Comite Des Travaux Historiques Et Scientifiques

  • S'intéresser aux documents produits par Louis XI et son entourage - secrétaires, conseillers, chambellans, familiers - fait apparaître la pratique de gouvernement dans toute sa complexité. Quels sont les grands desseins du roi ? Ses ambitions dans les domaines de l'économie, ou la réforme de l'armée ? Réussit-il à atteindre ses objectifs ? Comment fait-il face à la contrainte, à la menace, voire au péril ? Autant de questions auxquelles le présent ouvrage esquisse des réponses. Se dessine un roi pragmatique, qui fait son affaire des circonstances et des aléas du quotidien, navigue à vue aussi parfois, tout en s'efforçant de transposer en actes ses grands desseins.
    La circulation de l'information constitue déjà un enjeu majeur au temps de Louis XI qui, par méfiance autant que par calcul, se préoccupe du contrôle de l'information, pratiquant au besoin la désinformation.

  • Jules Sébastien César Dumont d'Urville, l'un des derniers grands navigateurs de l'ère de la voile, figure parmi les principaux écrivains de voyage du XIXe siècle. Explorateur des océans, des terres lointaines ou inconnues du Pacifique et de l'Antarctique, il a enrichi par ses découvertes majeures des domaines aussi variés que l'archéologie, la géographie maritime, l'histoire naturelle ou encore l'ethnologie naissante des peuples d'Océanie en dépit des préjugés de l'époque. Son journal de bord, ses nombreux rapports d'expédition et d'autres sources difficiles d'accès servent de matériau à cette vaste enquête biographique en hommage à la personnalité intrépide et tourmentée du circumnavigateur disparu à l'apogée de sa carrière.
    L'historien australien Edward Duyker fait revivre les grandes étapes d'une trajectoire exceptionnelle, dissipant au passage certains mythes et malentendus. De la Méditerranée orientale à la Terre Adélie, son récit nous entraîne dans le sillage d'une aventure épique à la fois humaine et scientifique.

  • Issu d'une enquête transdisciplinaire, ce livre s'intéresse aux territoires d'art sous l'angle de leurs rapports avec la production artistique et des transformations qu'ils favorisent à l'intérieur de celle-ci.
    Après une étude historique dédiée à ce type de lieux, six territoires d'art contemporains, dans cinq villes différentes, sont analysés. L'auteur explore ensuite le travail plastique ou théorique de sept personnalités de premier ordre liées à l'art contemporain, ayant habité le quartier du faubourg Saint-Denis, à Paris, au XXIe siècle.
    Les comparaisons entre l'ensemble des quartiers et le groupe des personnalités de l'art permettent de relever des éléments d'une stratégie collective et d'identifier, entre eux, des caractéristiques communes. Le rôle fondamental joué par ces territoires, dans la formation d'une identité artistique comme dans la construction de l'autonomie du champ de l'art contemporain, est ainsi mis en lumière.

  • Sorties de guerre (1918-1923) ; l'état des sources Nouv.

    Les archives des Affaires étrangères issues du règlement de la Première Guerre mondiale n'ont pas été épargnées par la Seconde. Document emblématique, objet de la vindicte d'Hitler, l'original du traité de Versailles (28 juin 1919) dont la France était le dépositaire officiel, pourtant mis à l'abri au château de Rochecotte près de Tours, fut dérobé, avec le traité de Saint-Germain, par une délégation conduite par Otto Abetz et disparut, sans doute après avoir été exposé à Berlin. Les archives de la Conférence de la paix, ouverte au Quai d'Orsay le 18 janvier 1919 et qui poursuivit ses travaux au-delà de la signature des traités de Versailles, Trianon, Saint-Germain-en-Laye et Sèvres, ont aussi, dans leur ensemble, subi de graves dommages après avoir été emportées par les nazis, des dommages que la direction des Archives des Affaires étrangères a entrepris de réparer en lançant une campagne de classement et de restauration (523 cartons répartis en cinq séries, de 1918 à 1930, comprenant des rapports, correspondances, imprimés et cartes). Ces archives viennent compléter les traités, les cartes et atlas, qui constituent des documents essentiels pour comprendre la redéfinition des frontières de l'Europe à l'issue de la Grande Guerre. Il convenait, par ailleurs, d'attirer l'attention sur un certain nombre de collections d'origine privée que le caractère incomplet de leurs inventaires avait empêché de communiquer aux chercheurs.

