Presses De L'ecole Des Mines

  • Qu'est-ce qu'une administration, si ce n'est une organisation publique qui remplit des missions d'intérêt général et dont on exige de la qualité de service ? Son objectif premier consiste à maximiser la satisfaction de ses bénéficiaires. Mais comment la mesurer et l'atteindre? L'efficacité et l'efficience de l'administration sont souvent critiquées et font l'objet de nombreux débats contradictoires. Suffi rait-il simplement d'accroître les budgets pour que la situation s'améliore ? Peut-être. Mais, dans un contexte budgétaire de dettes durables, la juste mesure des investissements à opérer réclame une réflexion de fond sur la préparation de l'avenir avec son cortège de mutations. Cet ouvrage exprime le point de vue de six ingénieurs évoluant dans différentes administrations. Il propose d'adapter des démarches de progrès permanent issues de l'ingénierie d'entreprise au cas particulier des administrations publiques, tout en tenant compte de ses caractéristiques propres. Les auteurs abordent des sujets aussi fondamentaux que l'approche processus, l'amélioration continue, la gestion des flux, la structuration des systèmes d'information ou la conduite du changement en proposant des solutions concrètes et accessibles. Cet ouvrage est aussi une boîte à outils destinée à tous les citoyens, curieux et attachés au service public, afin de mieux appréhender les enjeux et les défis des prochaines années.

  • Le numérique dévore le monde. Après les échanges économiques, c'est aujourd'hui au tour d'une fonction régalienne de l'État - assurer la sécurité - d'être chamboulée. Intelligence artificielle, analyse de big data, reconnaissance faciale, drones et écoutes numériques sont autant de technologies dont les polices du monde entier se saisissent.

    Cependant, ces usages se développent parfois au détriment de la vie privée. La Chine développe un État "Big Brother" dans lequel chacun des faits et gestes des citoyens semble scruté grâce aux caméras de surveillance et aux réseaux sociaux. À chacun sa bonne note, son "crédit social".

    Face aux systèmes dystopiques américains et chinois, la France doit tracer sa propre voie. Elle doit refuser de choisir entre la promesse d'un monde plus sûr et la garantie des libertés fondamentales des citoyens. Un monde hypersécuritaire n'est pas une fatalité.

    Cet ouvrage dresse un inventaire des innovations et stratégies de développement de technologies de sécurité en France et à l'étranger. Nourri par une cinquantaine d'entretiens avec des experts, des praticiens et des associations du monde de la sécurité, il esquisse une voie pour réconcilier citoyen, police et technologie en saisissant les opportunités de cette révolution numérique.

  • L'objet de cet ouvrage est d'explorer ce qui mène du "souci de soi", tel que défini par l'Antiquité grecque, au "corps augmenté", dont le sport de haut niveau propose aujourd'hui une version expérimentale. Ce trajet n'est pas seulement un reflet historique, celui d'une histoire des pratiques corporelles qui inclurait la médecine, les gymnastiques, l'éducation physique et le sport, dans leurs acceptions et finalités variées, et parfois antagonistes, au cours des siècles. Il traduit aussi le noeud problématique qui lie l'exercice physique à la thématique du dépassement : dépassement de soi lorsqu'il s'agit de s'améliorer, de s'entraîner pour "performer" ; dépassement des limites lorsqu'il s'agit de rendre effective la croyance moderne - et sportive - dans l'idée de progrès infini ; dépassement de la nature aussi lorsqu'il s'agit de mettre en question le "corps naturel", tout autant que l'"identité humaine" et ses contours, par l'usage de substances chimiques ou de prothèses.
    Si l'évolution humaine se définit comme un arrachement permanent à la nature, la question du dopage et celle des exosquelettes pose celles des limites éthiques de la science, du prolongement du corps par la technique et d'un corps-machine d'un nouveau genre. L'impératif de performance pèse sur chacun et croise l'obsession de la santé parfaite, de la jeunesse et de la beauté éternelles. Cette quête s'empare du corps comme d'un prétexte pour viser une transcendance hypothétique, qui fait défaut par ailleurs. Améliorer, augmenter - la forme, les performances, l'apparence - semble toujours possible, occultant les questions de la souffrance et de la mort, du handicap, reléguant la vieillesse dans l'impensé. La chirurgie esthétique, l'entraînement sportif, la diététique, le(s) dopage(s) n'ont pas le même rapport à la temporalité, mais postulent un corps idéal dont la perfection est toujours différée. L'hypercorps entraîné, remodelé, esthétisé, médicalisé, technicisé du sportif d'élite, avec sa valeur d'objet marchand et fantasmatique, est à ce titre exemplaire.

