Arts et spectacles

  • L'âge d'or de Hollywood possède aussi sa légende noire, sur laquelle personne n'a écrit avec autant de brio que Kenneth Anger. Addictions, viols, meurtres, manipulations en tous genres, procès... aucune des grandes stars du cinéma n'a échappé au scandale : Chaplin et ses nymphes, Lana Turner et son amant poignardé, Marlene bisexuelle, Erich von Stroheim et ses orgies démentielles... Kenneth Anger raconte chacune de ces histoires, avec un mélange d'amour, d'humour et de cruauté, qui annonce - en même temps qu'il dénonce - la presse de caniveau et les phénomènes contemporains du «people» et du «trash». Petit-fils d'une costumière de Hollywood, lui-même enfant-acteur, Kenneth Anger est l'auteur de films dont l'originalité radicale a influencé des cinéastes comme Lynch, Scorcese ou Fassbinder. Aux marges du cinéma, ou pendant les sixties aux côtés des Rolling Stones, il a contribué à définir l'esthétique la plus sulfureuse de la deuxième moitié du 20e siècle. C'est à Paris que Kenneth Anger avait conçu et fait paraître - en 1959 chez Pauvert - une version embryonnaire de Hollywood Babylone, son unique livre, publié intégralement aujourd'hui pour la première fois en français.

  • La mer de corail

    Patti Smith

    Patti Smith et Robert Mapplethorpe se sont rencontrés en 1967 lorsqu'ils avaient vingt ans, à New York, où ils vécurent ensemble pendant plusieurs années. Leurs carrières respectives de musicienne et de photographe célèbres ne cessant plus, dès lors, de se croiser. A la mort du photographe, en 1989, Patti Smith a livré sa vision de l'homme et de l'artiste dans un texte demeuré longtemps inédit - La Mer de Corail - où l'écriture, en prenant la forme d'un récit allégorique, joue avec des photographies de Robert Mapplethorpe, choisies par Patti Smith elle-même.
    Quand ce livre est sorti à New York en mai 1996, William Burroughs a écrit, en citant Tennessee Williams, que « Patti Smith fait résonner dans La Mer de Corail la cloche de la poésie pure ». Le premier livre de Patti Smith sur Robert Mapplethorpe, avant son récent Just Kids, best-seller mondial et National Book Award.

  • Après Hollywood Babylone, Kenneth Anger va encore plus loin dans l'exploration de l'envers et de l'enfer de la "machine à rêves" hollywoodienne. Dans Retour à Babylone, il traite cette fois de la période qui voit le passage du noir et blanc au cinéma en couleurs, autour de stars comme Liz Taylor, Grace Kelly, Marilyn Monroe, James Dean et Marlon Brando. Sur Hollywood et sa légende noire, personne n'a écrit avec autant de brio que Kenneth Anger.
    Addictions, viols, meurtres, manipulations en tous genres, procès... aucune des célébrités du cinéma n'a échappé au scandale. Toutes les histoires racontées ici sont édifiantes.

