Alternatives Economiques

  • Les économistes parlent un baragouin étrange, une langue aux expressions bizarres qu'ils sont seuls à comprendre, mais qu'ils nous brandissent sans cesse sous le nez. Dans les talk-shows, dans les journaux télévisés, à la radio, sur les réseaux sociaux... Ça suffit maintenant ! Il est temps de démasquer ces sorciers élitistes et de mettre à nu leur jargon !

    Qui a déjà vu de ses yeux la fameuse « planche à billets » et que deviennent les « fonds propres » ? Servent-ils à fabriquer de « la monnaie hélicoptère » ? Ou tombent-ils dans « la trappe à liquidités » ? Le « passager clandestin » en fait-il des « bulles spéculatives » ? Ou se transforment-ils en « actifs échoués » sur la plage de quelque « paradis fiscal » exotique ?
    Près de quarante expressions du parler des économistes sont ainsi déshabillées et rhabillées pour l'été sous nos yeux, dans une bande dessinée de 84 pages, illustrée par plus de 30 dessinateurs et dessinatrices talentueux (Lewis Trondheim, Jul, Soulcié, Terreur Graphique, Edith Chambon, Fabrice Erre, Dorothée de Monfreid, ...).

  • "Liberté, Egalité, Sororité. 50 raisons de devenir féministe (ou de le rester)".
    Ça fait combien de siècles déjà que les femmes réclament qu'on ne les prenne plus pour des potiches et des boniches ? Combien de décennies qu'elles rongent leur frein pour obtenir le droit, le vrai droit - pas celui des lois de papier - de suivre les mêmes études, d'exercer le même métier, de gagner le même salaire, de bénéficier des mêmes loisirs, de recevoir les mêmes prix aussi quand leur talent est éclatant ? Et combien de temps encore devront-elles supporter d'être considérées comme des corps en libre-service par ceux dont la force brute est le seul langage ? Le combat pour l'égalité ne date pas d'hier bien sûr. Mais dans la foulée du mouvement MeToo et à la surprise de militantes moins jeunes parfois, une nouvelle génération de féministes a surgi qui rue dans les brancards avec des slogans qui claquent, parfois crus. Des images qui vont droit au but sans pudeur superflue.

    A découvrir également dans ce numéro :

    Une BD sur l'impact de la mondialisation sur l'environnement : « La mondialisation détruit-elle l'avenir ». Texte de Sébastien Jean et Isabelle Bensidoun du Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) / illustration d'Enzo.
    La France racontée par ses paysages. Texte de Vincent Grimault / illustration de Jérémie Fischer.
    Un sujet sur la chasse et la biodiversité (dans les coulisses de la chasse).
    Un portfolio (sujet photo).

    La couverture de ce numéro est signée Lucrèce Andreae (autrice de la BD "Flipette et Vénère", également réalisatrice et scénariste, notamment du film d'animation "Pépé le morse" qui a remporté le César du meilleur court métrage d'animation en 2018).

  • ALTERNATIVES ECONOMIQUES Hors-Série ; réussir les SES en terminale Nouv.

    Un hors-série incontournable pour préparer et réussir les épreuves de la spécialité Sciences économiques et sociales au Bac Il est entièrement rédigé par des enseignants de Sciences économiques et sociales (SES).
    On y trouve : la synthèse du programme de Terminale ; des chapitres pédagogiques sur chaque thème du cours ; les notions essentielles à connaître ; des schémas pour comprendre ; des études de cas ; des graphiques et des cartes commentés ; des quiz pour vérifier ses connaissances ; des corrigés type ; des conseils méthodologiques.

  • ALTERNATIVES ECONOMIQUES n.415 ; comment travaillerons-nous après le Covid ? Nouv.

    Ils étaient déjà en galère, et le Covid leur a pris leur emploi. Ils prenaient le TER tous les matins, et ont découvert la visioconférence depuis un coin de leur chambre. Ils étaient invisibles, et ont reçu chaque soir des applaudissements inattendus. Cadres, ouvriers, employés..., aucun travailleur ou presque n'a traversé le Covid comme si de rien n'était.

    Et maintenant ? Repartir comme avant ? Pas évident dans un contexte économique si incertain. Continuer le télétravail ? Tout dépend des conditions. Etre mieux reconnu pour le travail accompli ? Passée l'émotion de la crise, le défi reste immense. Se reconvertir ? Oui, mais comment ? En bousculant le monde du travail, le Covid a permis de le réinterroger. L'occasion idéale pour le repenser, et chercher à l'améliorer.

  • Toute l'économie de la culture vacille encore sous l'effet des confinements qui révèlent à quel point ce secteur ne peut être livré qu'au seul jeu du marché. Les cinéphiles retrouveront-ils le chemin des salles obscures et les touristes pourront-ils reprendre celui des musées ? Une chose est sûre : la culture va devoir se réinventer pour se relever.