  • Le 11 mars 2011, le Japon subit l'un des séismes les plus importants de l'histoire. Il est suivi d'un tsunami de grande amplitude. La catastrophe naturelle fait plus de 18 000 morts et disparus. Cinq centrales nucléaires sont touchées.

    L'une d'entre elles, Fukushima Dai Ichi, est confrontée à une situation d'urgence nucléaire. Trois réacteurs entrent en fusion et des explosions se produisent dans trois bâtiments réacteurs. Malgré la gravité de l'accident, le pire est pourtant évité. Evité grâce au courage et à l'action d'une poignée d'hommes dirigés par Masao Yoshida, le directeur de la centrale.

    Cet ouvrage propose au lecteur la suite et la fin d'un récit inédit : le témoignage, traduit du japonais, de Yoshida à la commission d'enquête gouvernementale sur l'accident. Plus de 400 pages qui dévoilent une autre histoire, celle d'une équipe de travailleurs confrontés à un désastre annoncé. Ce troisième volume, sous-titré "l'abîme", commence avec la question - plus que jamais d'actualité - du lieu de stockage et du traitement de l'eau contaminée sur le site de Dai Ichi, qui se pose déjà au lendemain de l'accident nucléaire. Yoshida revient ensuite des années en arrière, en 2007, à l'époque où il est nommé directeur du département « gestion des installations » de TEPCO. Epoque à laquelle l'entreprise commence à se préoccuper de la possibilité d'un gigantesque tsunami en se fondant sur de nouvelles études, en particulier celles sur une vague dévastatrice survenue au IXe siècle. Les échanges avec les enquêteurs portent également sur les mesures prévues avant 2011 pour faire face à un accident grave et les dispositifs dont Yoshida aurait voulu bénéficier durant la crise nucléaire. Le directeur apporte enfin de nouvelles précisions sur la gestion de l'accident. L'occasion pour lui de rappeler le caractère hors norme de l'événement, de valoriser le professionnalisme de ses opérateurs, mais aussi de régler quelques comptes, notamment avec le Premier ministre Naoto Kan.

  • Réseaux saturés en zone dense, dépendance à la voiture en zone rurale, impact environnemental local et global : tels sont les défis auxquels doit répondre la mobilité.

    Pour y parvenir, l'évolution de l'urbanisme et des infrastructures de transport est nécessaire, mais trop lente. En parallèle, des solutions numériques se développent de façon fulgurante et réinventent la manière de se déplacer.

    Ce foisonnement devient une source de complexité pour l'usager. Pour y remédier, une solution simple : combiner l'information et les titres de transport pour tous les modes utilisés sur le même trajet. On obtient alors de véritables couteaux suisses de la mobilité, appelés MaaS (Mobility as a Service).

    Face à l'inertie des acteurs traditionnels dans leur effort de modernisation, la tentation est grande de laisser de nouveaux arrivants faire mieux et plus vite. Le concept reste toutefois expérimental et pose encore autant de questions qu'il apporte de réponses.

    Cet ouvrage vise à aborder le MaaS comme révélateur des tensions au coeur des évolutions de la mobilité, au-delà des effets de mode tendant à en faire l'arbre qui cache la forêt.

