Ina

  • Le 23 avril 2003, Raymond Depardon présentait librement, pour les membres du Collège iconique de l'INA, les fils entremêlés de son enfance, de son « errance » et de son oeuvre.
    Le présent ouvrage reproduit cette parole vive qui, aux questions posées, répond par des souvenirs qui sont autant de problèmes à travailler.
    « Depardon crée des images fortes », analyse dans sa préface François Soulages, qui présida la séance : fortes d'un rapport singulier à l'espace, au temps et à l'écrit. Fortes, aussi, de l'audience formidable que leur ont donnée les médias, comme le montre la cartographie inédite de la présence de cette oeuvre multiforme - du film documentaire au spot publicitaire - à la radio et à la télévision.
    En contrepoint de cette lumière et de ce bruit médiatiques, le Collège iconique propose un lieu de parole plus intime, une autre manière pour Raymond Depardon d'exposer son travail « avec/sur » les images. Un travail dont François Soulages éclaire ici la richesse : « ses livres, ses films et ses expositions sont des créations autonomes et nouvelles ; ce ne sont donc jamais des recueils d'images ou d'écrits, encore moins des agrégats d'images et d'écrits, mais toujours des oeuvres totales et originaires, faites à partir de la rencontre étrange des images et des mots, des images et des sons. C'est sa réponse au mystère du réel ».

  • A partir de la consultation d'archives inédites et d'entretiens d'acteurs essentielles à la vie de la station l'ouvrage aborde depuis l'intérieur de la station le fonctionnement passé et présent d'une entreprise devenue aujourd'hui leader puisqu'elle est aujourd'hui la radio la plus écoutée de France. Sur plus de cinq décennies on découvre un média radiophonique sans égal dans le secteur du développement culturel et de l'information.
    Véritable cartographie historique, les grandes émissions emblématiques comme le Masque et la Plume, le tribunal des flagrants délires, la Matinale ou encore le jeu des 1000 euros sont tour à tour présentées au lecteur. La part belle est faite à ceux qui ont marqué la station au premier rang desquels figure un homme lige aujourd'hui oublié Roland Dhordain, inspirateur et premier directeur de France Inter. Avec empathie mais lucidité l'évolution des grilles de programmes, le lot des arrivées et des départs parfois fracassants des animateurs et journalistes, les crises internes qui secouent la vie de la station sont retracés sans parti-pris. Tout l'enjeu de l'ouvrage réside dans sa capacité à faire poindre en chaque circonstance ce qui fait service public, ou pour le dire autrement comme le revendique la station dans les années soixante-dix avec son slogan «Écoutez la différence !» A partir d'une cinquantaine d'entretiens de professionnels appartenant aussi bien au passé et au présent de l'entreprise dans le secteur du journalisme, de l'univers des animateurs, de la réalisation, de la sphère technique et de la direction, on entreprend un voyage radiophonique dans le temps en remontant jusqu' à 1963. Alors que l'audience du média radiophonique et singulièrement celui de France Inter tire plus que son épingle du jeu de sa confrontation avec la télévision et depuis peu avec le monde du numérique et celui des nouveaux médias, l'ouvrage permet de comprendre la force et la vigueur d'une station comme France Inter devenue à elle

  • Comment le numérique transforme-t-il la musique ?? Les sciences sociales se penchent désormais sur les mutations des pratiques de création, de promotion ou l'expérience des auditeurs... mais la question même n'échappe pas au déterminisme technique. Cet ouvrage propose donc de renverser la perspective et se demande ce que la musique fait aux technologies et aux médias du Web. Il montre ce que la success story d'une plateforme de référence, YouTube, doit à la musique - en observant la multiplicité des formes, des pratiques et des valeurs qui lui sont associées, depuis l'art de la collection jusqu'à la circulation accélérée des samples et des remix.
    Pour mener une telle entreprise, ce livre s'appuie sur un travail documentaire et généalogique inédit à partir des traces laissées par YouTube dans les archives du Web, d'analyses serrées de ses interfaces successives, des blogs de ses équipes, et bien sûrs de chaînes et de vidéos emblématiques. Il déploie ainsi toute une analyse "micropolitique

  • Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l'amateur, notamment dans le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à leurs objets culturels en interaction avec l'institution voit le besoin d'interagir avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui en préserverait la liberté d'expression. Similairement, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l'aise. En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives, pratiques amateurs, cet ouvrage a l »ambition de proposer une nouvelle approche à l'étude des plateformes contributives en tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les citoyens.