  • De Madagascar à la Mélanésie, Joël Bonnemaison fut l'homme des îles, ces mondes à la fois clos et ouverts où s'exprime l'essentiel de notre condition terrestre.
    Il voyait dans les structures concrètes et l'organisation matérielle de l'espace l'expression d'un imaginaire peuplé de symboles, de visions et de rêves. Pour lui, les paysages observables n'étaient pas dissociables des modes de pensée dont ils dépendent et qu'ils donnent à voir.
    Ce bref ouvrage est issu de la transcription des derniers cours de géographie culturelle qu'il a donnés à l'université de Paris-IV Sorbonne entre 1994 et 1997.
    Par ses références textuelles et iconographiques il nous invite à découvrir ou à revisiter l'oeuvre novatrice de ce grand spécialiste de l'Océanie.

  • Dakar, 1952. L'anthropologue Paul Mercier, compagnon de route de Georges Balandier, entreprend sous l'égide de l'IFAN la première enquête sociologique sur la ville sénégalaise. Pendant deux ans, il examine les relations de parenté et de voisinage, il étudie les nouvelles formes de groupement social et de la vie politique, il analyse la stratification sociale ainsi que les relations ethniques et raciales.
    Rédigé en 1968, ce texte inédit témoigne non seulement des processus de formation de la société africaine postcoloniale au milieu du siècle des luttes pour les indépendances, mais aussi de la genèse des démarches empiriques et conceptuelles employées pour les appréhender.
    Le manuscrit a été édité par Jean Copans. Sa postface retrace les cheminements individuels et collectifs qui ont contribué à construire la société urbaine dakaroise et d'Afrique de l'Ouest comme un véritable objet sociologique.

  • La géographie de la Renaissance est indissociable de l'histoire des grandes découvertes et de son imaginaire flamboyant. En marge des apports fondamentaux livrés par les navigateurs se développe pourtant de façon presque indépendante une géographie des savants qui contribue elle aussi au renouveau de la représentation du Monde.
    Dans cet essai de synthèse, Numa Broc insiste sur le rôle parfois sous-estimé de l'héritage livresque de l'Antiquité dans les travaux des cosmographes et leur influence sur les explorations. Plus encore que par les relations de voyage, c'est par la carte que se révèle dans toute sa complexité la découverte progressive du monde.
    Enfin, l'auteur montre les analogies qui peuvent se tisser entre la perspective en peinture et la projection en cartographie.
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  • Robert Schuman (1886-1963) fut l'un des hommes d'État les plus importants de la France d'Après-guerre ; chef de gouvernement puis ministre des Affaires étrangères, il marqua son temps par son rôle décisif en faveur de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne. À l'occasion du 70e anniversaire de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères présente l'état actuel de la réflexion historique sur la contribution de Robert Schuman à la création et au développement de l'Europe communautaire, devenue depuis l'Union européenne. Cet ouvrage s'appuie sur les archives du Quai d'Orsay pour permettre à un large public de mieux comprendre l'action de cette éminente personnalité de la IVe République au service de cet engagement. La construction européenne illustre un engagement diplomatique mis en oeuvre sur le temps long : avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), les grands enjeux de l'intégration supranationale des années cinquante contenaient déjà en germe les débats sur la souveraineté européenne apparus dans le cadre de l'Union européenne.
    Cet hommage à Robert Schuman et à l'idéal européen qu'il a inspiré met en perspective le chemin parcouru. Il est une invitation pour chaque citoyen à s'impliquer pleinement dans le projet européen, comme le propose la Conférence sur l'avenir de l'Europe lancée le 9 mai 2020.

  • Du 19 au 21 novembre 1990, une trentaine de chefs d'États, parmi lesquels George Bush, Mikhaïl Gorbatchev, Helmut Kohl, François Mitterrand et Margaret Thatcher se réunissent à Paris pour signer la charte de Paris pour une nouvelle Europe.
    Immédiatement après la réunification allemande et le traité sur les forces conventionnelles en Europe, la charte de Paris marque le triomphe de « l'esprit d'Helsinki » : quarante-cinq ans après Yalta, elle tourne le dos à la Guerre froide pour ouvrir une phase nouvelle de l'histoire de l'Europe, fondée sur la démocratie et le respect des droits de l'homme.
    À partir d'archives inédites, d'entretiens avec les principaux acteurs de l'époque et du travail des historiens, l'ouvrage offre un regard neuf sur cette séquence historique exceptionnelle. Il éclaire également l'évolution de l'Europe ces trente dernières années et trace des perspectives pour l'avenir du continent.