  • Embarqués à bord des sondes spatiales Voyager, des disques plaqués or contenant des images et des sons censés représenter la diversité terrestre étaient lancés dans l'espace en 1977 : 90 minutes de musique, dont des oeuvres de Bach, Beethoven, Chuck Berry, Louis Amstrong, Mozart, ou encore des chants de bergers bulgares ou de jeunes filles pygmées, dérivent ainsi depuis dans l'espace intersidéral. On imagine alors la surprise de civilisations extra-terrestres découvrant ces objets déroutants et déjà... obsolètes. Car musique rime, quarante plus tard, avec streaming, Youtube, sodcasting, MP3, Justin Bieber et Hatsune Miku.
    Entre dispositifs et dispositions, changements socio-techniques et normes instituées, l'écoute musicale se reconfigure en permanence. Et avec le passage de la discomorphose à la numérimorphose, ce sont peut-être nos manières de découvrir, de classer, de partager la musique qui se sont transformées radicalement : dans ce monde d'abondance, les algorithmes de la recommandation, les casques et les logiciels de stream ripping, les smartphones et les fichiers compressés ont pris le pas sur les CD, la presse rock spécialisée, le disquaire du coin et le son HiFi.
    Existe-t-il un fil conducteur, un principe téléologique, qui permette de penser l'histoire de nos oreilles ? Comment décrire nos nouvelles habitudes d'écoute en régime numérique ? Les innovations technologiques nous laissent-elles entrevoir ce que pourraient être nos prochaines expériences de la musique ? En réunissant universitaires et professionnels du secteur, dans une perspective interdisciplinaire, cet ouvrage propose d'apporter des réponses à une question en apparence très simple : où va la musique ?

  • Ne pas pouvoir joindre un médecin généraliste après 20h, attendre des semaines pour un rendez-vous avec un spécialiste, accumuler les versions papier des synthèses et analyses médicales, remplir pour la énième fois les formulaires administratifs avant d'entrer à l'hôpital, en sortie ne pas trouver une infirmière disponible le week-end... Ces problèmes, nous les connaissons tous ! Pourtant, des solutions existent pour en finir avec le parcours du combattant : outils de coordination, d'échange d'informations, de prise en charge à distance.
    Au-delà des outils, c'est l'organisation qui semble devoir être repensée pour améliorer la coordination des soins entre l'ensemble des acteurs. Il s'agit pour l'ensemble de notre système de santé d'un changement majeur dans son mode de production "d'un patient en bonne santé".

  • L'économie française souffre de lourds handicaps, résultant de décisions politiques dont les plus anciennes remontent aux années 1970. Troisième pays européen en PIB par habitant en 1973, nous sommes aujourd'hui les quatorzièmes !
    Le choix fondamental de favoriser la demande s'est fait au détriment des entreprises et de la production, créatrice de richesses. Nous sommes, de loin, le pays où les entreprises sont soumises à la pression fiscale la plus lourde, a fortiori si l'on considère non pas simplement les impôts officiels (IS), mais aussi, encore plus, la part entreprise des charges sociales et les impôts sur la production. Nous sommes aussi le pays où un salarié à temps plein, sur l'année, travaille le moins. Comment s'étonner de la faiblesse structurelle qui frappe désormais notre appareil productif ?
    Dans une économie mondialisée, ces handicaps se paient au prix fort. La bonne nouvelle, c'est que nous ne sommes pas le premier pays à en avoir souffert. D'autres avant nous ont connu cette situation. Mais ils se sont montrés capables d'inverser la tendance. Ces « pays phénix », de la Nouvelle-Zélande à l'Allemagne en passant par la Suède et le Danemark, ne sont ni des paradis fiscaux, ni des enfers sociaux. Ils ont su, chacun à sa façon, se réinventer et façonner un environnement fiscal, démocratique et consensuel, qui donne toutes leurs chances à leurs entreprises. Il n'est pas trop tard pour s'en inspirer.

