Folies D'encre

  • Rêver, c'est aussi vivre Nouv.

    Il se nomme Charles Perlmutter, il est psychologue depuis longtemps, puisque tout lecteur peut l'avoir déjà rencontré dans Journal d'une femme adultère. Un jour, une femme, Hanna, frappe à la porte de son cabinet de Long Island City. Elle vient car elle fait des rêves très particuliers, tout à fait inhabituels. Sidérants même, ils ne sont pas dérangeants, mais fascinants tout simplement. On dirait des histoires, ou des romans, avec commencement, milieu et fin. Coincée dans un roman de Kafka, Dieu se rase devant son petit écran, Une rouquine délurée flirte avec le mari, La plaque d'Hitler, sont quelques un de ces fameux rêves qui ont éveillés la curiosité de Charles. Puis l'ont impressionnés. Petit à petit, il se laisse séduire, d'autant qu'elle avoue avoir fait l'amour avec lui, dans ses rêves, bien évidement. Dans l'univers clos du cabinet du cabinet du psychologue, se joue et se rejoue une tragédie grecque sur des airs de fantaisie que ne renierait pas Lewis Carrol.

  • Lorsque vous demandez à Alain Gluckstein de tenir quelques propos sur l'humour juif, il répondra: "Pourquoi moi ?" Il précisera qu'il n'est "pas du tout spécialiste d'humour juif, ni spécialiste de rien en particulier d'ailleurs". Il ajoutera que "l'humour n'est pas juif", que 3la seule farce de la carpe farcie est dans son nom", que "les blagues sur les Juifs ne se métabolisent pas en humour juif, juste d'être racontées par des Juifs", que chez sa Mémé, le thé se boit dans un verre de la marque Duralex, qu' "être juif ne te donne pas, a priori, le sens de l'humour", qu' "il n'existe pas de critères pour distinguer l'humour juif d'un humour qui ne le serait pas" et surtout que l'humour juif " s'improvise à l'heure où le pogromiste affûte les couteaux, qu'il y ait ou non du pogrom dans l'air, qu'il y ait ou non des couteaux, que la pierre à aiguiser soit sortie, juste c'est l'heure du pogrom, et l'heure, c'est l'heure."

  • Journal d'une femme adultère Nouv.

    Deux vieux amis se retrouvent lors d'une réunion d'anciens camarades de leur école juive où ils furent élèves ensemble. Ayant depuis peu franchi le cap de la quarantaine, Guido, photographe, et Charlie, psychologue, vont s'intéresser à la même femme mariée, la séduisante Aviva, professeur de violoncelle. À l'insu de Guido, dont elle est la maîtresse, Charlie accepte en effet la belle musicienne parmi ses patients. Cette dernière, cependant, ignore tout des liens qui unissent les deux hommes. Dans ce récit d'amour et de désir, au comique volontiers noir, Curt Leviant relate les rapports triangulaires qui s'installent, vus par chacun des trois personnages. À mesure que les complications vont croissant, les trois protagonistes doivent faire face à la jalousie et à la difficulté de garder ses secrets. Dans ce superbe roman, que l'on a le plus grand mal à poser, l'amour et le plaisir sont tour à tour trouvés et perdus et les impasses rebondissent en nouveaux départs.

  • C'est à Cassel, département du nord, 2000 habitants, plus précisement dans l'ancien hôtel de ville, transformé en musée, lors de l'exposition «La flandre et la mer», et très précisement devant l'huile sur toile «Le marché aux poissons à Anvers» qu'ils se rencontrent. Claire, jeune chercheuse au Muséum d'histoire naturelle de Paris, travaille sur des squelettes, des fantômes, des fossiles, des traces, des symboles. Mais surtout, elle est en quête d'un saumon, un saumon avec des écailles aux reflets verts comme des tuiles de nacre, le saumon de la connaissance.
    Lui se nomme Lénine Hoffner, il aime les no man's land, il est libraire (la librairie X-Fantasy, spécialisée en science-fiction), ne croit qu'aux atômes, au concret, au démontrable, aux interactions hormonales, au flux nerveux.
    Mais les histoires d'amour ne sont elles pas toujours le théatre de confrontation: Estce l'absolu rationnel, ou bien les histoires et fantasmes qui donnent chair à la vie ? L'amour n'est-il pas croyances, mystères, et non pas savoirs ?
    Au fil de l'eau, au hasard des pêches, au coin des rues, à l'oreille des mots, en soif de mythologies, à l'autre bout du monde, au froissement des corps, se dessinent le balancement de deux coeurs.

