les enfants, mais prend en même temps des allures de surhomme, auteur d'exploits inouïs. Parents et amis lui rendent hommage, tout en s'interrogeant sur son identité... Dans ce livre, André Couture examine les plus anciens récits d'enfance de Krishna et s'interroge sur leur signification d'un point de vue anthropologique. Par là, il contribue au renouveau de leur interprétation.

  • La laïcité ; une vocation civilisatrice et universelle Nouv.

    Pourquoi la laïcité est-elle redevenue d'actualité ? Voici quelques années à peine, beaucoup n'y voyaient qu'un combat d'arrière-garde, d'autres un anticléricalisme dépassé, quelques-uns un particularisme francofrançais qui ne devait résister ni à l'Europe, ni à la mondialisation. Sans doute la résurgence d'un fanatisme religieux voulant régir le monde selon ses préceptes n'y est-elle pas étrangère. Mais les mouvements migratoires de populations, de religions ou même de cultures différentes bousculaient déjà depuis quelques temps les compromis fragiles que nombre de pays avaient pu établir entre l'État, les institutions et la ou les religions historiquement dominantes. Tous aujourd'hui s'interrogent sur les moyens de faire vivre ensemble et cohabiter durablement des hommes et femmes de religions et de cultures différentes.
    En tant que liberté absolue de conscience, la laïcité n'appelle pas le renoncement à nos convictions ou à nos croyances, mais à leur dépassement libre et consenti pour le besoin de vivre ensemble. Parce que l'enfermement et le repli sur soi finissent presque toujours par des « ghettos », et que l'assimilation tend à uniformiser - quand elle ne finit pas « en uniforme », n'est-il pas temps de transposer la laïcité au domaine culturel ?
    Dans ce deuxième Cahier de Francs-Maçons, la loge Roger Leray nous invite à réfléchir à ces questions cruciales en nous tenant à distance des fausses évidences. Une mise au point sans concession et d'une radicalité nécessaire - l'enjeu étant tout simplement, à l'échelle du monde, de vivre ensemble librement, harmonieusement et dignement, dans le respect mutuel de nos différences.

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