  • Depuis la publication de Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués, chez Tristram en 1996 (Souple, 2013), chacun sait que Lester Bangs (1948-1982) est l'auteur le plus inspiré qu'on puisse lire sur le rock et la « contre-culture », en même temps qu'un pur écrivain - de la classe des Burroughs, Kerouac et Bukowski qu'il vénérait. « En ces années farouches, son écriture est à son zénith : summum de délire rebondissant du coq-à-l'âne, ponctuant brutalement des phrases interminables de grandes claques. » (Philippe Manoeuvre) Longtemps attendu, Fêtes sanglantes & mauvais goût comble les absences les plus criantes du premier livre - avec notamment les morceaux de bravoure, jusqu'alors inédits en volume, sur les Beatles, les Rolling Stones, Miles Davis, Jim Morrison ou Sid Vicious, dont Bangs offre une vision pour le moins subjective et décapante, ainsi que l'extraordinaire récit de son voyage à la Jamaïque et de sa rencontre avec Bob Marley. Mais le lecteur y trouvera aussi des textes sur des artistes que Bangs plaçait plus haut que tout, tels Captain Beefheart, Brian Eno, ou Patti Smith pour son album Horses.
    Surtout, il découvrira de nouvelles pépites autobiographiques et des chapitres où Lester Bangs réduit à leur plus simple expression les prétextes journalistiques de ses écrits, en se rapprochant de plus en plus de l'écriture de pure fiction, qui culmine ici avec l'extrait de son roman inachevé Tous mes amis sont des ermites.
    On peut considérer qu'avec ce second volume l'essentiel de l'oeuvre de Lester Bangs est maintenant disponible au format de poche. Ainsi pourra-t-on avoir une vue exacte du parcours littéraire et intellectuel d'un homme, qui, au-delà de ses intuitions visionnaires, à propos d'une culture qui était sur le point de devenir dominante, s'en fit aussi, dans certaines de ses meilleures pages, le moraliste.

  • Avec Fêtes sanglantes & mauvais goût (Tristram, 2005), Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués, traduit en français dès 1996, présente la quintessence des centaines d'articles écrits par Lester Bangs de 1969 jusqu'à sa mort en 1982. Les choix esthétiques - des Stooges à John Coltrane en passant par Kraftwerk ou les punks (le mot est de lui) - , le style, mais aussi la morale de ce critique de rock légendaire ont influencé toute une génération.

  • Maud Berthomier a entrepris il y a dix ans un voyage à la rencontre des pionniers de la critique rock américaine.

    Alors étudiante en Amérique du Nord, elle a interviewé tous les maîtres du genre : Peter Guralnick, Lenny Kaye, Nick Tosches, Greil Marcus, Jon Landau, Richard Meltzer, Dave Marsh, Richard Goldstein... et parmi eux une femme, Jaan Uhelszki, et même un Anglais, Nik Cohn.
    Avec, au centre de cette constellation, le grand Lester Bangs, mort en 1982 - dont Greil Marcus, son éditeur, et Jim DeRogatis, son biographe, font ici un portrait vibrant.

    Stylistes brillants, érudits, provocateurs, ces auteurs ont créé un genre littéraire nouveau, directement branché sur le son et l'énergie de l'époque. En même temps qu'ils ont façonné le goût de plusieurs générations de fans et de musiciens.

    Encore plus de bruit raconte cette histoire. Celle d'une bande informelle d'écrivains aux avant-postes de la révolution musicale, et d'une presse - Crawdaddy!, Rolling Stone, Creem, The Village Voice - où, en cet âge d'or des années 1960 et 1970, tout était possible.

  • Oeuvre majeure de William T. Vollmann, résultat de deux décennies de lectures, de recherches et de voyages, " Le Livre des violences " - d'abord publié aux Etats-Unis en sept volumes - constitue une somme sans équivalent sur la violence, son histoire, ses justifications. La première partie, " plus théorique et générale ", s'emploie - à travers de très nombreux exemples de figures historiques ou contemporaines - à " catégoriser éthiquement la violence ". La seconde partie présente des études de cas, dont Vollmann a été le témoin, en divers endroits de la planète (ex-Yougoslavie, Malaysia, Somalie...). Par leurs exceptionnelles qualités narratives et descriptives, ces chapitres s'inscrivent pleinement dans son oeuvre littéraire. Recréant " diverses sphères de la vie humaine ", ils ont pour but " de rendre plus aisée l'identification avec chaque acteur moral ". " Les descriptions de personnalités, d'apparences, des décors dans lesquels les gens agissent et réagissent " permettant au lecteur d'évaluer par lui-même les jugements de l'auteur. Dans son chapitre crucial sur le " Calcul moral ", mobilisant toutes les ressources à sa disposition, William Vollmann entreprend de répondre à la principale question que pose ce livre : dans quels cas le recours à la violence est-il - ou non - justifié ? La parution du " Livre des violences ", en 2003 aux Etats-Unis, a été un extraordinaire événement éditorial et critique.