  • Ce " cahier " de recettes n'a pas qu'un but gastronomique, il est aussi une mémoire de l'écriture et du geste culinaire d'un monde perdu : le Yiddishland.
    Au cours de cette promenade sentimentale où l'humour (épicé), la générosité (assaisonnée) et le langage (savoureux) accompagnent les plats, on goûtera quelques exquises évidences : La nourriture est affaire de culture autant que d'agriculture, le coeur y a sa part autant que le corps, la cuisine, enfin, est à la fois le lieu de résistance aux intégrations et l'espace ouvert de tous les métissages.
    Dans le DVD offert avec ce livre, Mamie Goldé est aux fourneaux pour deux recettes : dans tous les documentaires culinaires, ce qui est démontré, c'est le talent du chef, condition sine qua non de l'excellence. Si, dans sa petite cuisine, Mamie Goldé cuisine un succulent Clops, elle réussit brillamment à échouer dans la confection du Leka'h. Drôle de film, où l'on voit que la cuisine n'est pas une science exacte, où le spectacle du quotidien triomphe sur la représentation des grands chefs et de leurs ateliers proprets et lisses, où un " raté " rime aussi avec humour.

  • Ghetto park

    Pierre Tartakowsky

    Dans une Pologne lestée d'un long refoulé, un historien révèle un pogrom commis par des paysans. Le débat public s'enflamme, et le Musée d'art contemporain de Cracovie lance un appel à oeuvres autour du thème de l'absence. Un jeune artiste crée une performance : un mur tapissé de broches sur lesquelles s'agitent des batteries de poulets vivants, suspendus tête en bas, se tordant dans les flammes et brûlant sans fin. Cette création, à la suite de multiples manifestations d'hostilité, est retirée de l'exposition. Sans travail, l'artiste est sollicité par un consortium américano-néo-zélandais afin de créer un parc de jeux, à Lódz : plongés dans un monde illusoire et torturé, les visiteurs y seront promus au rang de héros de la Pologne et de ses martyrs. Il est chargé de peupler cet univers, déchiré entre l'histoire des juifs et le récit national, au risque de perdre son amour autant que son identité : l'Histoire, lorsqu'on la brutalise, a des façons bien à elle de rendre les coups.

  • Le cycle des eaux Nouv.

    Le cycle des eaux

    Moacyr Scliar

    Esther, son père le mohel (homme qui circoncit les juifs), l´énigmatique Mendele, l´infâme Leiser, le passionné Rafael, le fidèle Morena, le voleur Kitten sont le peuple de ce roman qui voyage d´un petit village en Pologne à Paris, puis de Buenos Aires à Porto Alegre. Ainsi va le cycle de l´eau, qui est la fin de toute destination. Des vies de juifs errants qui finissent par converger avec ou sans leur foi, leurs histoires et rien d´autre. Mais ce roman est surtout la saga d´Esther qui, comme tant d´autres femmes (surtout polonaises) ont été amenées d´Europe par la mafia juive afin de les prostituer dans les cabarets américains.

  • En 2008, le repas dominical se terminait par un parricide symbolique de l' «exsoissantuitaraatardé» ( Mes soixantes huitres).
    En 2018, autour de la blanquette, «ça ne crie plus, ça oublie les noms d'oiseaux, et ça parle encore moins, et ça sent l'huile essen- tielle». Non, ça pianote sur le Smartphone. Mais le soixantehuitard est de moins en moins attardé, il s'est offert un Iphone, a musclé ses pouces, est devenu l'Art Tatum du smartfaune. Alors, par portables interposés, s'engage une conversation qui commence par :

    #JeSuisPapa:
    Je trouve que la blanquette, maman l'a vraiment réussie. Non?
    Macron, lui, adorerait. Et vous ?
    Et ceci n'est qu'un début, continuons le repas, les tweets , le combat.

  • Extrait.