  • La pierre de construction est dotée d'une riche histoire. Utilisé depuis l'Antiquité, ce matériau noble et solide a connu un renouveau ces trente dernières années grâce aux nouvelles techniques d'extraction et de taille. Son usage s'est ainsi étendu à des édifices plus variés malgré la concurrence croissante du béton et du verre. Indispensable à la restauration des monuments historiques, la pierre naturelle doit apporter la preuve de ses qualités écologiques et de sa rentabilité pour garantir son avenir dans une démarche de développement durable.
    Cet ouvrage illustré recense les nombreuses ressources lithiques du sous-sol français et retrace l'évolution de leur circuit jusqu'à l'exploitation de plus en plus réglementée dans les carrières et chantiers. En croisant les approches complémentaires des géologues, archéologues et historiens, il permet d'accéder à une compréhension globale de l'économie et de l'aventure du bâti en France et en Europe.

  • au cours de ces dernières décennies, l'intérêt pour la photographie ancienne n'a fait que s'accroître auprès d'un public très divers : collectionneurs, conservateurs, archivistes mais également amateurs soucieux de conserver au mieux de précieux témoignages familiaux ou régionaux aux travers de quelques images.
    souci de préservation d'autant plus justifié pour la photographie qu'elle est sans doute l'un des biens culturels les plus populaires et les plus répandus dans notre société. connaître et reconnaître les photographies, savoir comment les manipuler, les ranger est l'objectif de ce guide, car malgré une histoire relativement courte, ces 150 dernières années ont vu naître une multitude de procédés photographiques ayant chacun leur spécificité et réclamant des soins adaptés.
    cet ouvrage porte à la connaissance du public les évolutions les plus récentes dans ce domaine avec un souci de clarté, de concision et de simplicité.

  • L'année 2020 marque un double anniversaire, celui des 75 ans de la fondation des Nations unies mais aussi le centenaire de la création de la Société des Nations (SDN), qui a posé les premières pierres du système multilatéral à l'issue de la Première Guerre mondiale.
    Au-delà de son impuissance à éviter le déclenchement d'un second conflit mondial, il s'agit dans cet ouvrage de rendre accessibles des sources françaises permettant de mieux comprendre l'action de la SDN. Celle-ci s'est pleinement affirmée dans le domaine de la collaboration fonctionnelle en jouant un rôle pionnier et important en matière d'organisation internationale dans de multiples domaines. Elle a ainsi été chargée de gérer au mieux les territoires coloniaux détenus en 1914 par l'Allemagne ou par la Turquie, confiés sous son autorité à la suite des traités de paix par le système des mandats à des puissances victorieuses, ouvrant la voie à la décolonisation.
    Le rôle économique et financier de la SDN n'est pas moins important. Par le biais de comités d'experts et de grandes conférences internationales en faveur des pays dont les finances avaient été désorganisées par la Grande Guerre, elle a abordé presque toutes les questions qui se sont posées dans ce domaine.
    La protection des minorités est devenue, à l'initiative du président Wilson, une mission essentielle de la SDN, rendue indispensable par les bouleversements territoriaux subis par l'Europe centrale. Le rôle humanitaire au profit des plus faibles a été également une des priorités de cette organisation internationale. Soulignons qu'après la Grande Guerre, la constitution d'un droit international en matière sociale lui est confiée. Enfin, puisque ce volume est consacré à l'inventaire des archives françaises relatives à la SDN, il est également frappant de constater à quel point la France était déjà investie dans ces premiers efforts pour mettre en place un ordre international. De nombreuses reproductions de documents et photographies dont certaines sont inédites, contribuent à nourrir la réflexion sur l'importance que revêt aujourd'hui, comme hier, un système international basé sur la coopération plutôt que sur la confrontation.