  • " Comment devenir rock critic ? Un voyage mégatonnique avec Lester Bangs ! " Tel est le titre d'un inédit - publié en conclusion de la présente biographie - où le mauvais esprit et le style unique de l'auteur de Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués et Fêtes sanglantes & mauvais goût atteignent de nouveaux sommets. Car Lester Bangs, dans tous les journaux auxquels il collabora, de Rolling Stone à Creem et au Village Voice, ne fut pas seulement l'incarnation de ce genre littéraire improbable : la critique rock. Il est celui qui en dynamita les règles, la forme et le contenu. Héritier de Kerouac et des Beats, admirateur de Bukowski, il inventa une écriture qui rivalisait avec le son et l'énergie du rock. Mais, très vite, ses textes s'avérèrent meilleurs que la plupart des artistes ou disques dont ils parlaient ! Lou Reed, Patti Smith, Captain Beefheart, les Clash le considéraient comme leur égal. Kurt Cobain en avait fait son maître à penser. Au-delà de la musique, ses choix esthétiques, son humour dévastateur et son intransigeance à l'égard de l'industrie constituent plus que jamais une référence absolue dans tous les domaines du " journalisme culturel ". De sa Californie natale à Détroit puis New York, du psychédélisme et du free jazz au punk, Bangs a vécu et pensé comme personne - jusqu'à sa mort en 1982 à trente-trois ans - tous les débordements de la contre-culture. C'est cette histoire que raconte aujourd'hui Jim DeRogatis, dans une biographie aussi informée que puissamment empathique, et qui a été acclamée lors de sa parution aux États-Unis par les milieux littéraires comme par ceux de la critique rock.

  • Henri Gaudier-Brzeska

    Ezra Pound

    Henri Gaudier, dit Gaudier-Brzeska, né en 1891 près d'Orléans, quitte la France en 1911 et devient, en trois années d'une prodigieuse activité, l'un des premiers sculpteurs modernes. Toute la sensualité et la puissance de son oeuvre méconnue se révèlent pour la première fois dans ce livre, au fil des superbes séquences photographiques réalisées par Christian Roger dans les collections du monde entier. Quand Gaudier meurt en 1915, à 23 ans, dans les combats de la Première Guerre mondiale, son ami Ezra Pound rédige sur leurs années londoniennes un témoignage bouleversant, qui est aussi l'une des plus passionnantes contributions à l'histoire de l'art du XXe siècle. Et dans un post-scriptum de 1934, il ajoute : " Gaudier est irremplaçable. Personne n'est apparu capable de prendre sa succession. Brancusi continua seul la conquête du marbre. " " Ce livre est admirable, pour trois raisons simples, l'auteur, le sujet et leur connivence. Sur Henri Gaudier, sculpteur, Pound avait écrit un livre fulgurant et épique. Il est enfin traduit. Le début d'une résurrection, aujourd'hui, par nos temps de conformisme dictatorial ? Ce serait trop beau pour qu'on ose y croire. " Philippe Dagen - Le Monde

  • Le Livre des violences - événement critique de l'automne 2009 - se concluait par une série de quatre reportages littéraires, sur quatre zones de conflits contemporains : en Asie du Sud-Est, en Europe dans l'ex-Yougoslavie, en Afrique, à la Jamaïque.
    Nombre de lecteurs, ayant le souvenir de l'enquête de William Vollmann sur la pauvreté, menée selon la même méthode d'immersion et dans le même style empathique, ont jugé qu'il s'agissait des chapitres les plus forts de l'ouvrage. Ce sont à coup sûr les plus bouleversants.

