Michèle Riot-Sarcey

  • Histoire du féminisme

    Michèle Riot-Sarcey

    • La decouverte
    • 15 October 2015

    L'histoire du féminisme en France ne diffère guère de celle des autres pays occidentaux : fragmentée et en décalage avec l'histoire politique. Depuis la Révolution française, les femmes ont cherché à sortir de la sphère du privé dans laquelle les autorités ont cherché à les confiner. Lentement, avec difficulté, elles ont surmonté les obstacles et conquis peu à peu des fonctions longtemps réservées aux hommes. Mais la barrière la plus insurmontable fut sans doute celle du politique, au sens large de l'espace public. Les droits civiques « accordés » très tardivement (octobre 1944) au « deuxième sexe » ne mirent pas un terme aux interdits, particulièrement celui de l'exercice du pouvoir qui est resté un privilège des hommes. Le code civil, parangon de la modernité, dit-on, maintint les femmes encore plus longtemps dans l'état d'infériorité. L'ouvrage retrace les itinéraires conflictuels et les multiples aspects des luttes en faveur de l'égalité, jusqu'à l'actualité de la « parité » dont le succès peut masquer le maintien des inégalités que révèle la polémique soulevée par l'introduction du genre dans l'enseignement.
    Cette nouvelle édition s'apparente à une « histoire du féminisme et du genre », car l'auteure est parmi les premières à user de la méthode introduite par le concept. En ce sens, le féminisme exprime la réaction critique à l'encontre d'une identité sociale « genrée ».

  • C'est l'actualité de la question du genre qui pousse l'auteur à publier cet ouvrage. À preuve la réunion récente (septembre 2014) d'un congrès international « Etudes de genre en France » à l'ENS de Lyon. Le concept du genre a suscité l'intérêt d'un nombre croissant de chercheurs en sciences humaines et a bousculé le regard traditionnel. L'historienne Michèle Riot-Sarcey, pionnière en France de l'utilisation de ce concept, a écrit de nombreux articles pour en démontrer sa pertinence épistémologique dans l'analyse historique et défendre son utilisation opératoire. Avec cet ouvrage, elle propose de rassembler l'essentiel de ses articles, dont certains devenus introuvables. Elle donne ainsi un état de l'apport actuel de la notion de genre à la discipline historique. Au sommaire, on trouve des articles révélateurs de l'évolution d'une réflexion sur les vingt dernières années (concept/féminisme/femmes, pouvoir et politique/citoyenneté/représentations/sensibilités/écriture de l'histoire.).

  • Le procès de la liberté

    Michèle Riot-Sarcey

    • La decouverte
    • 21 January 2016

    Dans cet ouvrage, Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français. Des idées largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l'histoire devenue canonique. Leur actualité s'impose pourtant aujourd'hui, à l'heure où l'idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l'individualisme.
    Ce passé inaccompli est ici revisité à partir de ses traces multiples : publications politiques, archives, romans, poésie, tableau, etc. Avec un souffle singulier, l'auteure restitue l'étonnant parcours de vie de femmes et d'hommes du peuple si nombreux à s'engager dans les chemins de la révolte, révélant ainsi les modalités méconnues de l'effacement de cette histoire. Comme le rôle des idées du « socialiste » Henri de Saint-Simon, qui influença tant de ces acteurs avant de se retrouver au coeur du projet capitaliste et industrialiste du Second Empire. Ou encore celui de Victor Hugo, dont l'immense succès des Misérables contribua à l'oubli de l'esprit de liberté qui avait marqué les insurrections de 1830 et 1848.
    Cette fresque audacieuse, aussi excitante à lire qu'elle est remarquablement documentée, démontre la pertinence de la pensée de Walter Benjamin sur la nécessité de « faire exploser les continuités historiques ». Et elle invite à comprendre autrement les symboles aujourd'hui en ruines du XIXe siècle français : philosophie du progrès, contrôle de l'ordre social, « mission civilisatrice » de la république coloniale. Afin de libérer la modernité créatrice de la modernité dévastatrice, ce livre entend ainsi donner à voir sous un jour nouveau les rêves du passé, dont l'actualité prend sens au présent dans la quête d'un avenir radicalement autre.

