Teraedre

  • Les commémorations du cinquantenaire des indépendances africaines ont été l'occasion de nombreuses publications et déclarations - pas toujours pertinentes.
    Fort de quarante ans de fréquentation d'une quinzaine de pays de l'Afrique sub-saharienne. Jean Copans choisit d'analyser, avec une rigueur toute scientifique -- mais qui n'exclut pas l'humour -, par le biais des "mythologies" quelques siècles d'histoire, et d'historiographie. Cela donne un livre alerte, dérangeant, voire "politiquement incorrect", mais dont la lecture conduit à remettre en cause nombre d'idées reçues.

  • Le Coran, avant d'être un livre, a été un ensemble de messages transmis de Muhammad.
    Ils sont reçus par les musulmans comme Parole de Dieu. Mais comment sont-ils devenus un livre ? A cette question, ; une réponse simple est couramment donnée aujourd'hui : sous le calife Uthman (644-656), un livre a été constitué rassemblant tous ces messages, et ayant acquis le statut de Révélation. Pourtant, les historiographes musulmans des 1ers siècles suggèrent que la rédaction du texte coranique connut une histoire bien plus complexe, qui ne s'acheva qu'au Xe siècle avec la fixation d'un corpus intangible et commun à tous les musulmans.
    Cette mise en écrit des textes transmis a impliqué des choix dans un contexte de divisions politiques et de confrontations religieuses, elle a nécessité l'intervention des autorités califales, elle a entraîné des débats sur le statut du Prophète, sur l'origine, la langue, la nature de son message.

  • La prédication par Muhammad d'une nouvelle religion, les conquêtes arabes et la formation d'un puissant Empire islamique sont des faits bien connus et exposés dans de nombreux ouvrages. Mais cette histoire, qui paraît solidement établie, reflète la vision idéalisée d'auteurs musulmans écrivant deux siècles plus tard, soucieux avant tout de légitimer les califes abbassides et l'islam sunnite. Est-il possible d'écrire une histoire scientifique des débuts de l'Islam ? Et selon quelles voies ?

  • Derrière une apparente diversité des formes de coaching domine une conception comportementaliste et instrumentaliste de l'individu à qui sont vendus prescriptions de comportements, tests et recettes du bonheur. Pourtant une alternative existe, l'accompagnement professionnel personnalisé. Ce volume vise à clarifier les enjeux théoriques et éthiques et à mettre en débat les professionnels qui placent l'articulation individu-groupe-organisation-institution au centre de leurs pratiques d'accompagnement des acteurs sociaux.

  • "L idée de cet ouvrage est née durant la première vague pandémique du printemps 2020, à partir d une question posée dans le cadre de la Saison culturelle du Tiers-lieu « Dans le ventre de la baleine » : « A quoi sert (encore) l art en temps de crise sanitaire ? ». Artistes, chercheurs et acteurs culturels de France et de Suisse ont répondu présent pour réfléchir à cette interrogation existentielle, que ce soit par une analyse, un témoignage ou encore avec des images. L objectifs était de mettre en perspective la place et la fonction de l art dans la société et pour chacun de nous, plus particulièrement durant cette période marquée, entre autres, par l incertitude et l insécurité."

  • Honni par les uns, invoqué par d'autres, « mai-68 » a déjà fait l'objet d'une abondante littérature.
    Mais cet ouvrage, dû à deux spécialistes des récits de vie, est le premier à s'intéresser au phénomène du point de vue de la dimension intergénérationnelle de l'événement - de l'avènement, plutôt, car entre « l'avènement, à savoir ce qui survient indépendamment de soi comme du contexte, et l'événement, ce que ce fait produira tant pour les personnes que les sociétés, il existe [donc] bien une marge, au départ indécidable.
    Sollicitant des textes d'acteurs (Gaby Cohn-Bendit), de témoins (Edgar Morin, André de Peretti), ou les récits de ceux qu'une, voire deux générations, séparent des fameux « événements », ce livre montre comment se construit la mémoire, individuelle ou collective. Et le lecteur aura plaisir à confronter ses souvenirs - ou ce qui lui aura été transmis - avec les relations ici faites.