  • Jackson pollock

    Naifeh/White Smith

    Au-delà du récit de la vie de Jackson Pollock, de la genèse puis de l'accomplissement de son oeuvre, ce livre raconte la naissance de l'art moderne américain au moment où celui-ci se dégage des influences et de la domination européennes. Il décrit les mécanismes de la célébrité appliqués à la peinture moderne, dont Pollock devint la première " star ". Il est enfin, par le souci maniaque d'exactitude qui s'y fait jour, combiné à un sens aigu de la dramaturgie, une réflexion sur l'acte biographique lui-même. Publié en 1989, cet ouvrage a connu un retentissement considérable et reçu le prix Pulitzer, l'une des plus hautes distinctions pour un livre aux États-Unis. Il a été adapté au cinéma par Ed Harris. " Jamais une telle somme de détails et de témoignages n'avait été rassemblée sur la vie d'un artiste, mais le personnage devenu mythique ne méritait-il pas cet exploit éditorial, qui le démythifie en partie ? " Catherine Millet - Art Press

  • Le grand graphe

    Hubert Lucot

    Le Grand Graphe se présente sous la forme d'un roman mural, tapisserie d'intérieur composée de 8 rouleaux, manuscrit d'une seule page de 12m2, au graphisme complexe et limpide, dont les micro-récits prolifèrent, se répondent, s'interpénètrent selon la logique digressive d'une narration qui mêle souvenirs d'enfance et commentaires sur l'actualité, actes amoureux et disparition des êtres chers, chronique de quartiers de Paris et faits historiques.
    Ce vaste plan du mental d'un écrivain, fonctionne somme toute comme n'importe quel roman, où le lecteur, ici immergé spatialement dans l'ouvre, se promène, bifurque, revient en arrière, contemple.

    Hubert Lucot : « D'abord il n'y avait rien. Nul projet réel, nulle "idée". Rien qu'un profond désir. Il y avait des morceaux de papier, non écrits, ci et là, l'un sur le coin de la table. Je l'attrapai, un vaste placard, bien lisse, le verso vierge, et j'attaquai : je me citai, je répétai de tête. Très vite je variai, je hurlai, je précipitai, j'énumérai, je fléchai, à droite, à gauche, en bas dans cette portion d'espace. C'était le 14 mai 1970. Désormais j'écrirai librement : là où il y a de la place, là où l'espace m'appelle. » Extraordinaire expérience d'action writing, l'écriture du Grand Graphe va proliférer jusqu'en juin 1971 sur tout un mur de l'appartement qu'Hubert Lucot occupe à Paris. Cette démarche radicale, « pour être plus près de la langue, de l'objet, du mental humain », se poursuivra à travers ses autres livres, mais le geste initial, l'invention eurent lieu là, dans cette ouvre d'un genre nouveau, et qui demeure, plus de trente ans après sa création, unique en son genre.

    Motif de 2,33 m de haut (jusqu'à 3 m avec les marges) sur 4,18 m de large, à coller sur un ou plusieurs murs, Le Grand Graphe a été imprimé en sérigraphie à trame ultrafine sur papier de fabrication spéciale, 8 rouleaux conditionnés dans un étui, accompagnés de la version livre du récit : Le Graphe par lui-même.

  • Existenz

    Mehdi Belhaj Kacem

    " Déchaînez vos pulsions " (slogan du film et du jeu eXistenZ)." Sommes-nous toujours dans le jeu ? " (réplique maintes fois prononcée par les acteurs au cours de la partie). Que se passe-t-il quand la forme narrative ancestrale, si bien développée par le cinéma au 20e siècle, est absorbée dans la forme du jeu ? eXistenZ traite d'un des affects les plus fondamentaux et envahissants de la subjectivité occidentale : l'angoisse. Le film de David Cronenberg, raconté et analysé par Mehdi Belhaj Kacem, né à Paris en 1973 et auteur depuis 1994 de dix livres aux Éditions Tristram.



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