Littérature générale

  • Les coups du sort

    Philippe Rousseau

    On n'arrête pas le temps. Scrutant les événements d'une vie, on pointe toujours des étonnements. Et voyant ce qui ponctue une année, on s'habitue aux repères, on les colore de notre intérêt. Il faut bien que chaque saison qui passe corresponde à son mythe. Il faut bien que le sort soit comme un ennemi, un dé   pour que l'âme humaine ne se sente pas piégée par le temps qui passe mais rassérénée par ses chances de combats. Face à tant de questions surviennent des réponses décalées ou illusoires. Les coups du sort seraient alors les coups de gong d'un match qui fait rage entre chacun et sa petite destinée. Les coups qui résonnent quand l'âme se raisonne...

  • Humeurs vagabondes

    Philippe Rousseau

    Des Humeurs vagabondes... Un vagabondage en soi, un dédale que chacun connaît bien en s'éclairant lui-même, avec ses tableaux, ses visiteurs, ses recoins habituels, ses lieux préférés. Ces humeurs sont les pièces de la mosaïque de vie, plus ou moins originales ou banales, qui se recoupent et se contredisent. Elles sont les couleurs du temps, c'est pourquoi elles nous prennent et nous laissent entre les chemins et les écueils quotidiens. Des voies s'éclairent...

  • Les suppléments d'âme ponctuent l'existence : scènes, paysages, réflexions, portraits... que le poète se remémore. Ils sont pour Philippe Rousseau le moyen de ressaisir l'essence de la vie. Exposés par groupes de cinq, ils révèlent le jeu de l'existence : vie, mort et renaissance.
    Les mystères de la pierre y répondent. La pierre n'est pas fidèle à sa lourde image : elle vit toujours de ses grouillements et parle à l'imagination des esprits vifs ou inquiets. Elle n'est jamais simple ou tranquille, car elle porte comme un destin sa lente transformation sous l'effet du temps et elle accueille les éphémères histoires humaines.

  • Effets de miroir

    Philippe Rousseau

    Les miroirs multiplient les images. Dans leur espace créé se déploie un monde inversé, meublé de correspondances, une symétrie où se côtoient les objets, les êtres, qui cherchent leur contraire. N'y aurait-il pas dans cette métaphore l'idée que ces reflets nous hantent, que chaque instantané du réel peut y trouver son même-opposé comme dans la réflexion de la glace ?

    Les fragments constituent la vie. La continuité est tromperie, vivre est un parcours ferroviaire où les gares ne se ressemblent pas, où les voyageurs font ce qu'ils peuvent, confrontés les uns aux autres, forcés d'avancer en tirant les leçons, nomades sur leur continent de fortune ou d'infortune.

    Quand les maléfices s'exhibent alors s'installent les parades où témoins et acteurs se mêlent. Puis l'histoire avance, la nuit les recouvre, même si celle-ci est aussi fertile en terrain sublime qu'en terrain effroyable. Il faudra à la longue faire confiance à la nuit accoucheuse de mystère et semeuse de richesses.

  • Arrêts sur image au fil des jours, pensées du soir, du matin... Qui ne se réveille ou s'endort sans images imprimées sur une rétine mouvante ?
    Les tableaux d'un moment rassemblent du vécu, du rêve, de l'envie, ils prennent aussi une autonomie, évoluent, surprennent. La mémoire est chargée de myriades de ces compositions que l'intérêt artistique a investies et redéploie l'espace d'une minute.
    Entre le matin et le soir, entre le soir et le matin c'est la boucle des visions qui présente chaque fois un anneau chargé de l'immuable passé et du présent fluctuant. Le clic de la boucle, c'est le déclic de la vision ; l'esprit a horreur du vide, il produit des tableaux aux jonctions du temps, sur des scènes imaginées, dans des labyrinthes habités.

  • Ils sont assis au comptoir. Dans la ville, c'est l'heure des buveurs invétérés. Solitaires ou accompagnés, ils enchaînent les verres au fil des heures d'une nuit interminable. Parmi eux, le narrateur, ivre, observe. Ici trois jolies jeunes filles, se disputent leus grâces, là un vieil homme alcoolique garde désespérement le silence. De bar en bar, il nous livre sa solitude et la soif d'infini qui le guide. Les pages de Crépuscule des comptoirs sont autant de rencontres et de tranches de vie. A chaque comptoir se dessinent le passé, les souffrances mais aussi les aspirations de ceux qui, un verre à la main, n'ont jamais cessé de rêver.

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