  • Comment libérer les énergies dans une organisation publique hiérarchique et traditionnelle ? À travers la transformation de la CPAM des Yvelines (1200 salariés sur 15 sites) racontée de l'intérieur par celui qui l'a conduite, c'est une véritable leçon de mise en mouvement des organisations qui nous est donnée.

    Soucieux que le personnel gagne en efficacité tout autant qu'en plaisir au travail, l'auteur a engagé un vaste chantier de libération des énergies avec comme ligne directrice l'autonomisation, la confiance ou encore la reconnaissance. Loin d'appliquer des dogmes managériaux, tels ceux de l'entreprise libérée, il prône une démarche de bon sens, pragmatique, partant du terrain et accordant le droit à l'erreur. Et les résultats sont là : diminution de l'absentéisme et du turnover, amélioration du service rendu aux assurés...

    Pour cette transformation managériale, la CPAM a obtenu plusieurs récompenses : nomination aux Espoirs du Management, Trophée Or de l'Innovation Participative transformation managériale, Prix de l'Excellence Opérationnelle - remis par le MEDEF & l'AFQP (Association France Qualité Performance), Prix du Manager Public 2018 - Catégorie Confiance.

  • Réseaux ambition réussite, conventions éducation prioritaire, soutien individualisé, internats d'excellence, etc.
    Aujourd'hui, de nombreuses actions s'attachent à favoriser l'égalité des chances à l'école en France. Pourtant, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : les enfants défavorisés restent exclus des études les plus prestigieuses. Appuyé par la recherche actuelle et des témoignages de terrain, cet ouvrage montre que les inégalités s'accumulent petit à petit depuis la petite enfance, conjuguant influence sociale et contextes scolaires, mais qu'elles ne deviennent vraiment visibles qu'au collège, où se concentrent la plupart des actions.
    Ces dernières tentent, tant bien que mal, de corriger une dynamique qui s'est durablement mise en place auparavant. L'enfant ne passe qu'une partie de son temps à l'école et celle-ci ne peut vouloir tout faire toute seule : les parents doivent devenir de véritables partenaires éducatifs, aux missions différentes et complémentaires de celles de l'école. Agir efficacement pour l'égalité des chances, c'est agir au plus tôt.
    Il est grand temps de recentrer l'attention politique sur la petite enfance et le primaire.

  • La Russie, marché prometteur ou pays si complexe à en être incompréhensible pour toute personne non avertie, et plus particulièrement, pour ceux qui projettent de s'y implanter ? Quelle est donc la Russie d'aujourd'hui et peut-on y réussir ses projets ? Telles sont les questions que se sont posées les auteurs et auxquelles ils proposent des pistes de réflexion, issues d'échanges tenus avec différentes personnes dotées d'une connaissance approfondie du pays, en particulier, des représentants de plusieurs entreprises françaises ayant acquis une solide expérience de la Russie et des institutionnels spécialistes de ce pays. Ce livre s'adresse à ceux qui souhaitent mieux comprendre la Russie d'aujourd'hui, au regard en particulier de son histoire et de ses traits culturels. Il a pour objectif de formuler des conseils pratiques, à partir des témoignages recueillis, à l'attention de ceux qui souhaitent y réussir leurs projets.