  • Chaque trimestre, L'Economie politique nourrit la réflexion et le débat politique sur l'économie et la société en ouvrant ses colonnes à des universitaires, acteurs sociaux et responsables politiques qui échangent leurs points de vue sur des thèmes d'actualité. Ce numéro porte sur "Technologies et écologie : alliées ou ennemies ?".

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  • Tourisme : repartir comme avant ?

    Après la crise, un tourisme durable ? par Marie Delaplace.
    Créateur de richesses, le tourisme est aussi à l'origine d'externalités négatives et de conflits, que la crise a déplacés. Son impact environnemental, lié en particulier aux transports, n'est pas véritablement intégré dans les politiques actuelles.
    La pandémie du Covid, une parenthèse dans la mondialisation touristique, par Philippe Violier.
    La pratique du voyage d'agrément à l'étranger, d'abord réservée aux élites occidentales, s'est diffusée dans d'autres sociétés et couches sociales, tout en restant minoritaire. L'évaluation de cette forme de mondialisation demeure controversée.
    Les travailleurs du tourisme dans la tourmente, par Christophe Guibert et Bertrand Réau.
    L'emploi touristique a été durement touché par la pandémie. Dans un secteur où dominent les statuts atypiques et précaires, une reprise durable passe, au-delà du soutien financier de l'Etat, par une amélioration de la qualité des emplois.
    Les fonctions sociales des vacances, par Bertrand Réau.
    Que nous apprennent les sociologues sur les pratiques de loisirs et de tourisme qui occupent nos congés ?
    Voyager : stop ou encore ?
    Débat entre Rodolphe Christin et Jean-François Rial : débat entre un sociologue, partisan de la décroissance du tourisme, et un voyagiste qui revendique des convictions écologiques. S'ils s'accordent sur certains constants, leurs préconisations divergent très largement.


    Egalement au sommaire de ce numéro :
    Quelle reprise ?

    Les impacts territoriaux de la crise, par Vincent Pacini et Olivier Portier.
    Relance aux Etats-Unis et en Europe : un océan les sépare, par Christophe Blot et Mathieu Plane.
    Défi écologique et économie « désirable » : dialogue avec Pierre Veltz.

    A propos de Déchiffrer l'économie de Denis Clerc, par Jean-Pierre Chanteau.

  • Ils ont longtemps prêché dans le désert, mais, grâce à eux, les Hommes ont pris conscience qu'ils usent la Terre. De Rousseau à André Gorz, de Simone Weil à Donella Meadows : découvrez ces prophètes de l'écologie.

  • Pendant le confinement, la nature s'est ébrouée, le ciel est redevenu bleu. Et nous avons trouvé ça beau, apaisant. Pourquoi ne pas continuer sur cette lancée ? Pourquoi ne pas écouter la voix de Greta et de tous ses followers qui nous demandent de ne plus abîmer la Terre ? Voici cinquante leçons de rattrapage pour tous ceux qui ont raté le cours d'écologie.

  • Un boulet, la dette ? Pour un ménage, souvent. Pour un pays, pas forcément. D'abord, parce qu'il ne rembourse que les intérêts. Le reste, ce que l'on appelle le principal, il se contente de le réemprunter lorsque le prêt arrive à échéance. Il fait « rouler sa dette », comme disent les économistes.

    Ensuite, parce que lorsque les taux sont bas et qu'ils sont appelés à le rester un bon moment, un Etat a tout intérêt à s'endetter à long terme pour investir dans son avenir. C'est ce que font les Etats-Unis aujourd'hui et ils ne lésinent pas sur les quantités. C'est ce que devrait faire la France du « quoi qu'il en coûte », idéalement avec un soutien de l'Union européenne.

    Le Covid a mis à nu les failles de notre modèle, les besoins criants d'investissement dans de nombreux services publics de l'Hexagone. Et la transition écologique demande des moyens considérables. L'argent n'est pas cher : profitons-en, et plaçons-le au bon endroit !

  • Plus de dette, plus d'impôts, plus de dépenses, telle est la trilogie de l'action du nouveau président américain.

    Il aura fallu moins de 100 jours à Joe Biden pour complètement révolutionner le débat de politique économique mondial. Le président américain a posé d'emblée trois objectifs : relancer rapidement l'économie après la pandémie avec un énorme plan de soutien, quitte à provoquer la surchauffe ; accroître le potentiel de croissance de long terme avec des investissements publics massifs ; réduire les inégalités sociales en taxant les riches, particuliers et entreprises, tout en menant une lutte sévère contre les paradis fiscaux.