  • Website story ; histoire, mémoires et archives du web Nouv.

    Que l'on pense aux débats sur une éventuelle commémoration de mai68 en 2018, au mouvement des Gilets jaunes, au confinement imposé en mars 2019 du fait de l'épidémie de Covid-19, Internet est devenu incontournable pour l'étude des phénomènes très contemporains, y compris lorsqu'il s'agit d'étudier les enjeux de mémoires. Cependant, les traces laissées sur la Toile sont instables et difficiles à appréhender pour les historien·nes du temps présent.
    Les initiatives d'archivage du Web, nées dans les années 1990 et qui ont donné lieu en France à la création d'un dépôt légal du Web permettant à l'INA et à la BNF de collecter, conserver et rendre accessible le Web français, offrent un gisement de sources précieux, permettant de retrouver des contenus qui ont disparu de la Toile aujourd'hui, des anciennes versions de sites Web ou de pérenniser un corpus issu du "Web vivant" .
    Ce livre, à partir de la thèse pionnière soutenue en 2015, propose des clefs d'appréhension concernant les enjeux hist

  • Un sujet de société d'actualité et capital pour la vie démocratique, mais jamais traité en France : la vérification de l'information et la difficulté des médias pour lutter contre les fausses informations. Il repose sur une récente et solide recherche universitaire, la première réalisée à ce jour dans l'Hexagone.

  • Ce livre interroge la question de l'archive contemporaine entre théorie et pratique.
    Sa spécificité tient à ce que chaque chapitre est co-écrit par un archiviste et un chercheur. Il porte sur des thématiques très variées avec le souci de mettre en dialogue des praticiens et des théoriciens de l'archive (philosophes, historiens, anthropologues, critiques littéraires, psychanalystes).

  • Ce livre propose de rendre compte du succès international des sitcoms d'animation américaines, et de comprendre comment elles modifi ent et infl uent l'espace public du débat politique dans les sociétés démocratiques occidentales actuelles.
    La sitcom d'animation est un lieu d'observation de choix des grandes problématiques que soulèvent les rapports politique/média, public/privé, humour/dérision, etc ...Elle apparaît comme un espace de liberté médiatique exceptionnelle, dans la mesure où, parée de tous les attributs de la contre-culture, de la dérision et de l'enfance, elle place le téléspectateur-citoyen dans la position du joueur, dans un espace d'expérimentation des possibles politique. Il y a donc bien un enjeu important à suivre les mutations de ce genre pour prendre la mesure des débats réels qui agitent nos sociétés et pour appréhender les nouveaux visages et masques du et des politiques.
    Reposant sur l'étude de trois sitcoms d'animation emblématiques, South Park, Les Griffi n, Les Simpson, cet ouvrage fait l'état des lieux de la sitcom d'animation américaine, de ses grandes caractéristiques formelles et de son histoire, pour tenter d'esquisser une cartographie du genre.
    Une étude empirique tente de cerner les rapports que chacune de ces séries entretient avec la question politique. La problématique, qui se dégage de cette analyse, relève des renégociations des territoires assignés au politique, et conduit à observer la manière dont s'interpénètrent désormais sphère publique et privée.
    Se trouve également convoquée, la question de la politique comme spectacle. Il s'agit alors de comprendre l'articulation entre sitcoms d'animation et public, et d'apercevoir la dimension culturelle du débat politique actuel. Un grand trait émerge: celui du divertissement, sont alors élucidées les composantes du divertissement dans le politique tel qu'il est traité par les sitcoms d'animation.
    Ce livre positionne fi nalement les sitcoms d'animation dans les nouveaux espaces du politique et pose l'hypothèse qu'elles doivent leur succès à leur capacité à investir l'espace de liberté que constituait autrefois le carnaval. Un carnaval qui ne se vit plus dans les rues mais dans l'espace convoité du prime-time.

