De Boeck Superieur

  • "Souvent considéré comme une activité criminelle, le piratage des contenus audiovisuels représente également, pour des millions de consommateurs des pays du Sud ou de l'Est, un moyen majeur d'accéder aux produits des industries culturelles.

    Pour cerner la complexité du phénomène, les différents auteurs de cet ouvrage collectif ont mené leurs enquêtes dans différents pays du Sud et de l'Europe de l'Est comme la Tunisie, le Maroc, le Mali, la Côte d'Ivoire, mais aussi la Colombie, la Corée du Sud, la Russie ou la Grèce.

    Analysant les stratégies de lutte contre le piratage menées par les groupes de communication globaux, évaluant les politiques des autorités nationales, décortiquant les usages que font les populations des produits audiovisuels contrefaits, les voies par lesquelles ceux-ci circulent, s'intéressant à ceux qui font le commerce de ces produits ainsi qu'aux mutations engendrées par internet dans ce domaine, les études rassemblées offrent une somme inédite de connaissances sur la question.

    Au travers de ces enquêtes sur le piratage, ce sont quelques-uns des chemins plus ou moins souterrains par lesquels opère la mondialisation culturelle - qui jouent un rôle aussi décisif que méconnu dans l'approvisionnement en sons ou en images des populations - qui sont éclairés."

  • En Autriche, en Allemagne, le « Hörspiel » est considéré comme un genre, un art à part entière. En France, c'est une forme méconnue. Injuste silence. Cet ouvrage propose une étude des pièces radiophoniques de trois auteurs majeurs : J. Tardieu, S. Beckett, et H. Pinter. Il offre un regard nouveau sur ces trois dramaturges. Dans un même mouvement, il se lance à la découverte d'un genre onirique, ouvert à la modernité, à ses bouleversements, son cheminement vers l'abstraction.

    L'époque choisie, les années 1950-1960, est celle d'une double effervescence. Au théâtre et à la radio. C'est le temps de nombreuses explorations ; les pièces étudiées figurent parmi les exemples les plus réussis de cette élaboration de nouvelles formes littéraires. Le corpus franco-anglais permet une approche plus complète du genre dont nous avons dit la rareté en France. Il concentre la recherche autour de deux structures fondatrices : L'O.R.T.F. (aujourd'hui France-Culture) et la B.B.C., à un moment où elles construisaient leur identité.

    Comment crée-t-on une dramatique radio, du crayon jusqu'à l'oreille ? Comment entendre ? Comment voir ?L'auteure a voulu une approche originale, préférant un regard poétique à des considérations théoriques. Son style est simple, accessible. Elle se concentre sur la sensation de l'auditeur, sur l'écriture, sur les effets produits par un théâtre dérobé à la scène. Sa recherche s'effectue en trois temps. Elle s'applique à décrire le paysage radiophonique dans lequel sont nées les pièces. Puis, elle se consacre à leur dramaturgie si particulière : la mise en ondes, le jeu radiophonique, le temps, les voix, les jeux de parole. Enfin, elle rattache cette esthétique à un élan moderne, tourné vers l'indéterminé.

  • Comme média de masse, la télévision est l'un des vecteurs privilégiés des imaginaires. Quand la fiction télévisuelle s'empare du Siècle des Lumières, quelles représentations des savoirs, croyances et valeurs de l'époque de Voltaire et de l'Encyclopédie nous propose-t-elle ?



    Cet ouvrage s'interroge sur la médiation par l'image télévisuelle d'une période de notre histoire qui, plus que toute autre peut-être, s'inscrit fortement dans la conscience collective nationale. Depuis plus de 50 ans, les dramatiques, les téléfilms historiques, les docufictions, les feuilletons et les séries de la télévision française invitent le téléspectateur dans les salons et les alcôves du siècle de la philosophie et du plaisir. L'important n'est pas tant de vérifier si ces représentations sont historiquement justes que de s'interroger sur la manière singulière dont se met en place une culture commune.