    Cher camarade Yvon Lugovitch Godardof , si je vous écris, moi, le cinéaste que je considère comme le cinéaste qui a réussi a mettre en image la révolution d'Octobre, c'est que l'on vous considère, vous, l'auteur de Piotr le dingue, avec la sublimissime Anna Karinina et de La chinoise Hitlero- Trotskyste avec la russe blanche Wiasensky comme celui qui aurait représenté le mieux la petite révolution bourgeoise de 68 en France, c'est à dire là ou le cinéma est né. Bien sur, ce n'est pas rien, et je ne l'oublie pas. Vous avez même fait en sorte d'arrêter le festival de Cannes une année ou l'un de mes compatriotes aurait peut-être pu avoir la palme et je vous en remercie.

  • Max et les fauves

    M. Scliar

    Jeune berlinois contraint de fuir l'Allemagne pour échapper aux nazis, Max s'embarque dans un cargo en route pour le Brésil avec à son bord les pensionnaires d'un zoo.
    Max échappe in extremis au naufrage du navire en sautant dans un canot. Dans ce canot, un autre passager s'impose, inattendu et menaçant : un jaguar. Max et le jaguar vont devoir cohabiter en pleine mer. Chef d'oeuvre du " réalisme magique " sud-américain, aujourd'hui classique de la littérature brésilienne contemporaine, l'aventure de Max conduit le lecteur de Berlin jusqu'au Brésil, mais bien loin d'une tranquille épopée ensoleillée : qui sont ces fauves auxquels Max, toute sa vie, sera confonté ? Max sortira-t-il vainqueur de ce combat ? Aussi court et efficace que " Cacao " de Jorge Amado, " Max et les fauves " est un écho romanesque aux " Origines du totalitarisme " de Hannah Arendt, visité par l'imaginaire d'un Italo Calvino.

  • Le guide pratique: où bien manger, boire un verre, sortir, lire, s'amuser, se faire plaisir et respirer à Montreuil.

  • Ainsi commence l'histoire de Guédali, le centaure : moitié homme, moitié cheval.
    Elevé en secret par sa famille dans le sud du Brésil, le centaure adolescent, aussi anxieux qu'intrépide, décide de s'enfuir. Commence alors un long et dangereux périple ; il croisera, entre autres, Tita, fougueuse jeune fille centaure. Le centaure dans le jardin est le récit des aventures extraordinaires et "mythiques", de Guédali le centaure, engagé dans une bataille sans merci qu'il devra livrer, contre les autres et contre lui-même, pour réconcilier sa double nature et se rendre maître de sa liberté.
    Le National Yiddish Book Center américain, l'a inclus dans sa liste des cent meilleurs romans contemporains, au même titre que les oeuvres de Kafka, Issac Bashevis Singer et Saut Bellow. Bernard Pivot le considère, dans sa "bibliothèque idéale", comme l'un des cinquante plus grands récits de la littérature lusophone.

  • Dans une bourgade juive perdue - comme souvent -, Benjamin (dont le père, tailleur, espère que son fils deviendra rabbin) découvre, grâce à son ami lossi, les oeuvres de Marx, d'Engels et de Trotsky. Ils fondent une cellule révolutionnaire... Un jour, lossi disparait. Lorsqu'il revient, il avoue, à Benjamin, avoir rencontré Trotsky et ce dernier lui a confié une mission. lossi malade, c'est Benjamin qui part "en mission", avec un peu d'argent, un billet de train, quelques consignes, des documents d'identité et une enveloppe.
    Et dans l'enveloppe, est mentionné le nom de l'homme qu'il faut rencontrer, un écrivain, ce dernier doit lui donner un texte, un message codé... Benjamin, dit le Raton, qui n'a jamais quitté son village, entame ce voyage aux moult péripéties. Arrivé à Prague, il s'aperçoit, désespéré, qu'il a perdu l'enveloppe. Il part alors à la recherche d'un écrivain dont il ne connait même pas le nom...

  • Elle est petite, parfois moins petite, raconte son nez en forme de crochet (hérité des générations précé- dentes, mais impossible d'employer un adjectif qualificatif peut-être plus approprié), la moustache de son père, que sa mère est rigolote (mais pas toujours), que sont frère est un crétin (dixit sa mère), que sa mère ne sourit pas sur la photo de son mariage, mais le futur mari puait le bouc (celui à la mous- tache), que Pépère et Mémère disent «sales juifs», que son père lui offre «Mauss», qu'elle découvre comment on fait les bébés et le Shabbat complet, que le kibboutz est le paradis, que ses pieds sont car- rés, qu'elle n'a pas de seins (une vrai planche à pain), mais que l'année suivante, deux montgolfières la précèdent constamment, que les garçons l'ignorent, puis ne parlent qu'à ses seins, que les hommes étudient et les femmes..., que sa mère (la rigolote, mais pas toujours) exige la laïcité en colonie de vacances, surtout si les religieux y emmènent une cuisine casher complète...

