Michel Fromaget

  • En Occident, l'homme est défini selon un modèle limité à deux dimensions : il est corps et âme. Michel Fromaget montre ici, conformément aux enseignements du Nouveau Testament, de l'hindouisme, du bouddhisme, du taoïsme et à la suite des anciens égyptiens, des Présocratiques, de la tradition philosophique antique, des Pères de l'Église - et, plus récemment de Nicolas Berdiaev et de Maurice Zundel, que l'esprit est une composante oubliée, et pourtant essentielle, de cette conception de l'être humain. Et c'est précisément la conception dualiste de l'homme comme seulement corps et âme qui, en tant que présupposé qui conditionne et limite notre façon de vivre et de penser, nous empêche de concevoir l'homme en trois dimensions - comme « corps, âme, esprit ».
    Dans cet essai, Michel Fromaget, nous invite à (re)découvrir cette dimension spirituelle en nous : il nous guide progressivement vers l'actualisation de cette « seconde naissance », naissance à la totalité de soi-même qui scelle la vocation de l'homme achevé.
    Un tel ouvrage n'est pas anodin : sa portée et son enjeu sont d'une gravité extrême, puisqu'ils renvoient à la question de l'acceptation ou non des conditions de notre vie et de notre mort - ou de notre éternité.

  • Qui aime les églises romanes n'a pas manqué de s'interroger sur la signi cation de ces symboles étranges qui entourent le Christ en gloire au tympan de nombreuses cathédrales et abbatiales : un homme ailé ou ange, un aigle, un lion et un taureau ailés. Associés aux quatre Evangélistes, ils s'enracinent dans la vision des "Quatre Vivants" du prophète Ezéchiel, et dans l'Apocalypse de Jean. La symbolique déployée ici a longtemps nourri une vision initiatique du christianisme.
    Dès le XIIIe siècle, l'Eglise d'Occident n'interrogera plus guère ces quatre images. La Kabbale et les courants mystiques de la Renaissance tardive, puis les mouvements occultistes du XIXe siècle et une certaine tradition ésotérique contemporaine consacreront leurs recherches à cette étonnante métamorphose des qualités et activités symboliques du Christ.

  • " Maurice Zundel est un mystique immense.
    Certainement l'un des plus grands des temps modernes. Ses intuitions, ses illuminations sont fulgurantes. Ainsi que l'avait bien compris le pape Paul VI, qui le connut très tôt, Zundel est un véritable génie spirituel. Là est sans doute la raison, paradoxale, pour laquelle il fut totalement incompris par ses supérieurs et demeure encore aujourd'hui si peu connu du monde. Car, l'histoire nous l'apprend, il faut aux hommes ordinaires souvent des dizaines d'années, voire plusieurs siècles, pour se familiariser avec de tels génies et commencer à en prendre la vraie mesure".

  • Dans sa lettre à Maurice Zundel, Albert Camus dit combien il aurait aimé discuter avec lui.
    Marc Fromaget a donné corps à cet entretien en s'appuyant scrupuleusement sur leurs écrits. Une manière originale et puissante d'aborder la souffrance, les rapports de l'homme et du monde, la présence de Dieu...

  • Notre anthropologie fondamentale est aujourd'hui dualiste : l'homme, croyons-nous, est formé seulement d'un corps et d'une âme. Nous pensons que notre vie ne présente que deux aspects, unis certes mais distincts: un aspect physique (le corps) et un aspect psychologique (l'âme).
    Cette anthropologie dualiste est celle de l'opinion commune, mais aussi celle de la culture, des philosophes, des sociologues, des anthropologues, des théologiens, des artistes. Bref le dualisme âme/corps est une évidence incontestable pour nous aujourd'hui. Or, Michel Fromaget nous montre qu'en oubliant l'esprit, l'homme ne se connait plus ; l'humanité a oublié le secret fondamental de son essence : l'esprit.
    L'objet de cette étude, interrogeant les anthropologies antiques, tout particulièrement celle du christianisme originel et celle des premiers Pères de l'Eglise, est donc d'aider à retrouver le sens, ainsi que le chemin, de cette troisième « phase » de l'homme : l'esprit.
    L'anthropologie ternaire (corps, âme, esprit) fondamentale introduite en ces pages tâchera de le montrer, ce secret concerne la réalité et la nature de l'être essentiel vivant en chacun. Nous pourrions écrire que ce secret est : l'Être même de l'homme.
    Ce livre exceptionnel pourrait nous servir de boussole dans le monde qui est le nôtre en recherche de sens.

  • A travers une présentation des grandes dates de la vie d'E. Hillesum, l'auteur interroge son expérience à la lumière des enseignements de M. Zundel. Son oeuvre et sa vie sont confrontées à celles d'autres femmes, juives, déportées et tuées elles aussi dans les camps de la mort (A. Frank, E. Stein, H. Dallos, H. Berr). Il dresse également le portrait du psychanalyste J. Spier, qui la fit connaître.