    Les auteurs de cet ouvrage mobilisent ici les ressources des sciences de l'information et de la communication, de l'histoire, de la sociologie et des études littéraires qu'ils mettent au service d'une commune volonté de décrypter ce qui, dans les images que nous nous forgeons du passé, nous permet de mieux vivre ensemble.

  • Le conflit israélo-palestinien a, de longue date, préoccupé les médias et fait l'objet d'une exportation symbolique en mots et en images. Ces médias ont été pris à partie, jugés et critiqués de toute part. Les passions n'ont jamais été aussi vives que depuis 10 ans, après l'échec du processus d'Oslo et l'explosion de la seconde Intifada.

    Pourquoi le conflit international le plus couvert est-il aussi celui qui suscite les plus grandes insatisfactions? A rebours des critiques qui s'en prennent d'abord à des médiateurs toujours jugés partisans - proisraéliens ou propalestiniens -, cette analyse part des usagers et de leurs rapports avec les médias. Dans ces nations fragilisées, publics «identitaires» (juifs, arabes, musulmans) et publics militants se passionnent pour les images d'un conflit qui leur parle moins du Proche-Orient que d'eux-mêmes et de leur place dans la société.

    L'approche de l'auteur permet de renouveler la critique des médias qu'il faut envisager non seulement comme informateurs, mais aussi comme vecteurs d'identité face à des publics incertains et instables. Au-delà de l'étude de cas, cet ouvrage propose une réflexion sur un monde médiatique transformé. Historiens, journalistes, chercheurs y trouveront matière à un renouvellement de leur regard sur les médias et sur le conflit israélo-palestinien.

  • Les rhétoriques télévisuelles opèrent comme un outil efficace dans la captation des publics en oeuvrant à la sédimentation de ces images-mondes que propose le média, orientées soit vers le réel, le spectacle ou bien la fiction.
    La malléabilité des différentes formules de programmes encourage l'irréductible liberté que s'octroient les publics dans leurs usages. Ces traits structurels remettent en question les notions convenues d'oeuvre, d'auteur et de public, mais aussi de genre et de style puisqu'ils réduisent ces productions culturelles à leur seule dimension pragmatique de consommation éphémère par des audiences qui n'ont pas à acquitter de droit d'entrée pour voir et pour participer au spectacle, quitte à le déserter à leur convenance.
    De telles modalités de consommation les éloignent manifestement de celles qui régissent d'autres productions culturelles et surtout des critères sanctionnant les oeuvres consacrées de la culture et des savoirs académiques. On perçoit bien alors que ce que délivre un programme de télévision ce n'est pas tant un système de significations fermé et autoréférentiel que sa mise en résonance avec un processus actif de partage d'affects, de connaissances ou d'expérience.
    Cette liberté et la volatilité du téléspectateur ont poussé, au fil du temps, les producteurs et les programmateurs à en tirer toutes les conséquences et à transformer ainsi le petit écran en un lieu de passage de plus en plus fréquenté par ses destinataires (talk-shows, reality-shows, téléréalité, etc.). A tel point que les trajectoires virtuelles de ce citoyen cathodique qu'a inventé la télévision interfèrent de plus en plus avec le destin quotidien de son alter ego de l'espace public.