  • Gilets jaunes, jacquerie ou révolution

    Michèle Riot-Sarcey

    • Le temps des cerises
    • 2 January 2020

    Le mouvement des Gilets jaunes est certainement le mouvement social le plus long qui se soit jamais produit au cours de l'histoire de la France contemporaine. Même si de nombreuses références historiques s'expriment, en particulier à la Révolution française et aux Sans-culottes, c'est un mouvement qui présente des traits originaux et forts qui bousculent les images toutes faites, dans les médias, mais aussi dans le monde syndical et politique.

  • De la catastrophe

    Michèle Riot-Sarcey

    • Editions du detour
    • 4 October 2018

    Livre pessimiste ? En apparence seulement. De la catastrophe rassemble un concentré synthétique des événements inouïs qu'ont dû vivre et subir les contemporains, du mythe du Déluge à la réalité de Fukushima.
    L'humanité n'a cessé devoir affronter les excès du temps, de la peste noire au tremblement de terre de Lisbonne, mais cette même humanité à largement participé à sa propre destruction, de la prise de Constantinople à Fukushima. C'est pourquoi il a semblé utile de penser l'ensemble de ces adversités afin de mettre au jour, à l'aide de théoriciens critiques, la part humaine de ce qui fût considéré comme un dérèglement naturel ou une punition divine.
    Les deux guerres mondiales sont un exemple édifiant de l'autodes- truction de l'humanité, il en est de même du devenir inéluctable de la catastrophe écologique à défaut d'une prise de conscience lucide de nos contemporains.

  • On a cru pouvoir, au xixe siècle, écarter les " utopies " hors du politique alors que la démocratie représentative élaborait ses règles.
    Au mieux, elles anticipaient sur un progrès social de toute façon irrésistible. a l'encontre de bien des analyses actuelles toujours inscrites dans le sillage des adversaires des utopistes, michèle riot-sarcey, professeur d'histoire contemporaine à l'université de paris-viii, veut montrer combien la lecture de ce mouvement comme force concrète de changement est féconde. dans les années 1830-1840, la pensée des utopistes n'est pas restée dans l'espace clos des débats d'idées.
    Par sa réception populaire, comme en témoignent les nombreuses lettres reçues par le journal saint-simonien le globe, par sa rencontre avec des événements insurrectionnels, telle la révolte des canuts à lyon, elle fonde un autre modèle de transformation des sociétés, moins violent, moins préoccupé par la captation du pouvoir que celui inauguré par l'ère des révolutions, mais peut-être plus efficace et vraiment démocratique.
    Ainsi voit-on des anonymes, sans instance pour les représenter, devenir les inventeurs d'une nouvelle organisation du travail, d'une nouvelle répartition de la propriété et des richesses, d'une reconnaissance des droits de chacun. ce réel de l'utopie qui se construit dans l'intervalle du temps présent et des aspirations au changement doit retrouver sa vraie place : celle du politique.

  • La démocratie à l'épreuve des femmes

    Michèle Riot-Sarcey

    • Albin michel
    • 28 January 1994

    Malgré le renouvellement de l'histoire des femmes, malgré les critiques adressées par des historien(ne)s à cette lecture de l'universalité monotype qui ne se dit pas, l'histoire de la démocratie continue de s'écrire au masculin. Pensée par des hommes et pour des hommes dans l'événement fondateur, la démocratie revisitée par les historiens ne pourrait-elle inclure les femmes dans son histoire, sachant que certaines d'entre elles sont intervenues, au même moment, dans le même événement, pour obtenir les mêmes droits ? Ou tout simplement, comment écrire l'histoire des hommes qui agissent et parlent avec celle des femmes qui se taisent pour la plupart ? Les femmes, exclues du politique, ne sont-elles pas incluses dans cette idée républicaine, dans cette démocratie qui ne peut devenir réalité qu'en englobant les deux sexes d'une humanité impossible à séparer ? Cette histoire peut-elle s'écrire ? Comment rendre compte du devenir d'une démocratie dont les maîtres d'oeuvre sont quelques-uns qui agissent au nom des autres, hommes et femmes ?

