Fabienne Dumont

  • Publié à l'occasion de l'exposition monographique que lui consacre le MAC VAL, cet essai consacré à Nil Yalter s'attache pour la première fois à l'ensemble du parcours de l'artiste. Toutes les pièces sont analysées en détails, situées dans leur contexte culturel, politique et social. Résultat de vingt années de compagnonnage entre l'artiste et l'auteure, cet ouvrage est le fruit de multiples discussions et analyses détaillées des oeuvres. Il réunit dans un tout cohérent des pièces éparses et crée des liens entre les différentes périodes de création de Nil Yalter, artiste franco-turque née en 1938. Les études s'attachent ainsi aux tout débuts de l'artiste en Turquie, en tant que peintre abstraite, puis à son arrivée à Paris avec un passage vers une peinture constructiviste, avant la rupture de 1972 et le basculement vers des projets socio-critiques. L'influence de l'ethnographie et des événements politiques et sociaux deviennent centraux et les oeuvres s'ancrent dans des lieux et des histoires particulières, liées à l'histoire des immigrations des années 1970-1980 en France, à l'histoire des ouvriers et des ouvrières des usines, mêlant leurs croyances aux luttes concrètes pour améliorer leurs conditions de vie. L'approche féministe est récurrente, parfois centrale. Deux expositions à l'ARC, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, la font connaître : « Topak Ev » (1973) et « C'est un dur métier que l'exil » (1983). Mêlant vidéo, dessin, texte, collages de matériaux, photographie argentique et Polaroid, Nil Yalter investit un champ nouveau de manière féconde, qui s'adapte aux nouvelles techniques informatiques dans les années 1990 et 2000. Plus d'une soixantaine de projets jalonnent ainsi soixante années de création (1958-2018), dont l'intérêt renouvelé à partir des années 2010 a permis l'intégration dans des collections importantes.

  • Quarante années de théories féministes anglo-américaines en histoire de l'art, des écrits de Lucy Lippard aux problématiques spécifiques aux artistes afro-américaines, aux développements postféministes et aux questions queer, en passant par les approches marxistes de la production artistique.

  • Conversation avec Nil Yalter est le premier volume d'une collection d'entretiens inédits créée en lien avec le prix d'honneur AWARE pour les artistes femmes, remis chaque année depuis 2017 à une plasticienne, liée à la France, pour l'ensemble de sa carrière. Cette collection poursuit les objectifs du prix : donner une visibilité à des artistes femmes dont les carrières ont pâti des biais de genre. Nil Yalter a reçu le prix AWARE 2018 ex-aequo à l'unanimité avec Vera Molnár, dont l'entretien sera publié en 2020. Cette première parution de la collection sortira en octobre 2019, au moment où ouvrira une grande exposition sur l'artiste au MAC VAL.

  • Ce livre est le fruit d'une enquête auprès d'environ soixante-dix protagonistes de l'histoire des femmes en art entre 1970 et 1982, ainsi que de l'étude complète d'une quarantaine de revues d'art et de revues féministes. L'articulation entre une histoire des femmes et une histoire de l'art offre un panorama inédit de la scène artistique française des années 1970 et insère les questionnements féministes et de genre en art et en histoire de l'art, en écho aux ouvrages des historiennes anglo-américaines qui ont historicisé depuis longtemps leurs propres mouvements.

    Publié avec le concours de l'association Archives du féminime et de l'École européenne supérieure d'art de Bretagne - site de Quimper.

  • L'exposition Magiciens de la terre à Paris en 1989 est considérée comme emblématique de la présence de la postcolonialité dans le champ de l'art contemporain. Pourtant, les débats qu'elle a suscités ont été délaissés en France. En prêtant une attention particulière à la période comprise entre 1989 et 2014, cet ouvrage examine l'oubli très sélectif que la France a de son passé, à partir de l'analyse d'oeuvres, de revues et d'expositions.

    Avec le soutien de l'école supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole - projet de recherche Pensées archipéliques et l'école européenne supérieure d'art de Bretagne - site de Quimper.

  • «Commérages» est le nom donné à une activité collective qui a débuté en mai 2013 au MAC VAL et qui a réuni pendant près de deux ans un groupe de huit femmes : Stéphanie Airaud, Aïcha Akremi, Françoise Alexandre, Arminda Alves, Carine Faribol, Alejandra Montalvo, Marie Preston et Nelly Zeitlin. «Commérages» est aussi le nom d'une exposition présentée au MAC VAL du 7 février au 15 mars 2015. Cette 9e publication des «Chroniques muséales» rassemble, en deux volumes, le journal de bord d'une pratique artistique collaborative au coeur d'une institution muséale, ainsi que deux textes théoriques de Marie Preston (artiste), «Le contre-pouvoir du commérage», et de Fabienne Dumont (historienne de l'art et critique), «Papotage et empowerment».
    Au départ du projet, un texte de John Berger sur le commérage et sa capacité de constituer le portrait vivant d'un village dont chacun est l'auteur. Et, d'autre part, ce qu'on appelle en ethnographie, des récits de vie entrecroisés, donnant forme à des personnages transversaux, à des manières de penser la nature du commérage comme parole féminine proclamée dans l'espace public. «Il s'agissait de tracer un territoire imaginaire constitué par notre territoire de paroles, de proposer et de penser une mise en forme collective de nos récits».
    Marie Preston .

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