  • Les organisations émergentes (start-up, plateformes), tout autant que les grandes entreprises et les institutions publiques qui se digitalisent, jouent un rôle crucial dans le développement de l'économie ainsi que dans l'évolution de nombre de réalités sociétales. La métamorphose numérique a donné naissance à quelques global leaders bien connus (Apple, Google, etc.) qui sont désormais des catalyseurs importants et souvent indispensables de l'innovation dans le domaine du numérique. Mais cela, pour le meilleur comme pour le pire. Ces modes de développement économique favorisent le primat de la valorisation financière et de la flexibilité, souvent au détriment des équilibres sociaux, des impacts écologiques et des aspirations de plus en plus fortes en termes d'éthique. Et si l'éthique se voit ainsi directement mise en question dans ces jeux de tension qui caractérisent la « nouvelle économie », de telles interrogations demeurent encore trop dissociées d'un nécessaire travail de déconstruction des représentations économiques et sociales dominantes. Vis-à-vis de tels défis, un enjeu important du présent ouvrage est de souligner que c'est au sein des grandes transitions industrielles qu'une part de notre avenir se voit préfigurée. L'économie des plateformes mérite à cet égard une analyse critique approfondie. C'est à cette condition que de nouveaux horizons de sens pourront s'ouvrir, ceci aussi bien à l'échelle des échanges économiques que d'un grand nombre de nos réalités sociales et politiques.

  • En 2008, alors que Frédéric et Julien Lippi viennent de reprendre les rênes de l'entreprise familiale de fabrication de clôtures, celle-ci est frappée de plein fouet par la crise. Les deux frères comprennent qu'ils devront revoir de fond en comble son modèle économique et managérial s'ils veulent tenter de lui assurer un avenir. La transformation qu'ils initient va toucher tous les aspects de l'entreprise.

    En une quinzaine d'années, celle-ci a non seulement changé de dirigeants, mais ils ont réorganisé les ateliers, numérisé la gestion, révolutionné le management, défini une nouvelle stratégie, réinventé la marque, construit une nouvelle offre, donné un nouveau souffle aux commerciaux et créé un réseau de concessionnaires. Et cet effort semble payer : après avoir perdu de l'argent entre 2012 et 2017, puis avoir commencé à en gagner en 2018, l'entreprise s'est totalement désendettée et elle enregistre, au premier trimestre 2019, une croissance de son chiffre d'affaires de 21% par rapport à celui du premier trimestre 2018.

    L'ampleur de la métamorphose est telle, que ce livre pourrait s'apparenter à un manuel de management, à une différence près : l'humilité des deux dirigeants. Frédéric et Julien Lippi ne dissimulent aucun des obstacles, conflits, doutes auxquels ils ont été confrontés, et minimisent leur rôle par rapport à celui joué par l'ensemble des salariés dans la transformation de l'entreprise. Ce livre est le fruit de 65 heures d'entretiens menés par Elisabeth Bourguinat avec une trentaine d'interlocuteurs : les dirigeants de Lippi, mais également des salariés travaillant dans différents services de l'entreprise, ainsi que des consultants qui les ont accompagnés tout au long de la transformation.

    La sincérité des témoignages recueillis confère à cet ouvrage à la fois une grande singularité au sein de la littérature managériale et une authenticité qui le rend riche d'enseignements.

  • La mutation du rapport au temps représente une des caractéristiques les plus marquantes du fonctionnement de la société contemporaine. Le "mobile" se substitue à l'"acquis", le "flexible" à l'"établi", le "transgressif" au transmis. Peut-on envisager le changement comme ce mouvement perpétuel qui renouvelle le présent par oubli du passé et réinvention continuelle du présent ? Malgré l'apparent mouvement de nos organisations et institutions, l'accélération du temps et la succession de changements rappellent constamment le rôle de la mémoire dans l'appréhension du temps présent. Si en apparence, flexibilité, mobilité et autonomie structurent notre rapport au temps, la relation au passé représente le contrepoint souvent occulté de ce phénomène contemporain.

    Cet ouvrage propose d'analyser le rôle de la mémoire dans des contextes de changement. L'analyse appuyée sur trois terrains d'enquête vise à éclairer comment la "mise en mémoire" constitue une ressource collective qui permet de construire de la permanence et du sens collectif. Cette mise en mémoire rencontre à la fois l'expérience collective et ce qui relève du mémorable, mais également son autre face, c'est-à-dire les pratiques délibérées d'oubli dans un monde en changement. Alors même que la mobilisation du passé est fréquemment interprétée comme la manifestation d'une résistance au changement, l'analyse proposée explore les registres de la mémoire à l'oeuvre dans des contextes de mutations. Elle montre comment la mise en récit de l'expérience constitue une ressource majeure pour conserver et maintenir son identité en contexte incertain.

