Dominique Cardon

  • « L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques provoquées par l'invention de la machine à vapeur ou de l'électricité. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie, au XV e siècle, que la comparaison s'impose, car la révolution numérique est d'abord cognitive : elle est venue insérer des connaissances et des informations sur tous les segments de la vie sociale. » Cet ouvrage donne les clés pour comprendre ce que le numérique fait à nos sociétés et ce que nous faisons avec le numérique. Pour nous aider à découvrir la diversité de ses usages et de ses innovations, à ausculter son fonctionnement, à examiner les enjeux qu'il soulève et, surtout, à prendre du recul par rapport aux discours souvent superficiels qui s'accrochent à ce TGV technologique. Les mondes numériques ont une histoire, une géographie, une économie et une politique plus riches que ne le laisse penser le débat public sur les bienfaits et les méfaits du web.
    De la naissance d'internet aux enjeux futurs de l'intelligence artificielle, en utilisant des éclairages disciplinaires variés et en s'appuyant sur des exemples concrets (le laboratoire de Doug Engelbart à Stanford, le système de régulation de Wikipédia, les avis des sites marchands, etc.), Dominique Cardon nous invite à nous forger une indispensable culture numérique.

  • Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.

  • Disparition de l'espace privé, incitation à la diffamation, menaces sur l'avenir de la presse : dans de nombreux débats, Internet fait figure de coupable. Mais, bien plus qu'un média de communication et d'information, Internet est une forme politique à part entière. En décloisonnant le débat et en l'ouvrant à de nouveaux participants, Internet renouvelle les possibilités de critique et d'action. Surtout, le web constitue à l'échelle planétaire un laboratoire d'expériences démocratiques : auto-organisation des citoyens, délibération élargie à de nouveaux publics, mise en place de collectifs transnationaux, socialisation du savoir, etc. Internet ne permet pas seulement de communiquer davantage ; il élargit formidablement l'espace public et transforme la nature même de la démocratie. Avant de la célébrer ou de la dénigrer, il faut penser la révolution numérique.

  • De la pourpre impériale extraite de coquillages marins aux étoffes teintes aux écorces et à la boue, les teintures naturelles étaient, jusqu'à la fin du XIXe siècle, les seules sources de couleurs de tous les textiles utilisés par l'Homme. Elles servaient aussi à teindre les peaux, les poils, les plumes, l'os et l'ivoire, les bois, elles fournissaient les colorants alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques et une partie des pigments utilisés en peinture.
    Supplantées durant plus d'un siècle par les teintures synthétiques, elles redeviennent aujourd'hui un enjeu économique et culturel. Invitation à un tour du monde des savoirs sur la teinture par les colorants naturels à travers l'histoire, de l'art, et de l'artisanat traditionnel, aux recherches scientifiques interdisciplinaires de pointe et leurs applications industrielles, cet ouvrage offre une synthèse unique des connaissances sur les matières colorantes présentes dans plus de trois cents plantes et d'une trentaine d'animaux du monde entier. Près de 600 photos illustrent cet ouvrage représentant, outre les plantes et les animaux tinctoriaux, les textiles et les objets anciens teints, les teinturières et teinturiers au travail au fil des siècles. Enfin, un appendice chimique regroupe toutes les structures des colorants naturels étudiés.

  • Les couleurs, pour Antoine Janot, c'est son métier. Encore enfant, avec son père, il a appris à sentir l'odeur de la cuve de pastel, tâter le goût du bain avant d'y plonger le tissu pour le bleuir. Plus tard, il s'est musclé les bras à tourner les lourdes pièces de lainage dans les chaudrons bouillants des rougies de cochenille. Il est un de ces maîtres-teinturiers dont les couleurs éclatantes assurent l'engouement pour les draps du Languedoc aux Échelles du Levant. Alors, quand le nouvel inspecteur des manufactures nommé à Saint-Chinian vient lui confisquer une pièce d'écarlate sous prétexte que son rouge est affamé, Antoine Janot décide de ne pas se laisser faire. Il rédige un mémoire garni d'échantillons pour expliquer comment il obtient toutes ces couleurs, et il l'envoie à Montpellier, à l'Intendant du Roi en Languedoc, avec une lettre dénonçant les abus de pouvoir de l'inspecteur.
    Pavé dans la mare. Les remous provoqués vont faire repérer Janot jusqu'à Versailles comme un « aventurier sujet à caution, aussi inquiet, aussi haut et aussi dangereux qu'il est bon teinturier ».
    Le mémoire, enterré dans les archives, est ici édité, avec deux autres d'Antoine Janot : c'est le plus ancien ensemble connu de recettes de teinture des draps de laine, illustrées d'échantillons, organisées systématiquement dans l'ordre des opérations techniques permettant d'obtenir toutes les gammes de coloris grand teint avec les colorants naturels.
    Leur étude technologique et colorimétrique, proposée par Dominique Cardon, veut inspirer les passionnées et passionnés de couleur et ouvrir de nouvelles voies pour ressusciter les couleurs de l'ère des Lumières.