    Un triptyque plus de dépenses, plus de dette, plus d'impôts auquel on n'était pas habitué, surtout en Europe.

  • Les Emirats arabes unis et Bahreïn ont signé avec Israël des accords de normalisation de leurs relations. Leur but est de constituer un front de sécurité régionale.

    Le 15 septembre 2020, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, les ministres des Affaires étrangères du Bahreïn, ­Abdullatif Al Zayani, et des Emirats arabes unis, Abdallah ben Zayed, signaient, à Washing­ton, sous les auspices du Président Trump, les « accords d'Abraham » normalisant les relations entre Israël et les deux Etats du Golfe. Certains ont ramené ces accords à une manoeuvre politique, utile à la fois pour un Donald Trump alors en campagne électorale et un Benyamin Nétanyahou empêtré dans ses affaires judiciaires. Si cette dimension opportuniste n'est pas absente, elle ne saurait cacher la portée géopolitique indéniable de ces accords et ce qu'ils révèlent des transformations régionales.

  • Un hors-série indispensable pour préparer les épreuves de la spécialité Sciences économiques et sociales (SES) du nouveau Bac. Il est entièrement rédigé par des enseignants de SES.
    On y trouve : les synthèses des programmes ; les notions essentielles à connaître ; des schémas pour comprendre ; des études de cas ; des graphiques et des cartes commentés ; des quiz pour vérifier ses connaissances ; des corrigés type ; des conseils méthodologiques.

  • Après une longue éclipse, la planification réapparaît dans le discours des dirigeants politiques français, parfois avec un soupçon de nostalgie. Promue d'abord par certaines franges de la gauche 1, l'idée s'est répandue pendant la débâcle du premier confinement. « Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir », déclarait Emmanuel Macron le 13 avril dernier, comme pour élargir un horizon bouché par la pandémie. Peu après, le Premier ministre annonçait la nomination d'un « Haut-Commissaire au Plan », fonction confiée à François Bayrou en septembre dernier.

    La résurrection de cette fonction évoque la « planification à la française » associée à la prospérité des Trente Glorieuses. Mais elle ne s'accompagne en réalité ni de la recréation du Plan, ni celle du Commissariat - le décret n'institue que la fonction, pas l'organisme. Le plan quinquennal, comme vision globale du développement économique et social, a disparu dans les années 1990, rendu inopérant par la libéralisation et l'ouverture économique, la construction européenne, la décentralisation. Et le Commissariat qui l'animait a cédé la place à un organisme recentré sur les fonctions d'expertise et de prospective, devenu France Stratégie. L'Etat n'a pas perdu pour autant toute ambition de se projeter à moyen terme, mais celle-ci s'est diffractée en une multitude de démarches sectorielles, comme les lois de programmation ou quelques grands programmes 2.

    Sans céder à la tentation de l'outil miracle qui résoudrait tous les maux de notre temps, cette approche kaléidoscopique de l'avenir n'est pas à la hauteur du défi que nous devons relever. Trouver les voies d'une prospérité compatible avec les limites de la planète est un chantier beaucoup plus complexe que celui de la sortie du rationnement dans les années d'après-guerre. Il implique une transformation profonde des comportements d'une multitude d'acteurs - pouvoirs publics, entreprises, consommateurs - qu'il faut mobiliser tout en préservant leur autonomie. Il suppose un effort constant pendant plusieurs décennies dans un environnement social, technologique et international mouvant. Il demandera d'arbitrer entre des trajectoires divergentes, du rationnement imposé à la fuite en avant technologique, toutes incertaines. Et il faudra aussi inventer des protections nouvelles, que ce soit pour prendre en charge les dommages du changement climatique ou pour compenser les perdants des politiques d'atténuation.

    Des contributions à ce numéro 3 se dégagent quelques idées fortes pour aborder cette transition. D'abord l'épuisement du paradigme dominant depuis une quarantaine d'années. Michel Aglietta et Etienne Espagne font le constat de la faillite du néolibéralisme et du capitalisme de rentes. Pour le dépasser, ils en appellent à une réforme profonde de la finance et à une planification articulant, au niveau territorial, renouveau productif, changement des modes de vie et décentralisation des compétences. Jean Pisani-Ferry reconnaît lui aussi l'obsolescence d'une politique économique fondée sur la primauté du marché, mais c'est pour souligner l'impréparation des pouvoirs publics face à l'ampleur des changements requis, de la politique industrielle aux agencements institutionnels, en passant par les relations internationales.

    Il n'existe, en effet, aucun modèle « sur étagère ». L'expérience du Commissariat général du Plan, créé dans l'immédiat après-guerre pour organiser la reconstruction et la modernisation de la France, est relatée par Michel Margairaz. Il montre que sa réussite est due à des conditions historiques exceptionnelles, même si des éléments de sa méthode restent une source d'inspiration. La Chine offre un autre modèle de planification difficilement imitable, analysé par Alicia Garcia Herrero.