  • Honni par ses adversaires, interpelé dans la rue par certains de ses lecteurs qui le confondent avec le héros de son journal, le Père Duchesne, Hébert, familier du monde des petits théâtres d'avant 1789, tente une expérience pour le moins originale, entre septembre 1790 et mars 1794 : faire de la politique en utilisant les ficelles du théâtre et notamment celles du théâtre de la Foire qu'il connaît bien. Il joue ainsi de son journal comme d'une scènetribune pour exposer son programme politique et celui de ses amis Cordeliers. Il recourt, au fil des quelque 400 numéros, à tout l'éventail de genres qu'offre cet art visuel, si prisé par la société de l'époque : saynètes comiques, farces, prosopopées, allégories, enchantements voire mélodrames. Heureuse alliance d'une passion contrariée et d'un projet politique qu'il met habilement en scène pour toucher le coeur de son lectorat-spectateur, bien plus sensible aux images que font naître ses mots incisifs et mordants qu'aux formules convenues et attendues de ses concurrents. Il le fidélise ainsi en imaginant de petits feuilletons avant l'heure, où paraissent les héros du jour, pris sur le vif, en divers lieux et situations : le roi, la reine, l'abbé Maury, le ministre girondin Roland..., ses véritables bêtes noires. Tandis que ses ennemis se voient tour à tour raillés, ridiculisés, animalisés, diabolisés, pour finir le plus souvent sous la lame de la « bascule à Charlot », se construit, en contrepoint, son rêve d'une Cité idéale, fraternelle, vertueuse et républicaine, patrie des braves sans-culottes, désormais mètre-étalon de toute chose, dans une France en devenir. Le temps d'avant tire sa révérence pour faire place nette au « nouveau régime » dont Hébert peint contours et couleurs comme un décor de castelet, quitte à procéder aux retouches et repentirs qu'exigent le caractère toujours changeant et imprévisible des événements politiques.

  • Le cinéma n'enregistre pas seulement ce qui existe, il arrive qu'il fabrique des objets pour les filmer. Des « objets de cinéma » qui peuvent être aussi bien des parodies d'oeuvres d'art que des machines à voyager dans le temps. Comment penser ces simulacres qui dénoncent au sein du film ses artifices fictionnels ? Quelle relation entretiennent-ils avec le cinéma et les arts plastiques ? Cet ouvrage s'est donné pour objectif de replacer ces objets dans la culture visuelle du cinéma français des années 1960 et de débattre des questions théoriques qu'ils soulèvent, notamment de la capacité du cinéma à mettre en fiction le pouvoir des autres arts.
    Au point de rencontre entre la théorie artistique et la fiction cinématographique, l'histoire de ces objets hybrides permet de comprendre que le cinéma peut se faire historien d'art et que l'histoire de l'art est elle-même une longue suite de fictions sur les pouvoirs attribués aux objets.

  • Les campagnes archéologiques de 2006-2013 à Cluny avaient pour objectif de comprendre plus précisément la constitution du sanctuaire et du chevet de Cluny II, d'en assurer une meilleure datation par les méthodes archéologiques, de déceler d'éventuelles occupations antérieures. Il en était de même pour l'amorce des bâtiments claustraux et l'église Sainte- Marie. La découverte des vestiges de la demeure aristocratique de la villa carolingienne, renouvelle aujourd'hui considérablement les connaissances sur les origines de Cluny.
    L'ouvrage présente les résultats de ces travaux, dans le prolongement de ceux du grand archéologue K. J. Conant qui avait à plusieurs reprises proposé des schémas d'évolution avant et après la fondation du monastère en 910. Nous avons aujourd'hui la chance de bénéficier d'avancées considérables des connaissances sur ces périodes en Europe, qui nous aident à regarder autrement les maçonneries retrouvées.
    À l'échelle des grandes élévations du transept de la Maior ecclesia encore conservé, ces vestiges découverts peuvent paraître modestes et peu spectaculaires, cependant ils sont les plus anciens témoignages de la présence des hommes en ce lieu, et de leur communauté qui sera à l'origine de la plus grande abbaye d'Europe.