  • Jean Frapat a pris la télévision comme champ d'expérimentation et comme espace de création, produisant ce qu'on peut considérer comme une oeuvre singulière, à la croisée des chemins de la littérature, du théâtre, de l'éducation populaire, du cinéma et des arts plastiques, ressaisis sous l'oeil et au risque de la caméra. Digne compagnon du Service de la recherche de Pierre Schaeffer, il est parvenu à établir un équilibre entre une réflexion sur le langage télévisuel et les impératifs économiques de l'industrie des médias.
    Cet essai retraverse de plusieurs décennies de télévision et met en évidence la dimension transdisciplinaire de ce travail. Il rassemble des témoignages de collaborateurs et d'amis tels que Michel Hermant, Claude Guisard, Claude Villers, qui formulent une analyse fine de l'univers anachronique de Jean Frapat, tout en retraçant une autre histoire de la télévision, savante et populaire, celle que décrivait Roberto Rossellini dans ses écrits, ou que François Mauriac célébrait dans sa critique télévisuelle.
    Il propose aussi des contrepoints inattendus : des artistes contemporains - Vincent Labaume et Olivier Bardin - reviennent chacun à leur manière sur l'influence de Frapat sur leur parcours et leur travail. Enfin, Pascale Cassagnau traque les homologies entre la productiond e Frapat et les oeuvres d'artistes comme Matthieu Laurette, Gianni Motti et Valérie Mréjen - témoignages de l'influence méconnue d'une certaine télévision sur la création contemporaine.
    Cet ouvrage est illustré par l'écrivain et artiste Vincent Labaume, qui fut luimême producteur à France Inter, et qui propose une relecture de l'univers de Jean Frapat et un hommage à son oeuvre.

  • Une analyse sociohistorique des identités de genre dans les séries animées françaises, entre conformisme et innovation. Ces programmes ont souvent relayé une construction différentialiste du genre, caractérisée par la subalternité du féminin et son assignation à des fonctions d'assistance et de soin. Néanmoins, en accompagnant les transformations de notre société, certaines séries ont pu remettre en cause les normes de genre et les oppositions classiques. Sont ainsi décodés 56 dessins animés (1957- 2014), des premières aventures de Tintin en semi-animation, en passant par Bonne nuit les petits, Les Mystérieuses Cités d'or, les célèbres séries «Il était une fois... » (l'Homme, les Découvreurs, les Explorateurs etc.), jusqu'aux productions plus contemporaines comme les séries « T'Choupi ». À mesure que l'on avance dans le temps, on rencontre des personnages partiellement affranchis des catégories de genre binaires (Candy, dans Les Zinzins de l'espace), qui assument un positionnement féministe (dans Il était une fois... notre Terre), et de plus en plus d'héroïnes fortes (par exemple dans Totally Spies !, Code Lyoko, ou la tranche « Girl Power » de la chaîne Gulli).
    À cela s'ajoutent un terrain ethnographique et 11 entretiens réalisés auprès de l'association Les Femmes s'Animent et de professionnel·le·s de l'animation. Ce second volet interroge la façon dont les différents acteurs de la chaîne de fabrication des séries (écriture, production, animation, diffusion...) choisissent ou non de défendre des représentations plus équitables des genres, en relation avec les contraintes normatives, organisationnelles et économiques propres à l'animation audiovisuelle française. Les points de vue contradictoires portés dans le secteur montrent que les questions de genre tendent à devenir un sujet de discussion incontournable dans le monde de l'animation, aussi bien en France qu'à l'international.

  • Dans notre univers économique globalisé et dérégulé, quelques startups autrefois sympathiques ont donné naissance à des multinationales oligopolistiques qui régissent le coeur informationnel de nos sociétés : les GAFAM.
    Sous le prisme de l'économie politique, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ne sont pas examinés comme des réussites exceptionnelles mais comme les produits emblématiques d'un ordre néolibéral qu'ils contribuent eux-mêmes à forger, et qui s'inscrit résolument contre le projet originel de l'internet.
    Le livre décrit précisément le déroulement du processus de marchandisation qui a permis aux logiques fi nancières de pénétrer le champ de l'informatique connectée, conçue initialement comme un bien public au service de l'émancipation collective. Il propose une synthèse claire et accessible des stratégies sophistiquées des GAFAM pour éviter l'impôt, capter la valeur produite en ligne par les utilisateurs et exploiter les données récoltées Ainsi, pour penser l'avenir de l'internet, il invite à s'interroger sur la place que nous voulons donner, dans la société future, au travail, aux inégalités sociales et économiques et, en dernier ressort, à la démocratie.

