Yann Scioldo-Zürcher

  • En posant la question de l'action de l'État français dans le " devenir métropolitain ", Yann Scioldo-Zürcher montre une vigoureuse politique d'intégration à l'oeuvre qui dément à la fois une histoire trop larmoyante et met au jour la politique d'intégration de l'État. Pour comprendre cette histoire d'une émigration / immigration / installation, Yann Scioldo-Zürcher revient d'abord sur les populations présentes en Algérie coloniale et les conditions dramatiques du départ. Le principe d'une aide au rapatriement se met en place dès avant " l'Exode ". Ce qui n'empêche pas les difficultés réelles de l'insertion. Inédite, cette étude est également remarquable car, outre la quantité d'archives publiques dépouillées, elle fait entendre la voix des rapatriés sans négliger les représentations attachées aux Français d'Algérie. En inscrivant cette histoire des rapatriés dans l'histoire de l'immigration, l'auteur invite à la fois à relativiser et mesurer la singularité du destin des pieds-noirs d'Algérie. Il est étonnant d'observer ce qu'un État peut faire, quand il le veut, pour l'intégration des nouveaux venus. "Pour l'historienne des migrations, il est étonnant de voir à quel point l'État peut promouvoir des mesures très concrètes d'aide à l'insertion pour les gens venus d'ailleurs quand il le veut et méditer sur la façon dont l'État choisit ceux qu'il aide. Mais surtout il s'agit de voir comment une politique d'intégration peut se mettre en place, à la fois pour les besoins de protection des citoyens et de protection de l'État et de pacification de la société civile dans son ensemble au sortir d'une guerre longue et délétère. Le pouvoir des droits de la citoyenneté est ici éclatant. Aider les siens suppose d'avoir construit cette distinction entre ceux qui sont inclus et les autres (quitte à négliger ceux qui se sont battus pour la France, mais sans être des nationaux). L'ouvrage pose enfin la question de la définition même de l'immigration. " (Nancy Green, historienne).

  • Alors que Jérusalem, proclamée capitale éternelle par l'État d'Israël, est au coeur d'un conflit religieux, politique et médiatique, ses transformations contemporaines montrent une image contrastée. Singulière au plan géo politique, elle fait cependant l'objet, comme d'autres villes, d'un processus de reconquête et de spéculation. Celui-ci s'opère principalement à des fins religieuses et conforte la séparation entre Israéliens juifs et Palestiniens de Jérusalem ou d'Israël, au détriment de la mixité urbaine et sociale. En inscrivant l'analyse des transformations de la ville dans une perspective historique, l'ouvrage aborde tour à tour la sociologie et la démographie de Jérusalem-Ouest depuis 1948, sa gouvernance de plus en plus religieuse et son orientation croissante vers le tourisme et les classes aisées. Jérusalem-Est, quant à elle, apparaît de plus en plus isolée et périphérique. Le livre montre de façon réaliste les récentes mutations sociologiques, économiques et urbaines de la ville trois fois sainte, marquée par une inexorable tendance au repli, malgré la volonté politique d'en faire une capitale internationale.

  • Les migrations internationales contribuent à définir l'État et ses formes de citoyenneté. Elles modifient les relations professionnelles, transforment les espaces géographiques et jouent un rôle fondamental dans les expressions artistiques. Par effet miroir, les pratiques des migrants sont, elles aussi, tributaires des contraintes et opportunités qu'ils rencontrent dans les espaces qu'ils traversent, sinon investissent.

    De l'Europe au continent américain en passant par l'Afrique, ce livre illustre la façon dont les études migratoires permettent d'éclairer les sociétés contemporaines, depuis leur construction politique jusqu'aux multiples échelles servant à l'analyse des pratiques sociales quotidiennes. Prises ensemble, elles initient un dialogue nécessaire entre spécialistes des migrations et des sciences sociales.

    En d'autres termes, penser les migrations est "un moyen de penser la société", au-delà de la question du contrôle des frontières par les États, à laquelle elles sont trop souvent réduites.

  • Les migrations internationales sont une clef de compréhension essentielle du fonctionnement du monde actuel. Elles constituent un enjeu fondamental dans chacune des sociétés qu'elles concernent, qu'il s'agisse des régions d'origine, des pays d'installation ou des zones de transit. Le "paradigme migratoire" offre un puissant outil d'analyse des transformations sociales et spatiales à l'oeuvre dans le monde. Aurait-on pu par exemple imaginer, il y a trente ou quarante ans, que la question migratoire marquerait à ce point les élections nord-américaines, britanniques, allemandes, hongroises, autrichiennes, néerlandaises, italiennes... et bien entendu françaises ?

    Les auteurs - géographes, sociologues, historiens, anthropologues, juristes, démographes - font le point sur la façon dont ont été conçues, élaborées et traitées les problématiques relatives aux migrations depuis une trentaine d'années. Chaque chapitre montre comment un domaine de recherche a émergé, tiraillé entre demande publique (possédant ses propres objectifs généralement de court terme) et autonomie de la recherche attachée à la construction des savoirs. Il en résulte un ouvrage qu'on peut utiliser comme un manuel, utile à tous ceux qui veulent comprendre la complexité des migrations internationales.

    Avec les contributions de :

    Karen Akoka, Cédric Audebert, Marine Bertrand, Marie Chabrol, Pascaline Chappart, Olivier Clochard, Victoire Cottereau, Fathallah Daghmi, Kamel Doraï, Hadrien Dubucs, Antoine Dumont, Françoise Dureau, Lucine Endelstein, Eleonora Guadagno, Marie-Antoinette Hily, Anne-Cécile Hoyez, Christophe Imbert, Thomas Lacroix, Véronique Lassailly-Jacob, David Lessault, Pierre-Yves, Emmanuel Ma Mung, Adelina Miranda, Naïk Miret, Véronique Petit, Isabelle Rigoni, Nelly Robin, Yann Scioldo-Zürcher, Hélène Simon-Lorière, Alain Tarrius, Marie-Françoise Valette.

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