  • La déclaration de politique générale d'un Premier ministre est un exercice rituel, prévu par l'article 49 de la Constitution de la Ve République, qui rythme la vie politique et médiatique française et fait l'objet d'attentes, de prévisions, d'analyses et de commentaires.
    C'est une occasion unique pour un gouvernement d'exposer son analyse de la situation du pays, ses intentions d'action et les valeurs qui la sous-tendent.
    Si chacune de ces déclarations est tenue par un Premier ministre particulier, avec son histoire et sa personnalité, elle est aussi prononcée pour un auditoire et dans un certain contexte social et politique. Comment, simultanément, s'adresser à la nation tout entière, répondre aux attentes d'un électorat particulier, fédérer la majorité et marquer sa différence de l'opposition ? Comment développer à la fois un bilan, forcément positif, et des projets, forcément optimistes ? Comment conjuguer les faits objectifs, qui président à l'analyse de la situation du pays, et les valeurs essentielles, qui fondent l'argumentation idéologique et sa mise en projets ? Toutes ces exigences pèsent sur le choix des mots et des formules.
    En utilisant des méthodes issues de la statistique textuelle et de l'analyse automatique des contenus, on met en évidence des effets de langage qui marquent des moments et des situations politiques. Pour autant, l'ouvrage présent ne s'attarde pas sur ces méthodes, parfois complexes, et aucune connaissance particulière n'est requise pour le lire.

  • A la différence du football, le rugby est un sport doté d'une forte culture identitaire.
    Il a connu depuis une dizaine d'années de profondes transformations : la professionnalisation, la mondialisation du recrutement des joueurs, la spectacularisation du jeu, au point que certains évoquent la traversée d'une " crise d'identité ". Le " peuple du rugby " apparaît un peu désorienté devant l'apparition de nouveaux publics attirés par l'éthique et les rituels de " bonne vie " de ce sport, conduit de fait à une redéfinition des limites et des systèmes de valeurs de sa communauté traditionnelle.
    Quel rôle ont joué les médias dans ces mutations ? Quelle est, dans ce processus, la part respective des différents supports médiatiques (radio, télévision, presse hebdomadaire et mensuelle...) ? Quelles images et quels imaginaires ont-ils contribué à construire ? Sont-ils en train de remettre en question la pratique, les valeurs et la mémoire collective de ce sport spécifique et, au-delà, de tous les sports soumis à la loi du spectacle ? Cet ouvrage démontre que les mutations des pratiques sportives ne peuvent être pensées indépendamment des processus médiatiques et que les discours et les dispositifs engendrés par ceux-ci constituent de puissants révélateurs de ces changements.
    Associant des chercheurs de sciences sociales et humaines (linguistes, sémiologues, sociologues, anthropologues et spécialistes des sciences de l'information et de la communication), il confirme que la médiatisation du sport est devenue un objet d'étude d'autant plus légitime qu'elle fait émerger le social et le culturel dans toute leur complexité.


  • depuis les découvertes scientifiques relatives au patrimoine génétique de l'homme, les grands médias d'information se sont emparés de ces questions qui, autrefois, n'apparaissaient que dans des revues dites de vulgarisation scientifique, à vocation éducative et citoyenne.
    ii ne s'agit donc plus de "vulgarisation" à proprement parler, mais de "médiatisation" de la science, et le discours s'en ressent. cet ouvrage, résultat du travail de recherche d'une équipe de chercheurs spécialistes du discours médiatique, explore ce type de discours en essayant d'en définir la spécificité. ii montre comment les médias télévisés et écrits mettent en scène les questions du clonage et des manipulations génétiques.
    exposant sa méthodologie et ses résultats, il met en évidence la façon dont le débat social fait se rencontrer des prises de position morales. réalisé sous la direction de patrick charaudeau avec les contributions de anne croll, manuel fernandez, anne kalinic, guy lochard et jean-claude soulages, cet ouvrage est destiné aux étudiants, enseignants et chercheurs en journalisme et communication, mais également aux sociologues et au grand public cultivé.


  • Après un très net déclin à la fin des années 1990, l'histoire est revenue au premier plan grâce à des genres qui mélangent les formes de la fiction et des éléments documentaires affirmés. Des docufictions comme L'Odyssée de l'espèce (45 millions de téléspectaeurs dans le monde) mais aussi des docudramas de facture classique sur des faits divers relativement récents comme L'Affaire Dominici ou des fictions du réel tel L'Affaire Villemin ou L'embrasement sur les émeutes de novembre 2005, ont profondément modifié ce qu'était traditionnellement l'histoire télévisée.