  • À la lumière de nombreuses explications simples et précises concernant chacune des trois dimensions constitutives de l'homme - celle de son corps, celle de son âme qui l'ouvre sur le monde des idées et des pensées et enfin celle de son esprit qui l'ouvre sur le monde des réalités spirituelles - le propos du présent ouvrage est de faire apercevoir l'étonnante mesure dans laquelle cette compréhension « ternaire », ou « spirituelle » de l'être humain est à même de féconder et de renouveler la réflexion sur des sujets aussi fondamentaux, mais aussi infiniment proches de chacun de nous, que : l'amour et le désir, l'émerveillement et la joie, la mort et le mourir, les coïncidences et la providence. Mais de se référer à cette conception de l'homme permet aussi d'éclairer à une grande profondeur l'étude de questions, certes moins immédiates et plus théoriques, mais tout aussi essentielles. C'est là ce qu'illustrent différents essais de ce livre qui abordent, sous exactement le même angle anthropologique, des thèmes aussi divers que : l'évolution biologique, la problématique de l'inceste, les phénomènes mystiques extraordinaires, ou encore la pensée de Maurice Zundel. Soucieux, enfin, de faire découvrir, comprendre, et aimer l'histoire de la conception anthropologique ternaire, ce livre s'attache non seulement à en exposer les origines chrétiennes - notamment les racines scripturaires - mais aussi à en démontrer l'extraordinaire invariance. Car, comme le montre l'étude des civilisations comparées, le paradigme anthropologique ternaire présente la singulière particularité de n'appartenir, en propre, à aucune culture, aucune période historique, aucune philosophie, aucune religion particulière. On le retrouve, en effet, aussi bien en Occident qu'en Orient, en Europe qu'en Asie, en Égypte qu'en Chine. Pour tirer le meilleur parti de la lecture des douze essais formant cet ouvrage, aucune connaissance préalable de l'anthropologie spirituelle, ou ternaire, n'est requise. Chacun peut être lu en lui-même, pour lui-même et sans nulle référence aux autres.

  • "Soulignant ce fait, j'en viens à cette remarque d'apparence bénigne, mais que je crois capitale. Est-il vrai - surtout de nos jours - que la conception anthropologique moderne qui prive l'homme de sa dimension spirituelle, qui le prive de l'esprit, et le condamne par là à n'être que physique et psychique, que corps et âme, est-il vrai que cette conception marche" ?

  • "Le parti choisi par cet ouvrage, en vue de mettre à jour la manière dont Jésus-Christ, les évangélistes, les apôtres et les premiers Pères de l'Eglise comprenaient l'immortalité et la damnation a été de suivre le grand principe des sémioticiens qui leur intime de ne se fier qu'au texte. Avoir procédé ainsi permet d'affirmer que les soi-disant dogmes de l'enfer éternel et de l'immortalité naturelle de l'âme sont étrangers au christianisme originel. En cela, et en raison de l'ampleur de sa documentation scripturaire et historique, ce livre est aujourd'hui sans équivalent."

  • Michel Fromaget reprend ici et enrichit considérablement une précédente version d'un ouvrage témoignant d'une compréhension très profonde de l'émerveillement et de l'amour, du vieillissement et de la mort et dont le contenu appartient en propre à l'anthropologie ternaire " Corps, Âme, Esprit ".
    La drachme perdue présente et explique avec la plus grande clarté qu'il se peut, à un large public, les principales affirmations de l'anthropologie " Corps, Âme, Esprit ", qui aboutissent à une compréhension de l'être humain essentielle et vivante, quoique tombée en désuétude en raison des choix actuels de notre civilisation. Le fait de refuser ou de consentir à cette conception de l'homme, et donc de nous-mêmes, conditionne en profondeur, sans que nous en ayons nulle conscience, jusqu'aux plus modestes pensées, paroles et gestes de notre vie quotidienne.
    Le lecteur pourra apercevoir l'immensité de l'enjeu psychologique et existentiel inhérent à cette anthropologie, ainsi que le poids de l'espérance qui l'habite. Puisse la drachme retrouvée aider chacun à cultiver et récolter les fruits dont elle parle.

