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  • En bref Renée de France, fille du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, naît à Blois le 25 octobre 1510. Comment préparait-on la venue d'un enfant royal à l'aube de la Renaissance ?

    Le livre Nourri d'archives inédites, servi par une écriture alerte et une connaissance magistrale de la société de cours au XVIe siècle, cette étude pionnière nous fait pénétrer au coeur de l'intimité royale, dans le secret d'une reine de légende, Anne de Bretagne, dont la grossesse fut la grande affaire de l'année 1510. C'est à partir d'un document exceptionnel, le registre de compte, que Pauline Matarasso présente cet événement fondateur, commenté d'un bout à l'autre de l'Europe. Commande des langes et de la layette, du linge de la nourrice, ameublement et tapisseries de la chambre de l'enfant : rien n'est laissé au hasard, chaque décision obéissant à des codes destinés à magnifier la fonction royale. Les artisans ont du notamment travailler de nuit, contrairement au règlement de leur corporation.
    Un monde à la fois intime et public, qui éclaire le statut de la femme, de l'enfant et de la maternité au sortir du Moyen Age, et annonce l'art de la mise en scène mise qui fera la grandeur de Louis XIV un demi siècle plus tard.

    L'auteur Pauline Matarasso a étudié le monde cistercien mais aussi la cour française de la Renaissance, en particulier Anne de Bretagne.

  • 1127 : l'abbaye de Vauluisant est fondée dans la vallée de l'Alain, près de Sens. Sa situation privilégiée, au coeur d'une région à fort concentration monastique, lui vaut l'attention des rois et des comtes, dont Philippe Auguste et Thibaut III de Champagne. Ruinée aux XIVe et XVe siècles, elle retrouve la prospérité au début de la Renaissance. François Ier vient y tenir sa cour, au moment où Fontainebleau s'affirme comme lieu privilégié des séjours et des investissements royaux.
    Et c'est à Vauluisant que naît le futur héros de La Princesse de Clèves, Jacques de Savoie, duc de Nemours. La présence répétée de la cour permet à l'abbaye de bénéficier du talent d'artistes employés à Fontainebleau et contribue à enrichir la splendide bibliothèque. C'est l'histoire de cet établissement et de sa bibliothèque (édification du bâtiment et catalogue des volumes) que nous présentent ici deux médiévistes érudits.

  • Comment les érudits médiévaux ont-ils reçus les auteurs classiques ?
    Après les quatre volumes qui donnaient des descriptions archéologiques des quelques trois mille manuscrits antérieurs au XIIIe siècle transmettant les oeuvres des cinquante-sept auteurs classiques les plus anciens et les plus représentatifs, ce dernier et ample volume traite de la réception de la littérature classique au Moyen Age.
    D'abord, Birger Munk Olsen présente la diffusion des textes telle qu'on peut la connaître par les manuscrits subsistants et les inventaires de bibliothèque. Ce préalable est complété par une étude des présentations des textes et les moyens mis en oeuvre pour les consulter. C'est seulement ensuite que sont traitées la connaissance proprement dite des textes antiques et leur utilisation dans les écoles et dans le milieu lettré.
    Une étude érudite, menée de main de maître par un grand médiéviste.

  • Le catalogue exceptionnel qui a mobilisé une pléiade de spécialistes inventorie 294 manuscrits médiévaux latins et français, dont 210 proviennent de l'abbaye de Fleury et 84 sont issus d'autres abbayes orléanaises, de la cathédrale, d'établissements religieux de la région, de possesseurs privés.
    Le plus important manuscrit de la bibliothèque d'Orléans paraît être l'homéliaire de Fleury, en raison de son ancienneté (il a été copié vers 750), et de pièces rarement transcrites. Citons également le recueil des quatre Évangiles écrit à Lorsch durant le second quart du IXe s., et conservé à Orléans depuis l'époque carolingienne. D'autres sont d'un grand intérêt pour la transmission de textes : ainsi les Historiae de Salluste ne sont connues que par les débris d'un manuscrit, dont la plus grande partie est encore à Orléans. Parmi les nombreuses collections canoniques antérieures au Décret de Gratien, la Bibliothèque d'Orléans possède dans le ms. BM 221 (193) un exemplaire de l'Hibernensis, composée vers 700 en Irlande.
    Un outil incomparable qui participe aux travaux de recherches pour le millénaire d'Abbon, l'un des plus célèbres abbés de l'abbaye de Fleury.