    Ces émissions ne cessent d'affirmer leur caractère documentaire mais en réalité elles ne sont que des "propositions" très subjectives, des genres hybrides qui mélangent le vrai et l'inventé. La méfiance à l'égard de l'image et la crise de l'histoire ne sont-elles pas conjuguées pour installer le scepticisme dans lequel se sont glissé ces "faux en histoire"oe

    Cet ouvrage se destine aux étudiants et chercheurs en journalisme, en communication, en histoire, en esthétique, en philosophie et en cinéma ainsi qu'au grand public cultivé.

  • "Et si la justice n'était qu'une affaire de mots ? Et si l'effroi du crime ne pouvait être apaisé qu'à force de « rhétorique », spécialité de mercenaires de la parole, de bavards en robe noire ?

    Pour aborder la question, la rhétorique classique fournit les outils nécessaires et fait de la pratique oratoire contemporaine un nouveau champ d'investigation. De la réalité des cours d'assises françaises à ses représentations télévisuelles se nouent et se réactivent les antiques théories sur la parole et ses possibles, sur l'idéal de vérité, sur la valeur du témoignage, de l'expertise, de la science.

    Au-delà de ce seul questionnement sur l'efficience et la prégnance de la parole sur l'âme et la conscience du citoyen-juré, c'est à une réflexion sur la construction de la mémoire judiciaire française que mène la quête des mots volants prononcés dans les cours. Insaisissables, prisonniers de son oralité et condamnés au vague souvenir, plaidoiries et réquisitoires ne se donnent à entendre que par l'intermédiaire d'une archéologie oratoire prenant en compte leurs conditions de conservation et leurs multiples matérialisations et médiatisations. Cet ouvrage pose les jalons d'un tel parcours, assumant le silence, le parcellaire et le fragmentaire de l'éloquence judiciaire, revendiquant ses métamorphoses génériques comme significative de ce que parler veut encore dire aujourd'hui."

  • Qu'on les nomme correspondants étrangers, correspondants de guerre, envoyés spéciaux ou grands reporters, ce livre donne la parole à trois générations de journalistes qui ont couvert l'étranger pour le compte de l'Agence France-Presse.
    Le modèle journalistique de l'AFP étant une référence dans le métier, la production de ses journalistes - notamment à l'étranger où l'AFP dispose d'un large réseau de couverture - mérite une attention toute particulière, d'autant que l'agence reste aujourd'hui encore l'un des principaux pourvoyeurs d'information pour de nombreux médias. Guerre du Vietnam, guerre d'Algérie, coups d'états en Amérique latine, chute du mur de Berlin, attaque du World Trade Center, conflit israélo-palestinien.
    Ces journalistes ont vécu et raconté sans relâche les grands événements des XXe et XXIe siècles sous le couvert de l'anonymat, l'une des règles de l'AFP. A travers leurs témoignages, l'ouvrage propose une analyse du processus global de transformation du journalisme et de la nature de ces évolutions de 1945 à nos jours en se fondant sur le concept de configuration développé par le sociologue Norbert Elias.
    L'auteure examine successivement la modification du contexte de production de l'information avec la transformation des techniques de communication, de l'entreprise de presse, de ses clients et l'apparition de nouveaux acteurs médiatiques. Elle présente ensuite l'évolution de l'identité professionnelle et personnelle des journalistes. Enfin, elle analyse les transformations du concept d'information à travers l'évolution des formats et des contenus et celle du modèle journalistique.

  • Le bonheur est devenu la norme. C'est en tout cas ce que la télévision et la presse people voudraient faire croire à leur public, fortes du pouvoir qu'elles prétendent avoir auprès de lui pour l'aider à y accéder. Un public bien souvent non conscient de se trouver au coeur des stratégies de ces "marchands de bonheur".