  • Bleu, Ecarlate, Cramoisi, Pourpre, Prune, Noisette, Tabac, Café. Les noms de couleurs des anciennes étoffes semblent parler d'eux-mêmes. Et pourtant, que d'efforts, d'imagination et de raffinement dans le métier de teinturier ! Ce manuscrit du XVIIIe siècle, pieusement conservé par une ancienne famille de drapier du Languedoc, nous introduit dans cet univers où un secret bien gardé est souvent le gage de la réussite. Un trésor réunissant quatre précieux mémoires consacrés aux recettes de teintures que l'on fait alors "pour le Levant". Pour chacune des teintes, les échantillons correspondants : 177 pétales veloutés d'un fin drap de laine, à la fraîcheur éclatante. Ce carnet de teinturier ne comporte aucune signature, aucune date, aucune mention de lieu. De quoi inciter Dominique Cardon à mener l'enquête. Commentant et précisant le texte, l'éminente historienne des techniques nous guide sur les lieux de la manufacture royale de Bize, dans le Minervois, entreprise florissante au milieu du XVIIIe siècle, sur les traces d'un entrepreneur sémillant et attaché à la couleur de ses étoffes. Le premier traité publié sur la teinture des draps de laine écrit par un entrepreneur en activité.

  • LA PRODUCTION DE SOI COMME TECHNIQUE RELATIONNELLE. Un essai de typologie des blogs par leurs publics D. Cardon, H. Delaunay-Teterel - pp.15-71LE BLOGUEUR L'ÉPREUVE DE SON BLOG M. Paldacci - pp.75-107LA SOCIABILITÉ JUVÉNILE INSTRUMENTÉE. L'appropriation des blogs dans un groupe de collégiens C. Fluckiger - pp.109-138ÉTATS-UNIS : LES WEBLOGS D'ACTUALITÉ RAVIVENT LA QUESTION DE L'IDENTITÉ JOURNALISTIQUE F. Le Cam - pp.139-158LA BLOGOSPHÈRE, UN CINQUIÈME POUVOIR ? Critique du journalisme et reconfiguration de l'espace public au Portugal M. Grilo, N. Pélissier - pp.159-184WIKIPEDIA, UN DISPOSITIF MÉDIATIQUE DE PUBLICS PARTICIPANTSJ. Levrel - pp.185-218L'HISTOIRE DE LA DOG POOP - GIRL - REVISITÉE. Usages et mésusages d'un médium hétérotopiqueS. Bordreuil - pp.219-239RÉSEAUX AMOUREUX SUR INTERNETE. Illouz - pp.243-268

  • Bleu mignon, fleur de coing, agriotte, langouste... Des couleurs surgies du passé, un trésor d'inspiration.
    Ce cahier bilingue français-anglais donne la parole aux échantillons de teinture d'Antoine Janot, maître-teinturier languedocien de la première moitié du XVIIIe siècle, aux couleurs appréciées jusqu'aux confins de l'Orient.
    Après une brève présentation du teinturier et de son oeuvre, ce cahier livre les clés des couleurs de 67 de ses échantillons de fin drap de laine?: nom et photo de chaque nuance, description du procédé permettant de l'obtenir et - nouvel apport à l'histoire des noms de couleurs - ses coordonnées colorimétriques dans l'espace chromatique CIELAB. Il devient alors possible de vérifier l'exactitude des essais de reproduction de ces couleurs et de s'en inspirer pour concevoir les couleurs de demain.


    Celestial blue, quince flower, sour cherry, lobster red... How can we not be inspired by these colour names from the past?
    This bilingual Workbook in English and French presents the colour gamut of Antoine Janot, a master-dyer from Languedoc in the south of France during the 18th century whose colours were highly prized as far away as the Levant.
    After a brief introduction of the master-dyer and his work, the authors deliver the key elements defining the colours of 67 swatches of fine wool broadcloth: the name and photo of each shade; a schematic description of the process by which it has been obtained; and (in a new approach to the history of colour names in textiles) its chromatic specification in the CIELAB colour space. This makes it possible to assess the accuracy of attempts to reproduce these colours and use them as sources of inspiration for the future.