    Au-delà de conditions économiques qui diffèrent radicalement des nôtres - par le niveau de développement ou la place de l'Etat dans l'appareil productif et financier -, ces deux exemples sont fondés sur des types de consensus impossibles à reproduire aujourd'hui. Nous ne pouvons compter, bien sûr, ni sur la discipline du parti unique (comme en Chine), ni sur la seule négociation entre patronat et syndicats (comme dans la France des Trente Glorieuses) pour susciter l'adhésion aux politiques publiques.

    A cette difficulté s'ajoute celle d'une gouvernance désormais multi-niveaux. L'Etat n'a plus le monopole de l'impulsion. Il la partage, d'une part, avec l'Union européenne, dont Jean ­Pisani-Ferry souligne le net changement de stratégie amorcé avec le Green Deal. Et d'autre part avec les niveaux infra-nationaux, qui jouent un rôle croissant dans la planification territoriale. Xavier Desjardins et Philippe Estèbe en rappellent les grandes étapes, au fil d'une décentralisation ambiguë. Devenus les principaux opérateurs de la réduction de l'empreinte écologique, les territoires n'ont pourtant pas tous les leviers en main pour construire le consentement collectif à la sobriété.

    La mise en cohérence des politiques publiques entre les différents niveaux, mais aussi au sein de l'Etat lui-même, est donc un autre défi. La stratégie nationale bas-carbone, qui dessine la trajectoire de la France vers la neutralité carbone en 2050, est sans doute, par sa transversalité, sa perspective de long terme, sa déclinaison en objectifs sectoriels intermédiaires, ce qui s'apparente le plus à une planification écologique. Benoît Leguet en souligne cependant les insuffisances, qu'il s'agisse de sa conception ou de son pilotage politique.

    « Le problème de notre temps, c'est que le futur n'est plus ce qu'il a été », écrivait Paul Valéry. La planification de demain ne pourra pas se calquer sur celle d'hier. Il faut la réinventer, avant qu'il soit trop tard.

  • Ce nouveau téléphone, en avions-nous vraiment besoin ? Et cette robe ou ce jean, alors que le placard déborde ? Et ces baskets, même éthiques ? Cernés par les publicités, nous cédons tous à des tentations, quitte à les qualifier de nécessités pour les rendre plus légitimes.

    Bien sûr, il faut acheter pour que ceux qui produisent aient un emploi. Et, bien sûr, la vie est triste si nous ne satisfaisons que nos besoins vitaux. Mais cette consommation effrénée pèse sur la planète, met parfois en péril notre santé et surtout celle des travailleurs qui fabriquent ces multiples objets dans des conditions qui peuvent être indignes.

    Certes, la vigilance se développe. Nous pouvons de mieux en mieux connaître les caractéristiques de ce que nous achetons. Le bio et l'équitable font de plus en plus d'adeptes. Les achats de seconde main aussi, même s'ils risquent de remplir davantage nos étagères. Ces comportements ne sont encore le fait que d'une minorité cependant. Et pour beaucoup d'autres, moins favorisés, le problème reste d'abord d'accéder à un minimum de consommation et de confort.

  • « Les Chiffres 2021 » ce sont toutes les données incontournables pour comprendre l'actualité économique, sociale et environnementale.

    Covid oblige, les chiffres de l'économie sont cette année hors normes ! A ceux liés aux mesures prises pour contrer la pandémie s'ajoutent les tendances de fond tout aussi importantes.

  • A l'issue d'un processus électoral laborieux, Joe Biden deviendra le 20 janvier prochain le 46e président des Etats-Unis. De quoi se réjouir ? Certes, renvoyer Donald Trump à son terrain de golf et à ses procès est déjà une bonne nouvelle ! Mais, homme de compromis, au centre du Parti démocrate, Biden ne va-t-il pas nous donner une présidence molle ? Il y a quelques raisons d'être un peu plus optimiste. Joe Biden, 77 ans, le plus vieux Président élu de l'histoire du pays, a recueilli un peu plus de 60 % des suffrages des moins de 30 ans. Les enquêtes sociologiques montrent depuis plusieurs années que les millennials (ceux nés vers 2000) sont plus écolos, plus ouverts sur les questions de société, plus partisans d'une intervention de l'Etat dans l'économie. La démographie fait que leur poids électoral est croissant et c'est, peut-être, la première élection où cette bascule vers la gauche se voit. Si le démocrate a gagné les villes, il a aussi reçu le soutien des banlieues et des Etats industriels du nord. Le trumpisme est d'abord blanc et rural, deux groupes qui pèsent de moins en moins dans la population totale.