    C'est à partir de ce concept de bonheur que l'ouvrage aborde la question de l'analyse du discours médiatique : de quel bonheur s'agit-il? Quels sont les objectifs de ces discours sur le bonheur? De ce point de vue, comment les chaînes de télévision et les magazines people se distinguent-ils les uns des autres? Est-ce ainsi l'identité elle-même du média qui est en jeu ?

    Des journaux télévisés aux programmes de divertissement, de la télé-réalité aux émissions de coaching, les stratégies de discours des médias - à l'origine télévisuelles, désormais adoptées par la presse people également - sont passées au crible d'une analyse qui permet de décrypter autrement la société actuelle.

  • A la télévision, le reporter d'actualité rapporte des documents, les réduit, les commente, mais se dispense le plus souvent d'une familiarité longue ou directe avec les phénomènes qu'il traite.
    Comment accède-t-il à ses informations et quels procédés utilise-t-il pour en donner une interprétation ? comment parvient-il à concilier les difficultés du travail concret (réaliser rapidement un reportage) et la définition officielle de ce travail (" informer le public de l'actualité ") ?
    En mêlant les approches ethnographique et historique, cet ouvrage présente le journal télévisé comme une machine qui a progressivement offert des solutions organisationnelles et rhétoriques à ces problèmes.
    Par leurs pratiques communes, les journalistes font de la réalité un domaine collectivement appréciable qu'ils peuvent traiter de manière suffisamment abstraite, objective et crédible.
    Mais chaque catégorie d'intervenants (source, éditeur, rédacteur, cameraman ou monteur notamment) a une perspective et des moyens d'action différents. un reportage dépend d'une série de dispositifs de fabrication et d'une coordination entre divers intérêts et savoir-faire.
    On tente donc ici de décrire l'organisation des coulisses, les évolutions qu'elle a subies et son influence sur le contenu visible du reportage. on éclaire aussi la zone d'ombre et de tensions qui entoure l'articulation entre le travail quotidien et l'entretien de son image auprès du public.

  • Séries, feuilletons, JT, documentaires, jeux, magazines, dessins animés...
    La télévision d'aujourd'hui se caractérise par la diffusion à flux continu et indifférencié de ses programmes. Au fil de son évolution, le média, devenu objet du quotidien, a multiplié les genres et les a mélangés. La fiction côtoie désormais sans complexe la réalité. Et inversement. Sans viser à dessiner une frontière nette entre les deux systèmes télévisuels, cet ouvrage, conçu à la manière d'un manuel pratique, donne les moyens de reconnaître les lieux où se construisent les effets de réalité des émissions de télévision.
    A partir de l'analyse sémio-pragmatique qui évalue les relations du texte filmique au lecteur par l'étude de marques que celui-ci dispose dans le texte, la méthode proposée repère au travers de l'ensemble de la matière d'expression, décomposée en quatre niveaux d'étude (scénographie, filmographie, tournage, montage), la manière dont le spectateur peut - ou ne peut pas - construire les rapports de ce qu'il voit - et entend - à la réalité.
    Une méthode qui, débordant les définitions de l'objet et les évaluations de contenu, tient compte de la façon dont celui qui énonce le message construit, établit sa responsabilité énonciative. Ce qui permet de repérer dans les discours télévisuels non pas les mensonges ou les tromperies, mais les stratégies discursives qui témoignent - ou non - d'une volonté de faire, de dire, de rendre le vrai. Une question d'autant plus importante qu'en certaines matières télévisuelles, dont l'histoire, la réalité du discours renvoie au devoir de dire vrai.
    Cet ouvrage intéressera tout particulièrement les professeurs et étudiants en journalisme et communication sociale ainsi que les professionnels des médias.

  • Hommage et rejet, rivalité et émulation : le cinéma et les médias informatisés entretiennent depuis la fin des années 1990 une relation d'un type particulier. A l'intersection du cinéma et du numérique, au-delà des films de fiction traditionnels, mais en deçà du territoire des jeux vidéo, il existe en effet des objets filmiques singuliers, résultant de l'hybridation entre les techniques de représentation et de narration cinématographique et les pratiques de création numérique. Des expériences entre utopie et projet, témoignant des évolutions formelles produites par la rencontre improbable entre narration cinématographique et interactivité.