  • Dans Un demi-siècle d'utopie, Karim Mroué fait retour sur son expérience politique dans le mouvement communiste, en jetant un regard critique sur ses années de militant au Liban, dans le monde arabe et dans les " pays de l'Est ", où il a séjourné de nombreuses années.
    Le regard qu'il porte est sans concessions, et permet une nouvelle approche de nombre de questions relatives au Moyen-Orient.

  • L'auteur, professeur d'anthropologie, et socialiste de conviction revisite le « socialisme » (d'où le "s" final du titre), de manière historique et critique. Le livre est écrit de manière non académique, sans aucune note de bas de page ; il est donc d'une lecture simple et s'adresse à tout « honnête homme », quelles que soient par ailleurs ses opinions politiques. Un CD, comportant toutes les sources et références, sera fourni gracieusement (bon de commande à la fin de l'ouvrage) à tout lecteur qui voudrait en savoir plus.

  • Avec passion, avec rage, quelquefois avec crudité, Antoine D'Agata refait son parcours d'homme et de photographe, d'homme-photographe. Il raconte les combats qu'il mène avec (contre) lui-même et avec (contre) le monde pour parvenir à exister dans l'intégrité de ses choix et de son désir. Avec Antoine D'Agata, la photographie ne se sépare pas d'une forme de présence-absence au monde : elle " fait corps " avec une quête de vivre jamais achevée. Ce livre s'adresse à tout public s'intéressant à la photographie et aux photographes, et par-delà, aux rapports que l'artiste (ou l'auteur) entretient avec son oeuvre.S

  • Les dichotomies de l'intelligible et du sensible, de la raison et de l'émotion n'ont rien d'universel : ainsi, elles ne peuvent rendre compte de certaines manières de marcher et de danser du Brésil - non plus que de ce que nous ressentons à la vue de certains films.
    Mais il ne suffit pas de revaloriser le corps (contre l'esprit), les sensations (contre la raison) pour changer de modèle de connaissance. Le sens, le sensible et le social ne peuvent être considérés séparément mais appellent une " politique du sensible " préoccupée par ce qu'éprouve le sujet. L'ouvrage met en question la primauté du signe et de la structure et prête une attention particulière aux tonalités et aux intensités rythmiques : il se propose, chemin faisant, la construction d'une " anthropologie modale " permettant d'appréhender les modulations de nos comportements y compris dans ce qu'ils ont de plus apparemment anodin.

  • Le débat autour du rapport du féminin et du masculin est l'un des débats les plus difficiles.
    Il provoque une grande inquiétude et conduit très souvent à des positions passionnées : le bon genre et le mauvais genre, le bon et le mauvais pouvant être attribués alternativement au féminin ou au masculin. Il convient de rappeler ensuite que la question des rapports sociaux de genre est arrivée très tardivement dans le champ de la sociologie et de l'anthropologie. La réflexion pionnière naît incontestablement en France, avec un ouvrage subversif : Le deuxième sexe, publié en 1949 par Simone de Beauvoir qui récuse pour la première fois l'idée d'une nature féminine.
    Mais c'est incontestablement dans les pays anglo-saxons à travers les gender studies et les women studies que la notion commence à acquérir une consistance théorique. Ce que l'on appelle aujourd'hui la gender theory, qui est une théorie critique, tend à se déplacer de la mise en cause du modèle patriarcal à la mise en question du modèle hétérosexuel. Elle rencontre, ce faisant, une autre problématique posée par la sensibilité gay et plus encore queer qui, à travers des formes de sexualité hybrides, mutantes et métisses, procède à la subversion des distinctions du masculin et du féminin, de l'homo et de l'hétéro.
    Nous mesurons à quel point, par rapport à la question du rapport aux normes masculines et féminines, l'anthropologie en France a pris un retard considérable. Le livre que voici constitue une incitation à réexaminer, sur des bases résolument ethnographiques, les paradigmes antagonistes de l'universalisme à la française et du différentialisme à l'américaine.