  • Après avoir émergé il y a une vingtaine d'années, le web a privilégié à outrance l'automatisation, mise au service de modèles économiques, la plupart du temps ravageurs pour les économies et les sociétés. Et bien que le web ait été inventé en Europe par le CERN, c'est en Amérique du Nord, et sous l'influence de groupes devenus planétaires en moins de dix ans, grâce à des modèles d'affaires qui leur étaient favorables, que le web a évolué en un sens qui l'a profondément dénaturé, au point d'en faire un outil d'hégémonie économique, un instrument d'hypercontrôle et de gouvernance algorithmique.
    Dans le sillage des effets provoqués par les révélations d'Edward Snowden, Tim Berners Lee, principal inventeur du web a lancé le mouvement The Web We Want, avec comme objectif de définir et recréer le « web que nous voulons ».
    Cet ouvrage présente tous les aspects théoriques et pratiques de cette refondation qui propose non pas de subir ou de rejeter les technologies, mais de réinventer le web, parce qu'aujourd'hui, c'est aussi là que nous vivons.
    L'automatisation du web n'est bénéfique que si elle est capable d'organiser des plateformes coopératives et processus délibératifs notamment par la conception d'un nouveau type de réseaux sociaux fondé.
    Les théoriciens et critiques majeurs du numérique tels que Julian Assange, Bernard Stiegler, Evgeny Morozov, Dominique Cardon, Paul Jorion, mais aussi des acteurs importants du secteur, balayent tous les aspects et enjeux économiques, politiques, militaires et épistémologiques de cette rénovation nécessaire et donnent les clés pour permettre l'élaboration d'un avenir meilleur.

  • En réaction à la concentration de la production d'information entre les mains de puissants conglomérats de presse, un "médiactivisme" s'est développé tout au long du XXe siècle jusqu'à nos jours.

    Dès l'origine, il a pris deux voies parallèles : celle d'un combat contre l'hégémonie culturelle des médias traditionnels, et celle de la production d'un autre type d'information, sur des bases militantes, locales ou communautaires. Alternatif ou militant, ce médiactivisme n'a cessé de s'adapter aux mutations de l'espace journalistique et du répertoire de l'action collective.

    Cette histoire des médias alternatifs depuis les années 1960 met en lumière la grande diversité des expériences, qu'il s'agisse de la création de journaux révolutionnaires, de médias communautaires, de radios libres, d'agences de presse dans les pays du Sud, ou, plus récemment, d'un activisme qui s'exprime sur internet.

  • Suite à l'attentat survenu à Paris dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, la Friche la Belle de Mai (Marseille) a pris l'initiative de s'associer à la Fête du graphisme (Paris), à la section française de l'Alliance graphique internationale et à l'Alliance française des designers.
    Ensemble, via leurs sites internet et les réseaux sociaux, ils ont convié graphistes et dessinateurs du monde entier à concevoir une image pour la liberté d'expression. En 10 jours, près de 1000 personnes issues de 43 pays ont répondu à l'appel.
    Ce livre, mis en page par l'affichiste Michel Bouvet, qui rassemble la plupart des créations réalisées alors, témoigne de l'immense émotion suscitée par cet événement et de la volonté farouche des auteurs de préserver le droit à l'impertinence et à l'humour. Il est aussi un exemple de la formidable mobilisation que peuvent générer, en temps réel, les nouveaux modes de communication.
    Le sociologue Dominique Cardon accompagne cette somme d'images d'un texte qui analyse la diffusion du hashtag #JesuisCharlie et le phénomène récent de déplacement de l'acte militant de terrain vers un activisme numérique, renouvelant les modalités de l'engagement citoyen.

  • Cet ouvrage est le résultat d'un dialogue engagé en juin 2014, lors d'une séance des ateliers de recherche méthodologique organisés par l'Ina, entre Dominique Cardon et Antonio Casilli sur le thème du digital labor. Au travers d'échanges nourris, antagonistes parfois, ils ont abordé avec une hauteur de vue exemplaire les questions liées aux enjeux de la production de valeur sur Internet et à la qualification des usages numériques ordinaires comme travail. Ces ateliers, animés depuis 2009 par Louise Merzeau, Maître de conférences HDR en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ont vocation à accompagner les usages de recherche sur et à partir du web archivé. Ils sont l'occasion de débats sur les grands enjeux de la transition numérique.

  • La production de l'information est depuis longtemps un enjeu de lutte. Le développement de vastes conglomérats de médias professionnels, tout au long du XXe siècle, n'a cessé de susciter des inquiétudes et d'encourager le développement d'un " médiactivisme " qui s'est construit en opposition, ou à côté, des médias dominants. Ce médiactivisme a dès l'origine pris deux chemins parallèles : celui d'un combat contre l'hégémonie culturelle des espaces publics traditionnels et celui de la production d'un autre type d'information sur des bases militantes, locales et communautaires. Aussi son évolution doit-elle être pensée en interaction étroite avec celle de l'espace journalistique et des transformations du répertoire d'action du mouvement social. Cet ouvrage propose une histoire des médias alternatifs depuis les années 1960. II s'attache à mettre en évidence sa variété, des expériences de presse révolutionnaire au médiactivisme en réseau du mouvement altermondialiste, en passant par les médias communautaires, l'internet militant, le mouvement des radios libres ou encore la création d'agences de presse dans les pays du Sud.

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