  • Un répertoire systématique des oeuvres de Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople et père de l'Église grecque (344-407).
    Ce volume appartient à la collection inventoriant les oeuvres attribuées à Jean Chrysostome dans les manuscrits des bibliothèques d'Europe et du monde entier. Il est consacré aux manuscrits chrysostomiens de Paris, essentiellement représentés par l'ancien fonds grec, le fonds Coisin et le fonds " Supplément grec " de la Bibliothèque nationale de France.
    Chaque notice comprend la description des caractéristiques du manuscrit, mentionne son utilisation par des éditeurs et présente une bibliographie à jour.

  • Lettre à Grimald

    Ellwangen Ermenrich

    Comment étudie-t-on au Moyen Age ? Dans quel but ? C'est un véritable panorama des savoirs de l'époque carolingienne que dresse le moine bénédictin Ermenrich d'Ellwangen, évêque de Passau, dans cette lettre à son ami Grimald. L'auteur célèbre et illustre l'idéal d'un encyclopédisme chrétien et voit dans la tradition classique le socle d'une sagesse humaniste et évangélique, s'appuyant sur les arts libéraux pour s'élever jusqu'à la charité divine. Une introduction vivante au savoir médiéval à l'époque carolingienne.

  • L'importance de l'astrologie dans la culture médiévale et moderne a longtemps été sous-estimée.
    Malgré d'importants travaux récents, l'astrologie latine, en particulier, reste mal connue. Ce catalogue, le premier d'un ensemble intitulé Catalogus Codicum Astrologorum Latinorum, permettra d'en donner une meilleure connaissance et contribuera à approfondir les recherches. La Bayerische Staatsbibliothek de Munich conserve plus de 20 000 manuscrits latins, provenant des anciennes bibliothèques princières de Munich, de Mannheim et de bibliothèques de monastères bavarois.
    En particulier, le fonds de cette bibliothèque offre un magnifique échantillon de la littérature astrologique latine, où tous les grands auteurs, tous les grands textes, tous les genres et toutes les époques sont représentés. Ce catalogue inventorie 287 manuscrits, du Moyen Âge au XVIIIe siècle : de l'astro-météorologie à la géomancie, des textes apologétiques ou polémiques à la description de l'influence des astres.
    Ils attestent le rôle continu de l'astrologie et apportent des données essentielles sur la pratique de cette discipline. Chaque notice fournit les données codicologiques de base, un aperçu du contenu, une bibliographie relative à l'ensemble du manuscrit et enfin la localisation et l'identification des sections astrologiques. L'ensemble est complété par trois index. Un fonds exceptionnel rigoureusement inventorié, restituant à l'astrologie sa place dans la culture médiévale.