    Écrire cette histoire-là, c'est le défi qu'a choisi de relever Michèle Riot-Sarcey. Pour ce faire, l'auteur a choisi d'emprunter la démarche biographique : soit, suivre le parcours de trois femmes qui vécurent publiquement les moments forts de la première moitié du XIXe siècle en réclamant l'égalité des droits, dans ce temps important de l'élaboration de la pensée démocratique, toujours étroitement associée à la pratique politique.

  • Dictionnaire des utopies

    Michèle Riot-Sarcey

    • Larousse
    • 6 February 2008

    Un dictionnaire constitué d’une centaine d’articles thématiques et synthétiques, présentant les différentes utopies liées aux domaines suivants : architecture, cinéma, danse, éducation, histoire, musique, politique, science, voyage…Plusieurs types d’entrées possibles :- Les grands utopistes et leurs théories : Deleuze, Derrida, Foucault, Fourier, Marx, Orwell, Rousseau, Sade…- Les grands courants : la cité idéale, le mouvement Dada, le millénarisme, le surréalisme, le socialisme utopique…- Les mouvements politiques et idéologiques : l’anarchisme, la Commune de Paris, l’école du Bauhaus, Mai 68, la Révolution, le totalitarisme…

  • De la différence des sexes ; le genre en histoire

    Michèle Riot-Sarcey

    • Larousse
    • 8 September 2010

    Depuis une quinzaine d'années, on assiste au renouvellement des études historiques concernant le pouvoir, grâce à l'utilisation d'un nouveau concept appelé le genre.
    « Le genre est une grille de lecture, une manière de penser le monde et le politique à travers le prisme de la différence des sexes ». Ainsi en sept chapitres, qui vont de l'Antiquité romaine à nos jours en passant par la démocratie athénienne, l'empire de Byzance, le Moyen Âge occidental et l'Ancien Régime, ce livre collectif revisite l'histoire en essayant de montrer comment la différence des sexes a structuré les sociétés à travers les âges.
    Condamnée aux tâches domestiques, les femmes sont les oubliées de l'histoire. Pour autant, bien souvent lorsque l'on étudie chaque période on s'aperçoit de leur présence y compris dans les sphères du pouvoir, alors même que les préjugés leur en interdisent l'accès.C'est donc à une relecture de l'histoire que s'intéressent les auteurs qui permet ainsi, par l'utilisation du genre, de mieux discerner les ressorts du pouvoir

  • 1848 ; la révolution oubliée

    ,

    • La decouverte
    • 17 September 2009

    La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la IIe République. Mais trois mois après cet immense espoir, l'armée et les gardes mobiles ont brisé l'insurrection d'ouvriers et d'artisans parisiens, barricadés dans l'est de la ville. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés : 3 500 morts officiels, plus de 10 000 selon des témoins. À ces victimes s'ajoutent un grand nombre de déportés au bagne ou ailleurs. C'est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre.
    À partir d'un étonnant corpus documentaire, les auteurs montrent en quoi les événements de juin 1848, plus précisément, constituent un moment clé pour comprendre la mise en berne des utopies surgies de l'inachèvement de la Révolution française. En s'appuyant sur les récits de témoins, ils rendent compte de ce temps d'ouverture exceptionnelle à l'espérance et à la liberté de pensée, tout en retraçant la succession des drames qui ont conduit du rêve au cauchemar. Ce livre met en scène la fabrique de l'histoire à travers les perceptions qui se croisent, de manière souvent aveugle, dans le feu de l'action.