    Tout en s'inscrivant dans la tradition du cinéma (jeu des comédiens, mise en scène, prise de vue et de son, montage...), ces films sont en même temps actables : ils doivent compter, pour exister, sur l'intervention symbolique aussi bien que physique du spectateur.

    En plaçant le film actable au centre de la réflexion, cette étude constitue une invitation à penser le devenir du cinéma et de la fiction audiovisuelle autrement, par-delà le modèle des jeux vidéo ou des installations d'art contemporain. Refusant bon nombre de poncifs autour du film interactif, l'auteur démontre à quel point l'interactivité, tout en provoquant des ruptures irréversibles, constitue le point de contact - l'interface - entre cinéma et médias informatisés.

    Cette étude s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en cinéma et en sciences de l'information et de la communication, ainsi qu'aux scénaristes et aux producteurs de fictions (numériques ou pas).

  • En 1953, la première émission de télévision consacrée à l'actualité littéraire s'impose : c'est Lectures pour tous.
    Pendant 15 ans, Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, accompagnés de Max-Pol Fouchet, Nicole Vedrès et de Jean Prat réalisent un tour de force : parler de littérature sur le petit écran, faire place aux écrivains, à leurs paroles, à leurs textes et même à leurs silences. Avec très peu de moyens, dans une télévision encore expérimentale et méconnue, cette petite équipe de lecteurs passionnés parvient à imposer Lectures pour tous comme le rendez-vous du mercredi soir, qui réunit des téléspectateurs de plus en plus nombreux et des écrivains, Mauriac, Aragon, Céline, Duras, Borges ou Nabokov pour ne citer que quelques-uns des 1386 auteurs invités, des plus illustres aux plus improbables.
    Était-ce le temps béni de l'audiovisuel et de la littérature? Une émission dégagée des pesanteurs et des pressions commerciales ? Une époque où la littérature avait encore sa place à la télévision ? Cette monographie de Lectures pour tous répond à ces questions grâce à l'analyse des émissions et à de nombreux entretiens avec des témoins. Elle fait revivre l'émission culte de Desgraupes et Dumayet.

  • Les archives audiovisuelles sont de précieuses sources pour écrire l'histoire.
    Non pas tant celle du fait migratoire mais plutôt l'histoire du rapport de la France à ses immigrés. C'est la puissance de restitution du regard français sur l'immigration, sur les conceptions de l'intégration et de l'identité nationale, que l'immersion dans la mémoire du petit écran nous permet de découvrir. Cette immersion nous renseigne également sur la télévision et sur l'absence de volonté de la part de ses dirigeants successifs de mettre en oeuvre une politique d'information sur les populations étrangères vivant en France, quand bien même cette mission est inscrite dans, le cahier des charges des chaînes publiques.
    Du coup, la présence des immigrés à l'écran est une présente par effraction, résultant essentiellement de la démarche volontariste d'auteurs, animés par le désir d'accorder un droit de parole à ceux qui n'en ont pas.

  • Au cours des vingt dernières années, l'information et la communication ont donné lieu à de nombreuses publications où cependant dominent les essais, les coups de force théoriques, les anticipations, les descriptions technologiques ou les témoignages.
    C'est d'autant plus surprenant que, dans le même temps, les sciences de l'information et de la communication sont loin d'être restées inactives, leur productivité et leur pertinence commencent à être reconnues, et elles ont acquis progressivement une légitimité certaine, gênante pour les disciplines en place. Au-delà des travaux portant sur les médias, sur les techniques de l'information et de la communication, ou sur les différents champs où la communication se déploie, est-il possible de développer une analyse argumentée de l'information - communication qui ne cède pas devant les risques de généralisations abusives ou de prophéties rarement vérifiées ? L'auteur qui se refuse toujours à envisager la perspective d'une théorie générale, fonde son approche autour de quatre dimensions : la relation information - communication; l'identification de logiques sociales de la communication ; la référence à une théorie de l'action qui donne toute sa place à l'action communicationnelle ; et un plaidoyer pour l'interdisciplinarité.
    Les contributions qui composent l'ouvrage sont constituées à la fois d'articles déjà publiés (souvent dans des langues autres que le français) qui ont donné lieu à des modifications substantielles, et d'inédits.