  • Tout a été dit sur ces premières grandes barres d'immeuble...
    Tout, sauf le quoti dien désespéré d'un jeune, qui liquéfi e sa vie, coincé entre l'ennui, l'alcool, la désolati on et la vacuité.
    Thierry Maricourt fut son voisin de classe, et ces évènements sont ancrés défi niti vement dans sa profonde inti mité: ce roman est un hommage, un constat, mais aussi une colère, la percussion d'une tempête...
    Un polar, une fi cti on réaliste.
    Le roman d'une indignati on.

  • Fondateur du mouvement Tupamaros, Mauricio Rosencof a passé onze années dans les geôles de la dictature uruguayenne. De 1972 à 1983, il est incarcéré dans une cellule d'un mètre sur deux, totalement nue, éclairée nuit et jour par une lumière électrique. Il est interdit de prononcer le moindre mot. Les militaires ne peuvent pas, cependant, empêcher tout homme de penser. Les lettres qui ne sont jamais arrivées est une victoire de l'esprit et de l'espoir, de la parole, des mots, de l'humour, de la mémoire: mémoire du quartier, de la maison où l'on a vécu, mémoire de la famille, souvenirs des cailloux lancés au passage du tramway et de Tarzan sur la plage, mémoire d'un trottoir ensoleillé, de l'enfance, mémoire de l'homme, de tous les hommes. Mais Les lettres qui ne sont jamais arrivées est surtout le roman d'un engagement - engagement pour la vie - qui ne peut laisser indifférent. Mauricio Rosencof est l'un des écrivains majeurs du continent latino-américain. Publié aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Suède et en Finlande, Les lettres qui ne sont jamais arrivées est son premier roman traduit en français.

  • Balut

    Rabon I/Ertel

    " Balut, roman d'un faubourg " est le récit halluciné de la misère, dans les rues, les maisons, les usines, où réalisme et grotesque, rêve et quotidien s'entremêlent.
    Yossel, un adolescent, déambule parmi les silhouettes de ce cirque, celui du dénuement Hershl Boutchik qui boit et baise ses sept fiancées, Noté le vendeur d'illusions avec son cinématographe, des putains et les épouses, des veuves et des mères réduites à si peu, la police et sa violence, Elié le propriétaire, l'avocat écrivain public, les fils absents, Yankel le dur, les parents morts et la petite soeur Mirelé.
    "Tenter de vivre", voilà ce qui fonde ce roman expressionniste, à l'image d'un tableau de Münch, une ode à la ville comme chez William Irish, un récit de l'enfance misérable et macabre à la manière d'un Dickens.

  • Deux jeunes enfants décident de partir à la recherche de leur père, en suivant la ligne de chemin de fer : ' pour marcher sur un rail, tu dois maîtriser deux choses essentielles : l'équilibre et la concentration. Découle de cette maîtrise une tension permanente, et Mano avait noté, avec son bon sens habituel, qu'elle présentait l'avantage de ne pas être distrait par le paysage. ' Le plus jeune des deux frères est le narrateur et voue à son aîné, Mano, une admiration sans bornes. Suivra-t-il son frère jusqu'au bout ? Empruntera-t-il un ' détour ' ? Recherche de quel père ? Vers quelle destination conduisent les rails ? Ce texte saisissant, ce road movie et manifeste social est surtout un roman d'apprentissage. Il s'en dégage une force d'envoûtement étrange, du réalisme magique, mais un réalisme magique dans les pas des Dickens et London, sur l'éternelle révélation douloureuse de ce que signifie naître au monde.

  • Les bouffons du roi

    Avigdor Dagan


    les bouffons du roi, ce sont quatre prisonniers juifs désignés par le tout-puissant chef du camp, le major kohl, pour son bon plaisir et celui de ses convives.
    avec un nain-acrobate, un jongleur, un diseur de bonne aventure et un bossu médium, le camp a aussi son cirque. ces clowns tristes, hochets aux mains des bourreaux, exécutent une danse macabre à la manière d'une toile de jérôme bosch. survivants, les héros de dagan ont perdu tout idéal. mais ces sinistres saltimbanques quitteront leurs funèbres costumes pour triompher du cauchemar. renaître de ses cendres, tel est le défi de ces bouffons.