    Il reste deux sièges de sénateurs à pourvoir le 5 janvier. Si les démocrates les gagnent,ils auront tout juste le pouvoir à l'Assemblée et au Sénat, pas une majorité suffisante pour de grandes réformes, mais de quoi agir. Sinon, il faudra convaincre à chaque fois un ou deux républicains (possible) et Trump a démontré que les décrets présidentiels peuvent faire beaucoup. Mais faire quoi ?

    Biden va réintégrer les Etats-Unis dans l'accord de Paris et défendre l'urgence d'une action climatique forte. Il pose comme principe qu'augmenter les impôts et les cotisations sociales des riches et des entreprises est une bonne politique. Que l'innovation vient d'abord d'un effort budgétaire massif de dépenses publiques. Qu'il faut augmenter le salaire minimum. Que la banque et la finance doivent être sérieusement régulées, son équipe de transition sur le sujet comporte d'importants partisans de cette voie. Et, enfin, que la mondialisation n'est pas heureuse pour tous, que le soutien à la production sur le sol national est souhaitable et possible, sans tomber dans le souverainisme exacerbé et la fermeture des économies. Pour un supposé modéré, c'est quand même pas mal comme programme ! Tout commence le 20 janvier.
    Christian Chavagneux.

  • Chaque trimestre, L'Economie politique nourrit la réflexion et le débat politique sur l'économie et la société en ouvrant ses colonnes à des universitaires, acteurs sociaux et responsables politiques qui échangent leurs points de vue sur des thèmes d'actualité. L'Economie politique est un outil au service du débat économique et social. Son contenu est distancié de l'actualité immédiate et tourné vers les enjeux politiques de l'économie.
    Son ambition : réanimer la discussion publique sur les politiques économiques et rendre le débat économique au citoyen. L'Economie politique donne la parole aux acteurs sociaux, universitaires, chercheurs et responsables politiques en France, en Europe et dans le monde. Elle s'interroge sur les fondements de l'économie comme réalité sociale, mais aussi comme discours sur la société.

  • Pas difficile de connaître la personnalité de l'année 2021?: ce sera le vaccin anti-covid ! On attendait quelqu'un de sympathique, une sorte de bienfaiteur de l'humanité. Il se révèle le fruit d'arrière-pensées et de combats économiques, doublés de quelques parents cupides. Un chiffre résume la situation : selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pas moins de 235 vaccins sont en cours de recherche. Et pas seulement pour les beautés de la science ! Inventer un bien dont la planète entière a besoin et payé en partie par l'argent public, l'aubaine est trop forte. Un grand gâchis de capitaux,car il n'y aura pas de place pour autant de produits, les premiers laboratoires remportant la mise dès les premiers mois de cette année.

    Exemple de cette course à l'argent, l'interview donnée à L'Expresspar Stéphane Bancel, le patron de Moderna. Il tente de justifier la raison pour laquelle le prix de son vaccin est beaucoup plus cher que celui de BioNTech, de l'ordre de 20-30?dollars la dose selon les différentes estimations : «?Nous ne voulons pas maximiser le profit ni le prix de vente, mais je veux rendre l'entreprise Moderna pérenne.?» En clair, ne vous plaignez pas, j'aurais pu demander plus cher, mais il faut quand même que ça rapporte ! Y compris s'il s'agit de répondre à une pandémie mondiale, y compris, souligne la BBC, quand le travail de Moderna a été payé par de l'argent public : rentabilité maximale !

    Les Etats ne se sont pas non plus comportés de manière à faire émerger un bien commun mondial. Chacun a voulu s'assurer que le vaccin serait d'abord produit sur son sol. La Chine a développé les siens et la Russie également. Les Etats-Unis ont accordé la majorité de leurs subsides publics à Moderna, une entreprise américaine. L'Europe a donné la priorité aux labos, usines et start-up locaux. Des considérations purement politiques ont aussi joué : la Hongrie tentant de s'approvisionner auprès des Russes pour ne pas dépendre d'une Europe qui dénonce ses atteintes à l'Etat de droit, l'Iran préférant utiliser le vaccin mis au point avec Cuba.

    Même avec une pandémie menaçant l'ensemble de l'humanité, l'esprit de concurrence l'emporte sur l'esprit de coopération. Après des économies bloquées, des centaines de millions d'emplois perdus, une montée des inégalités et deux millions de morts, l'hubris l'emporte. L'économie de marché ne fait pas de sentiment.
    Christian Chavagneux

  • Lors de son interview télévisée du 14?octobre dernier, le président de la République a exclu tout relèvement des minima sociaux pour aider les plus pauvres. Pourtant, la situation se dégrade. Selon les associations d'aide aux plus démunis, la pandémie va mettre un million de personnes de plus en situation de pauvreté. Le Secours populaire, qui distribue de l'aide alimentaire, signale qu'il voit arriver 45?% de gens inconnus ayant basculé dans la pauvreté. Et les départements soulignent tous un fort accroissement, jusqu'à de 15 % à 20?% sur un an, des demandes de revenu de solidarité active (RSA).