  • Cet ouvrage décrit la mise en place progressive et l'évolution des programmes de fiction à la Télévision française depuis ses débuts balbutiants jusqu'à la seconde moitié des années soixante, période au cours de laquelle s'est imposé un modèle de télévision caractérisé par un projet culturel ambitieux qui devait laisser des traces durables.
    La thèse développée ici est que ce projet de démocratisation de la culture, exemplairement illustré par la diffusion de " dramatiques " adaptées d'oeuvres du patrimoine théâtral et littéraire, a jusqu'à présent largement occulté une autre dimension essentielle de la télévision des deux premières décennies : son ambition artistique. La première partie de l'ouvrage montre comment a été comprise et pensée - par les responsables institutionnels, les réalisateurs, les critiques - la vocation artistique de la télévision naissante.
    La seconde partie, fondée sur l'exploration des archives conservées à l'Inathèque de France, s'attache à dégager les traits caractéristiques de ce qu'on peut appeler, dans la période étudiée, l'art de la télévision. L'analyse d'un choix d'émissions conduit à isoler quatre démarches de création distinctes correspondant chacune à une définition possible de la télévision : comme art du direct, art de studio, art de l'adresse ou encore art de la réalité.

  • A l'heure de la mondialisation des médias, la question de l'homogénéisation des cultures est au coeur de l'actualité.
    Les chercheurs nuancent aujourd'hui la thèse du village global et lui préfèrent celle de la différenciation des situations à l'échelle locale. Malgré la notoriété récente de Bollywood, le cas indien reste mal connu en France. Comment la télévision indienne adapte-t-elle le système médiatique mondialisé à son contexte local ? Comment protège-t-elle son marché national tout en s'exportant hors de ses frontières ? Fruit d'un travail de recherche effectué à Delhi, à Bombay et au Rajasthan, l'ouvrage répond à ces questions et nous fait découvrir comment depuis les années 1990, la télévision indienne intègre des modes de fonctionnement et des programmes venus d'ailleurs, afin d'innover en matière audiovisuelle (indianisation et hybridation) et de créer un véritable modèle d'appropriation culturelle, tout en jouant un rôle sur la scène internationale.

  • "Le discours d'information est la base de la démocratie. Il permet que s'établisse dans les sociétés le lien social sans lequel il n'y aurait point de sentiment d'appartenance identitaire.

    Les médias sont partie prenante de cette pratique sociale, mais de façon organisée, s'instituant en entreprise à fabriquer de l'information à travers ce que l'on peut appeler une « machine médiatique ». C'est la description de cette machine médiatique qui fait l'objet de ce livre : quelles sont ses contraintes ; quels sont les genres qu'elle utilise ; quelles sont les stratégies qu'elle permet de mettre en oeuvre ; quelles sont ses dérives.

    Étant donné la place centrale que cette machine occupe dans le fonctionnement d'une société, elle ne peut échapper à une interrogation sur ce que doit être son éthique. Aussi, sans vouloir clouer au pilori les instances responsables des organes d'information, cet ouvrage met-il en lumière les contradictions de certaines pratiques médiatiques et les manquements aux règles souhaitables d'une information qui permette aux citoyens de « bien vivre ensemble »."

  • Comment analyser un site internet ? Quelle méthodologie adopter face un site commercial, d'entreprise, de jeu, d'association, de collectivité ? Quelles logiques sociologiques, médiatiques, territoriales et politiques traversent les portails, les blogs personnels ou les sites municipaux ?