  • La métaphore du "passeur" a souvent été utilisée pour caractériser la fonction du travailleur social.
    Mais la relation d'aide dans laquelle ce dernier se trouve engagé professionnellement connaît, depuis les années soixante-dix, de profondes évolutions marquées par les diverses orientations des politiques sociales. Le lien social, dans des sociétés où individualisme et économie de marché prédominent, connaît des avatars. Les solidarités, notamment, s'effritent. Comment, dès lors, repenser celles-ci, c'est-à-dire des rituels d'accueil, d'hospitalité, d'initiation, de transmission, de rencontre, de séparation...
    Le travailleur social est un artisan du bord, du seuil, des liminaires. Son action, pontificatrice ou souterraine, consiste à accompagner quelques passants, des citoyens oubliés. Considérer les structures anthropologiques du travail social pourrait permettre, au-delà de statuts professionnels en mutation, de réfléchir à l'aspect symbolique, bien actuel, de toute action sociale.

  • Utilisé le plus souvent à mauvais escient, et dans une démarche souvent polémique, le " jihad " méritait une analyse rigoureuse.
    L'ouvrage traite donc de l'émergence de la notion de jihad en Islam, et de ses multiples usages dans l'histoire islamique. Il s'interroge sur ses équivalents en dehors du monde de l'Islam et sur sa spécificité. Il met en outre en relief les moments marquants de ses réinterprétations, ainsi que les débats auxquels a donné lieu la notion de jihad, tant au sein des sociétés musulmanes, au cours de l'histoire, que dans l'historiographie orientaliste et moderne.
    Il met enfin en lumière les multiples effets d'amalgame propres aux usages actuels de cette notion, de la part des courants activistes qui la reprennent à leur compte, comme dans les analyses politologiques.

  • "Jeunesse ? Adolescence ? Quelles définitions ? sociologique ? psychologique ? sociopolitique ?
    Pourquoi un tel allongement continu de cette période de la vie ? La ritualisation du passage à l'âge d'homme aurait-elle cédé la place à une interminable adolescence ? Pourquoi une large fraction de la jeunesse ne trouve-t-elle de raisons d'exister que dans la rupture et les conduites à risques ? Même si ce processus d'expérimentation de la rupture est commun à toutes les générations, inventer un futur (une culture, de nouveaux modes de vie) est aujourd'hui plus difficile quand le paradigme dominant est précisément le changement très rapide de valeurs lié notamment à une mondialisation éradicatrice des identités, une 6nanciarisation qui éloigne de l'économie réelle et à une "floraison" de massacres...
    Au-delà de ce contexte global, qu'y a-t-il de nouveau pour la génération actuelle ? Peut-on parler de rupture anthropologique à propos de l'affaiblissement de l'instance paternelle et des formes multiples du tiers séparateur qui devraient y suppléer ?" C'est par ces phrases qu'Armand Touati ouvrait, en juin 2005, le colloque qu'il avait organisé à Strasbourg. Le présent ouvrage reprend les principales contributions, avec des textes de François Chobeaux, Patrick Colin, Didier Dumas, Pascal Duret, Thierry Goguel d'Allondans, Pascal Hintermeyer, Denis Jeffrey, Myriam Klinger, David Le Breton, Joseph Lévy, Daniel Marcelli, Roland Pfefferkorn.
    Xavier Pommereau, Serge Tisseron, et Maryse Vaillant.

  • "Le scénario américain s'est imposé comme modèle du scénario de fiction. Cette critique du scénario américain est celle de la formatisation narrative induite par les exigences externes dans la scénarisation du film à faire. Ces notions étouffent l'ambition du cinéma d'inventer sa propre narration et d'offrir au spectateur la vision non conforme sur le monde. Il s'agit alors désormais de concevoir le scénario et la pratique de l'écriture dans l'intention du film et non le film au service d'une histoire."

