Nikos Foufas

  • "Comment le jeune Engels conçoit l'événement probablement le plus révolutionnaire de l'histoire allemande, la Grande Guerre des paysans ? Pour quelles raisons se met-il à écrire à la fin des années 1840 l'histoire de la grande crise sociale, économique aussi bien que religieuse qui a secoué le Saint-Empire en 1524-1525 ? Cet ouvrage propose une lecture attentive du livre d'Engels La Guerre des paysans en Allemagne, soutenant la thèse qu'il s'agit de la première application théorique concrète des principes et de la compréhension du matérialisme historique à l'analyse d'un événement historique."

  • "Ce livre interroge les concepts de force et de violence dans l'oeuvre de Thucydide. En particulier, nous essayons de lire son histoire par le biais de la lutte violente pour la domination. Comment Thucydide comprend-il la domination, mais surtout le conflit de deux forces différentes, celle d'Athènes et celle de Sparte ? Comment reconstruit-il la naissance et la formation des premières forces dans le monde grec ? Comment décrit-il la violence qui transforme le sort des villes impliquées dans cette guerre ? Pouvons-nous dire que pour Thucydide l'histoire est essentiellement le lieu de la souffrance humaine ?"

  • "Dans la pensée de Rousseau, l'aliénation revêt plusieurs sens. Cette notion, qui avait principalement une origine théologique et fut par la suite associée aux théories du contractualisme, celle de Hobbes par exemple, ou à la théorie du droit de Grotius, subit alors une profonde transformation. En dépit de son rôle central dans la pensée politique de Rousseau, elle a été peu étudiée de façon systématique. Cet ouvrage propose une lecture méthodique de Rousseau, afin d'éclairer sa conception de l'aliénation et de comprendre sa dualité, fondement de l'auto-institution de la communauté politique."

  • "Cet ouvrage se donne comme tâche principale de lire minutieusement et d'interroger en détail « Les antinomies de la pensée bourgeoise », deuxième partie du fameux essai du jeune Lukács, La réification et la conscience du prolétariat, texte central de son ouvrage le plus influent, Histoire et conscience de classe (1923). Dans cette partie, Lukács reconstruit et critique d'une façon saisissante les contradictions du rationalisme philosophique des 18e et 19e siècles, aussi bien que les antinomies de l'idéalisme allemand (Kant, Fichte et Hegel). L'auteur tente de montrer comment Lukács conçoit les contradictions conceptuelles qui sont au coeur de la philosophie moderne bourgeoise, comme le reflet et la condensation théorique des contradictions historiques de la totalité sociale du capitalisme."

  • Cet ouvrage se propose comme tâche une lecture méthodique de la place centrale et des sens multiples de l'aliénation, aussi bien que du statut théorique de l'extériorisation dans la "Phénoménologie de l'esprit" de Hegel. Quelle est la place de ces notions dans l'oeuvre majeure du philosophe allemand ? Mais, à part la compréhension de la centralité et des métamorphoses du concept d'aliénation dans l'ensemble du texte de 1807, nous essayons de lire les fameux chapitres sur la culture (Bildung) et le savoir absolu, à travers précisément l'extériorisation et l'aliénation. Nous voulons ainsi mettre l'accent tantôt sur l'aspect et l'enracinement profondément social-historique de ces deux notions, tantôt sur leur sens spéculatif, autrement dit, concevoir l'itinéraire par le biais duquel l'esprit forme l'effectivité, finissant par former son propre être.

  • Cet ouvrage étudie le concept de réification dans l'oeuvre de Georg Lukács, dans sa période dite pré-marxiste, et fait une analyse approfondie du premier chapitre de La réification et la conscience du prolétariat, essai central du livre Histoire et conscience de classe. En quoi consiste la réalité de la réification qui, selon Lukács, est ce qui caractérise la totalité sociale du capitalisme, en tant qu'ensemble de processus et de relations qui déterminent et imprègnent chaque aspect et manifestation de la vie des individus ? Comment, dans le règne de la structure marchande et de la calculabilité, les individus arrivent-ils au point où ils pensent que le réel n'est que le réifié et que le réifié est le réel ?

  • "Dans cet ouvrage à deux voix, le matérialisme est interrogé : sur son statut scientifique d'abord, que l'idéologie spiritualiste dominante tend à nier malgré l'apport de Darwin. Mais aussi en comparant le matérialisme classique de Marx et celui, vitaliste, de Nietzsche. Mais aussi sur des questions plus larges qui interpellent la pensée matérialiste : comment concevoir la morale ? Implique-t-elle nécessairement l'athéisme ? Comment concevoir l'aliénation humaine ? D'où l'intérêt de revenir au matérialisme historique marxien et de l'éclaircir."

  • "Comment le jeune Hegel définit-il la notion du positif et le concept de positivité ? Pour quelles raisons insiste-t-il sur la critique du judaïsme et du christianisme ? Ce livre essaie de mettre en perspective que la positivité est la perte de la part de l'être humain de la maîtrise de sa propre vie, la privation de l'autonomie du sujet au profit de l'autonomisation du monde des objets, aussi bien que l'asservissement des personnes à des lois et à des forces étrangères et hostiles. Ainsi cet ouvrage propose de comprendre la positivité, tantôt comme l'extension des rapports mutilés entre l'être humain, le monde et la nature, tantôt comme le prodrome du concept de l'aliénation."

  • Ce livre tente de mettre en lumière la formation et le développement des concepts de travail, d'outil et de division sociale dans la pensée du jeune Hegel, élaborés dans ses écrits de la période d'Iéna (1801-1807) et restés relativement à l'écart de la recherche hégélienne. Ainsi, nous proposons d'examiner d'une façon minutieuse, d'une part la genèse et l'usage de la notion de travail et d'autre part, d'interroger en détail l'évolution et le traitement de la reconnaissance, de la domination et de la servitude aussi bien que les impasses auxquelles la figure du maître aboutit.

  • Quel rapport entretenait Marx avec la culture, l'histoire et la philosophie de la Grèce antique ? Pourquoi le jeune Marx s'était-il intéressé à la pensée d'Épicure ? Que représentait pour lui la philosophie enseignée par le fondateur de l'École du Jardin ? À part l'aspect purement philosophique du rapport de l'auteur du Capital à la Grèce antique, on se donnera également pour tâche de mettre en perspective la contribution que les notions marxiennes de classe, de lutte des classes et d'exploitation peuvent apporter à une compréhension féconde de l'histoire des formations sociales grecques, en partant de l'oeuvre majeure de l'historien britannique G. E. M. de Ste Croix.

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