Francis Kramarz

  • Ce rapport fait partie des derniers rapports du précédent Conseil (2010-2012), publiés après son renouvellement.

    Ce rapport détaille les récentes réformes institutionnelles intervenues sur le marché du travail allemand et les travaux visant à évaluer leur efficacité. En premier lieu les auteurs explicitent les réformes Hartz, pierre angulaire de ces mutations.

    Celles-ci entendent mobiliser les bénéficiaires de prestations chômage en limitant leur générosité et en durcissant les conditions pour pouvoir refuser un emploi, en favorisant la création d'entreprises individuelles et certaines opportunités d'emploi temporaire. Les réformes Hartz proposent également d'améliorer l'efficacité du processus d'accompagnement des chômeurs en réorganisant les agences pour l'emploi à qui l'on confère de nouveaux instruments tels que les centres d'emploi, la possibilité de recourir à des prestataires privés et de délivrer des bons de placement.

    En second lieu, les auteurs exposent les spécificités du système de relations sociales en Allemagne qui repose sur deux principaux piliers : la législation et la négociation collective. En définitive, si les études de chaque mesure prise isolément ne sont pas toujours conclusives, l'ensemble des changements intervenus a constitué un véritable « glissement de paradigme » qui s'est avéré bénéfique pour l'emploi. Dans son commentaire Gilbert Cette avance que la stabilité de l'emploi en Allemagne pendant la crise malgré une contraction de son PIB deux fois plus forte qu'en France peut également s'expliquer par le recours plus important à l'emploi partiel ainsi que par la baisse conventionnelle transitoire de la durée du travail et des salaires contre des garanties de maintien de l'emploi ou d'absence de licenciement économique.

    Michel Didier met quant à lui en exergue deux spécificités allemandes contribuant indéniablement au « glissement de paradigme » : la capacité à mener des négociations sur les trois composantes du triptyque « emploi-salaire-durée du travail » au niveau de la branche mais surtout de l'entreprise, et la politique globale de compétitivité assumée par l'ensemble des partenaires sociaux.

    Le complément de Perrine Fréhaut compare les dispositifs de chômage partiel en France et en Allemagne en se concentrant sur leurs effets pendant la crise. Elle examine les explications de la différence d'intensité dans le recours au chômage partiel : l'importance du choc, la structure de la situation sur le marché du travail avant la crise, la complexité/simplicité des dispositifs quant aux schémas de financement et à la répartition des rôles entre pouvoirs publics, syndicats et entreprises.

  • Les jeunes désengagés à la fois du monde du travail et du système éducatif, aujourd'hui désignés par l'acronyme NEET - « Not in employment, in education or training » (sans emploi, ne suivant ni études ni formation) - , représentent plus de 16,3 % des 15-29 ans en France, et ce taux s'élève en moyenne à 15,7 % pour l'Europe. Même si la structure du chômage diffère d'un pays à l'autre, ces chiffres ne sont pas seulement les symptômes de difficultés économiques profondes, ils révèlent l'inopérance croissante des systèmes éducatifs face à ces difficultés.

    Parce que le chômage touche davantage les jeunes ayant un faible niveau d'éducation et de compétences, y remédier passe par l'amélioration de l'offre éducative. Cet ouvrage compare les performances de divers programmes d'éducation, de formation et de prévention proposés aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes dans plusieurs pays d'Europe ainsi qu'aux États-Unis. Il montre notamment que les mesures visant à élargir et à prolonger l'accès à l'éducation générale ainsi que les programmes d'apprentissage et de prévention proposés dès la petite enfance aux familles défavorisées comptent parmi les plus efficaces pour améliorer l'entrée et le maintien des jeunes sur le marché du travail.

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  • La fonction essentielle du marché est de "dire le prix" en confrontant l'offre et la demande. Dans une économie de marché, les signaux de prix guident l'allocation des ressources. Dans la patrie de Colbert, cette conception heurte l'idéologie dominante. En théorie, les prix ont été libérés en 1987. En réalité, les "faux prix" abondent : le salaire minimum, l'immobilier dopé par les allocations logement et les niches fiscales tandis que les taux garantis à l'épargne entretiennent l'illusion du rendement sans risque. Quant aux prix réglementés de l'énergie...

    L'interventionnisme de l'Etat a des conséquences très négatives : chômage massif des personnes non qualifiées, crise du logement dans les métropoles, assèchement des circuits de financement de l'innovation et coût écrasant des politiques palliatives. Les Français jugent sévèrement son incapacité à trouver des solutions.

    L'Etat est en réalité confronté à une triple impasse. Stratégique : il n'est plus maître du destin des champions nationaux. Financière : ses comptes délabrés lui interdisent de préparer l'avenir. Intellectuelle : il ne perçoit pas son impuissance et sa perte de souveraineté. C'est paradoxalement le recours aux solutions du marché qui peut trancher ce noeud gordien.

    L'élargissement de la place du marché améliorera le bien-être collectif et renforcera l'autorité de l'Etat. Il le confortera dans son rôle de garant de la cohésion sociale et de maître d'oeuvre du récit national, tout en lui restituant des marges de manoeuvre financières. Le marché, quant à lui, est une technique efficace, mais il n'a nullement vocation à constituer un projet de société.

    Cet essai ouvre le débat en proposant une réflexion originale sur le couple Etat/marché, fondée sur des travaux académiques internationaux. Les auteurs utilisent les exemples du travail, du logement et de l'innovation afin de présenter des solutions économiques et une vision nouvelle de la gouvernance... pour sortir résolument de l'impasse.

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