  • Le réveil de l'utopie

    ,

    • Editions de l'atelier
    • 27 February 2020

    Comment comprendre le discrédit qui touche les élites politiques dans de nombreux pays du monde et la difficulté des peuples à trouver une issue à cette crise ? Est-il possible de sortir de cette impasse en donnant un nouveau souffle à la démocratie ? Comment trouver des formes viables à cette aspiration qui se fait jour en Algérie, au Soudan, à Hong-Kong, en France... ?
    Les représentations politiques traditionnelles sont entrées dans une crise de longue durée due à deux facteurs essentiels. D'une part, trente années de néolibéralisme ont fait croire que la loi du marché suffirait à réguler la société suscitant la montée des inégalités et des nationalismes. D'autre part, les gauches enfermées dans une conception qui fait des partis les détenteurs des solutions ne parviennent pas à se penser comme des outils au service du développement de la démocratie.
    À l'injonction de s'adapter aux technologies nouvelles que dissimule la réduction de l'individu humain en un robot exécutant les normes au service des puissances économique et financières, impossible à identifier, les élites répondent par des tribunes d'experts. Les algorithmes associés à la génétique sont appelés à remplacer le retour sur soi et l'analyse des sociétés semble sans objet. Le savant averti, a remplacé l'homme qui pense en se préoccupant des autres sans le souci de soi. Face à ces constats, les intellectuels ne peuvent plus se contenter d'un rôle d'observateur, il leur faut repenser leur rôle au service du développement de la démocratie.

  • Pourquoi se référer au passé ?

    ,

    • Editions de l'atelier
    • 18 January 2018

    Construction de mythes, évocation d'un âge d'or, interprétation à des fins de propagande... Quand le passé est convoqué, c'est souvent pour légitimer, figer et déformer des moments d'histoire, dont l'usage au présent vise à servir une cause. Cet ouvrage, fruit d'un travail collectif mené depuis plusieurs années, tente de penser une autre relation au passé à l'aide de la notion de "référence" : il s'agit de saisir la façon dont le passé est parfois "réactivé" par des sujets qui se le réapproprient.
    Moteur d'action et opérateur de pensée, ce passé dynamique, inachevé, subsiste en effet dans les mémoires "souterraines" d'un collectif, où, à la fois rêvé et perdu, il attend son actualisation. Chaque chapitre du livre analyse un moment historique à la lumière de cette notion de référence : la Grande Famine en Irlande entre 1845 et 1851, les destructions d'églises pendant la Commune, le coup d'Etat du 6 septembre 1930 en Argentine, la notion de "martyr" dans la Tunisie contemporaine, celle de "peuple" en Italie au milieu du XIVe siècle...
    Elaborer la notion de référence, c'est repenser notre façon de faire de l'histoire : c'est restituer à la connaissance du passé tout son potentiel critique, qu'il s'agisse d'y trouver ces références nécessaires à l'action, ces possibles contenus dans les expériences d'hier, ou d'échapper au tragique re-jeu du passé.

  • Ce livre est à voix multiples.
    En lui même il est déjà une rencontre. Nos parcours et conceptions diffèrent. Venant d'horizons à la fois proches et lointains - trotskisme. communisme. les uns plus ou moins libertaires. les autres plus ou moins attachés à une organisation : les uns universitaires. les autres davantage insérés dans le milieu militant -. nos singularités auraient pu empêcher cette rencontre. Elles nous ont au contraire stimulés et elles ont poussé chacun (e) à dépasser le stade initial de ses réflexions.
    Non seulement ces différences n'ont pas fait obstacle à un dialogue constructif. mais nous sommes parvenus à réfléchir ensemble. à percevoir la situation actuelle avec des cratères sinon identiques du moins extrêmement proches. Et même davantage : réfléchir à la refondation de l'action critique par la mise en question des voies empruntées jusqu'alors par les courants minoritaires traditionnellement anticapitalistes.
    Cela nécessitait un bilan sans concession des combats passés pour analyser l'échec historique subi par le mouvement ouvrier. Travail nécessaire. sans les leçons duquel il est impossible d'affronter les défis du présent.

empty