  • Il est rare de trouver pour ces années 1400-1500 des bibliothèques aussi riches. Leur caractère majoritairement inédit ajoute encore à l'intérêt et contribue à la connaissance de l'humanisme. Leurs propriétaires respectifs sortent également de l'ordinaire.
    Le premier, l'oncle, Jean Jouffroy, cardinal d'Albi (c. 1412 - 1473), était déjà connu pour sa carrière diplomatique, pour son rôle dans des évènements paticulièrement tragiques ou encore pour son appétit insatiable pour les livres et les manuscrits dont quelques-uns offerts aux grands de son siècle. Mais c'est la première fois qu'une étude de synthèse recense et analyse tous les manuscrits lui ayant appartenus: plus de cent dix volumes conservés, trois manuscrits connus par les sources mais disparus aujourd'hui, et cinq à l'attribution d'appartenance probable, ce qui est très remarquable pour cette époque.
    Quant à son neveu Hélion Jouffroy, moins connu que son oncle, chantre de Rodez et prévôt d'Albi († 1529), l'inventaire publié à partir d'une pièce inédite le révèle propriétaire de l'une des bibliothèques particulières les plus riches du royaume, avec plus de six cent cinquante articles: un chiffre également considérable pour cette période.
    L'étude de ces manuscrits et de cette bibliothèque révèle, entre autres, l'influence de la famille Jouffroy dans l'introduction de l'imprimerie à Albi dès 1474, la richesse des échanges intellectuels dans l'Europe de la fin du Moyen-Âge, la splendeur de l'art florentin de l'enluminiure ou encore la précocité de l'introduction de l'art italien de la Renaissance en France.

  • L'ouvrage intitulé Miracula Sancte Marie Laudunensis est la partie la plus connue d'un recueil dédié à l'évêque de Laon, Barthélemy de Joux (1112-1151). Les deux premiers livres font le récit des voyages de reliques entrepris après la révolte communale par les Laonnois pour collecter des fonds en vue de la restauration de la cathédrale. L'un se déroule dans le Centre de la France, l'autre dans le Sud de la Grande-Bretagne. Le livre trois, consacré à l'épiscopat de Barthélemy, relate en détail les débuts de Prémontré et plusieurs épisodes de la vie de saint Norbert, puis il rend compte de la fondation d'une dizaine de monastères.

    Il se termine par deux épisodes miraculeux : le vol du trésor de Notre-Dame par Anselme, et celui de la femme de Chivy, repris par Gautier de Coincy sous le titre La dame qui fut arse.
    Cet ouvrage qui complète et prolonge l'Autobiographie de Guibert de Nogent livre des informations précieuses sur le développement du monde monastique de la première moitié du XIIe siècle. Il parvient aussi à traduire les multiples aspects de la vie religieuse de l'époque, mettant en valeur avec finesse le riche éventail de sensibilités et de pratiques qui prenaient forme dans la chrétienté de l'époque.
    Sur le plan politique et institutionnel, il témoigne avec acuité du poids de l'Église dans les changements profonds qui ont affecté la société tout entière.
    La présente édition établie à partir des deux manuscrits les plus anciens propose la première traduction française de l'ensemble de l'oeuvre, en éclaire le contexte et met fin à la longue controverse touchant à son attribution.
    Alain Saint-Denis est professeur d'Histoire du Moyen Âge à l'Université de Bourgogne. Ses travaux portent sur le royaume capétien aux XIIe et XIIIe siècles, notamment sur le monde urbain.

  • Depuis 2000 ans, Marie-Madeleine fascine, passionne, dérange. C'est un véritable personnage de légendes : pécheresse repentie, sainte, compagne et disciple bien-aimée. Elle pleure au pied de la croix; elle est la première à qui Jésus apparaît, ressuscité.
    Après l'Ascension, elle se serait retirer dans une grotte en Gaule, à Sainte-Beaume en Provence.
    Au XIIIe siècle, Jean Gobi, second prieur du couvent de Saint-Maximin, a raconté la guérison des nombreux pélerins qui affluent en ce lieu. Ils ont prié Marie-Madeleine et fait voeu de se consacrer au couvent : aveugles, sourds, malades mentaux, tous guéris, viennent avec les moyens du bord en famille se recueillir. Autant de preuves pour le frère prêcheur de la présence active de la sainte à Saint-Maximin, en dépit de la prétention concurrente des Bénédictins de Vézelay à détenir ses reliques.
    Recueil de miracles et illustration d'un lieu de pèlerinage, voici un témoignage vivant de la piété médiévale.

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