  • Le bas de laine des Français a gonflé durant les confinements. Si elle est consommée, cette épargne pourrait doper l'économie. Mais pour cela, les ménages doivent avoir confiance en l'avenir.

    Vacances annulées, restaurants et cinémas fermés, gros achats reportés... Au cours des six premiers mois de l'année 2020, les Français ont mis de côté 62 milliards d'euros de plus qu'au cours d'une année « normale », estime l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le flux total d'épargne accumulée au premier semestre s'est donc établi à un peu plus de 170 milliards d'euros, calcule l'Insee. Selon les dernières prévisions de l'OFCE, qui dressent une photo de la situation économique au 9 décembre, l'« épargne Covid » devrait augmenter encore de 27 milliards au second semestre, avec sans surprise une hausse plus importante liée au second confinement en fin d'année, pour atteindre au total 89 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2020.

    Ce pactole suscite bien des convoitises. D'une part, du gouvernement, qui y voit un outil pour relancer l'économie française à moindres frais et, d'autre part, des entreprises, qui aimeraient que les ménages le débloquent pour consommer leurs produits ou services. Il est vrai qu'une baisse durable de la consommation risque d'enclencher une spirale négative : si les ménages consomment moins, les entreprises risquent de subir une perte d'activité, et donc de licencier, entraînant une baisse des revenus des ménages, donc de nouveau une moindre consommation, et ainsi de suite. Faut-il alors forcer les Français à consommer leur épargne pour éviter le naufrage de l'économie ? Pas si simple.

    Pour les coups durs.

    L'épargne Covid est principalement allée se loger sur les comptes courants des ménages et leurs livrets d'épargne réglementée. La Caisse des dépôts et consignations, qui collecte une partie des fonds du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), a reçu des flux nets mensuels de 3,8 milliards en moyenne entre mars et septembre 2020, contre 1,7 milliard sur la même période en 2019. Côté comptes courants, les Français y ont déposé 9 milliards d'euros par mois depuis le premier confinement, contre 3,2 milliards en moyenne entre janvier 2017 et février 2020, selon la Banque de France. L'institution note à l'inverse une réduction de la collecte de l'assurance-vie. L'épargne investie dans l'immobilier (l'épargne « non financière » des ménages) a également chuté : 58 milliards d'euros au premier semestre 2020, contre 71 milliards en 2019. L'épargne Covid n'a donc pas le même profil que l'épargne traditionnelle : faute de transactions, sa composante immobilière a sans surprise diminué, passant de grosso modo deux tiers à la moitié de l'épargne totale. Dans sa composante financière, l'épargne a délaissé le placement préféré des Français, l'assurance-vie, au bénéfice de supports permettant de retirer plus facilement son argent.

    D'abord forcée par la fermeture de commerces pendant le confinement, cette épargne tend en effet à devenir une épargne de « précaution » alimentée par la crainte perçue par les ménages d'une perte de revenus ou d'emploi. D'où l'évolution observée des modalités d'épargne. Sans aller jusqu'à considérer, comme Bruno Le Maire, que « la meilleure façon [pour les Français, NDLR] de se protéger, c'est de consommer dans l'économie française », nombre d'économistes admettent qu'il serait préférable qu'au moins une partie de cette épargne se mue en consommation.

    Choisir les bonnes politiques à déployer pour ce faire nécessite de garder en tête qu'au-delà des données agrégées, ce sont surtout les riches qui ont épargné ces derniers mois. « Près de 70 % du surcroît de l'épargne ont été faits par les 20 % des ménages les plus riches », résume le Conseil d'analyse économique 1. L'organisme qui conseille le Premier ministre ajoute que les ménages appartenant aux deux déciles les plus pauvres de la population ont même désépargné : ils ont dû puiser dans leurs bas de laine pour affronter la crise. Avec un taux de dépenses préengagées (assurance, cantine scolaire, etc.) qui dépasse les 30 % (contre 19 % pour les 20 % les plus riches) et un taux d'épargne qui a oscillé ces dernières années autour de 0 %, leur consommation est en effet très peu arbitrable. Les plus riches, à l'inverse, ont un taux d'épargne de l'ordre de 30 % et dépensent habituellement une part plus importante de leurs revenus dans les secteurs contraints cette année par la pandémie (loisirs, hôtellerie et restauration, etc.).