  • La sentence

    Rose Meller

    En 1932 à Vienne, Rose Meller a déclaré, à la police, avoir été victime d'un attentat commis par un jeune nazi. Pourtant, cette sombre histoire lui vaudra trois mois de prison, accusée de diffamation et de fausses déclarations devant l'autorité publique : il ne fait pas bon d'être femme, écrivains, féministe et juive lorsque Vienne se languit d'Hitler. La sentence, écrit après la guerre, s'inspire assurément de ces éléments autobiographiques : un avocat du parti socialiste autrichien doit défendre un Viennois dans une affaire qui semble banale.
    Mais c'est sans compter avec la soif de justice de l'accusé, la raideur du juge, la beauté du procureur, c'est sans compter que le jour du procès, Hitler entre triomphalement à Vienne. L'avocat fuit, traverse la France, débarque aux Etats - Unis. Mais ce procès, qui lui semblait si insignifiant, va donner un sens profond à sa vie. La sentence est un roman bouleversant, à l'instar des bouleversements d'une époque, il conte et raconte ce qu'est une justice en fuite, la fragilité et la force des êtres, le prix du désir de vivre.

  • "Jazz" est dédié au jazz, tout simplement: "Ben Webster longe un canal dans le centre d'Amsterdam.
    Son bitos noir est planté sur son crâne, son gros cul déborde de son pantalon et sa moustache est malicieuse. Il est à pied, bien entendu. Le temps est assez doux sur Amsterdam et Ben sifflote Soulville, le morceau enregistré avec Herb Ellis sur l'album éponyme. Ben est bien fatigué et il contemple, l'oeil intéressé, les jeunes hollandaises qui dévalent les quais sur leurs vélos noirs. Dans trois jours il a rencard avec Teddy Wilson pour enregistrer un live dans un club de Stockholm.
    Mais pour l'heure, le musicien s'arrête devant un café réservé aux fumeurs de hash. Il n'en revient pas, Ben, c'est peut-être pour ça qu'il ne parvient pas à rentrer à Kansas City . Ici, c'est plus cool et les gens qui le regardent dans la rue ne voient pas un nègre comme aux states. Ils voient un mec replet à la bouche d'enfant et c'est marre.

  • "Les lions sont morts !" criait un soldat enivré, désormais nous serons heureux ! Lorsqu'ils se virent bientôt maîtres de la Nature, les hommes crurent approcher d'un avenir radieux. Puis ce fut le XXe siècle et il s'avéra que les choses pourraient ne pas être si simples...

  • Le Bom Fim de Joël et sa bande est un pays imaginaire, celui de Kafka et de Marc Chagall, des super-héros de BD ou encore, celui d'une jument qui rêve de centaures. Bom Fim, c'est aussi le quartier de I'enfance, dans la ville de porto Alegre, un stletl en plein Brésil, où le quotidien traditionnel des habitants est sans cesse menacé : tout d'abord par la guerre et l'ennemi nazi, puis par le 'progrès' et l'inévitable assimilation dans l'immense creuset brésilien. Insolites, drôles et sarcastiques, les récits de Moacyr Scliar tissait un univers onirique, carnavalesque et tragique.

  • El Bataraz

    Mauricio Rosencof

    Uruguay, années 1970. Un prisonnier politique incarcéré par les militaires, hérite d'un compagnon de cellule, el bataraz, un coq réputé pour son aptitude au combat... Enfermés dans un cachot de deux mètres sur un mètre, éclairés jour et nuit par une ampoule, observés en permanence à travers un judas, l'homme et l'animal tentent de cohabiter et de survivre à une succession de chocs planifiés par les militaires. L'instinct et la volonté de survivre se raccrochent à tous les possibles : des parties d'échecs et de morpion avec deux "fantômes", recevoir un prix Nobel, creuser un tunnel avec une cuillère à café, parler tango, des femmes et de Carlos Gardel. Progressivement, c'est un étrange et dangereux transfert de personnalités qui s'opère entre le prisonnier et Tito, fier d'être coq... plus vraiment animal. "Vivre, c'est le plus dur", affirme le prisonnier. "La vie est un combat", rétorque el bataraz.

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