  • Le développement de l'information sur internet conduit-il au règne du copié-collé, au détriment de l'information de qualité ? Peut-on inventer de nouveaux modèles économiques pour les médias permettant de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies ?
    Ce travail de recherche inédit tente d'apporter de nouvelles réponses à ces questions, en conjuguant les outils du « big data », du « machine learning » et de l'économie. Il se base sur la construction et l'analyse d'une base de données unique en son genre : l'intégralité du contenu produit en ligne par les médias d'information en France sur une année (2013), qu'il s'agisse de la presse écrite, de la télévision, de la radio, des pure internet players ou encore de l'AFP.
    /> Nous combinons ainsi pour la première fois plusieurs millions de documents avec d'une part les caractéristiques humaines et économiques des diff érents médias - en particulier la taille de leur rédaction - et d'autre part avec des données d'audience des diff érents sites, permettant d'analyser dans quelle mesure les citoyens adaptent leur consommation sur internet à l'originalité des contenus produits.
    En appliquant notre algorithme de détection de copie, nous montrons que, dans le cas des actualités chaudes, 64 % de l'information publiée en ligne correspond à du copié- collé pur et simple (sans même prendre en compte les reformulations), un niveau d'homogénéité insoupçonné. Les copies ainsi détectées vont souvent au-delà de l'exception de « courte citation » autorisée par la loi et omettent le plus souvent les procédures réglementaires de citations et de crédits.
    Or le recours croissant au copié-collé combiné à une vitesse de propagation extrêmement élevée de l'information en ligne - un quart des événements se propagent en moins de 4 minutes - risque de tuer à termes les incitations des médias à produire de l'information originale. Nous montrons ainsi que les médias n'arrivent plus à monétiser cette information si coûteuse à produire.
    Au-delà de ces constats, le livre souligne et quantifi e les risques pour l'information et la démocratie associés à l'accélération de la baisse de la taille des rédactions. Il passe en revue les diff érentes solutions : une application plus stricte du droit d'auteur sur internet ; la mise en place de murs payants ; la syndication de contenu et la mutualisation des coûts de production de l'information ; le soutien public transmedia à la production d'information ;
    Ou encore de nouvelles formes juridiques pour les médias.
    Surtout, il souligne la nécessité de repenser entièrement les systèmes de régulation existants des médias. Cette régulation se fait aujourd'hui par support ; elle doit être adoptée au XXIe siècle, c'est-à-dire transmedia. Internet est une chance unique de mieux informer les citoyens ; n'en faisons pas le tombeau de l'information.

  • Pour la première fois, Boris Cyrulnik est interrogé non sur la seule capacité des êtres à se reconstruire après un choc (la résilience), mais sur les dynamiques cérébrales de la mémoire et sur les liens entre ces dynamiques indi¬viduelles et la mémoire collective. Comment se construit la mémoire individuelle? Comment interagit-elle avec les grands récits construits par la société et relayés, aujourd'hui, par la télévision, la radio, les livres ou les musées ? Plus qu'un récit à deux voix, la rencontre entre Denis Peschanski et Boris Cyrulnik est une clé pour mieux com¬prendre les questions mémorielles. Deux voix qui témoignent de l'urgence d'une approche pluridisciplinaire pour comprendre les dynamiques de la mémoire.

  • ... la supériorité médiologique de l'image sur l'écrit, comme vecteur de transmission affff ective et militante, s'expliquerait par son antériorité, préhistorique et même cosmologique. Dans la culture du sapiens sapiens, de fait, elle a trente mille ans d'avance sur l'écriture. Et en termes de sémiologie, un cran ou deux de moins dans l'échelle du signe (selon qu'elle sera « indice » ou « icône »).

  • Le comble de l'image lourde, dont la notion chemine à travers ces pages mais n'est vraiment abordée que dans une quatrième intervention, c'est le spectre. Sa représentation douteuse tourne à la quasi-présence : ni mort ni vivant, ni passé ni présent, de l'ordre du retour ou de la revenance, le spectre se tient entre, et du même coup nous hante. L'oeoeuvre de Derrida, puis sa mort assez déchirante, ont donné entrée au Collège à cette fifi gure peu fifi gurable, limite de nos représentations. Nous l'avons abordée aux côtés de Bernard Stiegler lors d'un exposé croisé, face à des extraits de fifi lms. Au moment de parler puis de récrire ce qui suit, j'ai tenu compte de la quasi- présence de deux spectres familiers : Aragon, Derrida.