  • La grande initiatrice du mouvement de soins palliatifs, Cicely Saunders, l'a magnifiquement montré : la souffrance qui accompagne la fin de la vie est, le plus souvent, une souffrance totale.
    C'est une souffrance qui, non seulement vient du corps et du mental, mais aussi de l'esprit. La douleur physique engendrée par la vie du corps et la souffrance psychique par celle de l'âme (du mental ou du psychisme puisque ces trois-là sont un) sont, de nos jours, bien connues et, lors des dernières heures, mieux soignées. Il en va différemment de la souffrance spirituelle qui est trop souvent mal comprise, quand elle n'est pas ignorée par les praticiens des soins palliatifs et de l'accompagnement des mourants.
    Quelle est cette souffrance spirituelle qui, lorsqu'elle n'a pas été suffisamment entendue et comprise durant la vie, s'exacerbe à l'approche de la mort ? Comment l'exprimer ? Qu'a-t-elle à dire et, notamment, à celui qui va mourir ? Quel est cet esprit, quel est ce composant de l'homme dont elle porte si haut le témoignage et qu'en même temps elle réclame avec tant de force et d'insistance puisque, sans lui, aucun mourant ne saurait certainement bien mourir ? Quelle est, au-delà du corps et de la psyché, cette troisième dimension de l'être, si nécessaire à l'accomplissement de l'homme, et dont l'oubli, selon le mot de Zundel, inéluctablement fait de la mort un gouffre ? Telles sont les principales questions que ce livre, destiné à un large public, mais enraciné dans une conception de l'homme souvent niée, se propose d'éclairer aussi loin qu'il se peut.
    Coïncidence non dépourvue de sens, cet ouvrage, écrit sans le savoir durant les derniers mois de la vie de Cicely Saunders, développe cette même anthropologie tripartie dont elle avait une intuition très vive et qui, sans cesse, inspira son admirable travail.

  • La civilisation occidentale a choisi depuis le Moyen Age de concevoir l'être humain selon un paradigme dualiste : le physique le psychique, le corporel le mental. Mais l'humanité connaît aussi un fameux paradigme anthropologique ternaire : "Corps, âme, esprit" qui en Orient marque profondement l'hindouisme, le bouddhisme, le taoisme et qu'en Occident joua un grand rôle dans le christianisme ancien. Dix essais ici permettent de mieux le penser, mieux l'explorer.

  • Sur les traces d'Olivier Clément qui voyait « un même recours à l'essentiel de l'Evangile et de la Tradition » chez Zundel et Berdiaev, Michel Fromaget montre que la conception de l'homme du christianisme originel se signale par trois traits fondamentaux : une conception ternaire et non pas binaire du composé humain, une conception réaliste et pas seulement symbolique de la seconde naissance, une conception optionnelle de l'immortalité de l'âme. Ces « trois fils d'or » sont ceux que Maurice Zundel et Nicolas Berdiaev, dans un même élan, pratiquement à la même époque, et avec les mêmes raisonnements, ont su identifier, illustrer et expliquer avec un tel art et une intelligence telle que depuis, sinon la fondation du monde, du moins saint Irénée à la fin IIe siècle, cela ne s'était jamais vu.

  • A la lumière de nombreuses explications simples et précises concernant chacune des trois dimensions constitutives de l'homme - celle de son corps, qui l'ouvre sur le monde matériel, celle de son âme (c'est-à-dire de son psychisme) qui l'ouvre sur le monde des idées et des pensées, et enfin celle de son esprit qui l'ouvre sur le monde des réalités spirituelles - le propos du présent ouvrage est de faire apercevoir l'étonnante mesure dans laquelle cette compréhension " ternaire ", ou " spirituelle " de l'être humain est à même de féconder et de renouveler la réflexion sur des sujets aussi fondamentaux, mais aussi infiniment proches de chacun de nous, que : l'amour et le désir, l'émerveillement et la joie, la mort et le mourir, les coïncidences et la providence.
    Mais de se référer à cette conception de l'homme permet aussi d'éclairer à une grande profondeur l'étude de questions, certes moins immédiates et plus théoriques, mais tout aussi essentielles. C'est là ce qu'illustrent différents essais de ce livre qui abordent, sous exactement le même angle anthropologique, des thèmes aussi divers que : l'évolution biologique, la problématique de l'inceste, les phénomènes mystiques extraordinaires, ou encore la pensée de Maurice Zundel.
    Soucieux, enfin, de faire découvrir, comprendre, et aimer l'histoire de la conception anthropologique ternaire, ce livre s'attache non seulement à en exposer les origines chrétiennes - notamment les racines scripturaires - mais aussi à en démontrer l'extraordinaire invariance. Car, comme le montre l'étude des civilisations comparées, le paradigme anthropologique ternaire présente la singulière particularité de n'appartenir, en propre, à aucune culture, aucune période historique, aucune philosophie, aucune religion particulière. On le retrouve, en effet, aussi bien en Occident qu'en Orient, en Europe qu'en Asie, en Egypte qu'en Chine. Ce qui à la réflexion étonne sans mesure.
    Pour tirer le meilleur parti de la lecture des dix essais formant cet ouvrage, aucune connaissance préalable de l'anthropologie spirituelle, ou ternaire, n'est requise. Bien au contraire, chacun de ces essais constitue une excellente occasion de la découvrir. En outre chacun peut être lu en lui-même, pour lui-même et sans nulle référence aux autres.

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