Scrineo

  • Le 15 décembre 1997, le journaliste Jean-Pascal Couraud dit JPK disparaît. Cet ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti enquêtait sur les affaires de l'ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse. Disparition volontaire, suicide ou meurtre ? En remontant les pistes, Benoît Collombat découvre un système d'administration et de police parallèles organisé au sein d'un Etat qui ferme les yeux. C'est toute l'histoire de la Polynésie française et de sa situation si étrange dans la République qui se dévoile à nous. Depuis que la France avait choisi, en 1966, ces terres lointaines pour ses expérimentations nucléaires, le paradis tahitien s'était transformé en un territoire hors de toutes les règles et de tous les cadres habituels. JPK en est-il mort ?

  • Qui a tué le docteur Guérin, alias Pierre Chavigny, l'éditorialiste virulent du journal collaborationniste L'Avenir de la Vienne, dans une ruelle sombre de Poitiers le 13 mai 1945 ?
    Répondre à cette question, raconter ce drame, analyser ce dossier qui a vu l'intervention de Maurice garçon, l'avocat le plus célèbre de son temps, c'est passer les années noires au scalpel de la micro histoire, raconter la vie des Français sous l'Occupation et croiser la route d'une douzaine de personnages dont les parcours illustrent les différents chemins où chacun pouvait s'engager, au risque de s'y perdre.

  • Le dimanche 23 août 1942, les cures du diocèse de Toulouse montent en chaire pour lire aux fidèles une lettre que leur a envoyée leur archevêque, Mgr Saliège. Sans détours, dans des termes simples, clairs et charges d'émotion, l'archevêque de Toulouse s'élève contre les arrestations et les déportations de Juifs de l'été 1942. Cette lettre dont le gouvernement de Vichy avait tenté d'empêcher l'envoi sera lue sur les ondes de la BBC et transmise au pape Pie XII. Au même moment, Mgr Saliège protège les activités des ecclésiastiques de son diocèse qui mettent a l'abri des Juifs persécutés en leur fournissant faux papiers, certificats de baptêmes et refuges dans des familles et des institutions. Tous les pouvoirs qui agissent en France s'intéressent a lui : Vichy veut le réduire au silence ; l'armée allemande prépare sa déportation ; la Resistance communiste du Languedoc et la France libre prennent contact avec lui pour qu'il s'engage à leurs côtés.
    Ce récit revient sur l'une des pages les plus sombres de l'Histoire de France, celle de la complicité de Vichy dans la Solution finale et fait revivre les résistances multiples que des Français ont pu organiser face au crime de masse qui se préparait sous leurs yeux. La parole forte de Mgr Saliège ne rend que plus étrange le silence de Pie XII.

  • Waldeck-Rochet, secrétaire général du PCF arrive au siège de l'Humanité, boulevard Bonne-Nouvelle, le soir du 27 avril 1969. Les premières estimations des RG donne le référendum perdant. De Gaulle va sans doute démissionner. Mauvaise nouvelle pour Waldeck et son parti qui ont fait campagne pour le Non mais qui ne souhaitent pas que le Général s'en aille. Cet homme-là, Waldeck le connaît depuis la guerre. Libéré du bagne de Maison-Carré, en février 1943, Waldeck Rochet représentait le PCF dans les instances de la France Combattante à Alger, et il soutenait De Gaulle contre Giraud. Il a été ensuite le porte parole de son parti à Londres. Sous la Vème République, il est dans l'opposition, tout en reconnaissant les aspects positifs du gaullisme, décolonisation et indépendance vis à vis des Etats-Unis. Or le départ du Général risque de ramener la France dans le giron américain. Les Soviétiques sont également inquiets et l'ont fait savoir. Commence alors une soirée étrange et mélancolique au cours de laquelle Waldeck ira jusqu'à envisager de contacter De Gaulle retiré à Colombey pour le supplier de ne pas quitter le pouvoir. Ce récit est un voyage dans le temps : le Paris de la fin des années 1960 ; Londres et Alger en 1942-43 où De Gaulle et les communistes se côtoient, s'appuient et s'observent ; le Moscou du début des années 1930 où Waldeck Rochet fait ses classes à l'école du Parti et découvre la réalité soviétique. C'est aussi une réflexion sur la fin d'une époque, où la politique est encore dominée par des hommes issus de la Résistance et où selon le mot de Malraux "entre les communistes et les gaullistes, il n'y avait rien".

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