  • Étudiées pour la première fois depuis l'âge expérimental de la télévision dans les années 1950 jusqu'au moment où la cuisine connaît une forte médiatisation au début des années 2010, les « émissions de recettes » sont un excellent terrain d'observation des changements connus par l'univers de la télévision et de la cuisine tout au long de cette période.
    Les émissions consacrées à la présentation de recettes de cuisine constituent en eff et un genre de programmes dont l'évolution entre en écho avec l'histoire du paysage audiovisuel français au cours des décennies. Les grandes fi gures qui se sont succédé à l'antenne - telles que Raymond Oliver puis son fi ls Michel, Maïté, Joël Robuchon ou encore Cyril Lignac - ont en eff et endossé des rôles diff érents qui ont fait leur succès et ont contribué à faire évoluer le format des démonstrations culinaires de la leçon magistrale à la mise en scène de l'accomplissement de défi s. Prenant en compte une cinquantaine de programmes, l'ouvrage évoque les émissions d'anthologie et celles qui, n'ayant pas eu une grande popularité, sont aujourd'hui plus ou moins oubliées. Leur variété montre que la télévision fait de la cuisine un spectacle sans cesse renouvelé, qui s'adapte aux attentes de chaque époque.
    Faire l'histoire des émissions de recettes, c'est aussi voir quel éclairage elles portent sur l'évolution des façons de faire la cuisine et de manger en France pendant plus d'un demi-siècle. Les recettes proposées par les diff érents programmes sont révélatrices des changements intervenus dans les cuisines des grands restaurants et des familles françaises, au rythme de la diff usion de modes culinaires, de l'industrialisation de l'alimentation et de l'ouverture croissante à l'exotisme, entre autres. Dans le même temps, l'image des grands chefs s'est transformée, et faire la cuisine a partiellement cessé d'être une corvée pour devenir un loisir. Les émissions de recettes ont-elles été un simple témoin de ce mouvement ou bien, en tant que source d'inspiration pour leurs téléspectateurs, ont-elles contribué à l'adoption de nouveaux styles culinaires ?

  • Maritie et Gilbert Carpentier, couple mythique de la télévision française sont à l'origine de la création de pas moins de 500 émissions de variétés qui ont marqué les mémoires et fait les grandes heures de l'ORTF. Souvent cités, les Carpentier n'ont pas encore fait l'objet d'une étude approfondie.
    Cet ouvrage se propose de retracer la carrière de ce couple de producteurs, de leurs débuts à Radio Luxembourg à leur fi n de carrière à FR3 dans les années 1980, en passant par Le Sacha Show, Les Grands Enfants et les Top à et Numéro Un. Succès d'audience avec près de 18 millions de téléspectateurs au plus fort de leur carrière, ces émissions et ce parcours interrogent.
    Comment a été rendue possible une telle longévité ? En quoi la formule forgée par les Carpentier s'avère unique en son genre ? Quelles sont les sources d'inspiration, les références du couple ? En somme, pourquoi et comment un tel succès, une telle réussite télévisuelle ?
    Au-delà de l'histoire du couple, de cette production bicéphale originale, c'est également l'histoire d'un corps professionnel en construction et en défi nition, celui des producteurs de télévision que l'auteur tente de retracer.
    C'est aussi à une histoire du divertissement télévisuel, et par là-même à une étude des publics de télévision à laquelle cette analyse contribue.

  • Si la radio jouit, en France, d'une certaine considération tant auprès des auditeurs que de l'État, elle demeure peu étudiée du point de vue de ses auditeurs et de sa réception. Cet ouvrage, pionnier en la matière, restitue une enquête auprès d'auditeurs français de radio. Il s'intéresse au lien qu'ils tissent avec ce média et à la signifi cation de ses usages et des raisons de l'écoute. On y découvre que la réception de la radio est une aff aire de temps, d'identité et d'engagement. Les trois temps que sont le temps présent de l'actualité et de la présence au présent de la radio, le temps retrouvé de la mémoire et de la génération à laquelle les auditeurs appartiennent, via la musique notamment, et le temps représenté des âges, celui qu'on a et de celui des autres, caractérisent la valeur de la radio. La radio engage l'identité d'âge et de génération et l'identité sociale de chacun.
    Enfi n, l'écoute de la radio renvoie à des formes diverses d'engagement :
    Présence, reconfi guration aff ective ou attention soutenue. Cette enquête de terrain aborde enfi n les transformations subies par la radio dans le contexte numérique contemporain qui voit ses traditionnelles fonctions être concurrencées par la musique en ligne, le baladeur numérique ou le smartphone. La radio vive conserve une signifi cation identitaire forte et la nouvelle radio à la carte permise par internet, celle du podcast, institutionnalise ce média.