    Il est possible, et nécessaire, d'augmenter la consommation des ménages précaires, mais la solution passera davantage par des mesures de soutien à leur pouvoir d'achat que par des incitations à dépenser un argent dont ils ne disposent pas. En clair, les ménages les plus fragiles pourront contribuer à la hausse de la consommation si on leur en donne les moyens, mais cela n'induira pas un dégonflement de la bulle d'épargne liée au Covid.

    Restaurer la confiance.

    Concentrons-nous donc sur le reste de la distribution. « Il existe peu d'exemples de périodes dans l'histoire où l'Etat a cherché à faire diminuer l'épargne, à part lors de la Grande Dépression des années 1930 », analyse l'économiste Eric Monnet. Pour le chercheur, c'est alors le New Deal qui a eu, de manière indirecte en instaurant des programmes de créations d'emplois et une assurance sociale aux Etats-Unis, l'effet le plus notable sur la diminution du stock d'épargne. « Soit on pense, dans un monde libéral, que l'épargne finira par se dépenser d'elle-même. Soit on met en place des politiques volontaristes pour diminuer les risques de chômage et de faillite afin de rassurer la population sur l'avenir », poursuit-il.C'est-à-dire des politiques visant à restaurer la confiance des ménages, qui a atteint en novembre son plus bas niveau depuis deux ans. Prolonger aussi longtemps que possible les dispositifs de chômage partiel, lancer une politique d'emplois publics, assurer par la commande publique des débouchés aux entreprises dans le cadre de la transition énergétique : voici autant de solutions qui seraient à ce titre pertinentes pour métamorphoser l'épargne en consommation.

    Si la classe moyenne a réussi à épargner pendant la crise, le gros du stock accumulé se concentre toutefois chez les très riches, dont les comportements ne sont a priori pas dictés par une crainte du chômage. Il faudrait donc aller un cran plus loin les concernant. « On peut imaginer soit une taxe sur des produits d'épargne spécifiques comme l'assurance-vie ou d'autres supports plébiscités par les plus riches, soit quelque chose de plus large sur le stock d'épargne via une réforme de la fiscalité du capital », envisage Eric Monnet. Dans un sens contraire, donc, à la réforme engagée par Emmanuel Macron en début de quinquennat, puisque l'instauration en 2018 d'un prélèvement forfaitaire unique de 30 % a réduit l'imposition du capital. L'Etat pourrait ensuite, dans l'idéal, employer les montants ainsi prélevés dans un sens favorable à la transition environnementale.

    En effet, lorsqu'on s'intéresse aux moyens de relancer la consommation, revient souvent, à juste titre, une critique adressée aux politiques keynésiennes (voir encadré) de relance par la demande, à savoir : comment encourager la consommation sans compromettre notre marche vers une économie plus verte et plus sobre ? Pour ce faire, certains ont évoqué l'idée d'un « chèque vert » alloué aux plus modestes qui ne pourrait être dépensé que dans certains produits 2. Mais ce type de dispositif permet de flécher un revenu supplémentaire accordé par l'Etat (par l'intermédiaire donc de ce chèque vert) et non pas, comme on le voudrait, les sommes épargnées par les ménages, dont la dépense relève in fine de leur seule volonté. Autrement dit, tant que les épargnants actuels ne seront pas rassurés sur leur avenir, ils ne consommeront pas davantage.

    Lorsqu'ils seront rassurés à un terme qu'il est aujourd'hui impossible de prévoir, il faudra, pour que le surplus de consommation des ménages n'entre pas en contradiction avec nos objectifs climatiques, que les clients trouvent sur le marché suffisamment de produits éco-vertueux. Cela suppose d'agir sur la structure même de notre appareil productif, ce qui est illusoire à court terme. L'épargne consommée dans les prochains mois ne deviendra donc pas verte comme par magie, tant la dépendance à nos modes de production actuels est forte, mais elle tendra à le devenir plus ou moins selon les moyens financiers et réglementaires que l'Etat se donnera pour encourager la conversion à l'agriculture biologique, lutter contre l'obsolescence programmée, aider les ménages à rénover leurs logements, etc.

    En résumé, la bulle d'épargne Covid peut être en partie dégonflée et réintroduite dans le circuit économique, si tant est que soient mises en place des réponses adaptées à la situation de chaque catégorie de ménages. Pour la part qui restera malgré tout sur les comptes, la solution est plus à chercher du côté des acteurs financiers qui assurent la collecte de l'épargne (voir page 28) que dans les comportements des ménages.
    Un avantage ou un inconvénient pour l'économie ?