  • Le manuscrit Observations médicales faites par moi, Jean Joseph Reisser, docteur en médecine à l'hôpital de Thann, nous fait entrer de plain-pied dans la pratique d'un médecin ayant exercé à partir des années 1775 dans deux petites villes alsaciennes, à Cernay d'abord, puis à Thann de 1794 à 1815 en tant que médecin de l'hôpital. Né dans cette dernière ville en 1750, Jean-Joseph Reisser obtient son doctorat à Valence en 1781. Animé d'une noble passion pour son métier, il soigne avec une égale empathie des malades issus de toutes les couches sociales. Après avoir attentivement considéré les symptômes qu'ils présentent et qu'il relate avec minutie, il prescrit à ces êtres souffrants des médications composées relevant de la pharmacopée de son temps : elles proviennent des règnes végétal, animal et minéral, de la chimie qui s'introduit peu à peu dans les remèdes, ainsi que l'hydrothérapie. S'il exerce son art avec pragmatisme, mettant à profit son expérience et une approche attentive de la complexion et des antécédents médicaux de ses malades, le docteur Reisser n'en est pas moins doté d'une culture savante qu'il puise dans le savoir encyclopédique médical du XVIIIe siècle. Cependant, les principes hippocratiques et traditionnels - théorie des humeurs, saignées, mire des urines - continuent d'imprégner sont art de soigner. Petit-fils et fils de bourreau, il n'aura de cesse de se mettre totalement au service de ses malades, avec la volonté sans faille d'obtenir leur guérison, ce qui traduit une vision du monde héritée des Lumières. Son itinéraire connaîtra les tourments révolutionnaires, le décès précoce de cinq de ses dix enfants et la maladie sans doute, puisqu'il décède à l'âge de 66 ans, en 1816.

  • Notre rapport aux objets intimes (meubles, boîtes, tableaux, luminaires, services de table, vêtements, bijoux...) est historiquement daté. Sans une certaine conscience de soi, nous n'aurions pu leur accorder autant de sens :
    Leur demander de satisfaire des besoins et des désirs, tout en les inscrivant dans des chaînes relationnelles et symboliques multiples. Ce changement advient au XVIIIe siècle et se perçoit actuellement encore dans nos sociétés de consommation. À l'heure où la planète croule sous les déchets et où l'objet du quotidien par excellence devient le téléphone portable, il semble important de s'interroger sur les fondements de notre être aux choses.
    Comment parler des objets intimes et du lien empathique que l'on tisse avec eux ? Quel langage et quelle sensibilité sont-ils les plus à même d'exprimer leur part technique et poétique, leur empreinte historique et leur aura transgénérationnelle ? Comment penser la culture matérielle occidentale au regard des contacts qu'elle a entretenu avec les autres cultures étrangères ?
    En puisant dans l'historiographie féconde de ce domaine, profondément renouvelée ces dix dernières années avec les apports des Cultural Studies et de la Global History, l'auteur esquisse une voie de rencontre où s'associent les discours, entre approche historique, sociale, littéraire, anthropologique et muséale.

  • Publié pour la première fois à la fin de l'année 1842, cet ouvrage de victor schoelcher constitue une étape capitale autant pour l'itinéraire personnel de son auteur que pour l'histoire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

    Rédigé à partir des informations collectées au cours d'un voyage aux antilles de mai 1840 à juin 1841, alors que le mouvement abolitionniste était encore partisan d'un affranchissement graduel, ce texte apporte des arguments décisifs aux partisans de l'abolition immédiate ; elle seule sauverait les colonies d'une nouvelle insurrection, elle seule serait en mesure de permettre l'intégration des nouveaux libres à la citoyenneté française.

    " de l'abolition immédiate de l'esclavage " est un ouvrage indispensable pour comprendre le processus abolitionniste des années 1840 ; il prend rang aux côtés des grands manifestes politiques de l'histoire contemporaine et à ce titre, sa lecture, aujourd'hui est indispensable. celui à qui revient le rôle historique de rédiger la loi du 27 avril 1848, avait été l'un des tout premiers à formuler cette exigence, six ans avant que la révolution de février ait rendu possible l'audace proposée dans cet ouvrage.