  • Depuis la fi n du XXe siècle, les Français se sont pris de passion pour le patrimoine.
    Villages typiques, paysages pittoresques, forteresses et églises en restauration, ces sujets réunissent des millions de téléspectateurs devant leur écran. Ces programmes ont pour titre Des racines et des ailes ou Le village préféré des Français.
    Bien avant eux, les émission Chefs d'oeuvre en péril et La France défi gurée avaient connu un grand succès en parlant des mêmes sujets.
    Ce livre entreprend pour la première fois une étude historique des programmes de télévision qui traitent de patrimoine. Il expose ainsi les manières de montrer et de voir le patrimoine depuis les années 1950, mêlant histoire culturelle et histoire des médias.
    Ce qui frappe, malgré la longueur de la période étudiée, c'est la grande permanence de certains sujets, de types de patrimoine, et même de façons de fi lmer.
    Le patrimoine s'est particulièrement bien épanoui à la télévision : à l'origine traité dans des programmes touristiques et culturels, il a été progressivement intégré à des magazines de société, des émissions pour enfant, et même des jeux télévisés et des programmes sportifs. Cette diversifi cation souligne une banalisation du patrimoine à la télévision, qui est devenu un sujet tout à fait ordinaire pour les professionnels de télévision, malgré un traitement qui donne toujours le sentiment d'être un objet de prestige.
    Cette plongée à travers l'histoire du patrimoine au petit écran est aussi une promenade à travers la France. Les réalisateurs et producteurs ont en eff et privilégié le mode de la balade pour montrer le patrimoine. Mais c'est un rapport particulier à la France que l'on trouve dans ces émissions : son territoire y est magnifi é, son histoire est glorifi ée, autant de choix qui révèlent que le patrimoine est avant tout considéré comme un objet de réconfort et de fi erté.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une histoire jeune et très contemporaine, celle d'Internet, du Web et des cultures numériques et explore leur fabrique dans les années 1990 en France.
    Rappel des gifs qui peuplaient les premières pages de la Toile, En construction se réfère aussi à un chantier historique inédit, confronté aux archives du Web et autres sources nativement numériques, à l'instar des Newsgroups de la communauté Usenet.
    Cette recherche, à la croisée de l'histoire des médias, de l'histoire de l'innovation, et de l'histoire sociale et culturelle, refl ète les apports d'une approche française de l'histoire d'Internet et du Web.
    Matérialité et infrastructures, temporalités et trajectoires, espaces et territoires traversent les cinq chapitres du livre. Ils apportent des arguments au choix d'une analyse nationale d'un phénomène pourtant transnational, en s'intéressant à l'attribution des noms de domaine et à la francophonie au sein de la Toile, à la transition entre la culture Minitel et celle du Web, ou encore à la place d'un État qui passe du volontarisme et du monopole des télécommunications à la dérégulation et aux imaginaires des autoroutes puis de la société de l'information.
    Explorant les pratiques, diffi cultés, tâtonnements de la période et le tournant grand public du Web, on croise au cours de cette navigation des informaticiens, des entrepreneurs, des politiques, des passionnés de science-fi ction, des militants, autant d'acteurs qui se confrontent, débattent, co-construisent. Ils vous invitent à les suivre dans un chantier entre « cathédrale et bazar », pour reprendre Éric Raymond, dont l'exotisme mais aussi l'actualité des débats ne cessent de nous frapper. Bienvenue dans le Cyberespace des années 1990 !