    Malgré l'importance grandissante du web dans la communication professionnelle et la vie quotidienne, les outils, les méthodes, les concepts disponibles ne sont pas toujours adaptés. Cet ouvrage montre d'abord comment réaliser des analyses sociologiques, hypertextuelles, sociosémiotiques adaptées aux pages d'accueil, à l'arborescence, à l'interactivité et aux contenus fragmentés des sites. Il explique ensuite comment redoubler ces analyses directes d'examens critiques des chiffres statistiques et des discours tenus sur le web dans la presse Nourri de données diverses - analyses de contenus, entretiens approfondis, enquêtes statistiques -, l'auteur reprend des thèmes jugés fondamentaux à la compréhension du web depuis 15 ans : blogs, cyberdémocratie, gestion de la communication d'entreprise sur le web, stratégies des portails grands publics, casinos en ligne, sociologie des internautes, etc.

    Ce livre s'adresse aux professionnels du multimédia et de la communication soucieux d'expertise, aux étudiants en apprentissage et à tous ceux qui veulent comprendre les logiques sociales, esthétiques, ergonomiques, normatives, économiques ou professionnelles des sites afin d'exercer un regard critique sur ces réalisation.

  • Rarement une invention, au XXè siècle, a fait l'objet d'autant de polémiques que la télévision, outil extraordinaire de démocratisation, d'éducation ou d'épanouissement personnel pour certains, outil néfaste de manipulation, d'abêtissement, de destruction des liens sociaux ou arme au service de la mondialisation pour d'autres.
    Plus de cinquante ans après son apparition dans les foyers et au moment où on prépare sa fusion avec Internet, les scientifiques connaissent mieux les modes d'influence conscients et non conscients de la télévision sur les individus, sur les enfants et, plus généralement, ses effets sur les sociétés: impact des images violentes, de la publicité, des émissions politiques, des actualités et des journalistes, de la propagande, des images subliminales.
    Pour la première fois en langue française, cet ouvrage dresse un bilan des principales recherches dans ce domaine et explique les nouvelles pistes que suivent actuellement les chercheurs. Seuls les regards croisés de spécialistes issus de disciplines aussi différentes que les sciences humaines et sociales, la science politique, l'économie, le marketing, les sciences de la communication ou la philosophie peuvent prétendre à relever un tel défi.
    Ce livre regroupe donc les contributions originales de seize chercheurs, tous reconnus dans leur discipline, qui se penchent sur la question des influences de la télévision et de ses multiples programmes.

  • La télévision, en tant que média d'information, participe du fonctionnement démocratique.
    Il y circule du savoir sur ce qui se passe dans le monde, il y est débattu des grandes questions de notre société, entretenant ainsi un espace de discussion citoyen sans lequel il n'est pas de démocratie raisonnable. Mais la télévision informe en déformant, ou plus exactement, elle informe en construisant son propre réel. Non tant par volonté que parce qu'elle est avant tout une machine à fabriquer des impressions.
    Elle raconte des événements selon des scénarios dramatisants, elle tente d'expliquer des causalités immédiates qui ne remontent guère dans les profondeurs de l'histoire, elle montre des images à travers des mises en scènes plus évocatrices qu'explicatives.
    Cet ouvrage met en évidence les procédés qu'utilise la télévision pour rendre compte d'un conflit à l'étranger. A partir d'une période particulière de la guerre dans les Balkans (la Bosnie entre 1990 et 1994) ont été analysés les différents modes de traitement de cet événement par les principaux journaux télévisés français, ce qui a permis de voir comment la télévision construit l'image d'un autre-étranger souffrant.
    On a trop reproché à cette télévision d'avoir été partisane et d'avoir contribué à une intervention humanitaire préalable à l'intervention militaire qui aura lieu lors de la guerre au Kosovo.

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