  • "Cet ouvrage est l'aboutissement d'une recherche centrée sur les histoires de vie de jeunes issus des migrations, vivant en France ou en Allemagne. - Que nous disent ces jeunes de leurs expériences culturelles et sociales, de leurs parcours en matière de formation, des rapports qu'ils entretiennent avec l'institution scolaire, du pays d'accueil ? - Comment perçoivent-ils leur avenir personnel et professionnel ? - Sommes-nous tous finalement « condamnés à l'interculturel » ? - "

  • "Comment les choses tiennent ensemble ? Et les êtres ? Comment tiennent ensemble le destin d'une enfant des quartiers Est de Beyrouth et l'immense tourmente qui va emporter, ce matin du 13 avril 1975, le Liban dans une guerre civile de seize impitoyables années ? Comment rendre la légèreté du temps de l'enfance, la découverte trouble d'un corps qui se dessine, la course insouciante, avec une amie d'université, dans une minuscule voiture sous les bombes qui pleuvent alentour ? Philippe Renonçay"

  • En 2017 sortait le titre Fan et gender studies : la rencontre, un premier volume qui travaillait, autour de thématiques comme les séries ou la musique, les imbrications, parfois directes, entre études de genre et études de fans. Ce second volume poursuit les réflexions autour des minorités de genre et de sexualité, des stéréotypes de genre ou de l'engagement des fans dans les mouvements sociaux féministes ou queer. Nous nous déplaçons vers de nouveaux supports : les jeux vidéo, le cinéma, la littérature et la bande dessinée. Ce second volume est enfin l'occasion pour nous de proposer une réflexion sur la place des fan studies dans les études culturelles.

  • Deux hommes sont liés d amitié. Ils ont atteint l âge et la disponibilité de la retraite. Séparés, ils s'écrivent. Ils sont différents autant qu on peut l être, au plan du caractère mais plus encore des grandes options fondamentales philosophiques et religieuses. Hors des champs souvent fréquentés de la vie familiale, du voyage, de l art, leurs lettres alimentent une discussion parfois rude et sans pitié. Jacques défend et illustre des positions vigoureuses en faveur de la rationalité, contre l affirmation de la foi que Pierre professe. Sont mobilisées les amples ressources de l actualité, des oeuvres, de grands témoins, des rencontres. S écrivant, les deux amis trouvent le lieu de leur commun désaccord.

  • L'ouvrage présente l'expérience de la "Recherche Action Qualifiante" menée par des professionnels de l'action sociale et des enseignants-chercheurs de l'Université Paris13/Nord. Cette RAQ invite à mettre en oeuvre des modalités différentes d'intervention

  • Dimension existentielle et expérientielle de la maladie, dimension collective et institutionnelle de la reconnaissance de cette expérience, des savoirs et des compétences dont elle peut être le lieu, dimension sociale et politique du droit des personnes malades à vivre dans la Cité : telles sont les grandes lignes de réflexion auxquelles invite ce numéro en interrogeant l'épreuve universelle de l'existence humaine que constitue " l'expérience de la maladie ".

  • "Même mort, il reste vivant ; tel serait Michel Foucault, 30 ans après. Mais n'est-ce pas le cas de tous les grands penseurs ? En tous les cas, des archives aux publications posthumes, la bibliothèque Foucault ne cesse de s'agrandir au point de donner à voir un autre Foucault. On voudrait donc mettre, ici, Foucault à l'épreuve du travail social et de l'intervention sociale. Il s'agira de montrer comment à l'intérieur du champ social, on travaille avec Foucault, on pense avec Foucault et/ou comment on pense autrement avec lui."

  • "Les conditions de socialisation des sujets dans des sociétés marquées à la fois par la mondialisation et la pluriculturalité conduisent à réinterroger aujourd'hui l'expérience du monde de l'École par ses acteurs et les formes même de l'institution scolaire. Elles confrontent l'École à des questions socialement et politiquement vives : quel sujet, quel citoyen l'École promeut-elle ? Dans quel espace du commun les jeunes générations peuvent-elles se reconnaître, à quelle Cité peuvent-elles appartenir ?"

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