  • Cet ouvrage s'intéresse à la "presse féminine noire", c'est-à-dire aux magazines qui s'adressent à des femmes partageant l'expérience sociale d'être perçues comme noires. Ces médias témoignent de l'existence de consommatrices mais aussi de lectrices en quête de reconnaissance sociale. Leurs ressources publicitaires et leurs conditions de production révèlent une "ligne de couleur" dans la presse féminine française.
    Ces magazines, qui sont également distribués en Afrique francophone et aux Antilles, s'inscrivent dans un espace transfrontalier tout en assignant leur lectorat à un "entre soi". Les ambiguïtés des représentations qu'ils véhiculent sont inhérentes à la nécessité de relier l'ici à l'ailleurs, de valoriser des singularités phénotypiques tout en se conformant aux critères hégémoniques de la beauté et de soutenir l'émancipation féminine sans être les porte-voix d'un « féminisme noir ».
    Ce livre soulève plus largement les enjeux relatifs à la reconnaissance des minorités comme productrices et réceptrices des médias dans un contexte politique marqué par un idéal universaliste qui ne reconnaît pas leur existence.

  • En l'espace de quelques décennies, l'animal sauvage est devenu un sujet médiatique à part entière, comme en atteste le développement d'un genre télévisuel bien particulier, le documentaire animalier. Accompagnant un intérêt croissant pour les animaux dans notre société, ce dernier est devenu le porte-parole de la vie sauvage, se faisant à la fois médiateur des connaissances sur la nature, mais aussi outil de sensibilisation quant à la sauvegarde de cette dernière : "On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l'on aime", disait Jacques-Yves Cousteau, faisant des émotions ressenties à l'égard des animaux un maillon essentiel du processus conduisant à la protection de ces derniers. L'empathie à l'égard de l'animal sauvage, parfois dénoncée comme une illusion empreinte d'anthropomorphisme, serait le moyen de susciter sa protection en finalité.
    Pourtant, on observe qu'en matière de sauvegarde des espèces, la proximité entre l'homme et l'animal sauvage pose problème.
    Parce qu'elle fait perdre à l'animal ses caractéristiques naturelles et parce qu'elle nuit à l'environnement nécessaire à la survie des espèces, la présence de l'homme dans la nature est progressivement devenue intrusion, appelant de plus en plus une gestion des animaux sauvages préservant la naturalité de ces derniers.
    Témoins de cette évolution, les émissions animalières de Frédéric Rossif retracent les processus par lesquels des liens légitimes entre l'homme et les animaux sauvages se sont définis entre les années 1960 et 1990. Se focalisant sur les relations tissées entre ces différents acteurs à l'écran durant cette période, ce travail interroge les critères normatifs qui président à l'établissement d'une "juste" distance avec la nature.

  • Le 22 juin 1955, pour la première fois dans l'histoire de la radiodiff usion française, une station de radio émet 24 heures sur 24 sans interruption. Il s'agit de la chaîne Paris-Inter, ancêtre de France Inter, qui lance cette nuit-là l'émission Route de nuit, un programme initialement destiné aux routiers et conducteurs automobiles afi n de les accompagner sur la route et de les aider à rester éveillés au volant. Peu à peu, d'autres types d'émissions nocturnes voient le jour sur les diff érentes stations de radio : création sonore ; émissions musicales spécialisées ;
    Interview-confessions de célébrités ; libre-antennes téléphoniques...
    Les Nuits du bout des ondes. Introduction à l'histoire de la radio nocturne en France, 1945-2013 retrace l'histoire des programmes qui ont rompu le silence des heures noires du paysage radiophonique français, des Nuits du bout du monde à Allô Macha, en passant par Le Pop Club, Les Nocturnes, Poubelle night ou encore Les Choses de la nuit.
    Allumer la radio la nuit revient à rompre le silence, à rendre palpable une présence invisible. Qu'a-t-on diff usé pendant les heures nocturnes, sur les ondes des chaînes de radio - stations nationales et périphériques, radios « pirates » puis radios libres ? Pourquoi ? En quoi la radio de nuit se distingue-t-elle de la radio de jour, tant dans le contenu de ses programmes que dans son contexte d'écoute et ses secrets de fabrication ? Ne serait-elle pas le lieu propice à la rencontre entre auditeur et animateur ? Plus qu'une simple élaboration de l'histoire des émissions, l'ouvrage décortique les conditions de production de cette radio de l'ombre et dresse les portraits des hommes et des femmes qui la fabriquent. En s'appuyant sur de nombreux entretiens avec ces professionnels de la radio de nuit - retranscrits en annexe -, ce livre constitue un objet de mémoire de la nuit radiophonique.

empty