  • Cet ouvrage présente un échantillon de l'univers lexical du wayana, langue de la famille linguistique caribe. En tant que dictionnaire analogique, il se compose d'entrées regroupées en champs lexicaux. Les items sont accompagnés de leurs dérivations lexicales précisant les nuances de sens qu'elles peuvent présenter. Le cas échéant, l'origine du mot est précisée. De nombreux exemples illustrent leur emploi dans différents contextes. Plusieurs entrées sont accompagnées de commentaires utiles à leur compréhension, sans toutefois prétendre en épuiser tous les champs sémantiques. En effet, notre objectif est d'offrir au lecteur une première approche de la langue. Ainsi, muni d'informations tant linguistiques qu'ethnographiques, il pourra saisir la langue et la culture wayana sous tous leurs aspects et en apprécier toute la richesse.
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  • Un atlas linguistique n'est pas une encyclopédie. Il a pour finalité d'étudier la variation d'une langue populaire dans l'espace où elle est en usage, de souligner ce qui est commun et aussi de déceler ce qui fait la particularité d'une région dans la prononciation, le vocabulaire et la grammaire. C'est pour cette raison que nous avons choisi de nous appuyer sur des mots et des tournures communes à l'ensemble des créolophones antillais, quelles que soient les îles où ils résident.
    Le premier volume portait sur la nature, la météo, les plantes et les fruits, les animaux sauvages et domestiques, le temps, l'espace et les transports, la quantité, les couleurs. Le présent volume est centré sur l'Homme et la société : le corps humain, l'homme physique, les vêtements, l'homme moral, la famille, la maison, la nourriture, les métiers, les relations sociales, les croyances et enfin la deuxième partie de nos observations grammaticales.
    La plupart des notions retenues font l'objet de cartes phonétiques suivies, le cas échéant, de figures en couleur permettant de faire ressortir les grandes zones de distribution des notions. Dans les cas où nos informations sont lacunaires ou trop uniformes, nous avons fourni des listes des données recueillies. Nous avons aussi fourni des listes de phrases complètes permettant de faire ressortir des particularités grammaticales en faisant figurer les mots dans leur contexte.
    Chaque volume contient un index des notions figurant dans les titres des cartes et des listes en français, en anglais et en portugais. Nous avons enfin rédigé deux index détaillés permettant de retrouver l'ensemble des notions figurant dans les deux volumes, qu'il s'agisse des noms des cartes ou des mots et expressions n'apparaissant qu'une seule fois dans le corps du texte ou dans les commentaires.

  • Faire d'un homme d'une extrême laideur le portrait d'un empereur : c'est le défi que Titien releva lorsqu'il fut chargé de peindre Charles Quint.
    Il s'acquitta si bien de cette tâche délicate que ses oeuvres devinrent un incontournable modèle pour représenter le souverain et ses successeurs à la couronne d'Espagne. Elles s'imposèrent de surcroît comme paradigme d'excellence dans la pratique et les théories artistiques. De cet exemple fondateur du portrait du pouvoir à l'époque moderne, l'auteur nous entraîne dans un long voyage à travers l'Italie et l'Espagne, nous menant du coloris de Titien au pinceau de Velazquez.
    En analysant le langage figuratif des oeuvres et sa réception critique, mais aussi les dispositifs d'exposition et les gestes accomplis par le public, ce livre interroge les pouvoirs que l'art et la politique confèrent à ce substitut de présence qu'est le portrait.

  • En Guyane, les Haïtiens constituent désormais l'un des groupes migrants les plus nombreux. Ils sont ici venus « chercher la vie » dans une société guyanaise marquée depuis plusieurs décennies par d'importants bouleversements démographiques et sociaux. Cet ouvrage interroge la migration haïtienne dans les processus d'ethnicisation et de créolisation spécifiques au contexte guyanais. Il plonge au plus près du vécu des migrants en mettant au jour les différentes constructions identitaires qui se déclinent à un double niveau : au sein du groupe d'appartenance, vis-à-vis des compatriotes, ces « autres mêmes », et avec les membres d'autres groupes, saisis comme étant des « autres différents ».
    Éclairée par une analyse des différentes étapes de la migration, l'étude invite le lecteur dans les espaces habités, elle l'introduit dans les assemblées protestantes et les associations « culturelles », elle le mène vers les pratiques vodou.

  • La notion de métissage renvoie à l'irruption dans nos sociétés de l'hétérogène, et permet de rendre compte de l'existence d'une pluralité de populations et de traditions culturelles qui s'interpénètrent en contradiction avec le sentiment d'unité forgé lors de la lente constitution d'une nation comme la France.
    Mais n'est-elle pas trop et mal employée dans la mesure où elle servait d'abord à décrire un phénomène spécifique, né à l'époque moderne, et lié à la découverte, puis à la mise en valeur des nouveaux mondes ? Le cas antillais, certainement le plus exemplaire par les rencontres de populations et de cultures qui le caractérisent, prend dans ce volume une large place, mais les contextes d'autres contrées coloniales et de métropoles contemporaines élargissent le propos.
    Cet ouvrage transdisciplinaire permet de revenir à l'usage premier du mot " métissage ", et d'examiner ses dérives successives..

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