  • Les spécificités culturelles influencent considérablement les capacités de développement technologique et industriel des pays, et in fine leurs trajectoires économiques. Ce livre relate des expériences d'évaluation des climats de l'innovation et de conseil en politiques publiques, conduites pendant plus de vingt ans dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. La compréhension des cultures et des mentalités repose sur l'observation de détails dans les comportements des acteurs, les productions des entreprises, les actions des pouvoirs publics. C'est par l'analyse des cultures que l'auteur explique les contrastes entre les différents systèmes d'innovation. Une analyse qui, parce qu'elle revient sur les fondements anthropologiques et les expériences historiques de différents pays, met en lumière les ressorts profonds de leur capacité d'innovation et de changement.

    "Ce travail de Jean-Eric Aubert est à la fois une invitation à changer de regard sur les civilisations et leurs capacités créatrices et un appel à l'empathie avec les sociétés différentes. Lisez ce livre, il contient un grand enseignement" Thierry Gaudin.

  • L'un des facteurs les plus importants expliquant le haut niveau du chômage des jeunes en France est l'incapacité de nos systèmes de formation à les préparer à la possibilité d'un emploi. 140 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans diplôme, ni préparation à la vie professionnelle. Parallèlement, les entreprises ne parviennent pas à pourvoir des emplois, en particulier dans les métiers industriels. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Grand connaisseur de la formation professionnelle et technique, Yves Malier pointe quarante ans d'incurie et d'errements à l'égard de la voie professionnelle dont nous payons aujourd'hui les lourdes conséquences. Collège unique, orientation uniformisatrice, inadéquation des formations à l'emploi, inadaptation des profils d'enseignants, gouvernance mal pensée des établissements, politiques contradictoires ou incohérentes, la liste est longue de cette exception française dont les dégâts économiques, sociaux et politiques sont immenses.

    Pour reconnecter la formation à l'emploi, ce livre propose des pistes de solutions concrètes aux dirigeants du système éducatif, aux responsables politiques et aux chefs d'entreprise.

  • Pourquoi les entreprises allemandes affichent-elles une compétitivité supérieure aux françaises, leur permettant d'investir, d'exporter et de créer des emplois ? Faut-il y voir une suprématie technologique ou managériale allemande ? La réponse est ailleurs, nous dit Henri Lagarde : la première "botte secrète" des entreprises d'outre-Rhin tient à des règles du jeu, notamment fiscales et sociales, propices à la rentabilité.
    Atout qui manque cruellement à leurs concurrentes hexagonales ! La comparaison que mène l'auteur entre les lignes-clés d'une PME bretonne et ce qu'elles deviendraient dans un contexte allemand est sans appel : on découvre que les charges sociales pèsent deux fois plus sur les entreprises françaises que sur les allemandes, ou encore que la fiscalité de ces dernières est au moins 40 % inférieure. Pourquoi la France ne s'inspire-t-elle pas de son voisin ? C'est qu'elle est victime du "syndrome NIH" ("not invented here", ou "pas inventé ici") conduisant à rejeter, au nom d'une prétendue spécificité culturelle, tout exemple ou idée venant de l'extérieur.
    Comment les choses, et surtout les mentalités, peuvent-elles changer ? L'auteur avance des réponses sans mobiliser de grande théorie mais en collant à la réalité du terrain dans toute sa complexité, en proposant des solutions concrètes.

