Bord De L'eau

  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • Une défense du cosmopolitisme comme outil de résistance aux dérives identitaires et de transformation concrète de la vie en commun. Elle appelle à créer des dispositifs démocratiques différents du modèle de gouvernance planétaire, affranchis des frontières pour réparer les injustices de la naissance.

  • Octobre 1980 : Coluche annonce qu'il est candidat à la présidence de la République et lance son « appel historique ». Novembre 1980 : des comités de soutien se forment dans toute la France, de nombreux articles de presse paraissent, les professionnels de la politiques sont contraints de se prononcer sur la candidature, et plusieurs sondages le créditent de plus de 10 % d'intentions de vote. Les insultes pleuvent : Coluche est accusé de dégrader la fonction présidentielle et sa candidature est qualifi ée d'« injure aux Français » et de « honte pour la démocratie ». Alors que Coluche est un comédien-vedette et qu'il ne s'est jamais affi ché comme un homme politique, comment parvient-il à convaincre que sa candidature est sérieuse ? Pourquoi cette annonce suscite-t-elle autant de réactions de soutien et de rejet ? Et si le candidat Coluche avait été sur le point d'accomplir une révolution ?

  • "Quelle place faire à l'Islam médiéval dans les programmes scolaires et les instructions concernant son enseignement, lui qui a souvent été considéré comme « fondateur » de l'islam contemporain, éternellement renvoyé à un Moyen Âge définitivement non moderne ? La lecture critique des programmes et autres recommandations officielles permet de faire apparaître l'inconscient scolaire sur l'Islam médiéval, un inconscient partagé par toutes celles et tous ceux qui ont été élèves et par l'institution scolaire, c'est-à-dire l'écrasante majorité des Françaises et des Français. L'analyse menée dans ce livre prend résolument position dans le débat récurrent autant que stérile sur la supposée trop grande place accordée à l'Islam dans l'enseignement de l'histoire.
    Il est vrai que les nouveaux programmes qui entrent en vigueur en 2016-2017 au collège révolutionnent l'approche de l'Islam médiéval, en le connectant aux autres mondes sociaux contemporains et en prônant le comparatisme. Les dangers existent néanmoins car les recommandations qui accompagnent leur explicitation sont encore largement marquées par les approches mises en oeuvre jusque-là. L'ouvrage met en garde contre ces risques et propose une lecture autre de ces programmes qui implique une conception nouvelle de l'enseignement de l'histoire. Celle-ci suppose en effet de faire toute leur place aux sciences sociales car penser en termes de monde social permet de faire l'économie de l'obsessionnelle approche du débat actuel mêlant identité, tradition et fondements civilisationnels.
    Cet ouvrage repose sur le pari suivant. La défense de la République laïque, dont l'École est un des socles, ne passe pas aujourd'hui par une insistance sur une laïcité que chacun décline à sa manière, dans laquelle l'islamophobie est trop souvent présente, mais par une révolution qui oblige à aborder le religieux de manière radicalement différente, en prenant au sérieux les apports de la sociologie, tant vilipendés par les conceptions identitaristes du monde. Apprendre à tous les élèves à penser le monde, à s'y repérer mais aussi à s'y engager, requiert, non pas de dresser un tableau des différentes cultures, débouchant toujours sur une hiérarchie plus ou moins implicite, mais d'inscrire les êtres humains dans les mondes sociaux qu'ils habitent."

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