    L'épargne, c'est bon ou mauvais pour l'économie ? Pour les néoclassiques, les dizaines de milliards d'euros épargnés depuis le début de la crise sanitaire constituent une offre de fonds supplémentaire disponible pour financer de l'investissement et représentent donc, à ce titre, une excellente nouvelle.

    Pour John Maynard Keynes en revanche, qui prend en compte les ressorts psychologiques de l'épargne, c'est plus compliqué. L'économiste britannique explique que les ménages reçoivent un revenu qu'ils partagent ensuite entre consommation et épargne selon leur propension à consommer. Laquelle est plus élevée pour les catégories les moins riches de la population, d'autant qu'une grande part de leurs dépenses sont contraintes (alimentation, loyer, etc.). Lorsque les commerces sont fermés, la consommation des ménages est contrainte, ils épargnent donc de manière forcée. Que peuvent-ils faire de cette épargne ? La conserver sous forme de monnaie (c'est ce qu'on appelle la thésaurisation) ou la placer sur des produits d'épargne financière pour financer l'investissement.

    Trois raisons poussent les ménages à garder leur épargne sous forme de monnaie : pour régler leurs échanges courants (motif de transaction), ce qui ne semble pas utile lors d'un confinement ; pour régler des dépenses à venir ou faire face à des imprévus (motif de précaution), a priori plus pertinent en période de Covid en raison des inquiétudes pesant sur l'emploi. Et, enfin, pour faire des paris financiers (motif de spéculation). En résumé, pour les néoclassiques, plus d'épargne aujourd'hui signifie plus de consommation demain. Tandis que pour Keynes, l'épargne est une perte de consommation qui diminue la demande adressée aux entreprises, donc l'investissement, et instaure un cercle vicieux pour l'économie.

    Un avantage ou un inconvénient pour l'économie ?

    L'épargne, c'est bon ou mauvais pour l'économie ? Pour les néoclassiques, les dizaines de milliards d'euros épargnés depuis le début de la crise sanitaire constituent une offre de fonds supplémentaire disponible pour financer de l'investissement et représentent donc, à ce titre, une excellente nouvelle.

    Pour John Maynard Keynes en revanche, qui prend en compte les ressorts psychologiques de l'épargne, c'est plus compliqué. L'économiste britannique explique que les ménages reçoivent un revenu qu'ils partagent ensuite entre consommation et épargne selon leur propension à consommer. Laquelle est plus élevée pour les catégories les moins riches de la population, d'autant qu'une grande part de leurs dépenses sont contraintes (alimentation, loyer, etc.). Lorsque les commerces sont fermés, la consommation des ménages est contrainte, ils épargnent donc de manière forcée. Que peuvent-ils faire de cette épargne ? La conserver sous forme de monnaie (c'est ce qu'on appelle la thésaurisation) ou la placer sur des produits d'épargne financière pour financer l'investissement.

    Trois raisons poussent les ménages à garder leur épargne sous forme de monnaie : pour régler leurs échanges courants (motif de transaction), ce qui ne semble pas utile lors d'un confinement ; pour régler des dépenses à venir ou faire face à des imprévus (motif de précaution), a priori plus pertinent en période de Covid en raison des inquiétudes pesant sur l'emploi. Et, enfin, pour faire des paris financiers (motif de spéculation). En résumé, pour les néoclassiques, plus d'épargne aujourd'hui signifie plus de consommation demain. Tandis que pour Keynes, l'épargne est une perte de consommation qui diminue la demande adressée aux entreprises, donc l'investissement, et instaure un cercle vicieux pour l'économie.

  • Le dossier de ce numéro est consacré aux 30 plus grands auteurs de la pensée économique contemporaine. De John Meynard Keynes à Joseph Stiglitz, leur vie, leur pensée, leur oeuvre sont décryptées avec pédagogie.

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  • Le dossier de ce 3e numéro d'Oblik portera sur "Tout ne va pas si mal : 50 raisons d'espérer" (après "Les Français ne sont pas ceux que vous croyez" dans le 2e numéro et "Manuel de survie contre les idées reçues" dans le 1er numéro qui a remporté un grand succès en librairie).

  • Un hors-série incontournable pour préparer les épreuves de sciences économiques et sociales (SES) du Bac ES. Il est entièrement rédigé par des enseignants de SES.
    On y trouve : les synthèses des programmes ; les notions essentielles à connaître et des schémas pour comprendre ; des études de cas ; des graphiques et des cartes commentés ; des quiz pour vérifier ses connaissances ; des corrigés et des conseils méthodologiques. On y trouve : les synthèses des programmes ; les notions essentielles à connaître et des schémas pour comprendre ; des études de cas ; des graphiques et des cartes commentés ; des quiz pour vérifier ses connaissances ; des corrigés et des conseils méthodologiques.

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