  • Faire du business avec les pauvres pour améliorer leur condition : l'idée lancée dans les années 2000 par Coimbatore Prahalad (BOP) puis Muhammad Yunus (social business) a fait son chemin.
    Dans de nombreux secteurs, des petits acteurs et des grandes entreprises multinationales tentent d'inventer de nouveaux modèles économiques adaptés aux populations à bas revenus (la Base de la Pyramide), afin de construire avec elles une relation gagnant-gagnant. Spontanément, leurs pratiques inspirent bien souvent un optimisme excessif, ou au contraire des suspicions infondées ou simplistes.
    Les auteurs ont enquêté, pendant une année, auprès de dirigeants et de cadres de cinq grandes entreprises françaises pionnières de ce mouvement : Danone (nutrition infantile, Bangladesh), Veolia Environnement (eau potable, Bangladesh), Lafarge (habitat, Indonésie), Schneider Electric (énergie, Inde et Afrique) et Essilor (santé visuelle, Inde). Alors que les réflexions théoriques abondent sur le sujet, ils ont choisi de se placer du point de vue des entreprises pour relater la naissance de ces concepts.
    Que représentent le social business et le BOP pour leurs principaux acteurs ? Comment les projets sont-ils vécus à l'intérieur des sociétés ? Et que peut-on espérer de l'arrivée des multinationales dans le monde du développement ?

  • Nous sommes de plus en plus nombreux sur terre, nous consommons de plus en plus de viande et nous produisons de plus en plus de biocarburants: les ressources de la planète sont-elles suffisantes? Parviendrons-nous à nourrir les 9,2 milliards de personnes qui peupleront la planète 'en 2050? L'insécurité alimentaire généralisée nous menace. En 2007-2008 ont eu lieu des émeutes de la faim dont les causes ont été sources de confusion de la part des médias et des hommes politiques. Ce ne sont ni les agrocarburants ni la consommation accrue de viande dans les pays émergents qui ont fait monter les cours et pousser les gens des villes dans la rue, mais un niveau des stocks historiquement bas et une spéculation liée à la crise financière. Pour autant, les principales victimes de la faim demeurent à 80% des ruraux. Il convient dès à présent d'agir et de traiter le problème à sa source: impliquer les paysans concernés dans des solutions locales simples et efficaces. Cet ouvrage, sans adopter une approche purement sociologique ou économique, a pour ambition d'analyser scientifiquement les faits à partir des données disponibles pour en tirer des conclusions sur les politiques à mener au niveau national et au niveau international.

  • Le secteur agroalimentaire français traverse une crise profonde et les tentatives pour y remédier se sont trop souvent focalisées sur les aides à l'agriculture. Le problème se situe pourtant à l'aval : les industries de transformation alimentaire manquent de compétitivité. Les pouvoirs publics peinent à trouver des leviers d'action pour leur donner un second souffle, dans un marché où la concurrence internationale s'accroît. La France possède pourtant de nombreux avantages compétitifs, notamment la qualité de ses produits agricoles et la reconnaissance de son savoir-faire à l'international.

    Avec la montée des nouveaux modes de consommation et notamment du bio, le moment est opportun pour valoriser la qualité des produits français. Un marché mondial de produits haut de gamme est en train demerger et pourrait rebattre les cartes dans l'agroalimentaire. Malheureusement, les industries bio sont une fois de plus les oubliées des politiques publiques et elles se portent mal. Cela nuit notamment à la balance commerciale du bio : le déficit commercial en produits transformés est abyssal, et il est peu probable que les prochaines mesures ciblant le bio suffisent à inverser cette tendance.

    Il n'est cependant pas trop tard pour rectifier le tir. Nous proposons d'inclure dans les politiques publiques de l'alimentaire un volet de développement industriel, qui comprendrait un suivi chiffré du développement des industries bio ainsi que des politiques de financement et d'innovation. Il est urgent pour la France de soutenir le maillon industriel et de reconnaître non seulement la qualité de notre agriculture mais également celle de nos produits transformés !

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